A quoi ressemble un passeport après un tour du monde ?

La réponse en images avec le passeport de Loïc !

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Vous remarquerez les couleurs quelque peu délavées de certains visas… Ce n’est pas la faute à un trek pluvieux, non, non !

C’est tout simplement le résultat d’un petit tour dans la machine à laver de Valérie à Nouméa… Loïc avait eu la bonne idée de laver son sac photo ! En oubliant les passeports et son permis de conduire à l’intérieur.

Grosse angoisse sur le moment : allions-nous pouvoir franchir la douane ?! Et grosse colère pour Noémie aussi !

Loïc a donc passé sa soirée à glisser du papier toilette entre chaque page, puis à sécher délicatement au sèche cheveux les passeports… Le lendemain, il a fait la tournée des administrations de Nouméa pour vérifier que les données électroniques étaient encore lisibles : pas de machine pour les lire à la mairie de Nouméa et à la police mais des fonctionnaires qui nous invitent à changer d’urgence de passeport ! Heureusement, la police aux frontières nous a rassurés, notre passeport était lisible, ouf !

Sur le coup, nous avions été bien stressés… Mais près d’un an après cet événement, il reste comme l’une des meilleures anecdotes du voyage !

Vous voyez, il est bien rempli ce passeport… Mais il nous reste encore plein de pages à tamponner !

Malacca – Bilan de la Malaisie

Du samedi 9 au lundi 11 novembre 2013

La nouvelle gare de bus de Kuala Lumpur pour le sud du pays est rutilante de modernité et de propreté. On se croirait dans un aéroport ! Il est très facile d’y acheter son ticket – d’autant plus que plusieurs bus partent tous les quarts d’heure pour toutes les destinations. Le trajet pour Malacca n’est pas trop long. A l’arrivée, nous nous renseignons sur les bus à destination de l’aéroport puis empruntons un bus de ville pour le centre. Nous trouvons sans difficulté un hébergement pour la nuit, non loin du quartier chinois.

CIMGP1858 CIMGP1855 CIMGP1883 CIMGP1874 CIMGP1881 CIMGP1871Malacca est une ville à l’histoire riche. On lui trouve de suite beaucoup de charme. Au XVIe siècle, sous l’impulsion des Portuguais, le port de Malacca est devenu un lieu stratégique dans le commerce de la soie et des épices. Une grande forteresse fut érigée. Il n’en reste aujourd’hui qu’une porte, la forteresse ayant été détruite par les Hollandais.

CIMGP1870Les marchands portugais ont apporté avec eux le catholicisme et ses missionnaires. Des églises ont été bâties, notamment l’église Saint-Paul, aujourd’hui en ruine. Elle est perchée en haut d’une colline dont la vue surplombe toute la ville et surtout le détroit de Malacca, l’une des routes maritimes les plus empruntées au monde. Nous apercevons les gros cargos au loin…

CIMGP1502Les Hollandais, déjà implantés en Indonésie, ont conquis Malacca en 1641. Ils ont a leur tour entrepris la construction de bâtiments devenus aujourd’hui emblématiques de la ville : l’église Christ Church, l’hôtel de ville, la tour de l’horloge.

CIMGP1845 CIMGP1886 CIMGP1885 CIMGP1848C’est sur la place de l’hôtel de ville que l’on peut emprunter un trishaw ! Ces cyclopousses sont d’un kitsch très élaboré : fleurs en plastiques, guirlandes lumineuses, poupées, peluches… sans oublier la sono retentissante !

CIMGP1892 CIMGP1890Malacca est aussi célèbre pour son marché de nuit où l’on trouve de tout : babioles, souvenirs, bijoux… et nourriture bien sûr !

CIMGP1819 CIMGP1817 CIMGP1823 CIMGP1814 cIMGP1812 CIMGP1815 CIMGP1873A Malacca se situent également les plus vieux édifices religieux du pays : temples Hindoux, Chinois et mosquées.

CIMGP1863 CIMGP1864 CIMGP1898Il a fallu patienter jusqu’au dernier jour de notre voyage en Malaisie pour rencontrer LE spécimen tant rêvé par Noémie. Il était simplement là…. sous nos pieds!

CIMGP1847 CIMGP1850Cette dernière étape, à l’image de la Malaisie, nous a beaucoup plu ! Mais il faut poursuivre le voyage : direction l’Indonésie !

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Bilan de la Malaisie :

Lorsque nous avons réfléchi à l’itinéraire de notre tour du monde, nous n’avions pas coché la Malaisie dans la liste des pays que nous souhaitions visiter. C’est au moment d’effectuer les devis pour les billets d’avion que nous avons constaté que pour aller de Pnom Penh à Jakarta il fallait faire une escale à Kuala Lumpur. Nous avons alors décidé de transformer cette escale en étape ! La Malaisie, c’est donc la bonne surprise de ce début de voyage. Un pays au sujet duquel nous n’avions pas spécialement d’attente. Pour être honnête, à part les Petronas Towers, nous ne savions pas trop ce que nous allions y voir avant de plonger dans le guide ! Arnaud, le frère de Loïc, nous a également un peu aiguillés dans notre itinéraire.

Nous sommes passés du pays le plus pauvre d’Asie du Sud-Est au plus riche. Et croyez-nous, cela nous a un peu déstabilisés. Même si la Malaisie est un pays peu onéreux pour le voyageur (voir la page « budget » à ce sujet), nous nous sommes sentis moins « riches occidentaux » qu’au Cambodge et au Vietnam. Grâce à l’huile de palme et au pétrole, la Malaisie est un pays moderne au niveau de vie bien supérieur à celui de ses voisins. En résultent des infrastructures qui n’ont rien à envier à l’Europe, notamment en ce qui concerne le réseau routier et l’état des transports en commun.

La Malaisie est un pays cosmopolite où vivent ensemble trois communautés sans heurt apparent. Les Chinois bouddhistes, les Malais musulmans et les Indiens tamouls hindouistes offrent ainsi une palette de visages bigarrée et les coutumes et les styles vestimentaires se croisent au gré des quartiers et des restaurants.

CIMGP1501A nos yeux, les points forts de la Malaisie péninsulaire sont la faune et la flore exceptionnelles de ce pays. La jungle du Taman Negara en est l’emblème. Nous n’avons vu qu’une infime partie de cette immense forêt et pourtant ! Quel bel aperçu ! Nous saluons l’action entreprise pour préserver cette forêt primaire unique au monde. Malgré tout, on ne peut s’empêcher d’être en colère face à l’attitude du gouvernement malais et d’une grande partie de la population vis à vis de la protection de l’environnement. Survoler la Malaisie ou la traverser en voiture c’est comme se baigner dans des millions de litres d’huile de palme… Il y a des plantations de palmiers à huile absolument partout. C’est laid, néfaste pour la faune et la flore endémiques et mauvais pour la santé. Mais c’est une culture très lucrative ! Les Malais consomment des litres de cette huile. Ils sont gros, notamment les enfants. A la plage, nous avons croisé beaucoup de petits obèses… Notre guide aux Cameron Highlands nous disait qu’il y a un pic de maladies cardio-vasculaires actuellement… Alors certes, le Taman Negara est un lieu époustouflant… mais nous avons la sensation qu’il a été mis sous cloche et qu’on ne se souci pas de la nature dans le reste du pays. Comme au Cambodge, au Vietnam et en Chine, il y a des déchets partout : sacs plastiques, bouteilles, emballages de gâteaux… La saleté du monde nous gâche un peu notre voyage et on réalise qu’il faut que les mentalités changent ! Espérons que l’éducation à l’environnement se développe et qu’une prise de conscience se fasse parmi les populations.

Notre meilleur souvenir de la Malaisie restera indubitablement la fête de Deepavali chez Vasanthi ! Et dire que nous n’avions même pas prévu de nous arrêter à Ipoh… Face à la perspective d’enchaîner deux bus et un ferry puis de chercher un logement nous avons déclaré forfait et préféré nous reposer une nuit dans cette ville. Sans ce petit coup de fatigue, nous n’aurions rien vu de Deepavali. Et si nous avions pris nos tickets de bus pour le lendemain, nous aurions dû décliner l’invitation de Vasanthi… Quelle n’aurait pas été notre frustration ! Sans cette rencontre, nous aurions été seulement spectateurs des préparatifs de la fête. Là, nous avons eu la chance d’en être acteurs ! Les hasards rendent le voyage encore plus magique. Nous vivons au jour le jour, planifiant les étapes les unes après les autres. C’est une formidable sensation de liberté que de ne pas savoir où et avec qui nous serons le lendemain !

Bonus : Le « wild contest » Noémie vs Loïc

A vous de voter pour désigner qui de Noémie ou de Loïc a vu le plus de « potentiel sauvage » parmi les animaux croisés en Malaisie !

Quel animal vous aurait le plus effrayé ?! Lequel auriez-vous aimé croiser ?!

Noémie :

  • Deux « mouse-deer » (chevrotains) : Charmant petit mammifère croisé dans le Taman Negara, très difficilement observable car très craintif des humains et habituellement nocturne.

  • Un python : Observé aux Cameron Highlands, il mesurait plus d’1m50 et était plus gros qu’un poing. Il bronzait tranquillement au soleil à trois mètres de Noémie.

Loïc :

  • Un superbe serpent blanc arboricole avalant sa proie : installé dans un arbre près de la plage de Coral Bay à Pulau Pangkor, son ventre était gonflé par son repas. Long de près de 80 cm, il était très très très fin.

  • Un varan : il se baladait sur les rochers près de cette même plage. Loïc l’a observé marcher pendant de longues minutes.

Ensemble :

  • Les sangsues du Taman Negara

  • Les termites et fourmis géantes du Taman Negara

  • Les oiseaux de Pulau Pangkor

  • Le varan de Malacca

  • Les singes de la plage

  • Le scorpion mort sur la route de la plage

  • Le serpent vert et bleu à anneaux mort sur la route de la plage

Pulau Pangkor

Du dimanche 3 au vendredi 8 Novembre 2013

Après trois de mois voyage, nous commençons à ressentir le besoin de nous reposer un peu. Nous avons mis le cap sur la petite île de Pangkor, dans le détroit de Malacca. Au programme : plage, baignade, virée en scooter…

Résumé en images :

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CIMGP1417 Un Cendol : mélange de glace rapée, de sirop, de maïs, de cacahuète et de ?!?!?!
Bof….

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Virée en scooter pour faire le tour de l’île….. ce qui nous à pris à peine 2h, pauses comprises !

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Forcément, la jauge d’essence ne fonctionnait pas…. et nous sommes tombé en panne !

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Ipoh

Vendredi 1er et samedi 2 novembre 2013

Ipoh est une petite escale sur la route de l’île de Pangkor, notre prochaine étape. Nous trouvons un hôtel tout près de la gare routière. Le quartier de Little India est juste à côté et il est en pleine effervescence ! Nous sommes en effet à la veille de Deepavali, la grande fête des lumières hindoue. A cette occasion, les familles se réunissent pour un repas et l’on rend visite aux proches. La communauté indienne d’Ipoh se prépare donc à la fête et des dizaines de stands ont été installés dans les rues au rythme de la musique indienne. Il y a là des gâteaux sucrés et salés, des bijoux, des guirlandes de fleurs pour décorer les maisons, des vêtements traditionnels, des boissons, des jouets… Cette ambiance très entraînante nous attire évidemment !

CIMGP1092 CIMGP1093 CIMGP1095 CIMGP1097 CIMGP1099A tous les coins de rue il y a des stands de henné et quasiment toutes les femmes arborent de jolies tatouages éphémères sur les mains. Noémie ne résiste pas à la tentation de les imiter !

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Ipoh est la capitale de l’état de Perak. C’est une petite ville provinciale qui a l’air agréable à vivre avec ses vieilles rues bordées d’arcades et ses bâtiments coloniaux. On peut facilement faire le tour du centre-ville en un après-midi. La gare ferroviaire, bâtie en 1915, est un bon exemple d’architecture coloniale anglaise mêlant des inspirations victoriennes et orientales. L’hôtel de ville (1916) et le palais de justice (1928), bâties par le même architecte, font du centre-ville un lieu à l’architecture harmonieuse. Juste derrière ces bâtiments se trouve la tour de l’horloge dont les fresques représentent des grands hommes tels que Moïse ou Shakespeare, symbolisant ainsi les progrès de la civilisation.

CIMGP1118 CIMGP1119 CIMGP1121En soirée, nous retournons nous balader dans l’ambiance très Bollywood de Little India. La foule se masse dans les rues et des orchestres jouent de la musique. Nous flânons d’un étal à l’autre tout en mangeant des beignets et des petits gâteaux traditionnels accompagnés de citronnade et de thé glacé.

CIMGP1122Alors que nous sommes installés dans un petit restaurant pour manger des chapatis (sortes de galettes que l’on trempe dans diverses sauces), deux jeunes filles installées à côté de nous ont repéré le tatouage au henné de Noémie et engagent la conversation à son sujet. Comme la musique est très forte, on a du mal à s’entendre tous les quatre donc Loïc discute avec sa voisine et Noémie avec la sienne. On parle de la fête et de ses préparatifs, de leur travail respectif, de notre séjour en Malaisie… A la fin du dîner, l’interlocutrice de Loïc lui demande ce que l’on a prévu le lendemain. Comme nous n’avons pas encore pris nos billets de bus, nous sommes totalement libres. Nous sommes donc aussitôt invités à passer Deepavali avec elle et sa famille ! Voici comment nous avons fait connaissance de Vasanthi et de Comla !

CIMGP1139Ponctuelle, Vasanthi vient nous chercher en voiture à notre hôtel le lendemain à midi. Nous nous sommes préparés avec beaucoup d’impatience et d’excitation : c’était inespéré pour nous d’aller chez des gens, qui plus est pour une fête ! Vasanthi nous conduit chez ses parents, où elle vit. Le long du trajet, elle nous parle des préparatifs de la fête qui ont duré tard dans la nuit et nous montre différents bâtiments : son ancienne école, des temples hindous… Vasanthi a 28 ans et travaille dans le service administratif d’un établissement de soins pour sourds. Elle a un frère de 31 ans qui travaille dans l’horlogerie de luxe à Singapour pour une marque suisse. Il a d’ailleurs été formé en Suisse. Ils parlent un anglais parfait, et leur papa s’exprime lui-aussi très bien. Leur maman parle tamoul (la langue du Sud de l’Inde) et malais mais Vasanthi traduit pour nous. Nous sommes un peu intimidés au début mais, très vite, toute la famille nous met à l’aise ! Nous faisons connaissance et nous nous posons des tas de questions sur la vie quotidienne dans nos pays respectifs. Nous avons passé la journée à manger, les plats se succédant aux autres. La maman n’est d’ailleurs pas beaucoup sorti de la cuisine. Pour Deepavali, les feuilles de bananiers remplacent les assiettes. Les hindous mangent toujours avec les doigts et ce n’est pas facile facile pour nous !

CIMGP1123Plus les heures passent et plus nous nous sentons à l’aise, ayant le sentiment de papoter avec des amis : Noémie avec Vasanthi, Loïc avec son frère. Ils ont sorti les albums photos de leur enfance à aujourd’hui et nous leur avons à notre tour montré des photos de nos familles et de nos amis. Pendant ce temps, des cousins et des amis rendaient visite aux parents. Nous étions très émus au moment de leur dire au revoir ! Nous espérons vivement rester en contact avec eux et pourquoi pas se revoir un jour.

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Avant de nous ramener à notre hôtel, Vasanthi nous a emmené chez son amie Comla. Accueillis par une montagne de pâtisseries, nous avons fait la connaissance de sa maman et de ses cinq frères, venus des quatre coins du pays et même d’Australie pour la fête. Comla quant à elle est infirmière en Arabie Saoudite. Elle est venue retrouver sa famille pour quelques jours de vacances.

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De retour à l’hôtel, nous réalisons la chance que nous avons eu de partager ces moments avec ces gens généreux et accueillants. Combien de familles françaises ouvriraient spontanément leurs portes à des voyageurs étrangers pour Noël ? Nous avons reçu une belle leçon d’humanité.

Le quartier de Little India est désormais vide. Les stands de la fête ont été démontés. Nous nous offrons une promenade digestive dans le calme de la soirée. Un gros orage éclate au dessus du terrain de sport et ponctue cette belle journée de ses couleurs électriques.

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Cameron Highlands

Du mardi 29 octobre au jeudi 31 octobre 2013

Pour quitter la jungle du Taman Negara, nous avons réservé deux places dans un mini-bus à destination de Tanah Rata, une petite ville de l’Ouest, coeur des Cameron Highlands. Le mini-bus est tout neuf et il n’y a que nous à l’intérieur ! Les quatre heures de trajet se déroulent donc plutôt confortablement. Par contre, nous avons été dépités de constater que tout le long de la route s’étendent des plantations de palmiers à huile à perte de vue…

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Les Cameron Highlands sont une région vallonnée renommée pour ses plantations de thé et maraîchères. Bénéficiant d’un micro-climat (la température n’excède pas les 20 degrés toute l’année), c’est une destination idéale pour se rafraîchir un peu après avoir arpenté la moiteur étouffante de la jungle. Nous n’irons pas jusqu’à dire que nous avons ressenti un grand choc thermique mais tout de même, il fait bien frisquet ici et nous renfilons nos pantalons et polaires ! Après une première nuit frisquette, nous demanderons même une deuxième couverture au responsable de la guest-house…

Dans cette région, nous avons surtout prévu de visiter des plantations de thé. Mais en s’enregistrant à la guest-house nous remarquons de multiples photos de la rafflésie, la plus grosse fleur au monde ! Nous pensions qu’elle ne pousse que sur l’île de Bornéo. Nous sommes donc agréablement surpris de constater qu’elle pousse ici aussi ! Nous interrogeons le réceptionniste : serions-nous par hasard tombés pendant une période de floraison ? Bingo ! Une fleur vient juste d’éclore à deux heures d’ici et d’autres sont en bouton !! Quelle chance ! Nous nous empressons de nous renseigner auprès des différentes agences de la ville pour réserver une excursion pour le lendemain.

Cette fois-ci, nous ne serons pas tous seuls pour crapahuter dans la jungle : un guide nous accompagne. L’épisode des sangsues aura marqué les esprits… D’ailleurs, nous apprenons qu’il n’y en a pas ici (soupir de soulagement). Pour cette journée d’excursion à la découverte de la rafflésie et des plantations de thé nous sommes seulement trois touristes, nous et un Sud-Africain. Notre jeune guide termine sa période de formation. Il est donc accompagné de son mentor qui va l’évaluer ! Ce dernier est un homme très… disons… charismatique et sauvage… C’est un mélange de Barracuda, d’Indiana Jones et de Crocodile Dundee ! Nous sommes fans de son sac à franges, de son tee-shirt déchiré, de sa barbe mal rasée et de son chapeau vieillot !!!

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Après une petite heure de jeep, nous entamons une marche d’une heure et demi à la recherche de la rafflésie. Notre guide s’avère incapable de parler anglais et ne nous donne pas les explications sur les plantes qu’il est censé nous apporter. « Indiana » est très en colère et déçu de constater qu’après l’avoir suivi pendant un mois quotidiennement, il n’arrive à rien (d’autant plus qu’il est diplômé en anglais). Il prend donc le relais, non sans avoir bien fait comprendre au jeune guide qu’il a peu de chance d’être validé. Nous sommes un peu gênés mais plutôt contents de suivre les explications d’Indiana ! La jungle ici n’est pas une forêt primaire comme au Taman Negara. La végétation y est donc moins impressionnante. Il y a beaucoup de bambous et de fougères. Notre chemin croise celui d’un mille-pattes qui porte bien mieux son nom que ses cousins européens !

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CIMGP0871 CIMGP0869La rafflésie est une plante étonnante. Dépourvue de tiges et de feuilles, elle pousse directement sur les racines des lianes. C’est en fait un parasite qui pompe l’eau et les nutriments de la liane grâce à des filaments. Avant de fleurir, la rafflésie forme un gros bouton qui pousse pendant un an avant d’éclore. La floraison dure trois à cinq jours seulement. La fleur peut atteindre jusqu’à un mètre de diamètre, celle que nous avons en face de nous s’en approche. Juste éclose, elle dégage une odeur de viande en décomposition, beurk ! Heureusement pour notre odorat, la rafflésie que nous sommes venus voir a déjà deux jours et ne sent plus rien. Nous sommes épatés de voir cette originalité de la nature !

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Sur le chemin du retour, Barracuda nous montre plusieurs variétés de plantes dont il nous explique les vertus. C’est très instructif ! Avant de reprendre la route, nous nous entraînons à la sarbacane, utilisée par les Orang Asli, le peuple primitif qui vit encore dans la région. Nous pourrons vous faire une démonstration au retour et même organiser un tournoi car Loïc s’en est offert une petite !

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La journée se poursuit avec la visite de la plantation de thé BOH. La culture de cette plante a été introduite en Malaisie à l’époque où elle était une colonie anglaise. Nous visitons l’usine embaumée par l’odeur de ce breuvage. Les feuilles subissent différentes étapes de transformation : séchage naturel, broyage, fermentation, séchage en four, tamisage… La plantation n’exporte pas, le marché national étant florissant. Nous achetons donc une boite de ce thé introuvable chez nous. Ici, les feuilles sont récoltées à la machine, à l’exception d’une récolte spéciale, où les feuilles les plus jeunes sont cueillies à la main. C’est ce thé haut-de-gamme que nous rapportons dans nos bagages.

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Notre journée d’excursion devait s’arrêter là mais nous nous plaisons bien avec le Sud-Africain et notre super guide. Nous décidons donc de les accompagner à une forêt humide où les arbres sont couverts de mousse. Il y a beaucoup de brume et d’humidité, le cadre pourrait facilement se prêter au tournage d’un film d’horreur.

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Enfin, nous faisons un court arrêt à une plantation de fraises hors-sol. Ces dernières années, les Cameron Highlands ont été recouvertes de serres où l’on cultive fruits, légumes et fleurs. Le paysage naturel de ces collines est dévasté. Là où il y avait autrefois des forêts, on trouve à perte de vue des arches en plastique abritant les cultures. Cette vision nous désole et gâche notre visite dans la région. Les arbres arrachés, aucune racine ne retient le sol et de graves glissements de terrain meurtriers ont lieu régulièrement en cette saison des pluies, faisant à chaque fois la une des journaux…

Le lendemain, nous décidons d’aller voir une autre plantation de thé de l’entreprise BOH, la visite de la veille s’étant révélée un peu trop courte à notre goût. Un sentier de randonnée très bien balisé y conduit. Il faut traverser la jungle pendant trois kilomètres puis suivre la route le long des cultures maraîchères. Totalement seuls sur ce sentier, nous apprécions le calme de la balade. Contemplatifs, nous ne parlons pas. Loïc marche quelques mètres derrière Noémie car il s’arrête régulièrement pour prendre des photos.CIMGP0986_7_8 CIMGP0990 CIMGP0993 CIMGP0994

Au détour d’un virage, le soleil transperce la végétation. Noémie fait une petite pause pour attendre Loïc. Inconsciemment, son regard « scanne » la zone éclairée et son cerveau met quelques micro-secondes avant de réaliser qu’un énorme serpent paresse tranquillement au soleil ! La scène semble pourtant durer de longues minutes dans son esprit ! Fascinée et tétanisée, Noémie observe l’animal long de plus d’1m50, couleur bronze, à la tête dressée sur une trentaine de centimètres. Lorsque le serpent se tourne vers elle (elle en était à environ trois mètres), Noémie crie et coure rejoindre Loïc ! Le serpent quant à lui, sûrement agacé d’avoir été dérangé dans sa sieste, est reparti se fondre dans la végétation. La peur se mêle à la fierté dans l’esprit de Noémie qui restera un peu chamboulée par cette rencontre toute la journée… Heureusement, le sentier se termine bientôt (la fin du trajet sera beaucoup moins calme pour faire fuir les éventuels copains du serpent !). Nous retrouvons la route et nous arrêtons une voiture en auto-stop pour qu’elle nous conduise à la plantation de thé. Nous y arrivons sous la pluie. La deuxième usine BOH de la région est moins fréquentée par les touristes mais elle se visite également.

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La veille, un employé nous avait fait une rapide introduction au processus de transformation du thé avant de nous laisser seuls face aux machines. Aujourd’hui, une jeune femme prend le temps de nous accompagner et de nous détailler chaque étape avec précision.

CIMGP0903 CIMGP0905 CIMGP1009 CIMGP1011 CIMGP1015L’usine possède bien sûr un salon de thé et nous attendons la fin de l’averse dans une ambiance so british.

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Les collines situées à proximité de l’usine sont trop pentues pour que la récolte s’y fasse à la machine. Les employés coupent donc les feuilles au sécateur et nous pouvons les observer dans leur travail éreintant.

CIMGP1053 CIMGP1057 CIMGP1065_6_7_8_9CIMGP1070 Pour retourner en ville, nous faisons de nouveau du stop. La pluie redouble d’intensité mais les automobilistes ont pitié de nous et nous ramènent rapidement à Tanah Rata. De retour à la guest-house, Noémie, toujours intriguée par son serpent, demande au réceptionniste s’il peut l’aider à l’identifier. D’après la description faite et après vérification sur Internet, il semblerait que ce gros serpent soit un python, brrrrrrrrrr !CIMGP1003

Taman Negara

Du samedi 26 au lundi 28 octobre 2013

Imaginez une jungle vieille de 130 millions d’années… Une étendue de feuillages, de lianes, de branches à perte de vue… De la végétation partout autour de vous, des bruits d’animaux inconnus : oiseaux, insectes, singes… Des animaux sauvages impressionnants tels que l’éléphant d’Asie, le tigre, le léopard, le tapir ou encore le cobra… Des milliers d’insectes qui grouillent autour de vous… Une flore époustouflante : fougères, orchidées, champignons phosphorescents, arbres gigantesques… Tout cela, c’est le Taman Negara, un parc national exceptionnel dont la richesse est due au fait que cette région de la planète n’a connu aucun grand bouleversement climatique tel que période glaciaire ou éruption volcanique. C’est un vrai rêve de gosse que d’y pénétrer !

L’accès au parc national est assez aisé depuis Kuala Lumpur. Nous prenons un bus étonnamment confortable jusqu’à Jerantut, trois heures de route plus loin. Là, après le déjeuner (indien bien sûr), nous prenons un bus local, bien plus en phase avec les bus que l’on connaît ! Loïc l’appelle le « bus courant d’air » (ce qui parlera aux Réunionnais qui nous lisent). Toutes les fenêtres et les deux portes sont ouvertes ! La route ne fait que longer des plantations de palmiers à huile. La Malaisie est en effet le premier producteur mondial d’huile de palme. Et dire que la jungle a été abattue pour ces palmiers synonymes de gras et d’aliments de mauvaise qualité… Nous croisons plusieurs camions pleins de ces fruits oranges-rougeâtres qui seront broyés pour être transformés en huile.

CIMGP0864La porte d’entrée du Taman Negara est le petit village de Kuala Tahan. « Petit » semble l’adjectif approprié : il n’y a que trois rues ! De nombreux hébergements bons marchés s’y trouvent. Nous jetons notre dévolu sur la Tahan Guesthouse, un peu excentrée. Les équipements sont rudimentaires (douche froide donnant sur des toilettes « à la turque ») mais il y a un ventilateur et une moustiquaire (rapidement surnommée notre cabane). Et la déco est marrante. Notre petit balcon donne sur un jardin planté de papayers, de manguiers et de cocotiers. La propriétaire est très sympathique et rigole tout le temps.

CIMGP0740Nous dînons dans l’un des restaurants flottants installés sur la rivière. Le parc se trouve de l’autre côté de cette dernière. Des bateaux font la navette pour un ringit (22 centimes). Demain, nous y serons ! En attendant, on avale un plat de nouilles insipide (il faudra trouver mieux pour nos prochains repas) et on réfléchit au programme. Noémie a toujours mal au dos et commence vraiment à être fatiguée. Même si nous avons dormi une partie de l’après-midi, on ne se sent pas trop prêts à crapahuter de longues heures dans la jungle par 30 degrés et plus de 90% d’humidité… On décide d’attaquer doucement par une petite balade le lendemain.

La nuit dans notre cabane anti-moustique a été très reposante. Les bruits des oiseaux et des insectes sont vraiment agréables à entendre lorsqu’on est couchés ! Par contre, nous sommes réveillés à 5h40 tapantes par le chant du muezzin. Le haut-parleur doit être situé sous nos fenêtres, tant il est fort !! Et oui, la religion officielle de la Malaisie est l’Islam et nous devons nous habituer aux appels réguliers à la prière ! On arrive tout de même à se rendormir.

En milieu de matinée, nous sommes prêts. On s’achète une barquette de nouilles bien grasses pour le déjeuner et enfin nous traversons la rivière pour découvrir la jungle ! Les sentiers du parc sont très bien balisés et dans les abords immédiats de l’entrée on ne marche pas à même le sol mais sur des caillebotis surélevés. Parfait pour éviter les sangsues!

CIMGP0741Il suffit de marcher quelques minutes pour être immergé dans une ambiance nouvelle et fascinante. On se doute bien qu’on ne verra pas de léopard ou de tapir mais la végétation à elle seule est époustouflante. On regarde chaque plante avec curiosité, découvrant des formes et des tailles de feuilles surprenantes.

CIMGP0764 CIMGP0775 CIMGP0782 CIMGP0802 CIMGP0803CIMGP0813On scrute à travers bois quelque insecte nouveau et pourquoi pas des animaux plus grands. Les fourmis géantes nous impressionnent mais pas autant que les termites ! Parfois, un gros lézard couleur bronze se faufile rapidement près de nous. Un bruit dans les feuilles, on lève la tête et c’est un gros écureuil noir qui coure sur les branches ! Le chant des oiseaux mêlé à celui des insectes complète cette atmosphère envoûtante.

CIMGP0745 CIMGP0768 CIMGP0793 CIMGP0777Nous marchons en direction de la « Canopy walkway », un ensemble de passerelles installées en hauteur près de la cime des arbres. Il s’agit de la plus longue promenade dans la canopée du monde mais actuellement la moitié supérieure du parcours est fermée. C’est dommage car cette balade dans les airs est très sympa et passe trop vite à nos yeux ! Il ne faut pas avoir le vertige car on est bien balancés et les arbres sont hauts de plus de 50 mètres. Nous ne verrons pas d’oiseaux mais la vue sur la végétation associée une fois de plus aux bruits de la jungle est extra. On a eu la bonne idée d’y aller vers 12h30, on a ainsi évité les groupes !

CIMGP0762 CIMGP0760Nous continuons notre balade parmi les différents sentiers pendant une bonne partie de l’après-midi. Tout à coup, Noémie est surprise par un mouvement au pied d’un arbre. Quelle surprise de découvrir un petit mammifère jamais vu jusque là ! Elle a le temps de bien le regarder avant qu’il ne s’enfuit et le décrit à Loïc (un peu jaloux). Lorsqu’on retourne au bureau des guides, on le retrouve sur un poster présentant les animaux de la jungle. Il s’agit d’un chevrotin ou « mouse deer » en anglais (« Souris-daim »). Quelle chance de l’avoir vu !

CIMGP0841Le soir, alors que l’on s’apprête à aller dîner un plat gorgé d’huile de palme il commence à pleuvoir. On se décide quand même à sortir et c’est sous des trombes d’eau que nous dînons ! La saison des pluies commence et on voit ce que cela signifie concrètement. Il a plu pendant plus de quatre heures et nous avons passé la soirée sans électricité !

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Rédaction du blog à la frontale !

Lundi matin, nous partons pour une balade de neuf kilomètres. Cela peut sembler court pour une journée mais n’oublions pas qu’il fait plus de 30 degrés et que le taux d’humidité est supérieur à 90% ! A peine 10 minutes de marche et nous sommes trempés de la tête aux pieds ! Ajoutez à cela qu’on marche en essayant de faire le moins de bruit possible et tout doucement pour espérer voir des animaux et vous comprenez pourquoi nous avons prévu la journée ! L’itinéraire longe tout d’abord la rivière.

CIMGP0808On entend beaucoup plus d’oiseaux que la veille et Loïc apercevra d’ailleurs un oiseau noir et blanc de grande envergure voler bruyamment d’arbre en arbre. Son chant était assez rauque et puissant, résonnant dans la jungle. Nous croisons de nouveau plusieurs beaux lézards et des écureuils. Au bout d’une bonne heure de marche, le sentier aménagé s’arrête, laissant place à la terre et aux racines.

CIMGP0816 CIMGP0810Alors que nous sommes arrêtés pour que Noémie remette les jambes de son pantalon-short (pour éviter les sangsues), Loïc aperçoit un varan à trois mètres de nous ! Whouaou !!!! Nous rêvions d’en voir et il y a un juste là, tout près !!! Nous n’aurons pas réussi à le prendre en photo mais les quelques secondes où l’on a vu marcher cet énorme lézard sont gravées dans notre mémoire ! Nous reprenons la route, un peu moins rassurés que sur le sentier aménagé.

CIMGP0798 CIMGP0799Nous nous arrêtons pour regarder où nous en sommes sur la carte et Loïc repère une sangsue par terre. Cette sale bestiole se dresse sur son pied en ventouse et, une fois qu’elle a détecté sa proie, avance en se pliant et se dépliant comme un accordéon. Noémie baisse les yeux pour la regarder et en remarque une sur sa chaussure, puis une autre ! Aaaahhh ! Loïc lui aussi en a sur lui ! Panique totale chez Noémie qui frôle la crise d’hystérie (ne vous moquez pas, c’est une réaction totalement imprévisible !). Elle essaie tant bien que mal de s’en débarrasser avec une feuille mais cette fichue ventouse reste bien collée ! Loïc, même s’il n’est pas très à l’aise, garde son sang froid et arrive à nous débarrasser de ces zombies assoiffés de sang ! Nous repartons presque en courant en direction du sentier aménagé, bien à l’abri de ces horribles bestioles. On décide de rebrousser chemin : impossible d’envisager un simple arrêt pour boire si l’on continue.

Quelques mètres plus loin, nouvelle frayeur : un varan est juste à côté du sentier et s’enfuit à notre arrivée ! La jungle, c’est vraiment un milieu hostile ! Et pourtant, nous ne nous sommes pas trop éloignés de l’entrée du parc !

CIMGP0756 CIMGP0746 CIMGP0827 CIMGP0833CIMGP0773Malgré tout, nous décidons de réserver une balade dans la jungle de nuit, avec un guide bien sûr. Malheureusement, quelques minutes avant le rendez-vous, il s’est mis à pleuvoir des trombes d’eau, rendant impossible la sortie. Nous sommes un peu déçus mais on se console avec tout ce qu’on a vécu ces deux derniers jours !

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