A quoi ressemble un passeport après un tour du monde ?

La réponse en images avec le passeport de Loïc !

Passeport 1 Passeport 2 Passeport 3 Passeport 4 Passeport 5 Passeport 6 Passeport 7 Passeport 8

Vous remarquerez les couleurs quelque peu délavées de certains visas… Ce n’est pas la faute à un trek pluvieux, non, non !

C’est tout simplement le résultat d’un petit tour dans la machine à laver de Valérie à Nouméa… Loïc avait eu la bonne idée de laver son sac photo ! En oubliant les passeports et son permis de conduire à l’intérieur.

Grosse angoisse sur le moment : allions-nous pouvoir franchir la douane ?! Et grosse colère pour Noémie aussi !

Loïc a donc passé sa soirée à glisser du papier toilette entre chaque page, puis à sécher délicatement au sèche cheveux les passeports… Le lendemain, il a fait la tournée des administrations de Nouméa pour vérifier que les données électroniques étaient encore lisibles : pas de machine pour les lire à la mairie de Nouméa et à la police mais des fonctionnaires qui nous invitent à changer d’urgence de passeport ! Heureusement, la police aux frontières nous a rassurés, notre passeport était lisible, ouf !

Sur le coup, nous avions été bien stressés… Mais près d’un an après cet événement, il reste comme l’une des meilleures anecdotes du voyage !

Vous voyez, il est bien rempli ce passeport… Mais il nous reste encore plein de pages à tamponner !

Publicités

Le lac Titicaca – Bilan de la Bolivie

Du vendredi 23 au mardi 27 Mai 2014

Nous voici en route pour ce grand lac mythique qu’est le lac Titicaca ! Pour aller à Copacabana, le bus doit passer un détroit. Tous les passagers descendent et empruntent un petit bateau tandis que le gros bus grimpe sur une barge chancelante. On se demande s’il va réussir à traverser sans couler tant ça tangue ! Le temps est en effet plutôt mauvais. Il fait gris, il y a beaucoup de vent et il commence à pleuvoir.

CIMGP2023 CIMGP2024Nous arrivons à Copacabana en fin d’après-midi. Nous trouvons un petit hôtel correct à 6€ la nuit. Quelques instants après notre installation, un gros orage s’abat sur la ville. C’est la seule fois de notre séjour en Bolivie où nous avons eu quelques heures de mauvais temps!

CIMGP2025Nous avons vraiment besoin de repos alors nous prenons notre temps pour découvrir cette petite ville et profitons comme d’habitude du marché.

CIMGP2094 CIMGP2098 CIMGP2093Copacabana est renommée dans toute l’Amérique Latine pour sa Vierge, la Virgen de Candelaria, qui accomplirait des miracles et protégerait les conducteurs. C’est d’ailleurs en son hommage que la plus célèbre plage de Rio au Brésil s’appelle Copacabana ! Des pèlerins affluent en masse en août pour la grande fête patronale afin de demander à la Vierge de réaliser leur souhaits ou de faire bénir leur nouveau véhicule (car leur voeu de l’année précédente, avoir une nouvelle voiture, a été réalisé !). Ils sont aussi présents tous les week-end et nous assistons amusés aux bénédictions des voitures bien décorées devant la cathédrale.

CIMGP2080 CIMGP2048 CIMGP2075 CIMGP2077 CIMGP2057Aujourd’hui, c’est la fête des mères, alors on a une pensée pour nos mamans !!

CIMGP2231Ce qui nous plait le plus à Copacabana, c’est sa situation géographique. Elle borde en effet la seule plage de Bolivie et le lac Titicaca, si vaste, qu’il ressemble à la mer. De part et d’autre du centre se dressent des collines, ainsi qu’autour du lac. La plus petite colline de la ville abrite quelques ruines d’un ancien observatoire astronomique inca, l’Horca Inca. Le jour du solstice d’hiver (21 juin), les roches percées qui la composent laissent filtrer les rayons du soleil jusqu’au linteau. L’endroit est surtout plaisant pour la vue qu’il offre sur la ville et le lac.

CIMGP2059De même, la grande colline de Copacabana, le Cerro Calvario, est l’endroit où aller si l’on veut bénéficier d’un beau coucher de soleil sur le lac. Il faut marcher le long des 14 stations du chemin de croix pour arriver à son sommet et, après avoir repris des forces, profiter du panorama. Malheureusement, comme dans beaucoup d’endroits en Amérique du Sud, le lieu est très sale…

CIMGP2119 CIMGP2126 CIMGP2122 CIMGP2128 CIMGP2133Dans le domaine de la gastronomie, Copacabana est renommée pour ses truites. Celles-ci ont été introduites dans le lac dans les années 30 et aujourd’hui ce sont des poissons d’élevage que l’on peut manger. Les habitants, au marché ou dans les gargotes de la plage, les cuisinent frites dans l’huile, accompagnées de riz et de pommes de terre frites (la garniture bolivienne par excellence !).

CIMGP2113 CIMGP2109Après deux jours passés dans la ville, il est temps pour nous de naviguer sur le mythique lac Titicaca ! Un bateau très lent nous conduit sur l’Isla del Sol. Cette île offre de beaux paysages rappelant les îles méditerranéennes ainsi que des ruines de temples incas.

CIMGP2158 CIMGP2160 Selon la légende, c’est en effet sur cette île que le soleil est né, rien que ça ! Nous débarquons donc au Nord de l’île et marchons en direction des ruines. Le sentier surplombe de jolies criques où l’eau est très claire. Des moutons et des ânes nous entourent.

CIMGP2161Nous découvrons nos premières ruines incas ! Il reste peu de choses de ce qui fut autrefois un grand temple mais nous pouvons tout de même admirer les talents de bâtisseurs de ce peuple.

Table de sacrifices

Table de sacrifices

CIMGP2170 CIMGP2185 Stitched PanoramaUne sentier de huit kilomètres permet de rejoindre le Sud de l’île en passant par sa crête. La balade prend plusieurs heures du fait de l’altitude (4000m !) et des multiples montées et descentes. En plus, il n’y a pas un poil d’ombre ! Mais la vue est superbe. Le regard embrasse quasiment toute l’île et les rivages du lac se dessinent au loin, surmontées de pics enneigés.

CIMGP2189 CIMGP2188 CIMGP2193Au beau milieu du parcours se dresse un gros portique sous lequel sont assises deux dames. C’est le péage pour accéder à la partie Sud de l’île ! Nous avions déjà payé quelques Bolivianos en débarquant au Nord, il nous faut maintenant donner la même chose pour pouvoir emprunter les sentiers du Sud… Régulièrement, des habitants que nous croisons contrôlent nos billets. Ces taxes touristiques ont certes été mises en place pour bénéficier à la population locale mais nous trouvons le procédé quelque peu désagréable.

CIMGP2191Au terme de près de trois heures de marche, nous arrivons dans le petit village situé à la pointe Sud de l’île. Là aussi nous devons normalement payer un droit d’entrée mais nous y échappons. Dès les premières maisons croisées, des dizaines de gamins accourent vers nous pour nous proposer des chambres à louer. Ils sont très pros dans leur façon d’appâter le chaland ! Nous déclinons leurs offres, préférant loger un peu plus bas. Le village est en effet bâti à flanc de colline et les chemins prennent vite la forme d’escaliers. L’un d’entre eux remonte à l’époque inca.

CIMGP2229Nous trouvons une chambre peu avant la tombée de la nuit. Ici, il fait très chaud la journée mais dès que le soleil disparaît les températures dégringolent sous les 10°C. La chambre devient vite glaciale et il n’y a pas de chauffage ! Il y a peu de commodités sur cette île. L’eau potable vient par exemple du continent, acheminée ensuite à dos d’âne jusqu’aux maisons.

CIMGP2206Il n’y a pas non plus d’éclairage extérieur et nous avons oublié nos lampes frontales ! Cela pose sérieusement problème lorsqu’il nous faut aller dîner car le chemin est une pente raide jonchée de gros rochers. Le ciel est très clair et nous bénéficions par chance du clair de lune mais nous avons tout de même du mal à marcher jusqu’à un petit restaurant! Nous sommes réveillés le lendemain matin par le lever du soleil juste en face de notre lit. Il nous suffit juste d’ouvrir les rideaux pour profiter des premières lueurs de l’aube illuminant les montagnes et le lac. Quel luxe !

CIMGP2225Nous reprenons ensuite un bateau pour Copacabana, ravis de cette petite excursion sur l’une des îles du lac Titicaca. Nous récupérons nos gros sacs, achetons de quoi grignoter et partons attendre notre bus pour Puno, au Pérou. Il n’y a pas de gare routière à Copacabana et tous les bus partent de la place centrale. Les chauffeurs crient à longueur de journée leur destination et c’est marrant de les entendre continuellement hurler « LaPaLaPaLaPaLaPaaaaaaaaaz ! ».

La frontière se situe juste à la sortie de la ville. Une fois nos passeports tamponnés côté bolivien, nous devons marcher une centaine de mètres pour atteindre le Pérou.

CIMGP2233Nouveau pays donc, mais peu de changement avec la Bolivie aux abords du lac. En regardant à travers les vitres du bus, nous n’avons pas encore le sentiment d’avoir basculé de l’autre côté de la frontière. Nous longeons les rives du lac Titicaca jusqu’à la grande ville de Puno. Là, nous laissons nos sacs à la gare routière et partons pour l’embarcadère. Il nous reste quelques heures avant la tombée de la nuit et nous souhaitons en profiter pour voir les curieuses îles flottantes du lac Titicaca. Près de 80 îles sont construites en roseaux : sol, mais aussi maisons et bateaux. L’ensemble est surprenant et n’est pas sans nous rappeler les villages flottants du Cambodge.

CIMGP2238CIMGP2236 Malheureusement, nous avons mal choisi notre excursion. Le bateau nous dépose sur une petite île de 50 mètres carrés où il y a trois cabanes et un petit mirador. Trois femmes sont présentes et nous expliquent comment sont construites les îles. Les couches de roseaux sont attachées à des poteaux en bois. Le sol est souple et l’on s’enfonce un peu en marchant ! L’explication ne dure que cinq minutes et tout de suite après les femmes nous sortent des souvenirs à vendre… A grand renfort de « nous sommes pauvres, achetez-nous quelque chose ! », elles ne cessent de nous pousser à l’achat (nous tenons bon !). Et nous nous apercevons que les cabanes sont vides… Cette île n’est pas habitée et n’a été construite qu’à l’attention des touristes. C’est une grande déception pour nous. Nous regardons d’autres touristes faire un tour en bateau traditionnel avant de remonter dans notre bateau à moteur. Allons-nous voir une île habitée ? Pas du tout, nous allons juste sur une autre petite île où se trouve cette fois-ci un café… Nous trouvons le temps long ! Nous n’aurions jamais dû céder à la facilité du tour organisé et si nous avions eu plus de temps, nous aurions pris le ferry en indépendant. Il nous aurait conduit un peu plus loin, là où les îles sont vraiment habitées !

CIMGP2237 CIMGP2235 CIMGP2241_2_3_4

Bilan de la Bolivie :

La Bolivie est un pays qui nous a charmés par son authenticité. Au Chili et en Argentine, les modes de vie sont très occidentalisés. Ici, les traditions perdurent et se balader dans les villes et villages est un régal pour les yeux. Il y a partout des vendeurs assis par terre, des gamins qui jouent, des dames qui transportent je-ne-sais-quoi dans leur « manta » sur le dos. Les Boliviennes, avec leurs jupes, leurs longues tresses et leurs chapeaux sont tellement mignonnes ! De plus, chaque région a son habit traditionnel, les couleurs et chapeaux changent. Nous attendions beaucoup de ce côté-là de la Bolivie et nous n’avons pas été déçus.

CIMGP2091Seul bémol : les Boliviens ne sont pas très ouverts et n’aiment pas trop les Occidentaux. Ils refusent systématiquement d’être pris en photo. Nous n’aimons pas trop cela mais nous avons dû les photographier en cachette… Dans les marchés, rares sont ceux qui disent bonjour, merci, au revoir. Pourtant nous parlons espagnol et sommes toujours souriants lorsque nous allons acheter quelque chose. Lorsque nous posions des questions aux marchands, nous n’avions pas souvent des réponses… Certains même nous dédaignaient complètement lorsque nous voulions leur acheter des fruits ! Nous avons été un peu vexés. Nous pouvons comprendre que les touristes anglophones qui arrivent à grand renfort de « Hi ! Do you accept US dollars ? » (véridique !) soient dédaignés, mais nous, nous pensions être plutôt sympathiques… Tous les voyageurs croisés pendant notre séjour en Bolivie ont fait le même constat. Les Boliviens, à part à La Paz et à Uyuni, n’ont peut-être pas trop l’habitude des étrangers ? Pays enclavé, montagnard, la Bolivie n’est historiquement pas un lieu de passage. Peut-être que la rudesse du climat a déteint sur leur caractère ? En outre, c’est un pays très pauvre. Nombreux sont les mendiants qui viennent vers vous à Potosi et à Sucre. Nous pouvons comprendre que voir des Occidentaux, appareil-photo en main, rebute un peu les habitants.

En Bolivie, nous avons découvert une cuisine roborative, à baise de maïs, pomme de terre et viande bouillie. Une cuisine de grand-mère campagnarde ! La soupe est présente à chaque repas. En dessert et en en-cas, les Boliviens raffolent de la gelée (« gelatina »). Nous, nous avons adoré le « pochoclo », le pop-corn de maïs à gros grain. Nous en achetions un « bolsito » (petit sac) tous les jours ! Nous avons aussi aimé retrouver des fruits et des légumes qui nous avaient tant manqués en Argentine. La Bolivie, c’est également le pays du quinoa. Il est cultivé sur les hautes terres et les meilleures variétés du monde y sont récoltées. Cependant, cette céréale est devenue à la mode en Occident et les prix ont flambé, si bien que les Boliviens n’en consomment presque plus et préfèrent le vendre à l’export…. Pour nos repas, si nous trouvions de quoi déjeuner très facilement et pas cher (marchés, petits-restaurants…), tout est fermé le soir, à part des pizzerias moyennes. Nous en avons vite eu marre de chercher un lieu pour dîner ! Heureusement, nous avons pu cuisiner dans notre hôtel de Sucre.

CIMGP2082

Le pochoclo !

CIMGP2084 Les paysages boliviens du Lipez sont à nos yeux parmi les plus beaux d’Amérique du Sud. Ils resteront cependant toujours associés dans nos mémoires au froid ! Nos organismes ont été mis à rude épreuve durant ce mois… Entre les soirées et nuits glaciales, les effets de l’altitude et les règles d’hygiènes alimentaires pas toujours respectées, nous quittons ce pays bien affaiblis, surtout Loïc qui est malade depuis le salar d’Uyuni. La fatigue du voyage est bien présente et il nous faut de plus en plus longtemps pour nous remettre des transports et des visites.

CIMGP2104

La Paz

Du mardi 20 au jeudi 22 mai 2014

Pour rejoindre La Paz, nous devons prendre notre seul et unique bus de nuit bolivien. Les prix sont nettement moins chers qu’en Argentine ! Là où nous aurions payé 80€ par personne, nous ne payons que 10€ chacun ! Beaucoup de voyageurs nous ont mis en garde au sujet des bus de nuit en Bolivie. Certains ont subi des vols, soit en soute (coup de cutter dans le sac ou ouverture des fermetures éclair pour ceux qui n’ont pas de cadenas) ; soit dans les compartiments au-dessus des sièges. Sans oublier ceux qui se sont fait carrément voler leur sac dans les gares routières ! Nous redoublons donc de prudence : passeports et cartes bleues sont dans nos ceintures secrètes et nous accrochons nos quatre sacs ensembles à un banc dans les gares. Si un « ladron » (voleur) veut en prendre un, il sera vite stoppé ! Depuis le début, nous savons que nous sommes susceptibles de tout perdre, mais tout de même, ce serait vexant et contraignant! Finalement, tout se passe bien et le bus est confortable. Seul bémol : les toilettes sont hors service… Après douze heures de trajet, nous traversons la gare routière de La Paz en courant direction les toilettes !

La Paz est une ville vertigineuse. Située à 3660 mètres d’altitude, c’est la plus haute capitale du monde. Rien de tel qu’une petite grimpette pour avoir une vue d’ensemble! Nous trouvons un marché en cours de route et pouvons donc déguster un bon verre de jus de fruits avant d’aller au mirador Kili Kili. De là, le panorama est saisissant !

Stitched PanoramaDepuis le bas de la vallée à 3100 m jusqu’à la banlieue d’El Alto à 4060m, l’urbanisation s’étend à perte de vue sur les flancs des montagnes au détriment des fôrets. Il y a peu d’immeubles, si ce n’est près du centre. Au loin, le sommet enneigé de l’Illimani (6042 mètres) domine la scène. Certains trouvent La Paz laide et peu accueillante. Nous la trouvons intrigante et homogène. Certes, ce n’est pas un endroit où l’on a envie de rester plusieurs jours, comme Buenos Aires par exemple qui nous rappelait tant Paris, mais cette ville gagne à être découverte.

CIMGP1968 CIMGP1969 CIMGP1970Nous participons à une visite guidée du centre. Le principe est le même que dans la capitale argentine, c’est-à-dire que le tour est basé sur des pourboires. Il n’y a que nous et une Néo-Zélandaise. Jorge, notre guide, nous présente tout d’abord les monuments de la Plaza Murillo : la cathédrale, le Parlement et le siège du gouvernement. C’est l’occasion pour nous d’en apprendre plus sur la société bolivienne, où métis et indiens se mélangent peu.

CIMGP1942Nous nous rendons vite compte que les piétons ne sont pas les bienvenus à La Paz. Il est quasiment impossible de traverser une rue sans manquer de se faire écraser, même quand le feu est rouge ! Nous pensions que les villes chinoises étaient les pires dans ce domaine, mais elles ont là une sérieuse concurrente…

CIMGP2002La Paz n’est pas une « ville-musée » mais ce n’est pas pour autant que le tour proposé par Jorge n’est pas intéressant. Il est en effet axé sur la vie quotidienne des habitants de la capitale et c’est ainsi qu’il nous emmène chez un ami à lui, propriétaire d’une petite boutique d’instruments de musique traditionnels, pour nous faire écouter quelques morceaux choisis du répertoire populaire bolivien. L’ambiance devient vite très enjouée alors que nous écoutons notre concert privé ! Nous nous apercevons que la plupart des chansons sont très patriotes.

CIMGP1986Quelques rues plus haut, nous voici dans l’intrigant « marché aux sorcières »… De nombreuses petites « tiendas » (boutiques) tenues par des vieilles dames recèlent d’étranges marchandises : fioles, sachets de poudres colorées, amulettes, herbes, et foetus de lamas ! Tout cela est bien sérieux et le mot « sorcières » n’est finalement pas adapté à la réalité de ces commerçantes. Elles font perdurer de très anciennes traditions remontant à la période où le christianisme n’était pas implanté en Amérique du Sud. C’est la Pachamama, la Terre-mère, qui est ainsi invoquée, les Boliviens pratiquant un syncrétisme religieux mêlant rites chrétiens et rites ancestraux. Ainsi, vous trouverez sur les étagères beaucoup de remèdes pour attirer l’amour et l’argent! Quand on s’installe dans une nouvelle maison ou lors de certaines fêtes, il est d’usage de préparer un grand plat dans lequel on dispose des représentations en sucre de ce que l’on souhaite (de l’argent, une voiture, un bus qui symbolise la sécurité lors des transports…), accompagnées de fils de laine, d’amulettes et d’un foetus de lama. Tout cela est brûlé et les cendres sont enterrées devant la maison. Dans ces échoppes, on trouve aussi des petites statuettes que les commerçants installent dans leur magasin. Elles recevront diverses offrandes : cigarettes, fioles d’alcool, faux dollars, petites photographies de passeport, de tablettes, de smartphones… Bref, tout ce que l’on souhaite dans la vie ! Cela nous rappelle énormément les cérémonies que l’on voyait dans la rue au Vietnam où des gens brûlaient exactement les mêmes images !

CIMGP2012 CIMGP1987 CIMGP1988 CIMGP1989Ce n’est pas la première fois que la Bolivie nous rappelle l’Asie, notamment dans tous ses commerces ambulants. Les cireurs de chaussures ici portent tous une cagoule. Ce n’est pas le cas dans les autres villes de Bolivie. Trouvant leur métier déshonorant, ils préfèrent cacher leur visage. C’est plutôt troublant pour nous car on a l’impression d’avoir affaire à des braqueurs de banque !

Nous partons découvrir ensuite des boutiques de vêtements. Mais attention, pas n’importe quels vêtements : ceux des cholitas, ces femmes qui portent le costume traditionnel bolivien (soit 8 femmes sur 10 !). Elles ont deux longues tresses jointes par des pompons de laine ou de perles surmontées d’un chapeau melon. Leur jupe plissée recouvre plusieurs couches de jupons en dentelle, ce qui leur donne cette imposante envergure (d’autant plus qu’elles ne sont jamais minces !). De jolis boléros et chemisiers brodés ainsi qu’un châle achèvent la tenue. Les Boliviennes moins aisées ont des tenues plus simples, moins colorées, mais toujours selon cette mode. Dans la rue, quasiment toutes les femmes portent dans leur dos un gros baluchon formé d’un grand carré de tissu coloré. Il sert à tout transporter, du bébé aux légumes!

CIMGP1997 CIMGP2000Notre balade riche en tranches de vie s’achève dans la Calle Jaen, jolie petite rue de l’époque coloniale restaurée. Nous connaissons désormais mieux La Paz et ses habitants!

CIMGP2007Nous passerons une journée de plus ici, essentiellement pour acheter des souvenirs dont la valeur est considérablement augmentée par le coût prohibitif du colis que nous envoyons.

CIMGP2009Pour notre dernier soir à La Paz, nous retrouvons Fanny et Fabien, qui achèvent leurs vacances sportives en Bolivie. Ils viennent en effet de faire l’ascension du Huayna Potosi, un sommet difficile à plus de 6000m ! Nous fêtons l’événement avant lors départ pour la France. Nous nous promettons de nous revoir à Chamonix, en compagnie de Céline, avec qui nous avions passé une semaine à Kuta Lombok, en Indonésie… Et oui ! Par le plus grand des hasards, nous nous apercevons qu’ils sont amis ! Le monde est petit !!

CIMGP2013

Sucre – Le marché de Tarabuco

Du mercredi 14 au lundi 19 mai 2014

Constitutionnellement, Sucre est la capitale de la Bolivie. C’est ici que l’indépendance du pays a été proclamée en 1825. Dans les faits, le gouvernement d’Evo Morales siège à La Paz. Mais la « ville blanche », riche en monuments, avance avec fierté ce statut de capitale.

CIMGP1733CIMGP1747 CIMGP1745 CIMGP1742Sucre marque pour nous le retour à des températures clémentes. Depuis que nous sommes en Bolivie, voilà près de deux semaines, nous avons froid, surtout le soir et la nuit. Nous sommes enfin redescendus en altitude. Bien que l’hiver approche, il fait bon ici et nous profitons du jardin de notre pension. Pelouse, hamacs, et observation des colibris nous permettent de nous délasser. Nous avons besoin de repos, surtout Loïc qui est malade depuis l’ascension du Tunupa il y a une semaine. Serait-ce l’abus d’infusion de feuilles de coca ? L’altitude ? L’alimentation ? Mystère, d’autant plus que Noémie se porte très bien. Nous apprécions bien cet hôtel. Nous y avons retrouvé d’autres Français qui étaient dans la même auberge que nous à Potosi, comme Solange, une institutrice de Chambéry qui remonte l’Amérique du Sud à vélo depuis Ushuaïa. Le premier jour, en arrivant à l’hôtel, nous sommes interpellés par un Français installé à une table. Il nous faut quelques secondes pour reconnaître Seb, que nous avions rencontré au camping d’Emile sur l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie, en décembre dernier ! On ne s’y attendait tellement pas ! Seb a quitté Nouméa, après y avoir travaillé comme barman pendant plusieurs mois et poursuit son long voyage, entamé il y a plus d’un an. A Sucre, il est bénévole auprès d’une « école-mobile », qui va à la rencontre des enfants non-scolarisés. C’est un vrai plaisir de le retrouver et de discuter avec lui !

Alors que nous nous reposions dans les hamacs, des musiques de fanfares se font entendre depuis la rue. Curieux, nous allons voir… Nous tombons en plein défilé des commerçants de Sucre. Ils sont regroupés par syndicats ou quartiers, et défilent fièrement dans leur plus beaux habits. Quel spectacles ces Chollitas !

CIMGP1727 CIMGP1720 CIMGP1723 CIMGP1730A Sucre, le temps s’écoule doucement. Notre sortie principale nous conduit au marché, où nous allons tous les jours prendre le petit-déjeuner et le déjeuner mais aussi tout simplement errer dans les allées. Il faut dire que le marché de Sucre est le plus beau et le plus passionnant que l’on aie vu de tout notre voyage ! On ne les a pas compté, mais on commence à en avoir vu des marchés… Il faut dire qu’on adore ça. C’est souvent notre première visite lorsque l’on arrive dans une ville et l’on peut y passer des heures sans s’en apercevoir.

CIMGP1781Ici, ce qui nous charme c’est la multitude de produits proposés et les vendeuses si mignonnes avec leurs grosses jupes et leurs longues tresses. Il est difficile de les prendre en photo : les Boliviens n’aiment pas trop ça. Ainsi, au-delà des habituels fruits, légumes, volailles et autres épiceries, on trouve au marché de Sucre des montagnes de pommes de terre aux variétés inconnues pour nous, des gâteaux colorés et crémeux, des tisanes médicinales, une section « avocats » plus que garnie, des gélatines multicolores et bien sûr des dizaines et des dizaines de « comedores », petits bouis-bouis où l’on déjeune pour 10 Bolivianos (1€). Il ne faut pas être très regardants sur l’hygiène…

CIMGP1766 CIMGP1769 CIMGP1764 CIMGP1761 CIMGP1736 CIMGP1737Mais le clou du spectacle, c’est la section « jugos » (jus de fruits). Tout autour d’un petit patio, face aux pommes de terre, il y a des dizaines de stands en hauteur où le bruit des blenders ne s’arrête jamais du matin au soir. Pour 40 centimes d’euros, vous avez près d’un demi-litre du jus de fruit de votre choix. Toutes les combinaisons sont possibles ! Mangues, fraises, papayes, pommes, kiwis, bananes… ou encore chirimuya, un fruit que nous découvrons. L’un des stands de jus de fruits sera d’ailleurs l’occasion de retrouver Fanny et Fabien, nos compagnons de 4×4 dans le Lipez, qui reviennent d’un trek et s’apprêtent à partir pour La Paz. Pour le petit-déjeuner, nous allons en outre y déguster des salades de fruits gigantesques avec céréales, chantilly fraîchement battue sous nos yeux et yaourts, pour la modique somme de 70 centimes d’euros…

CIMGP1765 CIMGP1740La belle ville de Sucre est donc avant tout une étape « repos » mais nous allons tout de même admirer ses bâtiments coloniaux. Le couvent San Felipe Nori abrite une école de jeunes filles. Nous y entrons à la fin des cours dans le but de visiter l’église. Les élèves et enseignants sont chanceux, le lieu est grandiose. L’intérieur de l’église ne nous retient pas longtemps. Nous sommes là pour la vue sur la ville qu’elle offre. Nous pouvons en effet marcher sur son toit et sur celui de l’école ! La « balade » est surprenante et nous offre une vue superbe sur la ville en cette fin d’après-midi. Sur le toit de l’église, nous recroisons d’ailleurs la « bande à Samy », rencontrée à Potosi !

CIMGP1749 CIMGP1751 CIMGP1752 CIMGP1756 CIMGP1754 CIMGP1755CIMGP1826S’il y a un musée à visiter à Sucre, c’est le « Museo Textil Indigena ». La Bolivie est un pays multi-culturel. 39 peuples indiens vivent plus ou moins en harmonie dans ce pays, qui a deux drapeaux : le drapeau vert-jaune-rouge, auquel s’identifient les descendants des Espagnols et les métis, et le Waypala, drapeau carré formé de 49 petits carreaux aux couleurs de l’arc-en-ciel, cher aux peuples indiens. Les traditions vestimentaires de chaque communauté sont bien vivantes en Bolivie, y compris dans les villes. Jeunes et vieilles portent les longues tresses, les chapeaux et les jupes de leur culture. Les femmes Jalq’a notamment, qui vivent dans les campagnes proches de Sucre, portent sur leur jupe une sorte de tablier, l’aqsu. De couleurs rouges et noires, il est constitué de motifs savamment tissés, tels qu’animaux, figures géométriques… Le musée nous permet d’observer de magnifiques pièces. Grâce à l’action entreprise par l’association qui en est propriétaire, les Jalq’a peuvent bénéficier d’une nouvelle source de revenus. Les femmes développent leur créativité et leurs tissages sont de plus en plus complexes ! D’autres tissages, notamment de la région de Tarabuco ou de Candelaria sont présentés. Nous sommes bluffés par ces oeuvres d’art ! Une tisserande présente dans le musée nous permet de découvrir la technique employée.

CIMGP1823 CIMGP1806 CIMGP1803 CIMGP1809 CIMGP1810Désireux de mieux connaître ces populations rurales, nous partons en « colectivo » (mini bus public) pour Tarabuco, à une cinquantaine de kilomètres de Sucre. Un grand marché s’y tient le dimanche. Il attire les populations de villages très reculés. Devenu très touristique, c’est aussi une grande foire artisanale, où nous trouvons un beau tissage traditionnel qui sera parfait dans notre futur appartement ! Nous l’achetons directement à la tisserande qui l’a fabriqué.

CIMGP1837 CIMGP1829 CIMGP1865 CIMGP1864L’intérêt premier de ce marché, c’est de voir les magnifiques costumes traditionnels portés par les villageois. Les chapeaux nous fascinent particulièrement. Ceux des hommes sont une sorte de casque en cuir, qui n’est pas sans rappeler le casque des conquistadors espagnols.

CIMGP1847 CIMGP1877Les femmes ont de drôles de chapeaux brodés, avec une frange de petites perles sur le front. Sur le dessus, il y a une petite tige qui supporte un gros pompom ! Lorsqu’elles sont célibataires, elles le portent sur le côté.

CIMGP1906Les jupes et les corsages des femmes, les pantalons blancs et les tuniques bariolées des hommes sont autant d’éléments qui attirent le regard.

CIMGP1871 CIMGP1858 CIMGP1840Ce marché est fantastique ! Bien sûr, nous déambulons également entre les étals, où fruits, légumes, mais aussi cigarettes roulées à la main, chaussures en pneus de voiture… sont proposés à la vente.

CIMGP1886 CIMGP1933 CIMGP1898

Potosi

Du dimanche 11 au mardi 13 mai 2014

L’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles est connue pour ses splendeurs architecturales et artistiques. Ce qu’on sait moins, c’est que cette opulence a été possible grâce à Potosi. Cité minière dominée par le Cerro Rico (« montagne riche »), Potosi est en effet à l’origine de l’afflux massif d’argent en Europe à l’époque moderne. Ce précieux métal semblait alors inépuisable… Potosi était la cité la plus grande et la plus riche d’Amérique.

CIMGP1611Lorsque le filon commença à s’épuiser, le déclin et la pauvreté s’abattirent sur la ville. La splendeur d’antan est toujours visible à Potosi : églises, couvents et maisons coloniales ont gardé leur beauté mais l’on voit bien en se baladant dans les rues que Potosi est une ville pauvre.

CIMGP1599CIMGP1602 CIMGP1607 CIMGP1596 CIMGP1586Des tranches de vie s’offrent à nous : cireurs de chaussures, vendeurs de jus de fruit, de petite épicerie… et notamment les gens qui attendent devant les études d’avocat (toutes regroupées dans la même rue), ou devant l’écrivain public qui tape sur sa vieille machine à écrire les courriers officiels.

CIMGP1590 CIMGP1591 CIMGP1600 CIMGP1608CIMGP1670Le marché est un passage obligé et nous y déjeunons pour 1€ (soupe roborative et plat copieux).

CIMGP1665CIMGP1666Salteñas : un type d'empanadas plus juteuses

Salteñas : un type d’empanadas plus juteuses

Fromage frais de vache, 0.10 d'euros !

Fromage frais de vache, 0.10 euros !

Le dessert favori des locaux . gelatine et chantilly !

Le dessert favori des Boliviens : gélatine et chantilly !

A Potosi, nous sommes partis en quête de l’époque coloniale, lorsque les riches familles espagnoles dominaient la ville, tirant leur fortune de l’exploitation des mines par des esclaves. Le couvent Santa Teresa illustre à merveille cela.

CIMGP1614Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les grandes familles envoyaient leur seconde fille au couvent (la première étant mariée) en échange d’une dot très élevée. Le couvent est ainsi un bâtiment aux nombreux ornements religieux d’une grande beauté : tableaux, retables, broderies… Le lieu en lui-même, bâti autour de deux patios est intéressant.

CIMGP1617 CIMGP1626 CIMGP1622 CIMGP1628 CIMGP1639La vie de ces religieuses cloîtrées était particulièrement austère par rapport à d’autres ordres. La vue des silices, ces instruments hérissés de pointes que les religieuses utilisaient pour souffrir nous fait frémir. Aujourd’hui, une petite dizaine de soeurs vivent encore dans une des ailes du couvent. Mais les conditions de vie se sont considérablement assouplies depuis Vaticann II. Nous leur achetons des pâtisseries.

CIMGP1644 CIMGP1636 CIMGP1652La cathédrale, grandiose, achève un lifting financé par… le Japon ! Le Japon, qui a aussi offert des bus tout neufs à la ville est intéressé par les réserves de lithium qu’offre le salar d’Uyuni… La cathédrale offre une décoration intérieure surprenante. Notre guide nous amuse beaucoup. Nous sommes en compagnie d’une famille française, La bande à Samy, du nom de leur mascotte. Laetitia, Yann et leurs enfants Sarah (11 ans), Nathan (9 ans) et Maël (7 ans) voyagent pour six mois en Amérique du Sud. C’est avec beaucoup de sympathie que nous écoutons leur récit de voyage et leurs préparatifs, récit que nous poursuivons autour d’un verre après avoir grimpé au sommet du clocher !

CIMGP1683 CIMGP1693Emblème de la richesse de Potosi, la Casa de la Moneda est le lieu où furent fondus les lingots d’argent et frappées les pièces de monnaie. Là aussi, le bâtiment a une architecture remarquable et nous écoutons avec intérêt la guide qui nous explique l’histoire du lieu, où des esclaves travaillaient dans des conditions terribles. Nous apprenons d’ailleurs que le célèbre symbole du dollar, $, vient de Potosi : initialement, un P et un S superposés, frappé sur les pièces de monnaie.

CIMGP1710

Symbole de Potosi.

CIMGP1708 Les mines de Potosi sont encore en activité. Aujourd’hui, ce n’est plus de l’argent que l’on extrait mais du zinc et du plomb. Noémie a décidé de les visiter :

J’ai longtemps hésité avant d’aller voir les mines. Je ne voulais pas que cette visite s’apparente à du voyeurisme. Nous avions accompagné les porteurs de souffre en Indonésie, guidés par l’un d’entre eux, et cette expérience m’avait bouleversée. J’étais donc partagée à l’idée de revivre un moment comme celui-ci. Après avoir discuté avec d’autres voyageurs, je me suis décidée.

CP1120523

Mon cadeau pour les mineurs : des feuilles de coca

Les conditions de travail n’ont pas beaucoup changé depuis l’époque coloniale et rencontrer les mineurs serait donc à la fois la vision d’une réalité sociale, mais aussi un bond dans le temps. Plus de 18000 hommes s’enfoncent quotidiennement dans les dizaines de kilomètres de boyaux creusés dans la montagne. Ils travaillent à leur compte et sont organisés en coopératives. Officiellement, il n’y a pas d’enfant dans les mines. Mais la réalité est tout autre… Bien sûr, nous n’en verrons pas lors de la visite, le trajet étant bien défini par les guides. Celle-ci débute par un tour au marché afin d’acheter des produits à offrir aux mineurs en échange de photos et pour les remercier de nous montrer leur travail. Je choisis des boissons et des feuilles de coca. La plupart n’emporte rien à manger pour leur journée et la coca leur sert de coupe-faim. D’autres touristes achètent des bâtons de dynamite « pour le fun » mais je m’y refuse. La dynamite cause régulièrement de graves accidents dans les mines et je ne veux pas y être pour quelque chose ! Une fois équipés, nous pouvons entrer dans l’un des tunnels. Nous sommes accompagnés d’une guide très antipathique qui ne répond pas à nos questions et ne nous explique pas grand chose. Sur ce point, je suis très déçue. L’agence mettait en avant des visites guidées par des mineurs ! Au début, nous avançons dans des tunnels maçonnés et bien étayés. Nous allons voir tout d’abord un petit groupe de mineurs qui termine sa journée et charge des wagonnets. Je suis rassurée : ils ne sont pas importunés par notre présence, au contraire. Ils discutent avec nous et nous offrent même de la bière ! Ils sont fiers de leur métier et ne voient pas les touristes comme des voyeurs.

CP1120526

L’une des entrées de la mine

CP1120527Nous avançons de tunnel en tunnel. Il faut se baisser désormais et nous pataugeons dans l’eau. En cette fin d’après-midi, nous croisons beaucoup d’hommes qui quittent la mine. Mais certains restent très tard, jusqu’à 21/22 heures, surtout ceux qui ne travaillent pas en équipe.

CP1120532CP1120535Pour descendre au niveau inférieur, nous empruntons un boyau très étroit, d’abord à quatre pattes, puis quasi-allongés. Il faut se laisser glisser avant d’emprunter une échelle peu solide. Surtout, ne pas réfléchir ! Si je réalise où je suis, je vais paniquer ! Le passage est difficile, d’autant plus que nous sommes à plus de 3500 m d’altitude et que l’air soufflé par les gros ventilateurs est chargé de poussières. Finalement, nous atterrissons au niveau inférieur. Ici, les parois ne sont pas étayées par des poutres et le plafond est très bas. Nous rencontrons d’autres mineurs, qui travaillent seuls cette fois-ci.

CP1120539

Mineur au fond de son trou. Il a 35 ans et travaille depuis plus de 10 ans dans la mine. Il a l’air d’un petit vieux (il a refusé les photos).

Ils portent leur cargaison sur le dos ou à la brouette. Ils sont éreintés. Cela n’empêche pas des filles du groupe d’aveugler l’un d’eux avec leur flash sans lui demander l’autorisation. Leur comportement me gène et je m’excuse pour elles auprès du mineur. Tous ceux que nous croisons, même les plus épuisés, acceptent de nous parler de leur travail, de leur vie. Après environ deux heures sous terre, l’envie de voir le jour, de se tenir droite et de respirer un air pur se fait de plus en plus ressentir. Cette atmosphère est très oppressante. Nous terminons le tour par une visite à Tio, le démon protecteur de la mine. Les mineurs lui offrent diverses offrandes comme des cigarettes, des feuilles de coca ou de l’alcool de cane à 96° (qu’ils boivent en travaillant !). Sa virilité est associée à la fécondité de la Terre nourricière, la Pachamama, riche en métaux.

CP1120546Enfin dehors, je ressors songeuse de cette visite. Je suis « contente » d’avoir découvert le travail de ces hommes mais ce fut dur. Cela m’a sensibilisée à la pauvreté en Bolivie. Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec les porteurs de souffre du Kawah Ijen. Je pense aussi aux mineurs en Europe au XIXe siècle, d’autant plus que je viens de lire Germinal. J’ai trouvé beaucoup de similitudes entre le roman et ce que j’ai vu.

De son côté, Loïc, accompagné de deux couples de Français rencontrés à l’hôtel, est allé se baigner dans un lac d’eau chaude : l’ojo del inca. Ce plan d’eau à plus de 3500m d’altitude est un ancien cratère parfaitement rond et profond de 18m. Se délasser dans ce bain entouré de beaux paysages est vraiment reposant.

CIMGP1714Seul couac, le taxi que nous avons pris pour venir n’a pas demandé son reste et ne nous a pas attendu comme il était convenu initialement. Heureusement qu’on ne lui avait donné que la moitié du prix de la course. Nous sommes quittes à attendre le prochain micro (mini-bus) sur le bord de la route!

Le circuit du Lipez – Jours 5 & 6

Vendredi 9 et samedi 10 mai 2014

Voici enfin venu le moment où nous allons découvrir le Salar d’Uyuni ! Il n’est donc pas trop difficile pour nous de nous lever à cinq heures du matin dans la perspective de voir les premières lueurs de l’aube sur le plus grand désert de sel du monde !

Nous roulons dessus pendant plus d’une heure mais pour l’instant, on ne peut que deviner l’étrange structure qui défile sous nos roues… Hernan s’amuse même à rouler quelques secondes les phares éteints !

Contrairement aux idées reçues, le salar n’est pas une ancienne mer. D’une superficie de plus de 10 000 km2, il s’agit en fait d’un ancien lac asséché qui recouvrait tout le sud-ouest de la Bolivie il y a 30000 ans. Il mesure environ 80km en largeur et 150km dans sa longueur. Les dépots de sel proviennent des minéraux lessivés des montagnes. Le salar est un important centre d’extraction du sel destiné à la consommation humaine.

CIMGP1574Plusieurs « îles » émergent du sel. Elles sont d’origine volcanique ou bien d’anciens fonds sous-marins (coraux). Nous nous arrêtons avec une petite dizaine d’autres 4×4 sur l’île IncaHuasi, parsemée de grands cactus. Nous nous dépêchons de grimper au sommet pour regarder l’astre solaire illuminer progressivement le salar. Celui-ci se pare de couleurs rouges, puis orangées, avant de nous révéler son blanc immaculé qui semble sans fin. Les reliefs se dessinent progressivement eux-aussi, dont le volcan Tunupa, que nous rejoignons après un copieux petit-déjeuner.

CIMGP1341_2_3_4_5 CIMGP1326_27_28_29_30 CIMGP1336_7_8_9 CIMGP1351_2_3_4_5 CIMGP1356 CIMGP1369 CIMGP1371CIMGP1375Nous avons donc traversé le salar dans sa largeur, pour rejoindre d’abord l’île, puis le village de Coquesa. Là, nous prenons possession de nos chambres. Mais ce n’est pas l’heure de se reposer, la journée ne fait que commencer !

CIMGP1376Un guide nous emmène voir des momies dans une caverne. Les corps, quelque peu effrayants, sont là depuis plusieurs centaines d’années. Ils ont été tués durant des affrontements entre villages ennemis. Moins bien conservées que la momie observée à Salta, ici ce sont plus des squelettes avec leur vêtements et objets.

Vient ensuite le début de l’ascension… car nous avons aussi prévu de grimper le Tunupa ! Un guide nous accompagne et Hernan décide de se joindre à nous jusqu’au premier mirador. Mais Noémie n’est vraiment pas dans son assiette. Déjà, sur l’île, quelques heures plus tôt, elle appréhendait l’ascension. Forti a réussi à la motiver mais la fatigue est la plus forte. Loïc, Fanny et Fabien continuent donc leur marche tandis que Noémie et Hernan montent doucement au premier mirador, avant de redescendre au 4×4. Depuis le début de la semaine, Hernan demandait à Noémie de lui expliquer la Révolution Française. Cette journée passée ensemble sera l’occasion d’un cours particulier en espagnol ! Plus tard, au dîner, la professeure sera très fière de son élève qui récitera sans faute les moments-phares de la Révolution !

CIMGP1384Pendant ce temps, les grimpeurs ne sont pas au bout de leur peine après avoir atteint le second point de vue et repris un peu de force. Une nouvelle pente très raide et glissante les sépare du sommet. Fabien prend la tête de file et Fanny et Loïc lui emboîtent le pas.

CIMGP1388 CIMGP1389 CIMGP1391 CIMGP1394 Notre guide, quant à lui, est déjà parti seul et accuse une bonne avance sur nous. Il ne se souciera pas de toute l’ascension de savoir si nous le suivons par le bon chemin et les seules paroles qu’il aura ne seront pas vraiment amicales. Tant pis pour lui, nous prenons tout notre temps au sommet et profitons de la vue époustouflante du cratère du volcan. L’immensité blanche et lumineuse du salar s’étend telle une mer de nuage. La descente sera longue et lassante, mais nous sommes contents d’avoir atteint notre objectif à 5335m.

CIMGP1392 CIMGP1408 CIMGP1432 CIMGP1434 CIMGP1474Nous nous couchons très tôt, épuisés par notre journée (surtout Loïc, Fanny et Fabien !). Il faut dire aussi que la fatigue de la semaine s’accumule, ce n’est pas de tout repos de rouler en 4×4 !

CIMGP1484 CIMGP1493CIMGP1513Notre dernier jours dans la région du Lipez est déjà arrivé… Nous nous engageons de nouveau dans le salar. Quelle étrange sensation ! C’est comme rouler sur une vaste plaine enneigée ou voguer sur un lac parfaitement blanc… Bien sûr, il n’y a pas de route dans le salar et Hernan nous explique qu’il se repère grâce aux montagnes.

CIMGP1524Tout est si blanc que nous avons l’impression d’avancer très lentement. Pourtant, le compteur affiche 90 km/h ! Nous nous arrêtons au milieu de nulle part. Ce lieu est véritablement magique, hors du temps, brouillant tous nos repères. Ici, la perspective est complètement faussée.

CIMGP1541 CIMGP1559 CIMGP1548 CIMGP1562Nous sommes fascinés par les hexagones qui se sont formés sur la croûte de sel, comme des cicatrices ! Dessous, à environ 40 cm, il y a de l’eau, puis encore du sel. Ce phénomène s’appelle les « ojos » (yeux) de sel.

CIMGP1571Mais toutes les bonnes choses ont une fin et nous gagnons Uyuni après déjeuner. Nous disons au revoir à Hernan et Forti, deux personnes sans qui ce séjour n’aurait pas été si beau. Nous avons fait plus de 1000 km ensemble ! Fanny et Fabien filent prendre un bus pour Potosi. Nous espérons les revoir d’ici la fin de leurs vacances !

CIMGP1534Nous, nous souhaitons passer une nuit à Uyuni. Nous pas pour profiter de la ville, qui est totalement dénuée d’intérêt, mais pour nous reposer. Nous choisissons l’un des rares hôtels chauffés et nous préparons pour un après-midi séries sur l’ordinateur. Mais ce dernier a décidé de nous jouer un vilain tour. Il se bloque quand on le connecte à Internet. Contrairement aux apparences, ce n’est pas un virus et, par chance, nous pouvons toujours accéder au logiciel et au traitement de texte (et donc avancer dans le blog). Mais nous sommes désormais tributaires des cybercafés !