A quoi ressemble un passeport après un tour du monde ?

La réponse en images avec le passeport de Loïc !

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Vous remarquerez les couleurs quelque peu délavées de certains visas… Ce n’est pas la faute à un trek pluvieux, non, non !

C’est tout simplement le résultat d’un petit tour dans la machine à laver de Valérie à Nouméa… Loïc avait eu la bonne idée de laver son sac photo ! En oubliant les passeports et son permis de conduire à l’intérieur.

Grosse angoisse sur le moment : allions-nous pouvoir franchir la douane ?! Et grosse colère pour Noémie aussi !

Loïc a donc passé sa soirée à glisser du papier toilette entre chaque page, puis à sécher délicatement au sèche cheveux les passeports… Le lendemain, il a fait la tournée des administrations de Nouméa pour vérifier que les données électroniques étaient encore lisibles : pas de machine pour les lire à la mairie de Nouméa et à la police mais des fonctionnaires qui nous invitent à changer d’urgence de passeport ! Heureusement, la police aux frontières nous a rassurés, notre passeport était lisible, ouf !

Sur le coup, nous avions été bien stressés… Mais près d’un an après cet événement, il reste comme l’une des meilleures anecdotes du voyage !

Vous voyez, il est bien rempli ce passeport… Mais il nous reste encore plein de pages à tamponner !

Coromandel Peninsula et Auckland – Bilan de la Nouvelle-Zélande

Du mercredi 5 au vendredi 7 février 2014

C’est déjà la fin de notre séjour en Nouvelle-Zélande… Ces cinq semaines sont passées tellement vite ! Et pourtant, comme vous l’avez constaté, on en a vu des choses !

Avant de rejoindre Auckland, nous allons nous balader du côté de la péninsule de Coromandel, au Nord-Ouest. Le climat est très doux ici et l’on trouve beaucoup de cultures maraîchères comme le kiwi bien sûr mais aussi l’avocat. Nous roulons longtemps pour atteindre ces plages très prisées des habitants d’Auckland pour leurs week-ends et leurs vacances. On les comprend : la région est charmante, « lovely » comme on dit ici !

On a beau être en fin d’été (l’école vient tout juste de reprendre), il y a encore beaucoup de vacanciers qui profitent des joies du tourisme balnéaire. Nous peinons à trouver une place de parking à Hahei ! C’est ici que se trouve la Cathedral Cove, une petite crique cachée qui abrite des voûtes de calcaires creusées par la mer. Le sentier qui y mène est assez long mais cela n’a manifestement pas dérangé la foule qui se presse sur la plage. Il fait bon mais l’eau est froide… sauf pour quelques courageux !

CIMGP0081 CIMGP0076_77_78_79_80 CIMGP0082 CIMGP0101 CIMGP0114La plage principale d’Hahei a la particularité d’abriter des sources chaudes à marée basse. Une poche de magma se trouve en effet à quelques kilomètres sous terre. Munis d’une pelle, les visiteurs creusent leur propre petite piscine dans le sable, pour en faire un spa privé… Privé c’est vite dit au vu de l’attroupement que l’on rencontre en arrivant ! Nous n’avons pas prévu de tenter l’expérience… Par contre, on s’amuse bien à regarder nos congénères creuser leur trou et un savant réseau de canaux pour rafraîchir ou réchauffer leur petit bassin. Tout cela a un petit côté documentaire animalier ! Cliquez sur la photo puis zoomez pour bien les voir (et remarquez comme Noémie les observe d’un œil dubitatif !).

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Personne au centre : l’eau est trop chaude !

Nous arrivons tard le soir même à Auckland, où nous trouvons pour deux nuits un camping près de l’aéroport. Nous y passons du temps à ranger la voiture et à faire nos sacs (on oublie vite à quel point c’est pénible !).

Nous ne partons pas sans faire un petit tour dans Auckland, d’autant plus que nous devons retrouver Trudie et Phil, avec qui nous avions sympathisé lors de la Kepler Track. Lors d’un dîner mémorable, nous fêtons notre dernière soirée chez les kiwis (avec des kiwis !) et nos six mois de voyage.

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Noémie est toute contente de porter des vêtements de fille… (en laine mérinos, LA fibre kiwi par excellence !)

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La serveuse n’était pas très douée pour les photos, dommage…

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Bilan de la Nouvelle-Zélande :

Malgré les nuits froides et humides sous la tente, malgré les litres d’eau qui nous sont tombés sur la tête et sur le toit de la voiture, on doit dire que la Nouvelle-Zélande a été un gros coup de coeur (et puis, il a quand même fait beau plein de fois !). Alors oui, vous avez l’impression de lire un peu cela à chaque bilan mais c’est vrai. On a adoré la quasi-totalité des pays traversés depuis six mois mais ce sont des pays qui sont, pour nous, des endroits géniaux pour des vacances, pas pour du long terme. Alors que là on se verrait presque y vivre… ce qui nous permettrait de passer du temps dans toutes les belles régions traversées !

Nous avons ressenti une sensation de liberté grâce à notre voiture. Pas de temps perdu à préparer la prochaine étape – Loïc ayant planifié toute la Nouvelle-Zélande en juin dernier – et donc pas de temps perdu dans les gares à faire la queue derrière un guichet (on perd vite une bonne demi-journée). Surtout, on pouvait s’arrêter où on voulait, quand on voulait. Il n’y a rien de plus frustrant que de traverser des paysages sublimes en bus et de ne pas pouvoir s’arrêter pour en profiter. Avant de partir, nous nous étions renseignés sur la location d’un van mais cela coûtait vraiment trop cher. Sur place, plusieurs personnes nous ont dit regretter d’avoir opté pour cette solution tant la consommation en essence était élevée. Certains roulaient même tout le temps à 70 kms/h pour économiser ! Et puis, on aime camper… C’était chouette de retrouver notre petite maison tous les soirs !

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Il est curieux ce canard !!

Les nuits n’ont pourtant pas toujours été des plus reposantes… Nous vous avons parlé des aléas climatiques mais ce qu’on n’a pas dit c’est que le confort n’était pas des plus luxueux : nous avons des matelas auto-gonflants de 120 cm de long. Ils vont donc des épaules aux genoux. Combien de fois Noémie s’est-elle réveillée les épaules posées non pas sur le matelas mais à même le sol ! La faute au coussin gonflable qui bougeait… Et puis elle n’a vraiment pas eu de chance avec son matelas. En Nouvelle-Calédonie, son premier matelas (tout neuf) a rendu l’âme. Nous en avons racheté un à Christchurch et au bout de trois semaines de voyage, même problème : une énorme bulle se forme le en gonflant… Heureusement que nous avions gardé le ticket de caisse ! Trois matelas en un mois et demi, tout de même ! La poisse !

Toujours dans l’idée du camping et de l’autonomie, Loïc a pris plaisir à cuisiner de nouveau, à faire les courses et réfléchir aux dîners (Noémie s’occupait de monter la tente, nous sommes un couple moderne !).

Sans surprise, la Nouvelle-Zélande est un pays qui a mis une claque à notre budget. Camper et cuisiner nous a toutefois permis de nous en sortir pour moins cher qu’au Japon alors que nous sommes restés plus longtemps chez les kiwis. Globalement, les dépenses liées à la vie quotidienne ne sont pas beaucoup plus chères qu’en Europe. Par contre, toutes les activités touristiques sont onéreuses. Trop onéreuses. Nous avons souvent eu le sentiment que le touriste est une vraie vache à lait !

Nous avons à plusieurs reprises souligné le fait que les Néo-Zélandais étaient un peuple très respectueux de la nature. Dans l’ensemble, c’est vrai, et les actions menées par le DOC le prouvent. Mais nous avons malheureusement constaté que les kiwis n’étaient pas des modèles dans d’autres domaines : ils emploient des pesticides interdits depuis des années en Union Européenne, les piles ne sont pas recyclées, la viande est bourrée d’OGM et de produits chimiques… voilà qui ternit un peu l’image de pays « vert ».

Pour ne pas terminer sur une note négative, nous insistons sur le fait que la Nouvelle-Zélande a été une source de souvenirs extraordinaires pour nous, on en redemande !

Rotorua

Lundi 3 et mardi 4 février 2014

Nous restons dans la thématique « volcans » en continuant notre route vers Rotorua, la capitale de la géothermie en Nouvelle-Zélande.

Nous longeons l’immense lac Taupo, le plus grand du pays. Il est né d’une immense éruption volcanique.

CIMGP9884 CIMGP9883Premier arrêt, les chutes Huka, plutôt originales. La Waikato River plonge ici dans un gouffre très étroit, créant de gros bouillons dans cette eau d’un beau bleu glacier.

CIMGP9888 CIMGP9898L’an passé, lors de notre voyage en Islande, nous avions adoré les sites géothermiques visités. Nous étions impatients d’en revoir, d’autant plus que nous avions été très déçus par la mise en scène de Beppu au Japon. Nous partons tout d’abord pour le site d’Orakei Korako. Il se trouve de l’autre côté d’un lac que l’on doit traverser en bateau. De la rive de départ, il semblerait qu’une immense coulée de lave a englouti la forêt sur la colline. En réalité, le sol ici est composé de sulfates et de souffre. Tiens, l’odeur d’oeufs pourris est de retour ! Du fait de l’activité géothermique intense, la température extérieure est ici plus élevée de quelques degrés. Le site n’est pas très grand et se parcourt en une heure et demi mais il offre des formations variées et intéressantes, notamment en terme de couleurs. Comme toute activité touristique en Nouvelle-Zélande, l’entrée est très chère, dommage…

CIMGP9909Stitched Panorama CIMGP9926 CIMGP9929 CIMGP9922 CIMGP9908 CIMGP9904A Wai-o-Tapu aussi, il faut sortir ses dollars pour admirer les bizarreries de la nature. La journée nous revient cher mais cela vaut le coup. Ici, les différents bassins ont des couleurs dignes d’une palette de peintre : jaune pour le souffre, rouge pour l’oxyde de fer, vert pour l’arsenic… Des marmites de boue « bloblotent » en permanence et la « piscine de champagne », profonde de plus de 60 mètres, fume constamment tandis que des milliers de petites bulles de dioxyde de carbone pétillent à la surface.

CIMGP9936 CIMGP9959 Stitched Panorama Stitched Panorama CIMGP9975 CIMGP9982Ce parc géothermique est différent du premier et les deux se complètent bien. Il était cependant hors de question pour nous d’assister à cette mascarade du « réveil du geyser » à 10h15 précises. Ce geyser est déclenché artificiellement par de la lessive… Une honte quand on sait que c’est cela qui a « tué » le gros geyser d’Islande (celui qui a donné son nom à tous les autres). Vous allez dire qu’on joue les blasés et qu’on ne cesse de faire des comparaisons avec l’Islande, mais quand on a vu un vrai geyser exploser naturellement (et gratuitement), on n’a pas envie de payer pour en voir une pâle copie.

Avant de rejoindre le camping du DOC que nous avons repéré pour la nuit, nous allons nous baigner dans une petite rivière d’eau chaude. Celle-ci est bien cachée dans l’arrière-pays de Rotorua et nous remercions Phil, rencontré lors de la Kepler Track, de nous avoir donné les indications pour trouver ce coin connu seulement des locaux ! L’eau est encore plus chaude qu’un bain…

CIMGP0004_5_6_7_8Rotorua n’est pas seulement la capitale de la géothermie, c’est aussi une ville tournée vers la culture maorie. Nous étions étonnés de ne pas avoir croisé un seul Maori dans l’île du Sud. Ils vivent en effet essentiellement dans la région d’Auckland. Moins stigmatisée que les Aborigènes d’Australie, la communauté autochtone du pays possède quand même, dans l’ensemble, un niveau de vie bien inférieur aux autres Néo-Zélandais. Ils sont soucieux de préserver une certaine identité culturelle. Des écoles enseignent ainsi la langue maorie et des villages mettent en valeur les anciennes coutumes en les faisant revivre pour les touristes. C’est ainsi que nous sommes allés à Whakarewarewa (!) où, après avoir arpenté les rues en compagnie d’une guide, nous avons assisté à une petite représentation de danses traditionnelles. Toute l’assistance attendait le fameux haka ! Mais c’était oublier que les Maoris, peuple d’origine polynésienne, possèdent toute une palette de danses diverses qui ne sont pas sans rappeler celles que l’on peut voir à Tahiti. D’ailleurs, en langue maorie, « femme » se dit aussi « vahiné » ! Les danses guerrières des hommes nous ont aussi rappelé celles que nous avions vues à Nouméa, exécutées par les danseurs originaires de Wallis-et-Futuna. Enfin les danseurs ont entonné le terrible haka, ce rituel d’intimidation guerrier rendu célèbre par les joueurs de rugby des All Blacks. Le rythme saccadé, les gestes agressifs, les mimiques féroces et les cris gutturaux sont fascinants et impressionnants ! Nous adorons, même si la danse passe trop vite à nos yeux !

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Wellington et le Tongariro National Park

Du jeudi 30 janvier au dimanche 2 février 2014

Nous disons au revoir à l’île du Sud et arrivons en Ferry à Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande. Nous y passons un court après-midi à arpenter les magasins de randonnée en quête d’une doudoune pour la Patagonie. Nous profitons également de notre passage dans la ville pour visiter le musée Te Papa. C’est un musée interactif, essentiellement consacré à la nature en Nouvelle-Zélande sous toutes ses formes : activité sismique, faune, flore… Le lieu est très ludique.

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Un calamar géant baigne dans le formol, il a été capturé vivant par des pêcheurs !
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Et voici les différentes variétés de Kiwis…

CIMGP9651Nous ne nous attardons pas plus dans la région. Nous souhaitons en effet rouler vers les zones volcaniques du pays. Les paysages que nous traversons contrastent avec l’île du Sud dans le sens où nous voyons tout plein de maisons partout ! Les petites villes se succèdent bien plus fréquemment ici et il y a même des routes à quatre voies. Pourtant, dès que l’on s’éloigne un peu des grands axes, on retrouve la quiétude rurale propre à la Nouvelle-Zélande, avec ses collines, ses belles rivières et ses moutons bien sûr !

CIMGP9654 CIMGP9665 CIMGP9672CIMGP9881Le Tongariro National Park est une région où les volcans sont rois. Leur sommet s’impose dans le paysage alors que nous roulons parmi une lande de gynériums, ces sortes de plumets blancs que l’on trouve partout en Nouvelle-Zélande. Le mont Ruapehu est le plus imposant d’entre eux, c’est d’ailleurs le point culminant de l’île du Nord. Son sommet à l’air découpé un peu comme un œuf à la coque. Nous gravissons ses pentes en voiture. Le paysage est de plus en plus austère. Plus nous montons, plus la végétation se raréfie et laisse la place à des coulées de lave durcies et à des roches. Plus de doute possible, nous sommes bien sur un volcan ! Au bout de la route, la surprise attend le visiteur qui ne s’y attendait pas : il y a une station de ski ! Comme c’est l’été, elle est en sommeil pour quelques mois. Voir toutes ces infrastructures – tire-fesses, télésièges, appartements – déserts est très étrange. Le lieu semble mort ! On ne peut s’empêche de comparer cette station avec les stations de ski françaises qui, en été, sont couvertes d’alpages bien verts et de sapins.

CIMGP9684 CIMGP9686 CIMGP9687A Whakapapa, une petite balade nous conduit à travers la végétation et les coulées de lave vers une chute d’eau. Le ciel est chargé et nous ne pouvons pas bien voir le mont Ngauruhoe, volcan au cône parfait, pourtant tout près d’ici.

CIMGP9696 CIMGP9699CIMGP9707Nous sommes dans la région pour le Tongariro Alpine Crossing Track, considéré comme l’un des plus beaux treks d’une journée au monde. Nous espérons qu’il mérite sa réputation ! D’une longueur de 19 kilomètres, il nécessite plus de huit heures de marche, du fait des dénivelés conséquents.

CIMGP9711Nous avons décidé de dormir au début du sentier, dans un camping du DOC couplé à un refuge. Nous plantons la tente sur un sol volcanique fait de poussière et de sable. Heureusement, nous avons accès à la cuisine du refuge pour passer la soirée car l’endroit est plutôt inhospitalier ! Ce n’est pas un ranger qui garde le refuge mais une volontaire venue de Hong Kong. Elle est très rigolote. Comme nous sommes en pleine période du Nouvel An chinois, elle a absolument tenu à faire une photo avec toutes les personnes présentes pour rassurer ses parents qui avaient peur qu’elle soit seule pour la fête !

CIMGP9714IMG_1944[1]CIMGP9719Cette soirée sympathique va pourtant tourner au cauchemar au moment d’aller se coucher. Le vent est terrible, avec des bourrasques violentes qui fouettent la tente et la secouent dans tous les sens. Nous tentons de nous endormir dans ce chaos mais les bourrasques arrivent à s’engouffrer sous la toile en charriant des pelletées de sable et de poussière. Nous en sommes recouverts ! A minuit passé, nous déclarons forfait et démontons la tente rapidement pour aller installer tapis de sol et sac de couchage dans la cuisine du refuge. Nous sommes à l’abri, mais nous ne dormirons pas sereinement pour autant. Le vent fait un boucan d’enfer et nous avons froid. Sans oublier le fait que la poussière est partout : dans le sac de couchage, dans nos cheveux, sur les coussins, le matelas… Horrible ! Cette nuit n’est peut-être pas la pire du voyage (celles passées dans le train et dans les gares en Chine occupent le top du classement) mais elle est bien positionnée pour faire partie de nos plus mauvais souvenirs du voyage.

Autant vous dire que nous ne sommes pas très frais quand il faut se lever à 6 heures pour le trek. Nous nous demandons même si nous sommes en état d’y aller et nous motivons mutuellement à ne pas abandonner. C’est le panorama qui nous saute aux yeux lorsque nous ouvrons la porte du refuge qui nous ôte toute hésitation. Le volcan n’est plus dans la brume et se dévoile face à nous. Impossible de résister à l’appel d’une marche dans ce paysage !

CIMGP9735 CIMGP9736Le sentier est relativement plat au début, ce qui nous réveille en douceur et nous échauffe. Nous sommes au pied du Mont Ngauruhoe (2287 m). Son voisinage imposant nous oblige à lever les yeux constamment vers lui pour l’admirer. Nous marchons sur des coulées de lave plus ou moins récentes. On distingue les différentes périodes d’éruption par leur couleur. Après une heure de marche, l’ascension commence. Nous n’allons pas jusqu’au sommet du volcan mais gravissons tout de même une bonne partie de son flanc.

CIMGP9750 CIMGP9751Nous redescendons ensuite sur une sorte de plaine qui se trouve entre les Monts Ngauruhoe et Tongariro. Là encore, nous nous retournons constamment pour contempler le cône. De nouveau une bonne grimpette et nous voici face à un panorama époustouflant. Tout n’est que lave, poussières volcaniques et lahars (coulées de boue) séchés, à perte de vue. On ne distingue aucune activité humaine. C’est ici que Peter Jackson, le réalisateur du Seigneur des Anneaux et de The Hobbit, situa le Mordor. Rappel : cliquez sur les panoramas pour mieux les voir !

Stitched PanoramaStitched PanoramaLa descente dans la cendre volcanique nous rappelle soudainement quelques souvenirs ! Nous avons l’impression de descendre les pentes du Mont Fuji et son horrible poussière qui vous fait glisser constamment. C’est fou comme ces sensations reviennent à nous comme des bouffées ! Heureusement pour nous, il n’y a qu’un court passage de la sorte.

CIMGP9845 CIMGP9822En bas se trouvent les Emerald Lakes, lieu de pique-nique idéal. L’endroit est d’ailleurs très prisé, d’autant plus qu’il y a beaucoup de monde sur le sentier aujourd’hui (nous sommes dimanche).

CIMGP9817 CIMGP9824 CIMGP9825 CIMGP9857Alors que nous nous dirigeons vers le Blue Lake, le paysage est encore plus beau, on n’en revient pas !

Stitched Panorama Stitched PanoramaEn fin de journée, la descente se fait dans un paysage rempli de fumerolles. L’odeur de souffre caractéristique nous rappelle encore une fois bien des souvenirs. Entre l’Islande, le Japon et l’Indonésie, on commence à en avoir vu des volcans !

CIMGP9870 CIMGP9874Les derniers kilomètres ont lieu dans une forêt. Enfin de l’ombre ! Mais la descente est longue. Une navette ramène Loïc au parking. Il reviendra chercher Noémie après avoir récupéré la tente. Nous ne voulions pas payer la navette pour deux personnes, tant son prix était indécent (1$ la minute !).

Le Tongariro Alpine Crossing Track est donc bien à la hauteur de sa réputation. C’est simple, cette journée a été pour nous l’une des plus belles (si ce n’est la plus belle) de celles passées en Nouvelle-Zélande. Et pourtant, elle avait tellement mal commencée avec la nuit que nous avions passé !

Le soir, arrivés au camping, nous devons patienter un peu avant de nous reposer : nous devons dépoussiérer tout notre matériel de camping (et nous-même !). Il a fallu tout passer à l’éponge humide, secouer les sacs de couchage, faire une lessive… Cela nous a bien occupés ! Nous rencontrons un nouveau couple de Français. Décidément, on papote tous les soirs ! Et le retard dans notre blog s’accumule !

Kaikoura et l’Abel Tasman Coast Track

Du samedi 25 au mercredi 29 janvier 2014

Nous sommes de retour sur la côte Est ! Après avoir fait une grosse boucle dans l’île du Sud, nous voici tout près de Christchurch, là où notre périple a commencé. Ces jours-ci, nous allons découvrir le Nord de l’île du Sud.

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Péninsule de Kaikoura l’hiver

Notre halte à Kaikoura est motivée par la perspective de voir des baleines ! Au large, vit en effet une colonie de cachalots mâles, jeunes et vieux, qui trouvent ici un garde-manger bien rempli. Les femelles, plus sensibles à l’eau froide, vivent dans les tropiques où elles sont rejointes par les mâles en âge de se reproduire. En anglais, cachalot se dit « sperm whale »… Reconnaissez que c’est très laid comme nom. En fait, lorsque les premiers spécimens ont été capturés et disséqués, on pensait que le gros volume de liquide qu’ils ont dans la tête était du sperme… En réalité, ce liquide est une sorte de cire qui aide le cachalot à flotter et qu’il solidifie pour plonger.

Nous prenons place à bord d’un gros catamaran. La mer est très agitée et la plupart des passagers autour de nous sont malades. Les sacs à vomi se remplissent les uns après les autres mais nous tenons bon ! Pendant que nous naviguons vers la zone des cachalots, une dame nous explique tout plein de choses intéressantes sur leur mode de vie. Soudain, après seulement trente minutes de bateau, nous nous arrêtons ! Un cachalot est juste là ! Tout le monde se bouscule pour atteindre le pont avant, malgré les recommandations de l’hôtesse. Personne ne veut rater une miette de ce spectacle de la nature. Devant nous, une masse noire est à la surface de l’eau. C’est Tutu (prononcer « Toutou ») ! Il est bien connu de l’équipage car il vit ici depuis près de vingt ans. Il fait 18 mètres de longueur ! Les cachalots restent à la surface près de trente minutes, avant de replonger pour environ 45 minutes. Régulièrement, un gros « pschitt » d’air projette un jet d’eau. Tout à coup, l’énorme masse noire plonge et Tutu dévoile sa queue avant de disparaître sous l’eau. Whouaou ! Nous avons un peu de mal à réaliser que nous venons d’admirer un énorme cachalot pendant de longues minutes !

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Voici un des bateaux sur lequel nous étions. Cela vous donne une idée de l’échelle car le cachalot est aussi grand!

CIMGP9355 CIMGP9371 CIMGP9373 CIMGP9374 CIMGP9377Il y a des chances pour qu’il revienne de sa plongée d’ici trois quart d’heure alors, en attendant, le capitaine nous emmène voir une colonie d’albatros et surtout des dauphins ! Ce sont des dauphins « dusky » et ils sont trop mignons. Très joueurs, ils suivent le bateau et font de jolis sauts dans l’eau. Malgré les recherches pour retrouver Tutu (localisation acoustique), celui-ci ne remontrera pas le bout de sa queue cet après-midi. Ce n’est pas grave : nous avons vraiment été gâtés aujourd’hui, d’autant plus qu’un soleil radieux brillait dans le ciel !

CIMGP9391 CIMGP9403 CIMGP9409 CIMGP9454 CIMGP9443A Kaikoura, la faune marine ne se résume pas aux cachalots et aux dauphins. C’est aussi l’endroit où aller si l’on veut manger d’énormes et délicieuses langoustes. Impossible pour nous de résister à la tentation…

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Notre camping du DOC pour la nuit, bercé par le bruit des vagues.

Dimanche. La pluie est de retour. Nous avons pitié de deux auto-stoppeurs, un Allemand et un Chilien, que l’on conduit à Havelock. Ils sont en visa « working holiday », très prisé des jeunes qui viennent en Nouvelle-Zélande pour plusieurs mois. Ils travaillent dans une usine de moules et nous apprennent qu’Havelock est (excusez du peu) la capitale mondiale de la moule verte ! Cela tombe bien, c’est l’heure du déjeuner !

CIMGP9470Déprimés par la pluie, nous nous installons dans une « cabin » au camping de Nelson. Nous rencontrons Antoine et Sophie, deux apiculteurs de Moselle qui voyagent pendant quatre mois en Nouvelle-Zélande, quelle chance ! Alors que Loïc part au cinéma voir The Hobbit, Noémie passe la soirée en leur compagnie, apprenant des tas de choses passionnantes sur l’apiculture et l’horticulture.

Pour profiter au mieux de la côte, rien de tel qu’une randonnée ! L’Abel Tasman Coast Track est une autre des Great Walks. Elle longe le rivage sur 54 km. Contrairement à la Kepler Track, elle ne fait pas une boucle et on peut choisir de ne la faire qu’en partie, combinant marche et kayak ou bateau-taxi. On peut bien sûr dormir en refuge mais nous avons choisi de camper. Nous ne ferons pas le trek dans son intégralité mais seulement une portion de 32 km.

CIMGP9473Le temps de prendre nos tickets de camping au centre du DOC, de faire les courses (retour de la nourriture lyophilisée, youpi !) et de rouler jusqu’au départ de la randonnée, nous ne commençons le trek qu’en fin d’après-midi (c’était prévu !). Au terme d’une heure et demi de marche, nous arrivons à l’Apple Tree Bay, une aire de camping située sur une plage. Les commodités se résument à des toilettes et une table de pique-nique. Nous sommes tous seuls ! Nous aurions presque l’impression de jouer les Robinson Crusoë ! Tous seuls, c’est vite dit… Nous sommes en fait envahis de sandflies (mouches des sables) qui sont infernales. Plus voraces et sournoises que les moustiques, elles ne font aucun bruit et piquent jour et nuit. Leurs boutons démangent pendant plusieurs jours à s’en arracher la peau (au sens propre du terme : Noémie s’est arraché 3cm2 de peau sur le pied la nuit, on vous épargne la photo). Elles nous accompagnent depuis plusieurs jours et si peu que l’on oublie de mettre du répulsif, elles rappliquent aussitôt !

CIMGP9476 CIMGP9495 CIMGP9485 CIMGP9487 CIMGP9491 CIMGP9493 CIMGP9494La vraie marche est pour le lendemain. Le sentier, en hauteur, nous permet d’admirer l’eau. Ici, la mer a une couleur extraordinaire et n’a rien à envier aux eaux tropicales – excepté le fait qu’elle soit froide. Nous marchons toujours à l’ombre de grands arbres et surtout de fougères arborescentes. La marche est pour nous l’occasion de nous perdre dans nos pensées ou au contraire de discuter. Aujourd’hui, Loïc raconte à Noémie l’histoire des deux films The Hobbit, ce qui nous occupe un certain temps !

CIMGP9507_8_9 CIMGP9527_8_9Les sentiers étant facilement accessibles, même pour quelques heures de marche, ils sont bondés. N’oublions pas qu’ici, c’est l’époque des vacances d’été. Du coup, on ne retrouve pas l’esprit des grandes marches. Les gens par exemple ne se saluent pas. Qu’importe ! La vue est sublime !

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Des passages de la randonnée peuvent se faire à marée basse pour traverser une baie.

CIMGP9525 CIMGP9540 CIMGP9539Le deuxième camping que nous avons choisi est bondé, cela nous change de la veille. Il ne nous reste qu’une bonne demi-journée de marche pour atteindre Awaroa, où nous prenons un bateau-taxi.

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Le sentier passe par une plage déserte… bizarre de ne pas y marcher en maillot de bain et pieds nus !

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Vous ne remarquez rien de changé chez Loïc ?!!

CIMGP9574 CIMGP9578Nous refaisons en près de deux heures ce qui nous a pris près de deux jours à pied ! Depuis l’eau, l’Abel Tasman National Park dévoile d’autres beautés : baies cachées, vues sur les hauteurs, les roches et la végétation… et surtout cette eau d’un bleu limpide qui ne cesse de nous émerveiller. Nous apercevons même un manchot bleu, ceux-là même que nous avions manqué à Oamaru il y a quelques jours ! Le bateau s’approche d’une l’île pour nous laisser contempler une colonie de phoques.

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Une fois arrivé à destination, le bateau-taxi se transforme en bateau-taxi-tracteur pour rejoindre le rivage à marée basse!

Cette escapade dans le Nord-Ouest a été l’occasion de constater que la Nouvelle-Zélande offre décidément une diversité de paysages tout aussi grandioses les uns que les autres !

West coast

Du mardi 21 au vendredi 24 janvier 2014

Cette nuit nous avons dormi dans un lit avec un toit au dessus de la tête ! Et oui, après quatre jours de randonnée et plusieurs nuits frisquettes sous la tente, on s’est dit qu’on avait bien mérité ça. Alors que notre tente restait sagement pliée dans le coffre de la Nissan, nous avons profité d’une petite « cabin » dans un camping, c’est-à-dire d’un mini mobilhome. Quel plaisir d’allonger ses pieds sur un matelas ! (il faut savoir que nous avons dans la tente des matelas de 120 cm de long).

Nous sommes bien en forme au réveil, c’est l’occasion ou jamais de relever un nouveau défi (vous allez vite comprendre pourquoi il était nécessaire d’être bien réveillé pour relever ce défi) ! Nos amis JC et Gaëlle sont allés en Nouvelle-Zélande à l’occasion de leur voyage de noces en 2011. Courageux mais pas téméraires (oui, oui, on le dit !), ils ont ramené en souvenir de la Marmite (prononcer « Marmaïïïte »), le « Nutella » des kiwis, le nec plus ultra de la pâte à tartiner ici… mais ils n’ont jamais osé goûter. Leur défi est simple en apparence : goûter la Marmite et vous donner nos impressions. Défi relevé, la preuve par l’image :

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Avant…

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Pendant !

Bon, après ça, il nous semble inutile de trop détailler le récit de nos impressions. Enfin si, pourquoi pas… La Marmite, c’est immonde. Mais vraiment immonde. C’est comme une vieille sauce barbecue oubliée dans un placard pendant des mois, voire des années. D’ailleurs, on s’est décidé à regarder la liste des ingrédients. Et bien la Marmite, c’est une sorte de bouillon de viande fermenté agrémenté de levure de bière, rien que ça. A la rigueur, ça pourrait passer dans un plat cuisiné. Mais au petit-dej, beurk ! Prévoyants, nous n’avions acheté qu’une dose de Marmite ! Mais si on avait acheté un pot, il est certain que nous aurions fait des heureux en l’offrant à des kiwis tant ils en raffolent. Gaëlle, JC, on espère que vous êtes satisfaits parce qu’on a vraiment donné de notre personne ! Malgré tout, nous ne sommes pas contre l’idée de relever d’autres défis, bien au contraire… donc n’hésitez pas à nous en lancer d’autres, vous qui nous lisez !

Sans tente à ranger, démonter et replier, on est beaucoup plus vite partis le matin. Tant mieux, car nous avons beaucoup de route aujourd’hui. Selon la carte, il faut cinq heures pour aller de Queenstown, où nous avons dormi, au Fox Glacier. Sauf qu’en réalité, il faut au moins deux heures de plus tant la route qui y mène est magnifique.

CIMGP9011 CIMGP9002 Chaque virage dévoile des lacs aux eaux d’un bleu extraordinaire dans lesquels se reflètent des montagnes. Nous nous arrêtons tous les 500 mètres !

Stitched Panorama CIMGP9061 CIMGP9030 Stitched PanoramaCIMGP9067 CIMGP9068 CIMGP9072 CIMGP9102 CIMGP9107 Stitched Panorama CIMGP9134 CIMGP9114 CIMGP9145Nous arrivons tout de même dans la petite ville de Fox Glacier, où nous plantons la tente dans un sol très moelleux. Et pour cause : c’est de la mousse gorgée d’eau ! Tout près se situe le lac Matheson, renommé pour être un véritable miroir des montagnes des Alpes, et notamment du Mont Cook. Celui-ci est dans la brume ce soir… tant pis !

CIMGP9170 CIMGP9175Si le soleil était avec nous lors de notre journée de route, c’est loin d’être le cas pendant notre randonnée sur le Fox Glacier… Il pleut toute la journée alors que nous évoluons sur cette merveille de la nature, chaussés de crampons et vêtus d’une tenue bien étanche (ouf). Notre guide Sarah est québécoise. Elle nous apprend que la West Coast est la région de Nouvelle-Zélande où il pleut le plus! En moyenne, ses habitants n’ont que cinq jours de répit par mois ! Elle qui a quitté les Rocheuses pour la saison est parfois un peu dépitée de la météo. Nous sommes glacés mais le froid n’enlève rien aux sensations fabuleuses que procure la marche sur un glacier.

CIMGP9177 CIMGP9181Les couleurs et les formes que peuvent prendre la glace sont fascinantes. Avec une pioche, Sarah creuse des marches pour que nous puissions avancer sans trop de difficulté. Il y a des centaines de mètres de glace sous nos pieds ! Nous longeons des crevasses et des trous effrayants et entendons le bruit de l’eau qui ruisselle au cœur de cette immense langue mouvante. Malheureusement, l’appareil photo de Loïc n’a pas trop apprécié ces conditions climatiques extrêmes et il a cessé de fonctionner (heureusement, une fois réchauffé, il n’a plus posé de souci). Vous ne verrez donc pas le mur de glace aussi haut qu’un immeuble auprès duquel notre guide nous a emmenés…

CIMGP9185 CIMGP9188  CIMGP9192CIMGP9202 CIMGP9217 CIMGP9229Après quatre heures de marche sur le glacier sous la pluie, nous sommes véritablement congelés. Nous nous offrons donc une nouvelle nuit confortable dans une « cabin ».

En roulant vers le Nord, nous faisons une halte pour admirer le Franz Josef glacier, baptisé ainsi en l’honneur de son empereur par un géologue autrichien. Comme son voisin le Fox, ce glacier est situé à très basse altitude et il est très curieux de trouver une forêt à la végétation dense à quelques dizaines de mètres de la glace !

CIMGP9236_37_38_39_40 CIMGP9249Notre déjeuner a lieu sur la jolie plage d’Hokitika, petite ville renommée pour sa jade.

CIMGP9256Nous arrivons le lendemain aux Pancake Rocks, une curieuse formation géologique en bord de mer qui ressemble à des crêpes empilées !

CIMGP9280 CIMGP9278 CIMGP9281_2_3_4_5Pendant trois jours, nous avons roulé dans la région la moins peuplée de Nouvelle-Zélande. La pluie en est bien sûr la cause. On peut faire des centaines de kilomètres sans tomber sur un supermarché ou un café. Autant avoir assez de provisions avec soi ! Pour profiter pleinement de cette région, il faut donc être chanceux au niveau de la météo. Cela a été plus ou moins notre cas car mis à part la journée sur le Fox Glacier, nous ne nous sommes pas trop mouillés par la suite. Cela nous a permis d’apprécier les belles côtes qui bordent la mer de Tasmanie et sa végétation unique : il y a même des palmiers !

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Enfin, nous retraversons l’île du Sud direction la côte Est. La route n’en est pas moins très belle et nous conduit à l’océan Pacifique.

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