A quoi ressemble un passeport après un tour du monde ?

La réponse en images avec le passeport de Loïc !

Passeport 1 Passeport 2 Passeport 3 Passeport 4 Passeport 5 Passeport 6 Passeport 7 Passeport 8

Vous remarquerez les couleurs quelque peu délavées de certains visas… Ce n’est pas la faute à un trek pluvieux, non, non !

C’est tout simplement le résultat d’un petit tour dans la machine à laver de Valérie à Nouméa… Loïc avait eu la bonne idée de laver son sac photo ! En oubliant les passeports et son permis de conduire à l’intérieur.

Grosse angoisse sur le moment : allions-nous pouvoir franchir la douane ?! Et grosse colère pour Noémie aussi !

Loïc a donc passé sa soirée à glisser du papier toilette entre chaque page, puis à sécher délicatement au sèche cheveux les passeports… Le lendemain, il a fait la tournée des administrations de Nouméa pour vérifier que les données électroniques étaient encore lisibles : pas de machine pour les lire à la mairie de Nouméa et à la police mais des fonctionnaires qui nous invitent à changer d’urgence de passeport ! Heureusement, la police aux frontières nous a rassurés, notre passeport était lisible, ouf !

Sur le coup, nous avions été bien stressés… Mais près d’un an après cet événement, il reste comme l’une des meilleures anecdotes du voyage !

Vous voyez, il est bien rempli ce passeport… Mais il nous reste encore plein de pages à tamponner !

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Le désert d’Atacama – Bilan du Chili

Du mercredi 23 au samedi 26 avril 2014

CIMGP9822Traverser les Andes… voilà un rêve qui devient réalité alors que nous roulons vers la petite ville de San Pedro de Atacama. Le bus monte, monte inexorablement entre des sommets qui taquinent les 6000 m d’altitude. Nous sommes fascinés par le paysage et par l’altimètre de la montre de Loïc. Cette route qui mène au Chili est magique, tant par sa beauté que par son côté symbolique à nos yeux. Elle grimpe jusqu’à 4800 m au paso (col) Jama puis redescend progressivement à travers les volcans andins, dont le magnifique Licancabur, au cône parfait.

CIMGP9824 CIMGP9829 CIMGP9836 CIMGP9842 CIMGP9847 C’est la première fois que nous montons si haut et nous ne pouvons pas nous acclimater. Par prudence, nous avions pris les deux jours précédents un traitement contre le mal des montagnes. La frontière se situe à 4000 m et descendre du bus puis marcher cinquante mètres jusqu’au poste douanier nous donnent l’impression d’avoir couru un kilomètre ! Le manque d’oxygène nous essouffle au point que l’on a du mal à parler !

CIMGP9861CIMGP9866Nous voici donc de retour au Chili, plus d’un mois et demi après l’avoir quitté à Puerto Natales, loin là-bas en direction du Sud. Nous ressortons nos pesos chiliens au taux pénible à calculer (1€ = 700 pesos) et renouons avec les prix élevés de ce pays, qui plus est dans une ville aussi touristique et surtout aussi loin de tout que San Pedro d’Atacama.

Seul désert de notre tour du monde, le désert d’Atacama est une étape importante pour nous. Nous partons donc découvrir quelques uns de ses paysages, tout d’abord en minibus d’excursion. La vallée de la mort s’offre à nous en premier. Nous surplombons un relief découpé et à l’aridité extrême. Le désert d’Atacama est d’ailleurs le désert le plus aride au monde. Il n’y pleut qu’au mois de février !

CIMGP9875 CIMGP9888Nous partons ensuite en direction de la vallée de la lune, dont le cadre pourrait aisément servir de décor à un film de science-fiction. Il fait chaud et le soleil cogne fort ! Nous ne voudrions pas être laissés là ! Les roches et les dunes de sable forment des dizaines et des dizaines de décors différents. Le désert est tout sauf uniforme et monotone ! Nous admirons le coucher de soleil en haut d’un promontoire rocheux, les yeux rivés sur la chaîne des volcans de la Cordillère des Andes.

CIMGP9900 CIMGP9914 CIMGP9921 CIMGP9920 CIMGP0117Autre coin célèbre des abords de San Pedro d’Atacama, la Laguna Cejar est un lieu de baignade étonnant puisque sa très haute teneur en sel permet d’y flotter, comme dans la mer Morte ! Le lac n’est pas très grand et on nous a dit qu’il était envahi de baigneurs tous les après-midis, les excursions partant toutes à la même heure. Loïc propose donc d’y aller à vélo… Heu ?! 25 kms à vélo en plein désert sous un soleil de plomb ?! Vraiment ?! La perspective d’être entourés de dizaines d’autres baigneurs dans cette petite étendue d’eau n’enchantant pas trop Noémie, elle se laisse finalement convaincre. En partant tôt le matin, on évite les grosses chaleurs !

CIMGP0137 CIMGP0138 Le pari est fructueux : il n’y a qu’une famille au bord du lac lorsque nous arrivons. Avant de nous baigner, nous marchons autour d’un lac adjacent dont les rives sont surprenantes. Tout le pourtour du lac est en effet formé d’une croûte de sel ! Dans l’eau, la texture du sel est magnifique. Quelques flamands sont là mais nous ne nous approchons pas pour ne pas les effrayer.

CIMGP0145 CIMGP0151 Stitched PanoramaAllons nous baigner à présent ! Il n’y a pas un poil d’ombre sur la plage de sel. Nous touchons l’eau… elle est froide ! Loïc se jette à l’eau en premier, ce qui décide Noémie. Ce serait bête de louper cette expérience ! C’est un truc très rigolo. On reste totalement immobile dans l’eau, « debout », couché, et on ne coule pas ! On essaye de se faire couler l’un l’autre, rien à faire, nos têtes restent hors de l’eau ! Impossible aussi de nager. En sortant, nous nous retrouvons enrobés d’une croûte de sel, comme un gigot prêt à être enfourné ! Nous pique-niquons en regardant une classe du lycée français de Santiago s’amuser dans l’eau. Noémie en profite pour discuter avec leurs professeurs : ils sont en voyage scolaire de physique-chimie.

CIMGP0165 CIMGP0169 CIMGP0180Alors que nous allions reprendre nos vélos, une Française vient nous questionner sur notre expérience du « flottement ». C’est Odile. Avec Richard, son mari, ils entreprennent un long voyage de deux ans en Amérique du Sud dans leur camping-car 4×4 qu’ils ont totalement aménagé à leur goût. Aujourd’hui retraités, ils ont vécu toute leur vie en nomade sur les routes de France et d’Europe, mais aussi en Islande, au Maroc… Nous passons finalement plus de quatre heures « chez eux », à discuter de ce type de voyage.

CIMGP0186Nous reprenons la route, à temps pour rentrer juste avant la tombée de la nuit …et passons la soirée à rêver à un nouveau voyage en camping-car !!

CIMGP0196 CIMGP0199 CIMGP0206Le petit village d’Atacama est intégralement construit en adobe, c’est-à-dire des briques de terre et de paille séchées (c’est la même chose que le pisé du nord argentin). A l’exception des deux rues principales où une devanture sur deux abrite une agence d’excursion (et l’autre un restaurant à touristes), les ruelles sont agréables. La petite église au plafond de cactus est en très mauvais état mais des travaux de restauration devraient bientôt commencer.

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Les arbres ici ont des nouvelles fleurs : les sacs plastiques

CIMGP0219 CIMGP9873 CIMGP0209Le ciel du désert d’Atacama est l’un des plus purs au monde. Rien d’étonnant donc à ce que les grandes organisations scientifiques internationales y aient installé leurs plus puissants télescopes. Le dernier projet en date est le site ALMA de l’Union européenne, dont l’on voit briller les lumières du centre de contrôle sur les hauteurs des montagnes avoisinantes. Nous avons pris part à une « visite du ciel » en compagnie de l’astronome Alain Maury, ancien chercheur au CNRS et actuel collaborateur de la NASA. Il a même découvert un astéroïde qui porte désormais son nom. La classe, non ?! Plusieurs agences proposent des excursions nocturnes mais celle d’Alain Maury est la seule à être guidée par un scientifique (et en français qui plus est). C’est tout emmitouflés que nous scrutons les étoiles (l’amplitude thermique est très forte dans le désert), attentifs aux explications très drôles de notre professeur. En gros, l’initiation est sensiblement identique à ce que l’on voit dans un planétarium, à la différence de taille que nous sommes en plein air dans l’hémisphère sud ! Et croyez-nous, le ciel est mille fois plus beau ici que chez nous. La voie lactée couvre près de la moitié du ciel. Nous apprenons quelques constellation, dont la Croix du Sud, qui guidait autrefois les navigateurs. Nous nous dirigeons ensuite vers les télescopes (impressionnants !). Noémie a l’honneur d’être la première à y jeter un oeil (en remerciement pour sa brillante interprétation du soleil lors d’une explication quelques instants plus tôt). L’oeil se positionne sur la lunette, Alain Maury règle la mollette… et là, Saturne apparaît ! L’image est tellement nette que l’on distingue anneaux et satellites. C’est fascinant ! Puis c’est Mars, des nébuleuses, et autres corps célestes qui se révèlent face à nous. CIMGP0226

Bilan du Chili :

Le Chili, c’est un pays que l’on a découvert « en pointillés », entre plusieurs séjours plus ou moins longs en Argentine. Finalement, plutôt qu’un bilan, c’est une comparaison entre ces deux voisins qui nous vient à l’esprit alors que nous rédigeons ces lignes. Mais nous allons essayer ici de vous parler du Chili en tant que tel.

Nous sommes restés précisément 27 jours au Chili, entre février, mars et avril. La première chose qui nous frappe lorsque l’on repense à nos quatre étapes, c’est la grande diversité de paysages qu’elles reflètent. Et pour cause ! Le Chili, c’est un pays à la géographie hors du commun ! Il s’étend sur une étroite bande de 4300 km, du centre de l’Amérique du Sud jusqu’à sa pointe. Regarder une carte du Chili, c’est sourire face à la physionomie si spéciale de ce pays. Et s’émerveiller devant les côtes découpées du Sud, véritable dentelle de Calais géographique… Entre les vents glacés du détroit de Magellan et le souffle brûlant du désert d’Atacama, les maisons en tôle colorées de Punta Arenas et les petites bâtisses en adobe du Nord, que de contrastes ! Sans parler des villes, notamment Valparaiso qui nous a tant séduits. D’ailleurs, nous avons été très attristés d’apprendre que les collines nord de la ville ont été ravagées par un gigantesque incendie quelques semaines après notre passage.

Finalement, après avoir discuté avec d’autres voyageurs, nous nous apercevons que nous ne connaissons pas si bien que cela le Chili, même après y avoir passé un mois. Tout le centre du pays nous échappe, notamment les fabuleux volcans, la région des lacs, la région de « Chile Chico » ou encore le trajet en bateau de Puerto Montt à Puerto Natales car il n’y a pas de route entre ces deux villes. Et oui, l’une des leçons que nous apprend notre tour du monde, c’est que plus l’on passe du temps dans un pays, plus l’on s’aperçoit qu’il y a des milliers de choses à y découvrir ! De quoi être vite frustré, non ?! Ce n’est pas notre cas, rassurez-vous, nous ne regrettons jamais un choix d’itinéraire, quitte à avoir parfois envie de revenir dans un pays pour voir les richesses qui nous ont échappé et profiter de nouveau de ce qui nous a tant plu lors de notre premier passage (on vous en reparlera lors du grand bilan du voyage !).

Côté nourriture (nous n’emploierons pas le terme gastronomie), nous avons été déçus par le Chili. A part les fruits et légumes pas cher et le dulce de leche (qui est argentin)… nous cherchons encore un plat qui nous tente. Tout est gras et bourratif… Hot-dogs, oeufs frits, frites… Cela se voit d’ailleurs dans la rue : les Chiliens sont loin d’être minces !

D’ailleurs, pour parler des Chiliens, nous devons dire que c’est un peuple avec lequel nous avons peu eu l’occasion de communiquer, à notre grand regret.

Le Chili a donc été pour nous la porte d’entrée du continent Sud-Américain. C’est le pays où nous nous sommes essayé à l’espagnol, avec plus ou moins de succès (Loïc partant de 0, Noémie cherchant beaucoup son vocabulaire dans les premiers temps). Et vous verrez dans le prochain message avec le bilan de l’Argentine qu’entre nos passages au Chili, nous avons fait d’énormes progrès !

Parque Nacional Torres del Paine

Du samedi 22 février au mercredi 5 mars 2014

Quitter Ushuaïa pour rejoindre Puerto Natales au Chili n’est pas une mince affaire… Le marathon commence à 5h45 devant une première compagnie de bus. Nous y prenons un mini bus pour Rio Grande, trois heures plus loin. Nous arrivons à dormir un peu. Gare routière de Rio Grande. Les douaniers ont leurs bureaux ici, bien que la frontière soit à près de cent kilomètres. Nous faisons tamponner nos passeports et remplissons les documents des douanes chiliennes : rien à déclarer. A dix heures, un vieux bus arrive. Et c’est parti pour huit heures de trajet ! Si, à l’aller, nous avions pu profiter des paysages, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il pleut et la piste non goudronnée se transforme en bourbier, couvrant les fenêtres de boue. Nous manquons même de rester coincés là-dedans !

CP1100941Entre temps, le ferry nous a fait traverser le détroit de Magellan et nous avons la chance de voir des dauphins. Les douaniers chiliens sont très regardants sur les contenus des bagages. Le bus est intégralement fouillé par des maîtres-chiens pour détecter la moindre trace de nourriture. Certains parasites n’étant pas présents au Chili, pays protégé par la Cordillère des Andes, les contrôles sanitaires sont drastiques. Cela nous rappelle l’Australie, la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Zélande ! Sauf que là, nous avions complètement oublié que nous avions des nouilles chinoises, un repas lyophilisé et du foie gras !! Nous avons réalisé seulement lorsque nous avons vu le sac de Loïc à part, alors que tous les autres bagages étaient remis en soute… On a de suite senti que l’amende (salée) était pour nous… Baragouinant des excuses en espagnol et affichant un regard de cocker, nous avons réussi à amadouer le douanier et à repartir sans frais. On a été très très soulagés ! Ce qui est surprenant, c’est que nous n’avions eu aucun problème à l’aéroport de Santiago, alors que nous avions aussi oublié de déclarer ces mêmes denrées !

A 18 heures, nous arrivons à Punta Arenas. Nous reprenons vite nos sacs pour les déposer dans la soute du bus d’à côté. Encore trois heures de route (sur des sièges bien plus confortables cette fois), et nous voici enfin arrivés à Puerto Natales… Nous avons quitté notre auberge de jeunesse à 5h30, nous arrivons à 21h30, soit seize heures de voyage. Quelle journée ! Et dire que nous devrons affronter bien pire en Argentine !

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Puerto Natales

A Puerto Natales, nous nous préparons pour le Circuito Paine, un grand trek de 110 kms en autonomie. Nous avons prévu de le faire en huit jours et nous devons donc prévoir seize repas et huit petits-déjeuners ! C’est un vrai casse-tête… Le poids et la rapidité de cuisson sont nos critères de sélection des aliments. Le problème, c’est qu’il n’y a pas grand chose dans le petit supermarché de Puerto Natales. Alors, qu’allons-nous manger cette semaine ? On vous prévient, on va vous faire saliver…

Petits-déjeuners : thé et bouillie pour bébé cuite dans du lait pour bébé. Pourquoi ce choix ?! Et bien, les aliments pour bébés sont bourrés de vitamines, de minéraux et de probiotiques. D’ailleurs, les randonneurs de l’extrême ne se nourrissent que de ça! Nous y ajoutons des flocons d’avoine.

Déjeuners/dîners : soupes instantanées, purée en sachet, vermicelles (qui cuisent plus vite que les autres pâtes), parmesan râpé et un oeuf dur et une prune les trois premiers jours.

Goûters/pauses : biscuits, dulce de leche, beurre de cacahuète, céréales et chocolat pour le soir.

On est plutôt contents de nous car on n’a pas trop lourd contrairement à beaucoup d’autres marcheurs que nous croisons et qui ont fait le terrible choix de prendre des conserves (c’est lourd, plein d’eau et il faut ramener ses déchets !). Avec notre matériel de camping et nos vêtements, nous porterons environs quinze kilos chacun.

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Dia 1 : Hotel La Torres – Refugio Chileno – Mirador Base de las Torres – Refugio Chileno

9,5km ; dénivelé : + 800m/- 450m

CP1100951C’est parti pour huit jours de marche ! Nous débutons le trek lundi 24 février à 10h30, heure à laquelle la navette nous a déposés face à l’hôtel Las Torres. Il fait beau ! Il y a beaucoup de monde sur le sentier : entre les promeneurs qui sont là à la journée et les randonneurs qui effectuent le W, un trek de quatre jours, on ne cesse de dire « Hola ! ». Pour cette première étape, nous avons prévu d’admirer les célèbres Torres del Paine, l’emblème du parc et même du Chili. On aurait pu garder la vue de ces fameux pics granitiques pour la fin mais le temps est tellement incertain dans cette région de montagne que nous profitons du soleil. Les premières heures de marche sont plutôt difficiles pour Noémie. La pente est raide et le sac est lourd !

CP1100955CP1100957Nous atteignons à 13h30 le Refugio Chileno. Après avoir planté la tente et déjeuné, nous attaquons la montée. Elle est assez difficile, d’autant plus que la dernière heure se fait dans les rochers, mais sans nos gros sacs nous allons plus vite !

CP1100962Enfin, vers 17 heures, nous sommes face aux belles Torres. Elles culminent à 2850 mètres. Un beau zorro (renard) nous accueille. Nous prenons le temps d’admirer le paysage et saluons l’effort d’un papi de plus de 80 ans qui vient d’arriver avec sa fille. Quelle prouesse !

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Vaisselle à l’eau glacée de la rivière.

Dia 2 : Refugio Chileno – Campamento Seron

18km ; dénivelé modéré

CP1120008 CP1120009La journée débute par la descente vers notre point de départ de la veille. La particularité de la portion du trek que nous faisons actuellement est qu’elle comporte plusieurs allers-retours. C’est pour cela qu’on l’appelle le W : c’est la forme que le sentier dessine sur la carte. Là, nous venons d’effectuer la dernière barre du W. Nous allons à présent entamer le Circuito Paine en tant que tel. Ce chemin fait le tour du massif d’Est en Ouest, où il rejoint le W.

CP1120010Aujourd’hui, il n’y a quasiment personne sur le sentier : c’est un long trek et, de fait, peu emprunté. Nous ne croisons pas plus de dix personnes. Le paysage est magnifique. On ne voit aucune trace de la présence de l’homme où que l’on regarde. La marche se fait sans difficulté, nous nous habituons au poids du sac. Pendant notre pause déjeuner, nous voyons passer un troupeau de chevaux au galop, guidés par des gauchos. Whouaou !

CP1120011 CP1120017 CP1120019 CP1120027 CP1120025CP1120031 CP1120034Dia 3 : Campamento Seron – Refugio Dickson

18km ; dénivelé relativement important au début puis modéré

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Le matin, deux carachos curieux nous saluent.

Il fait chaud ce matin. Nous continuons à longer le Rio Paine, que nous suivons depuis la veille. Pour atteindre le lac du même nom il faut monter une pente bien raide, les mollets nous tirent ! Le vent souffle fort alors que nous descendons vers le Refugio Dickson. La zone que nous traversons a été frappée par un incendie déclenché par un randonneur imprudent il y a quelques mois. La nature reprend doucement ses droits mais voir tous ces arbres calcinés nous attriste. En fin d’après-midi, alors que nous sommes sur un promontoire, nous apercevons enfin le lieu où nous allons passer la nuit. Le refuge est au bord du lac Dickson. L’immense glacier du même nom se dévoile au loin. Quel panorama ! Le soir, nous devons nous protéger des moustiques qui s’acharnent sur les pauvres randonneurs éreintés. Nous sympathisons depuis la veille avec nos compagnons de route : Bernard et Kathrin, le couple Suisse-Allemand, Lee l’Ecossais… Les nombreuses rencontres font partie des raisons pour lesquelles on adore marcher !

CP1120038 CP1120041 CP1120048 CP1120053 CP1120056 CP1120060Dia 4 : Refugio Dickson – Campamento Los Perros

11km ; dénivelé modéré et progressif

Loïc, après un réveil matinal, se balade au bord du lac Dickson et profite du calme et de la quiétude des lieux.

CP1120066 CP1120078 CP1120068 CP1120071Nous marchons toute la journée sous la pluie. Heureusement, le sentier traverse une forêt et il n’y avait donc pas de vue spectaculaire. C’est pas grave ! Lorsque la pluie cesse, le vent prend le relais pour nous sécher.

CP1120085 CP1120086Le froid nous saisit alors que nous arrivons sur un promontoire d’où l’on peut admirer le glacier Los Perros qui se jette dans un petit lac en formant une cascade de glace. Nous pouvons également prendre conscience de l’ampleur de la journée de demain où nous aurons à franchir le col John Gardner…

CP1120103 CP1120105 CP1120099 CP1120106 CP1120107Dia 5 : Campamento Los Perros – Campemento Paso

12km ; dénivelé : +600m/-800m

Voici enfin venue la grosse journée de ce trek, celle que nous attendions avec impatience mais que nous redoutions un peu aussi. Le paso (col) John Gardner culmine à 1200 mètres d’altitude. Son franchissement est le point d’orgue du Circuito Paine. Nous nous réveillons en forme et motivés. Le soleil est de la partie et le vent a décidé de ne pas trop nous embêter. La montée s’effectue progressivement et débute dans une forêt. La marche pourrait s’assimiler à une balade s’il n’y avait pas cette boue partout sur le sentier. Et attention, on ne vous parle pas d’un peu de gadoue : un petit moment d’inattention et on en a jusqu’aux genoux. C’est d’autant plus pénible que cela nous ralentit.

CP1120126 CP1120129C’est bien connu, plus l’on monte, moins il y a de végétation ! Nous marchons donc la majeure partie de la journée sur les cailloux. Le froid se fait de plus en plus ressentir. Nous arrivons en haut du col vers treize heures. La fierté d’y être est renforcée par la vue qui s’offre à nous.

CP1120143 CP1120145 CP1120146 CP1120153Le glacier Grey se déroule majestueusement à nos pieds. Ce panorama est vraiment grandiose. L’émotion nous saisit. Nous pouvons profiter de ce spectacle de la nature pendant les longues heures de descente.

CP1120161Celle-ci est très éreintante, surtout pour Noémie. Nous sommes exténués lorsque nous arrivons au Campamento Paso. Mais la vue que nous avons face à nous pour le dîner nous fait oublier toute fatigue…

CP1120165 CP1120167 CP1120175 CP1120172Dia 6 : Campemento Paso – Refugio Paine Grande

16km ; dénivelé : +200m/-600m

Journée difficile. Le vent est glacial. La vue sur le glacier nous permet cependant de garder le moral et de tenir bon !

CP1120182CP1120191Ce matin, nous devons traverser des petits ruisseaux très encaissés. Il n’y a pas toujours des ponts pour les franchir et nous nous aidons d’échelles qui tiennent on ne sait trop comment avec des cordes et des câbles rouillés. Il ne faut pas avoir le vertige !

CP1120186 CP1120185 CP1120197Au Refugio Grey, le Circuito Paine rejoint le circuit du W (barre de gauche) et les randonneurs sont donc de nouveau bien plus nombreux. Fini ce sentiment de solitude sur le sentier ! Nous sommes bien fatigués et le trajet jusqu’au Refugio Paine Grande est long. Les dernières heures sont particulièrement exténuantes. Ici aussi le feu a détruit la forêt et le vent s’engouffre dans la vallée.

CP1120223 CP1120236Le camping n’est absolument pas protégé et nous savons d’emblée que si nous passons la nuit dans notre tente, nous ne dormirons pas (souvenez-vous de l’horrible nuit passée en Nouvelle-Zélande au Tongariro !). Nous nous décidons à louer une tente plus résistante sur place et ce fut un bon choix car nous dormons très bien !

CP1120227Dia 7 : Refugio Paine Grande – Campemento Italiano

15,5km ; dénivelé : +600m/-400m

Le moral n’est pas au beau fixe en ce début de journée. Cela fait sept jours que nous marchons et nous avons un petit coup de mou. Ce sentiment se dissipe après le déjeuner car nous montons admirer le glacier del Frances ! Pour situer, le trajet de cet après-midi correspond à la barre centrale du W. Ce glacier est spectaculaire et nous ne nous lassons pas de le regarder. Il dévale la pente de la montagne dans un grondement quasi-permanent. Les avalanches sont constantes !

CP1120239Loïc et Lee décident de pousser plus loin leur ascension et vont au delà du Mirador Britanico admirer l’arrière des Torres. La montée en « hors piste » est raide mais la récompense est là.

CP1120251 CP1120271 CP1120285 CP1120289 CP1120290CP1120294 CP1120293Dia 8 : Campemento Italiano – Hotel Las Torres

22km ; dénivelé modéré

C’est déjà notre dernier jour de marche ! Cette semaine est passée très vite. Le fait de marcher et de camper nous a donné l’impression d’être hors du temps. Nous avons pris le temps d’admirer des paysages extraordinaires et l’effort effectué nous emplit de fierté. Ce trek est difficile mais nous en sommes venus à bout ! Ces dernières heures de marche nous permettent de profiter du beau Lago Nordernskjöld. Nous gambadons presque tant le chemin est peu pentu et nos sacs presque vides ! A l’arrivée, nous devons attendre trois heures la navette qui nous ramène à Puerto Natales, grrrr… On aurait dû faire la grasse matinée !

CP1120306 CP1120310 CP1120312Deux jours ne seront pas de trop pour nous remettre de cette grande et belle marche…

Punta Arenas et Ushuaïa

Du samedi 15 au vendredi 21 février 2014

Terre mythique s’il en est, la Patagonie est la deuxième grosse étape de notre escapade sud-américaine. C’est une région immense, qui occupe le tiers du Chili et de l’Argentine. Il nous faudra plusieurs semaines pour découvrir quelques unes de ses merveilles. Nous partons des villes les plus australes du continent, pour remonter progressivement vers des températures plus clémentes, zigzaguant entre le Chili et l’Argentine.

CIMGP0360Nous atterrissons donc à Punta Arenas, capitale de la région de Magellan, au Chili. C’est une petite ville située en bordure du détroit du même nom, tout « en bas en bas » de la carte. Les locaux sont particulièrement reconnaissants envers l’explorateur portugais puisque l’on retrouve son nom à tous les coins de rue. Punta Arenas ressemble bien à l’idée qu’on se faisait d’une ville du bout du monde. Il n’y a rien à des kilomètres à la ronde, il fait froid et le vent souffle fort. Les petites maisons colorées sont recouvertes de tôles, un peu comme en Europe du Nord. Les rives du détroit de Magellan sont peuplées de cormorans, d’oies et de canards. On a beau scruter l’eau, on ne voit pas de baleine… La terre que l’on aperçoit au loin est la célèbre Terre de Feu !

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Le cimetière « HLM » de Punta Arenas !

CIMGP0365 CIMGP0367 CIMGP0371 CIMGP0379 CIMGP0380_1_2 CIMGP0391 CIMGP0362A deux heures de bateau se trouve l’Isla Magdalena, où aucun homme n’habite. Elle grouille pourtant d’une population de dizaines de milliers d’individus… Mais qui donc?!

CIMGP0404 Des manchots pardi ! Si nous avions été frustrés de ne pas en avoir vraiment vus en Nouvelle-Zélande (certains lecteurs malveillants se sont même moqués…), voilà de quoi nous rattraper ! Les manchots de Patagonie n’appartiennent pas à la même espèce que ceux de Nouvelle-Zélande. Ce sont des manchots de Magellan (encore lui !). Ils sont plus gros et se reconnaissent grâce au liseré noir qu’ils ont sur le ventre. Attention à ne pas les confondre avec les pingouins ! Comme en anglais, le terme espagnol « pinguinos » prête pourtant à confusion. Mais alors, quelles sont les différences entre les pingouins et les manchots ? Et bien les manchots vivent dans l’hémisphère Sud et ne volent pas tandis que les pingouins vivent dans l’hémisphère Nord et peuvent voler. Merci à Emilie pour cette explication donnée en commentaire du blog il y a quelques semaines !

CIMGP0417 CIMGP0505 CIMGP0506 CIMGP0419 CIMGP0432Sur l’île, un petit sentier est aménagé pour ne pas que l’on dérange trop les manchots. Ce qui est drôle, c’est qu’ils ne se privent pas, eux, de l’emprunter, et nous devons régulièrement leur céder le passage pour qu’ils rejoignent la mer. Où que l’on regarde, il y a des manchots à perte de vue. C’est vraiment impressionnant ! Ils ont creusé des nids dans ce sol nu et d’ailleurs les petits commencent à perdre leur duvet. Le bruit est omniprésent. Les manchots poussent des cris gutturaux très forts. Les observer se dresser et voir leur gorge monter et descendre est surprenant. Alors bien sûr, sur terre, ils sont un peu patauds quand ils marchent ! Mais dès qu’ils plongent, on devine leur formidable agilité dans l’eau. Le temps passe vraiment beaucoup trop vite et déjà le bateau nous rappelle… Au revoir les manchots !

CIMGP0425 CIMGP0468 CIMGP0470 CIMGP0479 CIMGP0491 CIMGP0497 CIMGP0434Notre rêve aurait été d’atteindre le Cap Horn. Mais y organiser un trajet en bateau coûte très cher et les conditions météo font qu’il n’est pas certain de pouvoir y accoster. Alors, à défaut d’aller si loin, nous décidons, après une longue réflexion, d’aller en Terre de Feu argentine. Ce territoire est enclavé au Chili et il ne faut pas moins de douze heures de bus pour y aller, en incluant la traversée du détroit de Magellan en ferry et le passage de la frontière.

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Avec Mickaël le Suisse et Miley l’Australienne, nos compagnons de route

CIMGP0527 CIMGP0531 CIMGP0532 Souvenez-vous, lorsque nous étions tout au Sud de la Nouvelle-Zélande, nous ne pouvions pas être plus éloignés de la France. Pourtant, c’est ici que nous avons vraiment l’impression d’avoir atteint le bout du monde. Les routes non goudronnées, la pampa sans habitation à perte de vue, les guanacos (cousins du lama) et les nandus (cousins de l’autruche) qui traversent la route… tout cela confirme bien la légende qui veut que la Terre de Feu est bien « el fin del mundo » !

CIMGP0539Bien sûr, l’industrie touristique exploite le filon et la ville d’Ushuaïa , la ville la plus au Sud du monde si l’on occulte la petite bourgade de Puerto Williams au Chili, nous paraît finalement moins transcendante qu’elle n’y paraît. Il faut dire que les innombrables boutiques de souvenirs à destination des croisiéristes de luxe gâchent un peu l’ambiance.

Ne vous y méprenez pas. Nous avons beaucoup apprécié notre séjour à Ushuaïa. Pour le côté symbolique d’abord, mais aussi parce que nous avons aimé nous y balader. La ville possède encore de belles maisons anciennes et le cadre (montagnes et glaciers) est superbe. En outre, nous y avons rencontré des gens particulièrement adorables, à l’image de Gisèle, la gérante de notre auberge de jeunesse, dont la gentillesse et la bonne humeur sont sans borne.

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Francia : 13027 km

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Sur les hauteurs d’Ushuaïa

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L’ancien bagne

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Les Yamanas. Leurs genoux étaient fripés car ils se tenaient beaucoup accroupis

Lors de ces quelques jours passés en Argentine, plusieurs indices nous ont dévoilé quelques spécificités de la culture de ce pays, très différente de la culture chilienne. D’abord, il y a le maté. C’est une véritable institution en Argentine. On en boit partout et tout le temps. Il s’agit d’une infusion des feuilles de la plante du même nom. On la boit avec une « bombilla » (pipette de métal) dans une calebasse. Loïc apprécie bien. Noémie à plutôt l’impression de boire une infusion de foin.

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Gisèle nous présente sa nouvelle bouilloire Moulinex spéciale maté !

CIMGP0653 CIMGP0652A Ushuaïa, nous goûtons à notre première parilla, le barbecue argentin. Ici, les végétariens sont malheureux, car la viande est vraiment le plat par excellence. Le boeuf est tellement tendre qu’on se demanderait presque si les bêtes ne sont pas massées avant d’être abattues… Il y a aussi de l’agneau, des saucisses, du poulet… que l’on peu alégrement déguster si l’on commande un « tenedor libre » (littéralement « fourchette libre »), soit un buffet à volonté. On vous prévient, ce genre de repas vous cale presque pour 24 heures ! CP1120324

Région aux mers froides oblige, on trouve aussi à Ushuaïa de nombreux restaurants où l’on peut déguster du crabe royal, cette immense bestiole sortie tout droit d’un film de science-fiction. C’est un vrai régal !

CP1100934Nous aurons l’occasion de mieux connaître les Argentins et leurs habitudes dans quelques semaines mais en attendant, nous poursuivons notre route en Patagonie chilienne !

Santiago et Valparaiso

Du vendredi 7 au vendredi 14 février 2014

Notre avion de la compagnie sud-américaine LAN décolle Vendredi 7 février à 16h15 d’Auckland pour atterrir près de douze heures plus tard à Santiago ce même vendredi 7 février mais à 11h30 du matin ! En traversant l’Océan Pacifique, nous avons franchi la ligne imaginaire de changement de date et avons remonté le temps ! C’est une sensation assez marrante à vivre mais surtout très fatigante. Nous avons seize heures de décalage horaire dans les jambes, d’autant plus que nous n’avons pas dormi dans l’avion. La journée est longue… et pour cause : nous la vivons deux fois ! Notre organisme est complètement déboussolé. La première nuit, nous nous réveillons à quatre heures du matin affamés. Nous nous jetons sur les barres de céréales qu’il nous restait de nos randos ! Nous sommes amorphes toute la journée et Loïc passe d’ailleurs une bonne partie de l’après-midi à dormir. Bien sûr, il ne dormira pas de la nuit avant cinq heures du matin. Nous nous réveillons le lendemain tous les deux à midi et demi… Bref, c’est du grand n’importe quoi et il nous faut bien deux jours pour être sur pied. Prévoyants, nous avions anticipé ce choc et nous avions décidé de nous ménager pendant nos premiers jours au Chili.

Nous sortons tout de même de notre torpeur pour nous balader dans la capitale chilienne. Santiago n’est pas une ville à l’architecture harmonieuse. Les vieilles églises plus ou moins entretenues et des immeubles du XIXe siècle côtoient des bâtiments plus récents assez laids. Néanmoins, la ville n’est pas dénuée de charme. Les rues sont animées, à l’image de la Plaza Brasil près de laquelle nous logeons. Il y a tous les soirs de la musique, des vendeurs ambulants… Cette nouvelle ambiance nous séduit de suite ! Par contre, nous comprenons vite que nous devrons être plus prudents qu’en Asie. A l’auberge de jeunesse, on nous a bien spécifié de ne pas sortir dans notre quartier après 22 heures. L’insécurité se voit également au niveau des maisons individuelles qui ont toutes barrières et barbelés à l’entrée. Les policiers et vigiles de supermarchés ont tous des gilets pare-balles !

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Le palais présidentiel

CIMGP0147 CIMGP0157 CIMGP0155 CIMGP0148_49_50_51_52 CIMGP0169 CIMGP0162L’atmosphère générale a un petit côté méditerranéen mais il y a ce je-ne-sais-quoi qui fait que, d’emblée, on ne se sent pas en Europe ; tout un tas de petites choses spécifiques à l’Amérique Latine. La langue par exemple : nous nous apercevons vite que le vocabulaire et la construction des phrases diffèrent pas mal du castillan. Ainsi, on dit « papas » au lieu de « patatas » (les pommes de terre) ; « jugo » au lieu de « zumo » (le jus de fruit)… etc. Ici, c’est à Noémie que revient la tâche de communiquer, même si après onze ans sans pratique, son espagnol est un peu rouillé ! Mais les gens sont très sympathiques et font beaucoup d’efforts pour se faire comprendre. Et nous révisons un peu chaque soir les bases de la conversation ! Jour après jour, les phrases se font plus fluides et Loïc commence à s’exprimer.

Nous délaissons Santiago pour mieux profiter de la belle cité côtière de Valparaiso. C’est ici que nous avons choisi de nous reposer, tout en profitant des richesses de la ville ! Ainsi, nous faisons la grasse matinée (une fois n’est pas coutume !) et suivons avec intérêt les jeux olympiques de Sotchi. L’après-midi, nous sortons nous balader dans la ville et ses cerros, les collines qui se dressent face à l’Océan Pacifique.

CIMGP0216 CIMGP0209 CIMGP0305On ne se lasse pas de déambuler dans ces rues et l’on prend plaisir à se perdre dans ce dédale de couleurs chatoyantes. Les maisons sont ici recouvertes de tôles peintes de couleurs bigarrées et de nombreuses fresques, ce qui confère à la ville un charme et une gaieté hors du commun. A l’origine, on utilisait les restes de peinture qui avaient servi à peindre les bateaux pour les maisons et la tradition est restée !

CIMGP0317 CIMGP0278 CIMGP0284_5_6_7_8 CIMGP0269 CIMGP0256 CIMGP0272 CIMGP0238 CIMGP0249 CIMGP0236 CIMGP0228 CIMGP0230_1_2_3_4 CIMGP0223Valparaiso est incontestablement une ville d’artistes !

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Le musée à ciel ouvert. Malheureusement, de nombreux tableaux ont été taggués.

Stitched Panorama Stitched PanoramaCIMGP0207 CIMGP0294 CIMGP0300 Pour se hisser sur les collines, il faut mettre à l’épreuve ses mollets car la pente est raide ! Certains cerros sont équipés de vieux funiculaires mis en service au début du siècle dernier.

CIMGP0355Encore plus qu’à Santiago, nous trouvons à Valpo une joie de vivre et une grande animation dans les rues : danseurs de tango ou de danses traditionnelles, spectacles de marionnettes…

CIMGP0170 CIMGP0186 CIMGP0183Le célèbre poète chilien Pablo Neruda a été séduit par le charme de la ville et il s’est installé à la Sebastiana, une maison originale qu’il a meublée avec beaucoup de goût d’objets et d’oeuvres d’arts hétéroclites.

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Sa maison, malheureusemment les photos sont interdites à l’intérieur.

Pendant ces premiers jours au Chili, nous prenons plaisir à découvrir la gastronomie locale. Nous testons le « pastel de choclo », une sorte de hachis parmentier dans lequel la purée est remplacée par du maïs. C’est assez bourratif ! Le « ceviche » est une salade de poisson cru marinée dans du jus de citron. On le retrouve dans nombre de pays d’Amérique Latine et il est ici agrémenté de poivrons. C’est délicieux et très léger.

Autre plat que l’on adore, les « empanadas », des petits chaussons chauds fourrés à diverses farces (viande hachée, tomate et fromage, moules…). On en mange presque tous les midis ! A Valparaiso, nous avons cuisiné nos dîners et nous mangions beaucoup de crudités et surtout des avocats, plein d’avocats ! Ils coûtent trois fois rien et on en trouve à tous les coins de rue.

CIMGP0339 CIMGP0200Par contre, s’il y a bien des plats qui ne nous tentent pas, ce sont tous ceux qui sont cuisinés « a la pobre » (« à la pauvre »). Si vous prenez un steack par exemple (« lomo a la pobre »), il sera accompagné d’une montagne de frites pas bien cuites, de deux oeufs sur le plat et d’une compotée d’oignons. Loïc a tenté une fois… mais pas deux ! Dans le même registre, les hot dogs sont ici très appréciés et ils dégoulinent d’avocat, de mayonnaise et de ketchup ! D’ailleurs, les rayons mayo des supermarchés sont impressionnants… Les desserts nous plaisent bien et on a vite appris à reconnaître les « pastelerias » (pâtisseries). On y trouve beaucoup de gâteaux fourrés au « manjar » ou « dulce de leche » comme disent les Argentins. Ce qu’on pourrait traduire par « confiture de lait » est une crème onctueuse très sucrée. C’est bien meilleur que la confiture au petit-déjeuner ! Tellement meilleur que nous avons pris la fâcheuse habitude d’attaquer le pot à la petite cuillère…