Meilleurs voeux !

voeux2015

Glacier Perito Moreno – Patagonie – Argentine

A vous tous qui nous avez lus et soutenus tout le long de notre voyage, nous vous souhaitons une excellente année 2015, riche en découvertes.

Soyez curieux !

De notre côté, pas mal de projets en perspectives, notamment hors des frontières de l’hexagone…

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« Alors, c’est pas trop dur le retour ?! »

Combien de fois avons-nous entendu cette question ces dernières semaines ?! Nous ne comptons plus !

Le problème, c’est qu’on a un peu déçu nos interlocuteurs au début car non, ce n’était pas trop dur ! Nous étions hyper contents de revoir nos proches, d’autant plus que nous avons eu un super accueil à chaque retrouvailles. Nous avons trouvé un appartement dans lequel nous nous sentons vraiment bien et nous avons retrouvé avec plaisir notre lit, une salle de bain décente ou encore nos ustensiles de cuisine.

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Aperçu de l’emménagement

Dans un premier temps, il nous a fallu nous adapter à cette nouvelle vie : nouveau cadre quotidien, nouvel environnement de travail, nouveaux collègues… Alors on n’a pas vraiment eu le temps d’être nostalgiques : nous courrions partout ! Et puis la Normandie nous plaît beaucoup, il y a plein de belles choses à découvrir.

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1er septembre 2014, reprise du travail après 14 mois de vadrouille pour Noémie et 13 pour Loïc

Sauf qu’au bout de quelques semaines nous avons subi un contre-coup : fatigue intense, stress lié au travail et surtout cet horrible sentiment de voir les semaines défiler et se ressembler. Nous avons l’impression de ne rien faire de constructif, de ne rien découvrir, de ne pas nous enrichir chaque jour. Le mercredi est une copie du mardi qui n’est lui-même qu’une triste répétition du lundi…

Et puis, on ne se voit plus ! Après un an passé 24h/24 ensemble, se voir qu’une heure le matin et quatre heures le soir nous fait tout drôle et nous attriste. Nous n’avons pas le temps de parler autant qu’on le faisait en voyage.

Alors il nous faut vite rebondir pour ne pas nous laisser abattre et sombrer dans le syndrome post-tour-du-monde : ce sentiment de vide et d’ennui qui peut nous accabler. A nous de trouver des pistes pour enrichir notre quotidien, nous épanouir au travail ou dans nos loisirs, bâtir de nouveaux projets… Mais c’est loin d’être facile.

Même si nous avions toujours perçu le tour du monde comme une parenthèse dans notre vie, un long moment pour s’épanouir et réfléchir à la fois sur nous-même et sur notre couple, nous devons gérer l’après. Nous devons exploiter cette parenthèse pour qu’elle soit bien plus qu’une parenthèse, pour qu’elle soit véritablement constructive pour notre avenir.

Nous allons réussir à nous habituer mais cela risque de prendre un petit peu de temps. Autant tous les réflexes du quotidien sont revenus aussitôt (conduire sa voiture, cuisiner…), autant notre esprit a un peu plus de mal : il se sent frustré et a besoin d’évasion.

Alors oui, c’est dur le retour !

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« Allez Noémie, encore un carton à déballer ! »

Le retour…

Du mercredi 30 juillet au lundi 4 août 2014 et un peu après

Quito était la dernière étape de notre tour du monde mais il nous reste un looong chemin à parcourir avant de retrouver nos foyers. Quelques semaines avant le retour, nous pensions naïvement trouver un vol pas trop cher pour Lima (seulement deux heures de vol), d’où part notre gros avion à destination de l’Europe. Sauf que c’était oublier que l’Amérique du Sud n’est pas l’Asie ou même l’Europe avec ses low-cost et nous n’avons rien trouvé à moins de 500$ par personne, soit le prix d’un transatlantique. Face à ces prix carrément indécents, nous avons décidé d’achever notre périple en Amérique du Sud avec un moyen de transport qui nous est bien familier maintenant… Vous l’avez deviné, c’est en bus que nous rejoindrons la capitale péruvienne ! On n’est plus à ça près…

En route pour notre dernier, et non moins épique, trajet !

Quito-Lima : 1975 km. 38 h de bus. Nous sommes habitués mais tout de même, nous ne sommes pas très motivés… Mais bon, pas le choix ! Nous apprenons qu’il y a un bus direct tous les mardis soir, c’est parfait pour nous. Sauf qu’il coûte plus de 100$ par personne. Comme nous ne sommes pas à une demi-journée près, nous optons pour le changement de bus après la frontière, deux fois moins cher.

A l’immense et moderne gare routière de Quito, nous attendons patiemment notre véhicule parmi les autres voyageurs qui jouent des coudes pour monter en premier (ce qui est parfaitement inutile puisque les places sont attitrées, mais les sud-américains sont un peu comme les Français, ils veulent toujours passer devant les autres). Quand vient notre tour, après la fouille réglementaire des sacs à dos, nous nous installons à nos places. Et là, gros choc : le bus n’est pas semi-cama comme on nous l’a annoncé ! C’est un siège tout ce qu’il y a de plus normal, à peine inclinable. Comme nous sommes juste derrière le chauffeur, nous avons une paroi devant nous et à peine 10 cm pour nos jambes. La nuit fut longue et inconfortable. Très longue et inconfortable.

CP1130158A la ville frontière, nous devons trouver un taxi pour nous conduire au poste de douane et à la première ville péruvienne pour changer de bus. Il est huit heures du matin, nous sommes fatigués, affamés et notre priorité est surtout de trouver des toilettes à peu près propres. Mais les chauffeurs de taxi ne l’entendent pas de cette oreille et nous harcèlent pour que nous partions avec eux. Forts de notre expérience (!), nous sommes fermes et les envoyons paître le temps de nous remettre de notre courte nuit. Bien nous en a pris : un chauffeur de la compagnie de bus est mandaté pour accompagner une jeune fille dans ces différentes étapes. Bien sûr, elle a payé le prix fort pour cela mais pour nous, comme nous nous arrangeons directement avec lui et non au guichet, cela coûtera trois fois rien. Parfait ! Tous les quatre et accompagnés d’un porteur de bagages pour la très coquette jeune fille, nous traversons l’étrange ville frontière de Huaquillas. Plus qu’une ville, c’est un gigantesque bazar à ciel ouvert où l’on peut acheter tout et n’importe quoi. Un pont envahi de tuk-tuks, charrettes et vendeurs marque la frontière avec le Pérou. De l’autre côté, Aguas Verde, la ville jumelle de Huaquillas est tout aussi déboussolante. Heureusement, que nous suivons Guillermo notre chauffeur !

CP1130153Nous observons de près notre étrange compagne de voyage, très féminine et sexy, ce qui jure beaucoup avec le style habituel des femmes ici… Cachée derrière ses grosses lunettes de soleil, elle snobe les hommes qui ne cessent de regarder son décolleté plongeant. Nous aussi on la scrute tant elle est bizarre, jusqu’à ce que Noémie remarque ses pieds. Ils ont beau avoir une pédicure parfaite, il n’y a pas de doute possible : c’est un homme ! Dans la voiture, quand elle (il ?) se met à parler, sa voix de fausset nous fait esquisser un sourire. Nous allons donc voyager avec Isabella, ou Esteban pour l’état-civil (nous avons scruté son passeport à la douane). C’était assez rigolo de voir à quel point cette personne est maniérée et surtout de voir comment elle attire les regards de tous ceux que nous croisons. Il faut dire qu’il (elle ?) fait tout pour être au centre de l’attention avec ses tenues très sexys (elle s’est changée pendant un arrêt), son maquillage et ses sollicitations constantes auprès des hommes. Bref, la (le ?) regarder nous a pas mal divertis et on avait grand besoin de s’occuper car les vingt heures de trajet pour Lima dans un bus tout pourri n’ont pas été des plus agréables. Surtout lorsqu’à peine 2h après notre départ d’Aguas Verde, la douane arrête le bus à un contrôle et interdit à notre chauffeur de repartir ! On nous fait comprendre qu’il faut descendre avec toutes nos affaires et attendre… Ça tombe bien, on adore ça et nous n’avons pas du tout hâte que ce trajet se finisse ! Loïc questionne l’officier et apprend que le bus a une fuite de compresseur d’air et qu’il n’est pas prudent qu’il roule. Il faut attendre qu’un autre bus de la compagnie vienne prendre le relais. Soit. Nous patientons…

Lors d’une énième pause « toilettes » / « repas », Loïc fait la connaissance d’un Néo-Zélandais en vacances et découvre au fil de la discussion qu’il amortit le coût de son voyage d’une façon extraordinaire. Il a acheté des diamants bruts chez un receleur et compte les revendre avec une bonne marge de retour chez lui. Eeeuuuh Yes, why not !

Une fois dans la capitale péruvienne, nous ne pensons qu’à une chose, nous reposer. Nous n’aurons même pas le courage d’aller nous balader en ville. Apparemment, on ne loupe rien. De toutes façons l’horrible brouillard qui recouvre Lima presque tous les jours ne nous donne pas envie d’en arpenter les rues. Nous passons donc deux jours dans une auberge de jeunesse correcte mais pas transcendante à travailler sur le blog.

Vient enfin le moment de rejoindre l’aéroport de Lima… Noémie est terriblement impatiente et tourne en rond dans la salle commune de l’auberge de jeunesse en attendant l’arrivée du taxi. Loïc, plus pragmatique, peaufine un article du blog… Pour aller à l’aéroport, nous sommes tombés sur un fou du volant ! Il se croit en pleine course automobile, double tout le monde et roule bien au delà des vitesses autorisées. Tellement estomaqués, nous n’osons pas lui demander de ralentir (mais on s’est attachés !). Toujours est-il qu’on est surpris d’arriver en vie à bon port et sans avoir vomi !!

L’aéroport de Lima est très bordélique. Les queues partent dans tous les sens, rien n’est clair, mais nous arrivons finalement à enregistrer pour la dernière fois nos gros sacs. Nous profitons du duty free : c’est la seule fois du voyage où on se l’autorise car là, on peut porter quelques centaines de grammes en plus ! Noémie ne résiste pas à l’appel des cosmétiques : après un an sans avoir été féminine, elle a craqué ! Bien évidemment, nous dormons peu durant notre vol de nuit. Loïc, fidèle à lui-même, charme les hôtesses pour avoir un deuxième plateau repas et des petits gâteaux (c’est devenu sa spécialité !).

CP1130172Une dizaine d’heures plus tard, l’Europe est en vue ! C’est fou ! Nous survolons Lisbonne puis les désertiques terres espagnoles le nez collé au hublot. Nous voici à Madrid !

CP1130174 CP1130175 CP1130171Rien qu’à voir les gens autour de nous, on se sent en Europe. La mode est très différente en Amérique du Sud. A peine le temps de changer de terminal que l’embarquement de notre vol pour Paris est annoncé ! Nous survolons la France sans trop réaliser que déjà, le voyage est fini. Nous avions l’impression de quitter Roissy la veille ! Et pourtant, que de chemin parcouru, c’est le moins qu’on puisse dire ! Nous savons que nos familles sont elles aussi en route pour l’aéroport. Nous pensons à elles et imaginons les retrouvailles. Mais la fatigue prend le dessus et nous piquons un petit somme pendant les deux petites heures de vol. Quand l’avion commence à descendre, nous redécouvrons la région parisienne vue du ciel… L’avantage d’arriver à Orly, c’est que l’on peut voir la tour Montparnasse et la tour Eiffel ! Plus de doute possible, nous voici de retour !!

Nous descendons la passerelle. Ni fébriles, ni excités, c’est étonnant. Nous devons récupérer les bagages et surtout nous réveiller avant de retrouver nos familles. On a bien quelques minutes devant nous… Sauf qu’au détour d’un couloir, nous voilà déjà dans la salle des tapis roulants… dont les murs sont totalement vitrés ! Et derrière, devinez ! Il y a notre comité d’accueil !! Alors là, on ne se attendait pas du tout à les voir si vite ! On a du mal à réaliser !! Et quel comité d’accueil ! Nos parents respectifs, qui ne s’étaient jamais rencontrés avant, ont mis le paquet (il semblerait que notre message passé à Sydney ait été entendu…). Ils tiennent à bout de bras d’immenses banderoles surmontées d’une dizaine de ballons colorés gonflés à l’hélium ! C’est extra ! Nous sommes les stars de l’aéroport ! Autour de nous, les gens qui attendent leurs valises ne cessent de nous regarder. Nous sommes émus et heureux et surtout très très impatients de récupérer nos sacs pour enfin aller les retrouver !

CP1130177Quelques minutes plus tard, nous pouvons passer les portes et embrasser nos familles avec beaucoup de joie.

CDSC00564 CDSC00573 CDSC00570Nous fêterons dignement le retour tous ensemble autour de bons plats qui nous avaient tant manqué… On vous le donne en mille : charcuterie, pain et surtout fromage ont été à l’honneur ! Nous n’avons pas vus nos parents pendant près d’un an. Ce laps de temps nous paraît très long mais, paradoxalement, nous avions aussi l’impression de les avoir quitté la veille. Nous retrouvons des réflexes banals dès la montée en voiture et nous conversons aisément. Le fait de les avoir eus en ligne via Skype presque toutes les semaines a considérablement raccourci les distances ! En tout cas, c’est bien mieux de parler en vrai ! Et on a quand même tout plein de choses à leur raconter…

CDSC00578 CDSC00590Il nous faut maintenant atterrir au sens figuré du terme : trouver un appartement en Normandie où nous allons désormais vivre, revoir les autres membres de la famille, nos amis… Mais ça, c’est une autre histoire !

Nous avons du mal à réaliser que nous écrivons les dernières lignes de ce blog… Alors avant de se dire adieu et d’aller faire un tour dans notre nouvelle vie, nous diffuserons d’ici la fin de l’année un grand bilan du voyage et quelques petites surprises !

En attendant, gros bonus : la transformation de Loïc !

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