Meilleurs voeux !

voeux2015

Glacier Perito Moreno – Patagonie – Argentine

A vous tous qui nous avez lus et soutenus tout le long de notre voyage, nous vous souhaitons une excellente année 2015, riche en découvertes.

Soyez curieux !

De notre côté, pas mal de projets en perspectives, notamment hors des frontières de l’hexagone…

A quoi ressemble un passeport après un tour du monde ?

La réponse en images avec le passeport de Loïc !

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Vous remarquerez les couleurs quelque peu délavées de certains visas… Ce n’est pas la faute à un trek pluvieux, non, non !

C’est tout simplement le résultat d’un petit tour dans la machine à laver de Valérie à Nouméa… Loïc avait eu la bonne idée de laver son sac photo ! En oubliant les passeports et son permis de conduire à l’intérieur.

Grosse angoisse sur le moment : allions-nous pouvoir franchir la douane ?! Et grosse colère pour Noémie aussi !

Loïc a donc passé sa soirée à glisser du papier toilette entre chaque page, puis à sécher délicatement au sèche cheveux les passeports… Le lendemain, il a fait la tournée des administrations de Nouméa pour vérifier que les données électroniques étaient encore lisibles : pas de machine pour les lire à la mairie de Nouméa et à la police mais des fonctionnaires qui nous invitent à changer d’urgence de passeport ! Heureusement, la police aux frontières nous a rassurés, notre passeport était lisible, ouf !

Sur le coup, nous avions été bien stressés… Mais près d’un an après cet événement, il reste comme l’une des meilleures anecdotes du voyage !

Vous voyez, il est bien rempli ce passeport… Mais il nous reste encore plein de pages à tamponner !

La quebrada de Humahuaca – Bilan de l’Argentine

Du dimanche 27 avril au jeudi 1er mai 2014

Nous sommes rentrés bien tard de notre tour d’observation des étoiles à Atacama mais heureusement, cette nuit nous changeons d’heure et gagnons une heure de sommeil. Cela nous permet d’être en forme quand il faut se lever tôt pour aller à la gare routière !

Nous retournons en Argentine par la même route, celle qui culmine à 4800 m au Paso Jama. Vous savez à quel point nous en avons marre des trajets en bus de dix-douze heures alors on pourrait penser que la perspective de prendre une deuxième fois cette route aussi longtemps nous dépiterait. Et bien non ! Cette route est tellement belle que nous sommes même contents de l’emprunter de nouveau. C’est tout d’abord le majestueux volcan Licancabur que nous longeons sur plusieurs kilomètres…

CIMGP0238 CIMGP0237Les paysages inhospitaliers et pourtant si majestueux défilent ensuite, peuplés de vigognes.

CIMGP0250Petit passage par le poste frontière (moins essoufflés, nous nous acclimatons!) et c’est de nouveau l’Argentine.

CIMGP0252Quelques heures plus tard, après une interminable route en lacets, nous sommes à Purmamarca, notre première étape de la quebrada de Humahuaca, route qui va nous conduire d’ici quelques jours à La Quiaca, la ville-frontière avec la Bolivie.

CIMGP0275CIMGP0284Purmamarca est une petite bourgade située à l’ombre de la montagne aux sept couleurs (« cierro de los sietes colores »). Rouge, violet, vert… Cette roche forme un vrai mille-feuilles géologique barriolé ! Pour mieux l’appréhender, nous grimpons à un point de vue. Mais où donc la nature va-t-elle chercher tout cela ?!

Stitched Panorama CIMGP0314 CIMGP0347Sur la place principale, un marche de tissus et lainage.

Sur la place principale, un marche de tissus et lainage.

Nous nous rapprochons de la Bolivie, avec ces couleurs !

Nous nous rapprochons de la Bolivie, avec ces couleurs !

CIMGP0327_28_29_30_31Derrière la montagne se trouve un petit sentier. C’est comme si nous marchions sur la palette d’un peintre géant.

CIMGP0352 CIMGP0355 CIMGP0357 CIMGP0373 CIMGP0377 CIMGP0386Deuxième jour de découverte de la quebrada. Nous montons vers le Nord, au sens propre, comme au sens figuré. Les villes où nous dormons sont toutes à plus de 3000 m d’altitude ! Pour aller à Tilcara, nous nous postons au bord de la route, pour la dernière fois de notre séjour en Argentine. Le stop fonctionne comme d’habitude sans problème et un couple d’avocats de Buenos Aires nous conduit rapidement à destination.

Tilcara est beaucoup moins jolie que Purmamarca. C’est une plus grosse ville, poussiéreuse et sans charme. Son seul atout est la vue magnifique qu’offre ses hauteurs sur la quebrada.

Stitched PanoramaCIMGP0389Nous peinons à y trouver un hébergement. Soit les chambres sont trop chères, soit elles ne coûtent rien mais sont miteuses ! C’est la première fois de tout notre voyage qu’une telle déconvenue nous arrive. Au bout de trois heures de recherches, nous sommes prêts à quitter la ville sans la visiter tant nous sommes énervés. Nous tentons tout de même une dernière pension un peu par hasard. C’est un bed&breakfast très cosy, aux belles chambres confortables. Bien trop cher pour nous! Mais il y a un dortoir où nous pourrons êtres seuls pour la nuit ! Ouf ! En plus, le propriétaire, à l’écoute de notre récit de la journée, accepte de nous faire une ristourne.

CIMGP0391Cet après-midi pénible s’achève donc sur une note positive. Cette pension est un vrai coup de coeur : la salle commune est agréable, avec vue sur les montagnes. Il y a plein de livres de cuisine dans lesquels Noémie recopie des recettes de desserts. Une cuisine est à notre disposition, des jeux de société et pour finir, les propriétaires sont vraiment sympas. Ils ont racheté l’établissement il y a tout juste deux semaines : ils en avaient marre de la vie urbaine de Buenos Aires et ont eu un coup de coeur pour la Quebrada de Humahuaca pendant des vacances (on les comprend aisément). Au réveil, bonne surprise : le petit-déjeuner est gargantuesque ! La plupart du temps, celui-ci n’est pas inclus dans le prix de la chambre, nous devons donc faire des courses. Quand il est inclus, il se résume souvent à deux petits bouts de pain, un peu de beurre et de confiture. Ici, il y a des tas de confitures maisons, du dulce de leche artisanal (tellement meilleur que celui acheté en grande surface !), des fruits, du pain maison délicieux, des céréales…

CIMGP0392La chaleur de ce lieu nous invite à rester une nuit de plus. Et pour effacer la déconvenue de la veille, nous décidons de nous offrir une chambre douillette. C’est l’une des rares fois de notre voyage que nous avons une si belle chambre, et surtout confortable ! Bien décorée, avec une salle de bain agréable… C’est un petit cadeau que nous nous offrons ! Nous n’avons même pas pensé à la photographier pour vous la montrer. En tout cas, cela nous change des chambres vieillottes voire vétustes et surtout des salles de bain communes !

Mais avant d’en profiter, nous partons nous balader sur les hauteurs de la ville, à la « Garganta del Diablo » (« la gorge du diable », encore une !). C’est un vaste gouffre creusé dans la montagne par une rivière. La montée est pénible. Le vent soulève beaucoup de poussière sur le sentier. Une fois en haut, le site n’est pas à la hauteur de nos espérances… Sans regretter la balade pour autant, nous sommes un peu déçus et redescendons en stop.

Dernière étape, la plus grandiose : Humahuaca, la petite ville qui a donné son nom à la quebrada.

CIMGP0418 CIMGP0424 CIMGP0428Dès notre arrivée, nous cherchons un chauffeur pour nous conduire à l’Hornocal. C’est une montagne que nous avons repérée sur des cartes postales et que nous tenons absolument à voir. Etrangement, elle n’est mentionnée ni dans le Lonely Planet, ni dans le Routard. Peu connue, elle est donc peu fréquentée. Nous nous demandons pourquoi tant c’est pour nous le « must » de la région ! Pour l’atteindre, il faut rouler en 4×4 pendant une bonne heure de piste en lacets. Nous grimpons tout de même jusqu’à plus de 4000 m. Tout en haut, nous nous retrouvons sur un mirador qui fait face à cette fameuse montagne. Elle s’étend sur plusieurs kilomètres. Comme le cerro de los siete colores à Purmamarca, différentes strates de minéraux ont « peint » la montagne de couleurs surprenantes. La différence (de taille !), c’est qu’ici la tectonique des plaques est entrée en action, plissant les strates comme un accordéon, lui donnant cet aspect de zig-zags surprenants.

Stitched PanoramaCIMGP0443 CIMGP0517 CIMGP0529 CIMGP0518

Bilan de l’Argentine :

Ah l’Argentine… On s’y sent presque chez nous maintenant ! Et pour cause : nous y sommes restés 53 jours, presque deux mois !! Un record inégalé dans notre voyage… Cet immense pays, nous l’avons parcouru dans tous les sens, du Sud au Nord, d’Ouest en Est. Quand nous étions à Ushuaïa, loin là-bas en Patagonie, nous rêvassions face au panneau routier annonçant la distance avec La Quiaca, à la frontière avec la Bolivie : 5000 km ! Nous nous sommes dit « ça va en faire des heures de bus pour arriver là-haut… ». Et nous y sommes arrivés ! Nous venions tout juste de faire tamponner nos passeports lorsque nous avons vu le panneau « jumeau » de celui d’Ushuaïa. Loïc a bravé les douaniers qui l’empêchaient à grand coup de sifflet de photographier la frontière pour immortaliser ce symbole de notre long séjour en Argentine… Quant à savoir lequel des deux panneaux annonce le kilométrage exact, c’est une énigme…

CIMGP0548 CIMGP0554L’immensité de ce pays se retrouve dans ses paysages grandioses. Entre le gigantesque glacier Perito Moreno, les superbes chutes d’Iguazu, la vaste pampa herbeuse, les sommets de la cordillères des Andes et les couleurs minérales de la région de Salta, quel spectacle de la nature !

L’Argentine est un pays très facile à voyager. Pour tout ce qui est « infrastructure du quotidien », on se croirait en Europe. D’ailleurs, les Argentins eux-mêmes sont plutôt typés Europe du Sud. Descendants d’Espagnols et d’Italiens (cela se retrouve dans le vocabulaire et les innombrables pizzerias de Buenos Aires), c’est un peuple aux racines très différentes de ses voisins sud-américains. Il y a même un dicton qui dit « les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens des Incas, les Argentins du bateau ! ». Pour voir des Amérindiens, il faut aller à la frontière brésilienne et dans la région de Salta, mais ailleurs, vous n’en verrez pas.

Par contre, l’Argentine est un pays onéreux pour le voyageur. Pas autant que l’Europe bien sûr mais tout de même. En routard, comptez 20 à 25€ la chambre double avec salle de bain commune, 10€ la nuit en dortoir (allant de 4 à 12 lits !). C’est tout de même un peu moins cher qu’au Chili. Les trajets en bus ont particulièrement grevé le budget puisqu’ils coûtaient autour de 80€ par personne.

L’Argentine sera sûrement le pays que l’on connaîtra le mieux de tout notre voyage. Tout d’abord du fait que nous avons arpenté presque tous les coins et recoins « à voir » du pays mais surtout car nous avons beaucoup discuté avec les Argentins. Rien que dans la rue, il y a toujours un quidam, jeune ou vieux, qui vient papoter 10 à 15 minutes avec vous ! Mais surtout, c’est l’expérience du stop qui nous a permis d’aller à la rencontre des gens. Cette expérience est l’une des plus mémorables de l’Argentine (et même du tour du monde). Nous n’en aurions jamais été capable au début du voyage. Cela nous montre à quel point nous avons évolué dans notre façon de voyager. Nos motivations étaient multiples : financières (on ne s’en cache pas !), pour le côté défi à la « Pékin Express », mais surtout (quand même !) pour rencontrer des Argentins. Et nous n’avons pas été déçus. Les Argentins adorent parler parler parler d’eux et de leur pays ! Et ils sont aussi très curieux ! Nous sommes vraiment reconnaissants envers Juan, Ruben, Gustavo… et tous les autres d’avoir tant enrichi notre voyage. D’ailleurs, nous avons depuis reçu un email de Norma, l’institutrice qui nous avait pris avec son mari pendant une matinée !

Grâce au stop, nous avons fait des progrès considérables (pour ne pas dire gigantesques !) en espagnol. Nous pouvons désormais converser aisément avec les gens et notre vocabulaire s’est énormément enrichi. Bon, nous faisons encore quelques petites fautes d’accord et de conjugaison, mais nous les corrigeons petit à petit. Noémie a été particulièrement flattée quand Dominique, la prof d’espagnol, lui a dit qu’elle parlait vraiment bien espagnol… mais avec l’accent argentin ! Nous avons notamment pris le fameux « che » qui remplace les « ll » et les « y » ainsi que quelques mots bien typiques d’Argentine.

Du côté des spécialités argentines, citons bien sûr le maté, infusion de la plante du même nom dont les Argentins ne peuvent se passer. Tous ont à la main leur gourde à maté, leur « bombicha » (bombilla = paille) et leur thermos. Il y a des distributeurs d’eau chaude (le maté s’infuse à 80 degrés) partout ! Loïc s’y est d’ailleurs mis !

Bataille navale et maté avant de bien dormir...

Bataille navale et maté avant de bien dormir…

Pour l’apéro ou un encas, les empanadas. Que c’est bon ! Plus petites, elles sont bien meilleures qu’au Chili. Nous vous en avons déjà parlé mais nous ne résistons pas à vous faire encore saliver. Accompagné d’un bon verre de vin local (Malbec ou Torrontes), c’est parfait !

CP1120519CIMGP9794Pour le plat de résistance, rien de mieux qu’une bonne pièce de viande grillée avec sa sauce Chimichurri. Tendre, juteuse, goûteuse, abondante, la viande de boeuf argentine est la meilleure que l’on ait mangé. Par contre ne cherchez pas de légumes pour l’accompagner ! Les Argentins ne connaissent pas les « 5 portions de fruits ou légumes par jour ».

Enfin pour le désert, Noémie s’est laissée envoûter par la douceur nationale, le fameux dulce de leche. Il aurait fallu compter combien de pots nous avons dévorés… Ce qui est sûr, c’est qu’on en a mangé plusieurs kilos ! Le dulce de leche est dans tous les desserts dignes de ce nom : gâteaux, viennoiseries et même glaces. Le mieux, c’est tout simplement sur du pain… ou à la petite cuillère !

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Gâteau maison préparé lors d’un apres-midi de repos

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De Cafayate à Salta

Du vendredi 18 au mardi 22 avril 2014

De Cafayate, nous repartons en direction de Salta en empruntant un autre chemin qu’à l’aller. Il n’y a pas de bus sur cet itinéraire, l’occasion est donc toute trouvée pour se remettre au stop ! Comme par hasard, nous sommes sur la fameuse Ruta 40 qui nous a tant porté chance il y a quelques semaines !

CIMGP9670Attendre sur ce bord de route n’est pas désagréable. Nous sommes entourés de vignes et les arbres ont revêtu leurs belles couleurs d’automne. Surtout, Gauchito Gil veille sur nous !

CIMGP9668Un petit utilitaire délabré s’arrête au bout d’une trentaine de minutes. Au volant : Ruben, qui a quitté Buenos Aires pour les charmes de cette belle région il y a une vingtaine d’années. Il ne va qu’à San Carlos, à vingt kilomètres, mais c’est un début. Aujourd’hui, nous avons pour projet d’atteindre Cachi, à 160 km.

A San Carlos, on se rend compte que la partie ne sera peut-être pas si facile que cela. Il n’y a pas beaucoup de voitures… Aujourd’hui c’est vendredi saint, férié dans tout le pays. Le pire, c’est que nous n’avons même pas de quoi nous payer une chambre dans ce petit village ! Et notre matériel de camping est resté à Salta. Loïc se voit déjà demander l’hospitalité à des gens…

Mais notre patience est finalement récompensée. Une petite Clio noire s’arrête enfin. La passagère nous demande de suite notre nationalité. Quand on lui répond que nous sommes Français, elle nous lance un grand « bonjour ! » souriant ! Dominique et Jacques sont en vacances pour quinze jours en Argentine et ils nous font gentiment un peu de place dans leur voyage. Dominique habite tout près de chez nous et elle est prof d’espagnol ! Voilà de quoi alimenter les premiers sujets de conversation. Très vite, le courant passe vraiment bien entre nous quatre et nous prenons plaisir à visiter ensemble cette belle région.

Ici aussi, le relief est surprenant. Nous traversons d’abord la Quebrada de las Flechas, très aride, dont les couleurs diffèrent beaucoup de la Quebrada de las Conchas, pourtant voisine de quelques dizaines de kilomètres.

CIMGP9679Nous ne roulons que sur des pistes très poussiéreuses et les villages se font rares. Nous avons vraiment le sentiment d’être loin de toute civilisation. Pourtant, un petit cimetière nous rappelle qu’il y a bien de la vie dans cette région ! Bien qu’il semble abandonné depuis longtemps, nous finissons par y trouver quelques tombes récentes.

CIMGP9688En effet, nous traversons parfois quelques petits villages dont les maisons sont en pisé, un mélange de terre et de paille. Les habitants d’ici diffèrent de ceux du reste de l’Argentine : c’est une région peuplée d’Indiens Quechuas. Buenos Aires, si européenne à nos yeux, nous semble bien loin !! Les couleurs terre et poussière contrastent avec les étendues de piment qui sèchent au soleil. Un villageois nous apprend qu’ils seront ensuite réduits en poudre avant d’être vendus.

CIMGP9672 CIMGP9695CIMGP9699 CIMGP9702 CIMGP9707Jacques et Dominique s’arrêtent à Molinos, une quarantaine de kilomètres avant Cachi. Ils nous proposent de poursuivre la route ensemble le lendemain jusqu’à Salta. Quelle gentillesse ! Nous sommes très touchés par leur proposition et acceptons sous réserve de trouver de l’argent dans ce petit village afin de nous payer une nuit dans une pension de famille. Par chance, il y a un « cajero automatico » sur la place du village. Molinos est un lieu paisible où l’on passerait volontiers plusieurs jours à profiter du temps qui passe. Chaque rue, chaque maison, sont bourrées de charme et nous apprécions notamment tous ces cactus qui ornent les cours.

CIMGP9718 CIMGP9721 CIMGP9726La petite église possède d’ailleurs un plafond et du mobilier en bois de cactus. Gros coup de coeur pour ce matériau pour Noémie qui décide de ne pas quitter la région sans ramener une boite en cactus ! En ce vendredi saint, l’église fait salle comble. Nous décidons d’aller à la messe dans l’espoir d’assister au chemin de croix, le rituel étant très ancré en Argentine. Sauf que cette messe s’avère très longue et austère (pas un seul chant) et après avoir prié – entre autres – pour la présidente Kirchner et son gouvernement (étonnant !), nous nous éclipsons discrètement pour l’apéro ! Jacques et Dominique logent dans un superbe hôtel, ancienne résidence du gouverneur de la région. C’est une maison coloniale typique. Le resto qui s’y trouve est très bon et ne nous ruine pas pour autant malgré son standing !

CIMGP9725Le lendemain matin, nous nous retrouvons devant l’église pour une deuxième journée de route. Après avoir traversé plusieurs petits villages qui nous semblent figés dans le temps, nous arrivons dans la jolie petite ville de Cachi. Nous prenons, une fois de plus, l’apéritif tous les quatre (le vin du coin est tellement bon !) en nous régalant d’empanadas. Noémie trouve sa boite en cactus tant désirée… Mais est-ce bien raisonnable de l’acheter tant elle est lourde et volumineuse pour son sac à dos ? Jacques et Dominique volent à sa rescousse et se proposent de la ramener dans leurs bagages. Voilà une bonne excuse pour se revoir en France !

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Repas du midi: empanadas achetées dans la rue

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Four en pisé typique de la région

CIMGP9730 CIMGP9734 Quelques dizaines de kilomètres après Cachi se trouve le Parque Nacional de los Cardones, du nom de ces immenses cactus que l’on trouve à perte de vue. En français, cette variété se nomme « cactus candélabre ». Les plus grands atteignent jusqu’à six ou sept mètres de haut. Quand on sait qu’ils poussent d’un ou deux centimètres par an, on se sent vraiment tout petits ! Les cactus sont des arbres qui ont su s’adapter de façon exceptionnelle à ce climat hostile. Leurs épines sont les vestiges de leurs feuilles et, outre une protection contre les animaux, elles leurs apportent leur ressource essentielle à leur survie : l’eau. L’humidité de la nuit se condense en effet sur les épines avant de ruisseler le long du cactus et d’atteindre les racines. Les jeunes cactus sont très vulnérables au soleil et à la sécheresse du fait de leur absence d’épines. Ils ont donc besoin d’une plante nourricière – un buisson épineux – à l’abri duquel ils poussent tout doucement.

CIMGP9738 CIMGP9744 CIMGP9749 CIMGP9761 CIMGP9771La route passe ensuite par un paysage de montagnes superbe (« La cuesta del obispo ») mais le brouillard nous empêche de profiter de la vue (mais ça avait l’air vraiment superbe au vu des cartes postales !).

CIMGP9775 CIMGP9776Plus l’on se rapproche de Salta et plus l’on s’éloigne de cette région qui nous a semblé si authentique. Des champs de tabac nous entourent puis la banlieue de la ville. Dans le centre, nous disons au revoir à nos compagnons de route, heureux d’avoir fait une belle rencontre. Merci à l’autostop !

A Salta, nous « traînons » trois jours de plus car il n’y a pas de place tout de suite dans les bus pour San Pedro de Atacama au Chili. Entre lessive, séries, blog et skype, nous nous baladons entre les étals du marché situé juste en face de notre hôtel.

CIMGP9806 CIMGP9809 CIMGP9812 CIMGP9813Nous visitons également le Musée d’Archéologie de Haute Montagne.Ce musée est consacré à une expédition qui a mis à jour des momies d’enfants incas sacrifiés au sommet d’un volcan de la région, à plus de 6200 mètres d’altitude. Le Nord de l’Argentine appartenait en effet à l’extrêmité sud de l’Empire Inca. Pour s’assurer de la protection des villages, les grands chefs sacrifiaient lors d’événements importants des enfants. Tous issus de familles nobles, choisis pour leur beauté et âgés de six à quinze ans, ils étaient conduits à Cuzco, la capitale de l’Empire (aujourd’hui au Pérou) afin d’être bénis. Au retour, après une grande cérémonie, ils étaient drogués (et donc endormis) avant d’être conduits au sommet du volcan. C’est là que des archéologues ont retrouvé leurs corps momifiés naturellement, préservés par les conditions climatiques uniques des sommets andins. Trois corps d’enfants sont exposés à tour de rôle. Nous avons vu un petit garçon de six ans. Très troublant à regarder, on dirait qu’il dort. C’est ce que pensaient les Incas : les enfants dormaient au sommet du volcan et ne mourraient pas. Ils veillaient sur la communauté. L’exposition explique bien tout cela et présente également tous les objets (amulettes…) retrouvés avec les enfants. Une vidéo achève la visite. Elle explique les analyses médicales faites sur les corps et les techniques de conservation.

Après être allés trois jours de suite en vain à la gare routière (nous détestons désormais le chemin !), nous pouvons enfin prendre un bus à destination de San Pedro de Atacama, pour notre dernier passage au Chili avant de retrouver l’Argentine d’ici une semaine.

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Dernières balades dans Salta, de jour comme de nuit

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De Salta à Cafayate

Du dimanche 13 au jeudi 17 avril 2014

A Posadas, nous pensions naïvement avoir un bus pour Salta au pire quelques heures après notre arrivée depuis San Ignacio. C’était oublier que dans une petite ville comme Posadas, il y a moins de bus qu’à Buenos Aires et surtout que les Argentins sont en vacances de Pâques ! Les bus sont donc pleins et nous devons patienter jusqu’au lendemain. Nous trouvons une auberge de jeunesse pas très loin de la gare et profitons de cet arrêt forcé pour mettre le blog à jour.

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Le trajet entre Posadas et Resistencia est assez monotone…

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… heureusement des Gauchos animent le paysage.

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Nous avons une fois de plus 19 heures de trajet… Si nous avions dormi sans trop de problème les fois précédentes, ce trajet-là est un cauchemar… Déjà, les sièges « cama » (semi-allongé) sont moins confortables. Mais le plus gros problème, c’est que le thermostat de la climatisation est en panne ! Elle tourne à fond sans arrêt et nous voyons le thermomètre digital face à nous chuter. En quelques heures, nous passons de 20°C à 13°C. Nous n’avons pas fermé l’oeil de la nuit. En plus, le dîner (un minuscule sandwich) nous a été servi à minuit passé ! La prochaine fois, nous ne choisirons pas cette compagnie de bus : Tigre Iguazu – Via Bariloche !

C’est donc tous groggy que nous entamons nos recherches de logement à Salta à notre arrivée à huit heures. Ceux décrits dans le guide ne nous séduisent pas vraiment alors nous tentons notre chance auprès d’un petit hôtel au hasard. Bingo, ce sera le logement idéal ! Propre, confortable, pas cher, et surtout avec une cuisine ! Nous pouvons enfin dormir !

Salta est une grande ville de près de 600 000 habitants. C’est la capitale de la province du même nom. Pourtant, cette ville ne nous semble pas oppressante et nous nous y sentons bien durant ces quelques jours. D’ailleurs, Salta est surnommée « la linda » (la belle) ! Son centre-ville ne manque effectivement pas de charme. Il y a de belles églises, et notamment une grande cathédrale baroque.

CIMGP9343 CIMGP9355 CIMGP9353 CIMGP9363 CIMGP9369La place d’armes est entourée de bâtiments coloniaux. C’est d’ailleurs la ville d’Argentine qui a conservé le plus d’héritage de la période espagnole.

CIMGP9342 Les rues piétonnes s’animent jusqu’à tard le soir, une fois la chaleur de la journée tombée. Des vendeurs de rues étalent sur des bâches des vêtements (surtout des chaussettes!) ou font des pop-corns dans leur charriotte et d’autres vendent des oeufs de Pâques (Eh oui! Ça approche déjà!) de toutes les couleurs pas trop appétissants. Nous, nous préférons goûter aux mets locaux : Tamales et Humitas (des préparations à base de maïs cuites à la vapeur dans une feuille de maïs).

CIMGP9349La région de Salta, plutôt désertique, est formée de paysages époustouflants. Il est possible de rejoindre la petite ville de Cafayate, 190 km plus au Sud, par deux routes qui rivalisent de beauté. Comme nous ne voulons pas privilégier un itinéraire au détriment d’un autre, nous allons faire une boucle.

CIMGP9424Nous empruntons tout d’abord la route n°68. Au fil des kilomètres, l’environnement change. La terre rougit et les vallées sont de plus en plus encaissées. La végétation se fait de plus en plus rare. Les fenêtres du bus nous laissent finalement apercevoir la Quebrada de las Conchas, une grande formation rocheuse qui s’étend sur cinquante kilomètres. C’est une sorte de canyon formé par l’érosion, lit d’un cours d’eau mais aussi anciens fonds marins soulevés par les mouvements tectoniques. En attendant d’explorer la zone plus en détails, nous devons nous installer à Cafayate.

CIMGP9412 CIMGP9426 CIMGP9428 CIMGP9429 CIMGP9431C’est une toute petite ville qui charme immédiatement. Sa petite place centrale est particulièrement agréable.

CIMGP9460 CIMGP9453 CIMGP9459A l’auberge de jeunesse, nous sympathisons avec Sophie et Julien et goûtons ensemble aux bons vins de la région, sans oublier le fromage du coin ! Cela nous rappelle un peu la maison…

CIMGP9466 CP1120499La région est en effet très célèbre partout en Argentine pour son cépage, le torrontes, un vin blanc pas mal du tout. Nous visitons donc de bon matin une « bodega » (cave). Les cactus côtoient les ceps de vigne !

CIMGP9450 CIMGP9448 CIMGP9447 CIMGP9435A Cafayate, nous avons trouvé parmi les meilleures empanadas de l’Argentine dans le petit resto bien nommé « la casa de las empanadas » (la maison des empanadas). Elles y sont tellement variées et succulentes ( « ricas » !) que nous en avons mangé une bonne trentaine en deux jours !

CIMGP9468Bien sûr, le moment fort de notre séjour est notre virée dans la Quebrada, conduits par un chauffeur de taxi. Nous découvrons tout d’abord la Gorge du Diable. C’est drôle car c’est aussi le nom d’une des chutes d’Iguazu ! Dès que la nature se fait impressionnante et hostile, le Diable y est pour quelque chose… D’ailleurs, nous l’avons déjà constaté lors de nos découvertes de volcans et autres sites géothermiques dans d’autres pays. Autre immense faille, l’amphithéâtre se distingue par son acoustique. Des musiciens traditionnels sont d’ailleurs présents mais ils sont vite éclipsés par un groupe d’une cinquantaine d’Autrichiens qui entonne des chants traditionnels du tyrol dont le célèbre Yodle ! C’est en effet une chorale en tournée en Amérique du Sud !

CIMGP9507 CIMGP9499La route défile et nous nous arrêtons régulièrement pour profiter des diverses formations rocheuses.

CIMGP9518 CIMGP9540 Les couleurs de la fin d’après-midi renforcent le côté hors du commun de ces paysages. Loïc se régale à faire des photos, au point que notre chauffeur croyait qu’il était photographe professionnel !

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San Ignacio

Vendredi 11 et Samedi 12 avril 2014

 

La province de Misiones tire son nom des missions jésuites implantées dans la région à partir du milieu du XVIe siècle. Il y en avait une trentaine entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay.

 

Nous partons en direction de San Ignacio en compagnie de Julie, rencontrée la veille à Iguazu (Alice est partie au Brésil). Il pleut sans cesse tout le long du trajet et c’est trempés que nous échouons dans la petite auberge « El Jesuita ». Dans l’idéal, nous aurions aimé visiter les ruines de la mission dans l’après-midi et partir le lendemain matin mais la météo aura raison de nous. Nous sommes coincés à l’intérieur ! Ce n’est pas grave car nous sommes en bonne compagnie avec Julie. Nous sommes rejoints par deux sœurs belges, Anouk et Olivia. Au final, il n’y aura que nous cinq dans l’auberge (nous partageons le même dortoir – Loïc est bien entouré !) ainsi qu’un couple de Néo-Zélandais. Pour contrer la morosité de la météo, nous nous lançons tous les cinq dans un grand festin : salade de crudités, manioc (c’est la pleine saison ici) et saucisses fumées, salade de fruits. La soirée se passe dans la bonne humeur !

 

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Le lendemain, la pluie a enfin cessé. Nous disons au revoir à Anouk et Olivia et partons visiter les ruines de la mission avec Julie. Si, comme nous avant cette étape, vous ne savez quasiment rien sur l’œuvre des jésuites en Amérique du Sud, voici de quoi combler vos lacunes historiques !

 

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Entrée du musée qui précède les ruines

Les jésuites sont arrivés dans la région vers 1550 avec pour objectif d’évangéliser et « civiliser » les Amérindiens – ici le peuple guarani. Le roi d’Espagne les autorise à fonder un État autonome. C’est le début des missions. Pour se faire accepter des autochtones, les jésuites apprennent le guarani (la messe est même dite dans cette langue) et mettent en avant leur savoir médical et la protection qu’ils offrent face aux colons. Le succès est rapide et les missions compteront jusqu’à 150 000 habitants au XVIIe siècle.

 

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Maquette représentant la mission à l’époque

Cette société nouvelle est extrêmement moderne. La journée de travail est de six heures et les loisirs (chants, danses…) sont encouragés. Des services publics sont mis en place (écoles, hôpitaux, aide aux veuves). Le peuple guarani est totalement alphabétisé ! La structure sociale traditionnelle (notamment le chef) a été maintenue par les jésuites mais les pratiques ancestrales (maison commune, nudité…) sont abandonnées. Le fonctionnement de la mission peut être perçu comme un « communisme » avant l’heure (pardon pour l’anachronisme !). Tous les habitants travaillent la terre commune et la production est équitablement répartie. Ici étaient produits sucre, coton et yerba mate ainsi que de l’artisanat.

 

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Reconstitution de l’église face aux ruines

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Malheureusement, cette organisation ne durera qu’un temps. Au milieu du XVIIe siècle, les frontières de l’Amérique du Sud sont redessinées entre le Portugal et l’Espagne. La région est cédée aux Portugais qui ordonnent l’évacuation des missions. Une révolte éclate mais elle se terminera en bain de sang pour les Guaranis et les missions sont détruites.

 

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L’intérieur de l’église

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La fleur sculptée représente la yerba mate

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Cette visite a été pour nous extrêmement instructive. Il nous faut d’ailleurs saluer notre guide très compétente qui a su faire revivre cette époque.

 

CIMGP9263En sortant du site, nous déambulons parmi les vendeurs de souvenirs. Des enfants guaranis vendent des orchidées et certains font la manche. C’est la première fois que nous rencontrons des Amérindiens et malheureusement, nous rencontrons aussi la pauvreté de ces communautés.

 

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Après déjeuner, nous quittons Julie et sautons dans un bus pour Posadas, avec pour objectif d’y trouver un bus de nuit pour Salta, au Nord-Ouest de l’Argentine.