A quoi ressemble un passeport après un tour du monde ?

La réponse en images avec le passeport de Loïc !

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Vous remarquerez les couleurs quelque peu délavées de certains visas… Ce n’est pas la faute à un trek pluvieux, non, non !

C’est tout simplement le résultat d’un petit tour dans la machine à laver de Valérie à Nouméa… Loïc avait eu la bonne idée de laver son sac photo ! En oubliant les passeports et son permis de conduire à l’intérieur.

Grosse angoisse sur le moment : allions-nous pouvoir franchir la douane ?! Et grosse colère pour Noémie aussi !

Loïc a donc passé sa soirée à glisser du papier toilette entre chaque page, puis à sécher délicatement au sèche cheveux les passeports… Le lendemain, il a fait la tournée des administrations de Nouméa pour vérifier que les données électroniques étaient encore lisibles : pas de machine pour les lire à la mairie de Nouméa et à la police mais des fonctionnaires qui nous invitent à changer d’urgence de passeport ! Heureusement, la police aux frontières nous a rassurés, notre passeport était lisible, ouf !

Sur le coup, nous avions été bien stressés… Mais près d’un an après cet événement, il reste comme l’une des meilleures anecdotes du voyage !

Vous voyez, il est bien rempli ce passeport… Mais il nous reste encore plein de pages à tamponner !

Le retour…

Du mercredi 30 juillet au lundi 4 août 2014 et un peu après

Quito était la dernière étape de notre tour du monde mais il nous reste un looong chemin à parcourir avant de retrouver nos foyers. Quelques semaines avant le retour, nous pensions naïvement trouver un vol pas trop cher pour Lima (seulement deux heures de vol), d’où part notre gros avion à destination de l’Europe. Sauf que c’était oublier que l’Amérique du Sud n’est pas l’Asie ou même l’Europe avec ses low-cost et nous n’avons rien trouvé à moins de 500$ par personne, soit le prix d’un transatlantique. Face à ces prix carrément indécents, nous avons décidé d’achever notre périple en Amérique du Sud avec un moyen de transport qui nous est bien familier maintenant… Vous l’avez deviné, c’est en bus que nous rejoindrons la capitale péruvienne ! On n’est plus à ça près…

En route pour notre dernier, et non moins épique, trajet !

Quito-Lima : 1975 km. 38 h de bus. Nous sommes habitués mais tout de même, nous ne sommes pas très motivés… Mais bon, pas le choix ! Nous apprenons qu’il y a un bus direct tous les mardis soir, c’est parfait pour nous. Sauf qu’il coûte plus de 100$ par personne. Comme nous ne sommes pas à une demi-journée près, nous optons pour le changement de bus après la frontière, deux fois moins cher.

A l’immense et moderne gare routière de Quito, nous attendons patiemment notre véhicule parmi les autres voyageurs qui jouent des coudes pour monter en premier (ce qui est parfaitement inutile puisque les places sont attitrées, mais les sud-américains sont un peu comme les Français, ils veulent toujours passer devant les autres). Quand vient notre tour, après la fouille réglementaire des sacs à dos, nous nous installons à nos places. Et là, gros choc : le bus n’est pas semi-cama comme on nous l’a annoncé ! C’est un siège tout ce qu’il y a de plus normal, à peine inclinable. Comme nous sommes juste derrière le chauffeur, nous avons une paroi devant nous et à peine 10 cm pour nos jambes. La nuit fut longue et inconfortable. Très longue et inconfortable.

CP1130158A la ville frontière, nous devons trouver un taxi pour nous conduire au poste de douane et à la première ville péruvienne pour changer de bus. Il est huit heures du matin, nous sommes fatigués, affamés et notre priorité est surtout de trouver des toilettes à peu près propres. Mais les chauffeurs de taxi ne l’entendent pas de cette oreille et nous harcèlent pour que nous partions avec eux. Forts de notre expérience (!), nous sommes fermes et les envoyons paître le temps de nous remettre de notre courte nuit. Bien nous en a pris : un chauffeur de la compagnie de bus est mandaté pour accompagner une jeune fille dans ces différentes étapes. Bien sûr, elle a payé le prix fort pour cela mais pour nous, comme nous nous arrangeons directement avec lui et non au guichet, cela coûtera trois fois rien. Parfait ! Tous les quatre et accompagnés d’un porteur de bagages pour la très coquette jeune fille, nous traversons l’étrange ville frontière de Huaquillas. Plus qu’une ville, c’est un gigantesque bazar à ciel ouvert où l’on peut acheter tout et n’importe quoi. Un pont envahi de tuk-tuks, charrettes et vendeurs marque la frontière avec le Pérou. De l’autre côté, Aguas Verde, la ville jumelle de Huaquillas est tout aussi déboussolante. Heureusement, que nous suivons Guillermo notre chauffeur !

CP1130153Nous observons de près notre étrange compagne de voyage, très féminine et sexy, ce qui jure beaucoup avec le style habituel des femmes ici… Cachée derrière ses grosses lunettes de soleil, elle snobe les hommes qui ne cessent de regarder son décolleté plongeant. Nous aussi on la scrute tant elle est bizarre, jusqu’à ce que Noémie remarque ses pieds. Ils ont beau avoir une pédicure parfaite, il n’y a pas de doute possible : c’est un homme ! Dans la voiture, quand elle (il ?) se met à parler, sa voix de fausset nous fait esquisser un sourire. Nous allons donc voyager avec Isabella, ou Esteban pour l’état-civil (nous avons scruté son passeport à la douane). C’était assez rigolo de voir à quel point cette personne est maniérée et surtout de voir comment elle attire les regards de tous ceux que nous croisons. Il faut dire qu’il (elle ?) fait tout pour être au centre de l’attention avec ses tenues très sexys (elle s’est changée pendant un arrêt), son maquillage et ses sollicitations constantes auprès des hommes. Bref, la (le ?) regarder nous a pas mal divertis et on avait grand besoin de s’occuper car les vingt heures de trajet pour Lima dans un bus tout pourri n’ont pas été des plus agréables. Surtout lorsqu’à peine 2h après notre départ d’Aguas Verde, la douane arrête le bus à un contrôle et interdit à notre chauffeur de repartir ! On nous fait comprendre qu’il faut descendre avec toutes nos affaires et attendre… Ça tombe bien, on adore ça et nous n’avons pas du tout hâte que ce trajet se finisse ! Loïc questionne l’officier et apprend que le bus a une fuite de compresseur d’air et qu’il n’est pas prudent qu’il roule. Il faut attendre qu’un autre bus de la compagnie vienne prendre le relais. Soit. Nous patientons…

Lors d’une énième pause « toilettes » / « repas », Loïc fait la connaissance d’un Néo-Zélandais en vacances et découvre au fil de la discussion qu’il amortit le coût de son voyage d’une façon extraordinaire. Il a acheté des diamants bruts chez un receleur et compte les revendre avec une bonne marge de retour chez lui. Eeeuuuh Yes, why not !

Une fois dans la capitale péruvienne, nous ne pensons qu’à une chose, nous reposer. Nous n’aurons même pas le courage d’aller nous balader en ville. Apparemment, on ne loupe rien. De toutes façons l’horrible brouillard qui recouvre Lima presque tous les jours ne nous donne pas envie d’en arpenter les rues. Nous passons donc deux jours dans une auberge de jeunesse correcte mais pas transcendante à travailler sur le blog.

Vient enfin le moment de rejoindre l’aéroport de Lima… Noémie est terriblement impatiente et tourne en rond dans la salle commune de l’auberge de jeunesse en attendant l’arrivée du taxi. Loïc, plus pragmatique, peaufine un article du blog… Pour aller à l’aéroport, nous sommes tombés sur un fou du volant ! Il se croit en pleine course automobile, double tout le monde et roule bien au delà des vitesses autorisées. Tellement estomaqués, nous n’osons pas lui demander de ralentir (mais on s’est attachés !). Toujours est-il qu’on est surpris d’arriver en vie à bon port et sans avoir vomi !!

L’aéroport de Lima est très bordélique. Les queues partent dans tous les sens, rien n’est clair, mais nous arrivons finalement à enregistrer pour la dernière fois nos gros sacs. Nous profitons du duty free : c’est la seule fois du voyage où on se l’autorise car là, on peut porter quelques centaines de grammes en plus ! Noémie ne résiste pas à l’appel des cosmétiques : après un an sans avoir été féminine, elle a craqué ! Bien évidemment, nous dormons peu durant notre vol de nuit. Loïc, fidèle à lui-même, charme les hôtesses pour avoir un deuxième plateau repas et des petits gâteaux (c’est devenu sa spécialité !).

CP1130172Une dizaine d’heures plus tard, l’Europe est en vue ! C’est fou ! Nous survolons Lisbonne puis les désertiques terres espagnoles le nez collé au hublot. Nous voici à Madrid !

CP1130174 CP1130175 CP1130171Rien qu’à voir les gens autour de nous, on se sent en Europe. La mode est très différente en Amérique du Sud. A peine le temps de changer de terminal que l’embarquement de notre vol pour Paris est annoncé ! Nous survolons la France sans trop réaliser que déjà, le voyage est fini. Nous avions l’impression de quitter Roissy la veille ! Et pourtant, que de chemin parcouru, c’est le moins qu’on puisse dire ! Nous savons que nos familles sont elles aussi en route pour l’aéroport. Nous pensons à elles et imaginons les retrouvailles. Mais la fatigue prend le dessus et nous piquons un petit somme pendant les deux petites heures de vol. Quand l’avion commence à descendre, nous redécouvrons la région parisienne vue du ciel… L’avantage d’arriver à Orly, c’est que l’on peut voir la tour Montparnasse et la tour Eiffel ! Plus de doute possible, nous voici de retour !!

Nous descendons la passerelle. Ni fébriles, ni excités, c’est étonnant. Nous devons récupérer les bagages et surtout nous réveiller avant de retrouver nos familles. On a bien quelques minutes devant nous… Sauf qu’au détour d’un couloir, nous voilà déjà dans la salle des tapis roulants… dont les murs sont totalement vitrés ! Et derrière, devinez ! Il y a notre comité d’accueil !! Alors là, on ne se attendait pas du tout à les voir si vite ! On a du mal à réaliser !! Et quel comité d’accueil ! Nos parents respectifs, qui ne s’étaient jamais rencontrés avant, ont mis le paquet (il semblerait que notre message passé à Sydney ait été entendu…). Ils tiennent à bout de bras d’immenses banderoles surmontées d’une dizaine de ballons colorés gonflés à l’hélium ! C’est extra ! Nous sommes les stars de l’aéroport ! Autour de nous, les gens qui attendent leurs valises ne cessent de nous regarder. Nous sommes émus et heureux et surtout très très impatients de récupérer nos sacs pour enfin aller les retrouver !

CP1130177Quelques minutes plus tard, nous pouvons passer les portes et embrasser nos familles avec beaucoup de joie.

CDSC00564 CDSC00573 CDSC00570Nous fêterons dignement le retour tous ensemble autour de bons plats qui nous avaient tant manqué… On vous le donne en mille : charcuterie, pain et surtout fromage ont été à l’honneur ! Nous n’avons pas vus nos parents pendant près d’un an. Ce laps de temps nous paraît très long mais, paradoxalement, nous avions aussi l’impression de les avoir quitté la veille. Nous retrouvons des réflexes banals dès la montée en voiture et nous conversons aisément. Le fait de les avoir eus en ligne via Skype presque toutes les semaines a considérablement raccourci les distances ! En tout cas, c’est bien mieux de parler en vrai ! Et on a quand même tout plein de choses à leur raconter…

CDSC00578 CDSC00590Il nous faut maintenant atterrir au sens figuré du terme : trouver un appartement en Normandie où nous allons désormais vivre, revoir les autres membres de la famille, nos amis… Mais ça, c’est une autre histoire !

Nous avons du mal à réaliser que nous écrivons les dernières lignes de ce blog… Alors avant de se dire adieu et d’aller faire un tour dans notre nouvelle vie, nous diffuserons d’ici la fin de l’année un grand bilan du voyage et quelques petites surprises !

En attendant, gros bonus : la transformation de Loïc !

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Guayaquil

Du dimanche 22 au jeudi 26 juin 2014

Guayaquil est une ville affreuse et sans grand intérêt touristique. En plus, elle est réputée pour son insécurité. Mais alors, que faisons-nous ici ?! Guayaquil est notre première étape équatorienne car c’est la ville de départ des vols pour les îles Galapagos ! Nous avons récemment décidé de nous offrir un petit séjour dans ces îles et nous devons donc passer par Guayaquil.

CP1120685D’ailleurs, le trajet pour rejoindre l’Equateur n’a pas été de tout repos… (encore un récit de bus devez-vous vous dire !). Depuis Huaraz, il nous a fallu rejoindre Trujillo, au Nord du Pérou. Départ 22h30, arrivée 4h30 le lendemain matin… De là, nous avons cherché un bus pour l’Equateur, ce qui n’a pas été une chose facile car les agences sont disséminées dans plusieurs rues. Finalement, nous avons trouvé un hôtel qui vend des billets de bus pour Guayaquil. Une fois les précieux sésames en poche (le gérant s’est pris une bonne commission au passage, nous le constaterons plus tard…), nous avons laissé les sacs dans cet hôtel pour aller faire un petit tour en ville (nous avons quatre heures devant nous). Nous tombons en plein défilé des écoles et des associations! La place est bondée!

CIMGP3677 CIMGP3680Le centre de Trujillo est très joli avec ses maisons coloniales colorées et l’herbe du parc bien confortable pour faire la sieste.

CIMGP3687 CIMGP3688 CIMGP3690 CIMGP3694En début d’apres-midi, rebelotte, nouveau bus. Pour Piura cette fois-ci. Arrivée à la nuit, changement de gare routière en tuk-tuk, dîner et re-bus de nuit. Au moins, avec tous ces bus de nuit, on économise le prix de chambres d’hôtel, voyons le bon côté de la situation ! C’est là que les choses se corsent. Le bus est franchement pourri ! Il est vieux et inconfortable. Nous arrivons tout de même à nous endormir. Vers une heure du matin, nous nous réveillons à l’arrêt. C’est déjà la frontière ?! Les autres passagers nous informent que nous sommes en panne. Avec tous ces trajets en bus depuis cinq mois que nous sommes en Amérique du Sud, il fallait bien que cela arrive au moins une fois… Nous attendons près de trois heures qu’un autre bus vienne nous chercher…

Nous passons la frontière vers sept heures du matin. On a beau être fatigués et affamés, le passage d’une frontière c’est toujours un moment fort pour nous. Nous admirons et comparons nos tampons sur nos passeports et sommes curieux de tous les changements que l’on peut observer par la fenêtre du bus. Là, le passage est encore plus symbolique : nous entrons dans le dernier pays de notre tour du monde… ¡ Bienvenidos en Ecuador !

Nous constatons que nous avons changé de climat pendant la nuit. Comme le dit si bien le Guide du Routard : « L’Equateur étant situé à l’équateur, le climat est de type équatorial ». Il fait chaud et humide et la végétation est dense. Le long de la route, on ne voit que des bananiers, des bananiers, des bananiers et encore des bananiers… C’est vrai que l’Equateur est le premier producteur et exportateur mondial de bananes ! Parfois, ce sont des plantations de mangues, de papayes ou de cacao que nous longeons.

L’arrivée dans l’immense gare routière de Guayaquil est surprenante. Il y a des quais sur plusieurs centaines de mètres, ce qui n’est pas sans nous rappeler celle de Buenos Aires. Surtout, la gare est couplée à un gigantesque « mall », ces centres commerciaux tout droit importés des Etats-Unis. Le « food court » a beau s’appeler « patio de comida », on y retrouve toute la « junk food made in USA », pizzas et hamburgers en tête, avec en touche locale le menestrone (riz, poulet et flageolets). C’est le plat populaire équatorien par excellence.

Transition Pérou-Equateur...

Transition Pérou-Equateur…

Nous trouvons un petit hôtel, le Montesa. 15$ la nuit, bon accueil et surtout salon climatisé avec ordinateur ! Les lits n’ont pas de drap. Pas besoin, il fait tellement chaud et moite à Guayaquil ! Nous nous reposons tout l’après-midi, profitant du film « Là-Haut » sur Disney Channel et faisant la sieste. On l’a bien mérité après ce trajet éprouvant ! Les chambres sont bruyantes à cause de la rue mais on sait que dans cette gamme de prix, difficile de trouver mieux (et puis, on a l’habitude maintenant de dormir dans un environnement bruyant…). D’ailleurs, coté monnaie, ici c’est le dollar américain. L’Equateur a abandonné sa monnaie, le sucre, au début des années 2000 suite à une grave crise économique. Le dollar c’est nul, les billets se ressemblent tous !

Notre activité première à Guayaquil a été de trouver un vol pas trop cher pour les Galapagos. Après avoir consulté les différentes compagnies aériennes, nous trouvons notre bonheur chez TAME, la compagnie nationale. Par contre, il nous faut attendre vendredi pour partir. Pas grave ! Nous allons profiter du salon de l’hôtel ! Canapé tourné face à l’écran d’ordinateur, nous pouvons nous régaler des derniers épisodes de Game of Thrones, série dont on est fans !

CP1120681Rassurez-vous, nous sommes quand même sortis dans la ville… Dans le centre, le Parc du Séminaire, situé devant la cathédrale, a été notre lieu fétiche ces jours-ci. CIMGP3717Plusieurs dizaines d’iguanes y vivent, indifférents à la frénésie urbaine qui les entoure. Le mieux, c’est de venir le matin pour les voir manger car après, beaucoup grimpent dans les arbres. Attention à ne pas se trouver dessous quand ils font leurs besoins ! C’est dix fois pire qu’un pigeon !

CIMGP3718 CP1120616 CP1120614 CP1120618 CIMGP3702 CIMGP3710Au musée municipal, nous avons regardé des poteries de l’époque précolombienne, des objets et tableaux relatant l’histoire de la ville et des oeuvres d’art d’artistes équatoriens contemporains.

CP1120619 CP1120622Guayaquil est très fière de son malecon, une grande promenade aménagée le long du fleuve Guayas. Rien de transcendant à nos yeux… Si ce n’est que ce lieu est archi-sécurisé. Des grilles séparent la promenade de la rue et un policier est posté tous les vingt mètres ! Les vendeurs ambulants sont interdits. Ce lieu enclos, bâti sur le modèle américain, fait perdre à la ville son charme, cloisonnant les espaces et les gens.

CIMGP3713 CIMGP3714Pour rester dans l’esprit américain, nous avons constaté que les Equatoriens adoraient les immenses centres commerciaux. A l’approche du match France-Equateur, nous nous sommes renseignés sur le meilleur endroit pour le voir. La réponse a été invariablement la même : le « Mall del Sol ». Nous nous conduisons donc dans ce temple de la consommation en bus, histoire de changer du taxi. L’expérience est haute en couleurs ! Tous les 50 mètres, un jeune grimpe dans le bus, saute par dessus le détecteur de passagers et propose à la vente tout et n’importe quoi : eau, fruits, légumes, mais aussi papier toilette, savon… Pas besoin d’aller faire ses courses en rentrant du travail ! On peut (presque) tout acheter dans le bus ! Dans le mall, c’est un déferlement jaune, bleu et rouge qui se dirige vers les écrans géants installés dans le patio de comida.

CP1120628Nous ne sommes pas des fans de foot mais depuis le début de la coupe du monde, et surtout depuis que nous sommes à Guayaquil, tout le monde ne cesse de nous en parler ! Le match France-Equateur est au centre de l’attention. Alors nous nous sommes pris au jeu et suivons avec intérêt les résultats. Les chauffeurs de taxi sont les plus bavards sur le sujet ! Comme nous sommes entourés de centaines d’Equatoriens pour voir le match, nous avons décidé de ne pas dire que nous sommes Français… Si quelqu’un nous demande, on répondra qu’on est Suisses ! Les supporters sont déchaînés !

CP1120612Nous nous amusons beaucoup de cette ambiance et encourageons avec eux l’équipe équatorienne tout en espérant secrètement voir la France gagner. Malheureusement pour eux, le match se solde par un score nul (0-0) et l’élimination de l’Equateur. Mais pour nous, ce fut un super apres-midi !

Nous profitons du centre commercial pour faire des courses afin de dîner dans notre chambre. La nuit, notre quartier est vraiment peu engageant. Il y a plus de prostituées que de restaurants !

CP1120684 CP1120624 CP1120626Enfin, nous sommes allés prendre le frais aux abords de la ville, dans le Parc Historique, un parc comprenant un zoo et des reconstitutions des anciennes façades de la ville. C’est le zoo qui nous intéresse le plus. Il est bien aménagé, les animaux sont à l’aise dans de grands enclos (il y a peu de cages). Perroquets, tapirs, crocodiles… Toute cette faune était présente dans la région avant l’arrivée des colons. La promenade est très agréable !

CIMGP3722 CIMGP3723 CIMGP3739 CIMGP3743 CIMGP3750 CIMGP3753 CIMGP3757Finalement, notre séjour dans la capitale économique du pays s’est révélée bien plus prolifique qu’on ne l’avait pensé en lisant le guide !

La Cordillère Blanche – Bilan du Pérou

Du lundi 16 au samedi 21 juin 2014

Après notre escale dans les dunes de Huacachina, nous reprenons le bus pour cinq heures en direction de Lima. Nous arrivons dans la capitale à 16h30. Notre bus pour Huaraz ne part qu’à 23 heures… Aller dans le centre-ville n’est pas vraiment envisageable car il va bientôt faire nuit. Nous patientons donc sagement dans la gare routière en lisant, écrivant le blog et regardant un film sur notre ordinateur. Vient enfin l’heure de monter dans notre énième bus de nuit ! Nous arrivons à Huaraz au petit matin.

Huaraz, au pied de la Cordillère blanche.

Huaraz, au pied de la Cordillère Blanche.

Nous nous faufilons entre les rabatteurs mais Ricardo est plus malin que nous : il monte carrément dans notre taxi ! Il a l’air sympathique alors on lui énonce nos critères : un hôtel pas cher et confortable, avec une cuisine et un ordinateur relié à internet pour publier le blog. Il nous emmène donc dans un hôtel qui correspond pile à ce qu’on cherchait, avec en prime une terrasse fleurie avec vue sur les montagnes, parfait !

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Hotel Virgen del Carmen

Ricardo ne travaille pas à l’hôtel. Ce qu’il veut, c’est nous vendre un trek dans les montagnes. La Cordillère Blanche est l’un des plus beaux massifs des Andes. Ses pics abrupts et enneigés recèlent mille possibilités de randonnées. En temps normal, nous n’aurions pas hésité longtemps avant de partir marcher trois ou quatre jours.  Mais là, on est vraiment fatigués. Si on veut tenir jusqu’à début août, on doit se ménager. Nous optons donc pour une découverte des montagnes en mode « papi-mamie », c’est-à-dire avec une excursion en petit groupe. Et comme cela aurait été dommage de ne pas randonner, nous ferons quand même une grande balade d’une journée. Le reste du temps c’est repos, balade au marché, travail sur le blog et recherche d’une pharmacie qui possède les médicaments que l’on cherche. Car si on est tant fatigués, ce n’est pas seulement à cause du voyage mais aussi parce que nous avons des problèmes intestinaux depuis début Mai en Bolivie. Nous avons finalement décidé de consulter virtuellement nos amis médecins pour nous soigner…

CIMGP3634 Nous sommes donc partis en excursion à destination du glacier Pastoruri. Nous n’aimons pas trop être dans un groupe mais c’est le seul moyen d’aller voir le glacier. Il y a beaucoup de route pour le rejoindre ! La journée sur place ne sera pas bien longue, dommage ! Cette partie du Parc National offre de jolis paysages mais il y a moins de sommets enneigés qu’au Nord de Huaraz.

CIMGP3553 CIMGP3557Ici pousse une fleur unique, la Puya de Raimondi. Cette fleur de la famille des ananas mesure entre 6 et 15 metres de haut. Sa base ressemble en effet à celle d’un pied d’ananas ! Sa fleur ressemble quant à elle plus à un cigare. Elle peut vivre plus de cent ans. Lorsqu’elle arrive à maturité, sa tige se couvre de dizaines de milliers de fleurs blanches. Mais cette floraison sera la seule et l’unique car la plante meurt quelque temps après.

CIMGP3569 CIMGP3567 CIMGP3564 CIMGP3560Le glacier Pastoruri a beaucoup perdu de sa superficie ces dernières années. Il reste impressionnant mais le savoir condamné, comme beaucoup de glaciers dans le monde, nous désole. Il offre un beau mur de glace et quelques petits icebergs. Comme il est perché à plus de 5100 mètres d’altitude, le sentier qui y mène nous essouffle vite ! Plus que le glacier, c’est son environnement qui nous plaît car il est entouré de petites lagunes aux jolies couleurs.

CIMGP3571 CIMGP3594 CIMGP3596 CIMGP3613 CIMGP3621Pour notre journée de marche, nous avons choisi d’atteindre la Laguna 69 (chaque lac est numéroté dans le Parc National). En chemin, le bus nous arrête près d’autres lacs qui introduisent bien la journée.

CIMGP3635 Le sentier est superbe et peu difficile. Relativement plat au début, il longe un petit torrent où nous croisons des vaches et des ânes.

CIMGP3638Les arbres ici ont une écorce particulière : on dirait des feuilles de papier à cigarettes ! De grands sommets de plus de 6000 mètres nous entourent, ils sont impressionnants. Certains sont dans les nuages, d’autres se dévoilent ou se retrouvent cachés au fur et à mesure que la journée avance.

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A droite, le mont Huascaran (6768 mètres) est le plus haut sommet de la Cordillère Blanche.

CIMGP3642Après une montée en zigzag, nous arrivons à une sorte de plaine dominée par un glacier. Nous la traversons et il nous faut encore grimper sérieusement pour rejoindre la fameuse Laguna 69. Malgré les nuages, l’eau a une couleur d’un magnifique bleu.

CIMGP3653 CIMGP3658 CIMGP3665 CIMGP3659 Le retour a Huaraz est très calme, tout le monde roupille dans le bus. Nous sommes aussi fatigués du rythme de la journée : 6h de mini-bus et 6h de marche, 1300m de dénivelé cumulé, 21km.

Cette étape est la dernière du Pérou, visiter la cote et le Nord du pays ne nous attire pas, alors, tristement, nous nous préparons à quitter le Pérou via la Panaméricaine direction l’Equateur !

Bilan du Pérou :

Nous avons adoré le Pérou !

Ce qui nous a surtout plu, ce sont les sites incas. Le Machu Picchu est bien sur extraordinaire mais les ruines de la Vallée Sacrée ne sont pas en reste ! En outre, c’est un pays ou les villes ont beaucoup de charme, bien plus qu’en Bolivie (ne parlons pas de l’Argentine et du Chili !). Le Pérou était la région d’Amérique du Sud la plus peuplée à l’époque coloniale et les Espagnols y ont bâti des maisons, églises et autres édifices tous plus beaux les uns que les autres. Dans ce domaine, c’est la ville d’Arequipa qui remporte tous nos suffrages.

Le Pérou est aussi une destination nature : le canyon del Colca, la Vallée Sacrée, les dunes de Huacachina et la Cordillère Blanche sont des lieux propices à de belles randonnées.

L’une des raisons pour lesquelles nous avons tant aimé le Pérou est que les Péruviens sont très sympathiques. Ils sont bien plus accueillants que leurs voisins boliviens ! C’est un pays beaucoup plus touristique, au niveau de vie plus élevé, à la population plus métissée… et donc moins frileuse face aux Occidentaux. Les gens venaient continuellement discuter avec nous ! Et puis, l’ambiance des bus publics nous a beaucoup amusée avec cette cumbia entêtante !

Le Pérou est un pays bien plus grand que ce qu’on imaginait. Il nous a fallu du temps pour le traverser et on commence à en avoir vraiment marre des longs bus de nuit. Nous sommes nettement moins dynamiques ces derniers temps et on sent que la fin du voyage approche… Manger à l’extérieur devient souvent une corvée, surtout que l’éternel poulet/frites/riz des Péruviens est tout sauf bon ! Alors on cherche des hôtels avec cuisine, pour se retrouver un peu comme à la maison… Si nous avons goûté l’Inca Kola, nous n’avons pas osé tester le « cuy » (prononcer « couille »), le cochon d’inde ! C’est un plat très apprécié au Pérou, surtout pour les grandes occasions… Mais franchement, cela ne donne pas du tout envie !

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Huacachina

Dimanche 15 juin 2014

Huacachina est pour nous une courte halte d’une après-midi et d’une nuit au milieu d’un très long parcours en bus.

Depuis Cusco, nous voulons en effet rejoindre Huaraz, dans la Cordillère Blanche. Il n’y a pas moins de 36 heures de bus entre ces deux villes ! Nous avons beau être rodés en terme de bus, l’évocation de ce long trajet nous a fait pâlir. Pour mieux le supporter, nous décidons de faire une micro-étape. Nous avions le choix entre Nazca, Huacachina et Lima. Nous éliminons d’emblée la première. Survoler les célèbres lignes coûte très cher et les avions sont réputés dangereux (les crashs sont fréquents !). Quant à Lima, nous devons y passer pour notre vol de retour vers la France. Nous visiterons donc la capitale péruvienne à ce moment-là. Reste donc Huacachina ! Cela tombe bien, le lieu à l’air sympa.

Le gros bus de nuit qui nous y mène, tout neuf, est particulièrement confortable. Comme la dernière fois, une hôtesse est à nos petits soins, nous avons un repas chaud et des films. Par contre, les multiples virages de cette route de montagne nous ont empêché de dormir !

CP1120596Tout le littoral pacifique péruvien est bordé d’un immense désert traversé du Nord au Sud par la célèbre route panaméricaine. Dans la région d’Ica, à cinq heures de route au Sud de Lima, s’étendent d’immenses dunes de sable qui n’ont rien à envier à leurs cousines du Sahara. Ce sont en effet les dunes de sable les plus hautes du monde ! Elles sont aux portes de la ville et, vues du bus, elles nous donnent vraiment l’impression d’avoir été téléportes en Afrique !

Huacachina est une oasis au sens propre du terme : un plan d’eau entouré de palmiers au milieu du désert !

CIMGP3548Autrefois, c’était un lieu de villégiature des élites de Lima. Aujourd’hui, c’est un endroit où pullulent des hôtels avec piscine pour jeunes fêtards. Les chambres y sont plus chères qu’ailleurs dans le pays. Entre bars et boites de nuit, les jeunes routards grimpent sur les dunes en énorme buggy pour les dévaler en sandboard. Le principe est le même que le snowboard sauf que les planches sont en bois et qu’on y attache ses baskets avec des velcros… Pas très sécurisé tout cela… Beaucoup préfèrent dévaler les pentes en mode luge, c’est-à-dire allongés à plat ventre sur la planche. L’activité ne nous intéresse pas. Nous voulons juste nous balader dans les dunes et nous donner l’impression d’être perdus dans le désert…

Sauf qu’au détour d’une rue, nous tombons sur un gars en train de nettoyer des skis ! De vrais skis de montagne ! Ce mec un peu fêlé, c’est un jeune Suisse qui vient de monter sa boite. Loïc est très tenté par l’expérience ! Noémie, elle, pourra profiter d’un tour en buggy et d’une balade dans les dunes.

Mais avant de dévaler tout schuss les dunes, il faut s’entrainer. Nous grimpons à pied une première dune. Les mollets souffrent, surtout ceux de Loïc qui porte de grosses chaussures de ski ! Il n’en revient pas d’être en short et tee-shirt avec ses skis à la main.

CP1120597 CP1120608 Cette première descente du style « pente école » permet d’ajuster sa technique, légèrement différente sur le sable. De plus, avant chaque descente il faut « farter » ses skis avec une bougie ! Les skis aux pieds, les bâtons dans les mains (sans gant), point de bonnet ni d’anorak, c’est parti, tout droit dans la pente. La vitesse augmente tout doucement et alors les virages peuvent commencer…. Les sensations sont là… le froid en moins ! C’est extra!

CIMGP3516Mais déjà tout s’arrête, le bas de la dune est atteint. Il faut déchausser et remonter la pente à pied, c’est beaucoup moins fun. Puis, un énorme buggy nous conduit avec des sandboardeurs dans les dunes éloignées. Que c’est beau tout ce sable à perte de vue !

CIMGP3521 CIMGP3522 CIMGP3523Le buggy nous dépose en haut des plus hautes dunes et c’est avec plaisir qu’il n’y a plus qu’à savourer la descente. Skier au milieu de ce paysage de désert est vraiment surréaliste.

CIMGP3526Noémie, pendant ce temps, dévale les pentes en courant et se fait des petites frayeurs en buggy ! Le chauffeur s’amuse à tourner au dernier moment, à descendre des dunes très pentues… on se croirait dans un manège de fête foraine.

CP1120602 CP1120606 CP1120609Cet après-midi a parfaitement rempli ses objectifs : nous faire oublier les longues heures en bus. Des le lendemain matin, nous partons pour Huaraz… 20 heures de trajet…

Machu Picchu

Du mercredi 11 au vendredi 13 juin 2014

Le Machu Picchu, c’est bien sûr le clou de notre voyage au Pérou ! Nous sommes très excités à l’idée de le voir enfin… Nous avons choisi de l’atteindre après avoir visité la Vallée Sacrée, pour aller crescendo dans notre découverte des sites incas !

Il a beau être le site le plus célèbre et le plus visité de tout le pays, organiser sa visite au Machu Picchu n’est pas très facile ! Lorsque l’on voyage en indépendant, il faut bien un à deux jours à Cusco pour préparer son transport et s’occuper des billets. Le fait est qu’aller au Machu Picchu a un coût considérable. Le train qui mène de Cusco à Aguas Calientes, la ville située au pied du site, coûte plus de 200$US aller-retour ! Si on ne veut pas faire le trajet dans la journée et dormir sur place, il faudra débourser bien plus qu’ailleurs pour se loger et se nourrir… pour une qualité de service bien inférieure. Ensuite, le bus qui mène aux ruines (30 minutes à flanc de montagne) coûte 17$ aller-retour. Dans tout cela, le prix de l’entrée (35€) est une bagatelle… D’ailleurs, rien qu’acheter son billet est compliqué. Il faut se connecter à un site internet et réserver son jour. Seuls 2500 visiteurs sont autorisés quotidiennement sur le site. Sauf que le serveur n’accepte pas les cartes de crédit françaises ! Pour payer, il faut aller obligatoirement la même journée à la banque nationale, sinon la réservation est annulée. Si comme nous vous êtes à Cusco au moins trois ou quatre jours avant votre visite, vous pouvez éviter cette fastidieuse étape en vous rendant au ministère de la culture pour acheter vos places (ce que nous avons fait après avoir entendu à plusieurs reprises le récit de voyageurs ayant eu des problèmes avec le site internet). En tout cas, aussi emblématique soit-il, nous ne voulions pas casser notre tirelire pour visiter le Machu Picchu ! Et quand on a un budget serré, on a du temps et de la ressource pour trouver des astuces ! L’office du tourisme de Cusco nous a une fois de plus bien aidé dans nos recherches.

Comment faire pour aller au Machu Picchu sans se ruiner ? 

Astuce n°1 : Ne pas prendre le train, mais le bus public (cumbia !).

Celui-ci part de Cusco à sept heures tous les matins et s’arrête à Urubamba, où nous logeons depuis deux jours. Le coût total du trajet en bus revient 10 fois moins cher que celui en train ! Le notre a près d’une heure de retard mais nous ne nous impatientons pas à l’attendre, tant le spectacle de l’arrivée des autres voyageurs vaut le coup. Poulets vivants, énormes cartons, fourrage, grands sacs en tissu… Les tuk-tuks déchargent un à un leur improbable chargement ! Lorsque le bus arrive, des vendeuses sorties de nulle part s’agglutinent devant la porte, gênant les gens pour monter et descendre, pour vendre des plats cuisinés (riz, pommes de terre, poulet), des fruits, des glaces, des cacahuètes et bien sûr de la « gelatina » fluo !

CP1120570 CP1120571Le trajet est époustouflant. Nous passons un col à plus de 4000m pour quitter la Vallée Sacrée et des glaciers surplombent les pics rocheux. Dès que nous sommes passés de l’autre côté, d’interminables zig-zags nous conduisent dans un autre univers. Nous sommes dans la jungle ! Papayes, bananes, ananas et autres fruits exotiques poussent au bord de la route. C’est fou ! Il faisait doux dans la Vallée Sacrée, il fait chaud et humide à Santa Maria où nous descendons du bus. De là, après un repas rapide, nous prenons un taxi « colectivo » (qui fait office de bus) pour Santa Teresa. La route est une piste poussiéreuse qui serpente à flanc de montagne. Noémie, côté roche, ne s’apercevra pas qu’il y a un profond précipice de l’autre côté ! C’est un Loïc un peu blême qui lui racontera cela à l’arrivée, car le chauffeur avait une conduite plutôt sportive ! A Santa Teresa, on est encore loin d’Aguas Calientes. Il reste encore un autre mini-bus à prendre pour Hydro Electrico. De là, on peut prendre un autre train.

CIMGP3291Même s’il coûte bien moins cher qu’à Cusco, son prix reste élevé. Comme Aguas Calientes n’est reliée par aucune route, nous n’avons pas le choix : il nous faut longer la voie ferrée à pied ! Les 12km sont loin d’être rébarbatifs. Nous sommes dans la jungle, entourés de caféiers et de bananiers (entre autres plantes !).

CIMGP3292 CIMGP3294 CIMGP3296En scrutant les montagnes en haut, on devine une sorte de cuvette. Pas de doute possible : il est là le Machu Picchu !! Notre enthousiasme nous donne des ailes ! Et voir le site du Machu Picchu sous cet angle, même si on ne voit rien des ruines, nous donne le sentiment d’être comme des explorateurs qui partent à pied, machette à la main (il faut bien sûr faire abstraction de la voie ferrée quand on s’imagine cela !).

CIMGP3298Nous arrivons à Aguas Calientes guidés par de nombreuses lucioles qui clignotent alors que la nuit est bien noire. Nous sommes épuisés par notre journée de transport et nos douze kilomètres de marche ! Nous n’avons pas la force de chercher un hôtel et suivons péniblement un rabatteur. Il nous propose une chambre plus que moyenne car très bruyante et aux matelas vraiment inconfortables. Mais il y a l’eau chaude et nous savons que nous peinerons à trouver mieux à ce prix-là… Pour nous consoler, nous arrivons à négocier le petit-déjeuner avec le prix de la chambre. Pour se nourrir à Aguas Calientes, on a le choix entre des pizzas et des hamburgers. Il y en a partout ! Et comme la plupart des visiteurs n’y passe qu’une nuit, les hôteliers-restaurateurs ne se soucient guère de la qualité de leur prestation…

CIMGP3460 CIMGP3462 Cette ville-champignon entièrement tournée vers le tourisme n’est pas vraiment agréable ! Mais nous essayons de ne pas trop y penser alors que nous mangeons une pizza étonnamment correcte (mais très chère) : demain, nous serons au Machu Picchu !

CP1120590Astuce n°2 : Ne pas monter en bus, mais à pied !

Il y a plus de 2000 marches pour atteindre l’entrée du Machu Picchu. Certains courageux entreprennent de les grimper dès quatre heures du matin pour être sur le site à l’ouverture des portes à six heures… ce qui s’avère complètement inutile car le site est plongé dans l’ombre jusqu’à sept heures et quart en cette saison. Sur ce coup là, nous acceptons bon gré mal gré de sortir nos soles. Nous voulons profiter de notre journée au Machu Picchu sans y arriver déjà fatigués. Nous montons en bus mais redescendrons à pied.

CP1120588A sept heures pétantes, nous passons les portiques d’entrée. Passeports et billets contrôlés, nous grimpons quelques dizaines de marches jusqu’au célèbre point de vue sur les ruines. Et voilà, après tant d’efforts, nous aussi nous sommes dans la carte postale ! Nous avons beau avoir vu et revu ce panorama des dizaines de fois en photo, le voir en vrai, c’est quand même autre chose !

CIMGP3310Lorsque nous arrivons, le site est encore dans l’ombre. Minute après minute, les rayons du soleil se font de plus en plus intenses. Ils éclairent progressivement les ruines et la montagne du Huayna Picchu (celle qui est en arrière-plan des photos). Des petits nuages glissent sur les bâtiments pour rejoindre la vallée. C’est un vrai spectacle qui s’offre à nous ! Nous restons à notre point de vue très très longtemps !

CIMGP3328 CIMGP3344La renommée du Machu Picchu est vraiment méritée, c’est un lieu époustouflant, tant par son cadre naturel que par sa taille. Son « redécouvreur » Hiram Birgham l’avait qualifié de « cité perdue des Incas » et nous trouvons que l’expression était bien choisie. Le Machu Picchu est en effet imbriqué dans les montagnes, à environ 2400 mètres d’altitude. On ne sait toujours pas quand il a été construit et quel était le rôle de cette cité perchée au sein de l’immense empire inca. Des dizaines de routes pavées y conduisaient, les archéologues viennent d’ailleurs d’en dégager une seulement une semaine avant notre passage. Les conquistadores espagnols n’ont jamais mis les pieds au Machu Picchu. Le site était-il encore habité à cette époque ?! Mystère. Officiellement, c’est donc l’Américain Hiram Birgham qui a redécouvert la cité en 1911, alors qu’il cherchait Vilcabamba, le dernier bastion des empereurs incas. Ce sont des paysans qui l’ont guidé jusque là. Une famille cultivait toujours une partie des terrasses du Machu Picchu ! Les ruines étaient recouvertes de jungle (cela nous rappelle Angkor !) mais elles avaient déjà été visitées quelques années auparavant par des cartographes allemands. Eux les premiers puis Birgham ont pillé le site et le Pérou ne possède aucun objet récupéré au Machu Picchu dans ses musées. Pourtant, Birgham avait promis de les restituer après son étude… Ils sont aujourd’hui dans les archives de l’université de Yale, aux Etats-Unis.

CIMGP3340 CIMGP3349Vers 10 heures, le nombre de visiteurs devient très important. Le train de Cusco vient en effet d’arriver. Sachant que la plupart d’entre eux ne vont rester que deux à trois heures sur place, nous cherchons une parade pour profiter du lieu tranquillement. La solution sera trouvée par Loïc : nous allons emprunter le grand chemin inca jusqu’à la Porte du Soleil, située en hauteur, un peu après la montagne du Machu Picchu. De là, nous pourrons profiter d’un panorama original sur les ruines ! Ce grand chemin inca est emprunté quotidiennement par des centaines de randonneurs qui atteignent le Machu Picchu au terme d’un trek éreintant de cinq jours. Dans l’idéal, nous aurions nous aussi adoré arriver à pied ici, comme les Incas ! Mais ce trek, réservé à 200 chanceux par jour, est tellement prisé qu’il faut réserver ses places six mois à l’avance en haute saison ! En plus de la vue finale, l’autre avantage (non négligeable !) qu’offre ce chemin, c’est qu’il permet de se cacher dans les buissons pour faire pipi… Et oui, il n’y a pas de toilettes au Machu Picchu! Il y en a seulement au niveau du contrôle des billets (payants) et le site est tellement grand qu’il faut entre 15 et 45 minutes pour les atteindre ! Une fois au bout du chemin, au terme d’une petite heure de marche, nous atteignons la Porte du Soleil, l’entrée la plus majestueuse qui mène au site. Nous nous retournons et profitons pendant un long moment de cette vue nouvelle sur la citadelle.

CIMGP3351Nous redescendons tranquillement et les groupes sont quasiment tous partis maintenant. Le Machu Picchu est (presque) pour nous tous seuls !! Nous entrons maintenant dans la citadelle. Comme ce fut le cas les jours précédents, nous sommes épatés par les talents de bâtisseurs des Incas. Les pierres sont tout simplement taillées à la perfection ! Nous traversons une zone qui semblait résidentielle puis nous nous retrouvons au niveau de la carrière. Elle ressemble à la carrière d’Obélix ! Elle surplombe la vallée et offre un panorama sur les sommets enneigés inégalé.

CIMGP3361 CIMGP3373 CIMGP3378C’est maintenant l’heure du repas… sauf qu’il est interdit de manger au Machu Picchu ! Pourtant, tous les restaurants et cafés d’Aguas Calientes proposent des paniers pique-nique… Certains se font attraper par les gardes ! Les coups de sifflets retentissent… Nous trouvons un coin plutôt bien caché dans la carrière et nous pouvons déguster nos sandwichs en toute quiétude, avec un sentiment terrible d’être dans l’illégalité la plus honteuse… Nous avons eu de la chance, le garde le plus près de nous n’était pas très concentré sur sa tache… Nous nous offrons même le luxe de faire une sieste !!

CIMGP3399Vers 14 heures, il n’y a quasiment plus personne, exceptés quelques groupes par-ci par-là. Nous les suivons discrètement pour écouter leur guide leur fournir des explications.

CIMGP3385Nous continuons à déambuler pendant deux heures encore parmi les ruines, toujours autant fascinés par le site !

CIMGP3387 CIMGP3403CIMGP3411 CIMGP3414 CIMGP3418 CIMGP3436 CIMGP3440A 16 heures, après une dernière séance photo « carte-postale », il faut redescendre car les portes vont fermer. Nous économisons les 9$ du bus et descendons à pied les 2000 et quelques marches qui mènent à Aguas Calientes. Encore une journée qui restera profondément ancrée dans nos mémoires !

CIMGP3459Le lendemain matin, nous devons retourner à Cusco. Cette fois-ci, nous quittons notre casquette de routard pour endosser celle de vacancier : nous prenons le train ! Nous voulions quand même gouter à cette expérience ! Et il faut bien se l’avouer, c’est bien plus confortable que les douze kilomètres à pied et la journée de bus… En train, la solution la plus économique consiste à aller jusqu’à Ollantaytambo, et non jusqu’à Cusco. C’est beaucoup moins cher et on ne perd rien niveau paysages, les plus beaux étant au début du trajet. Pour le reste, le train longe la route, donc autant prendre le bus !

CIMGP3471 CIMGP3472 CIMGP3479 CIMGP3484Clin d’œil : Quand on demande aux autres touristes de nous photographier devant le Machu Picchu, on se retrouve trois fois sur quatre avec des cadrages pourris… Pieds coupés, la moitié du site en moins, des gens qui passent devant nous… Lorsque les gens nous tendent notre appareil, ils attendent que l’on regarde la photo. Mais c’est gênant de leur dire qu’elle est ratée ! Alors, on remercie en souriant bêtement et on demande à d’autres gens de nous photographier dès que les premiers sont hors de portée… Au final, les meilleurs photos de nous sont celles faites… avec le retardateur ! Cela nous a évité de n’avoir que des photos de ce style :  CIMGP3454CP1120582