Meilleurs voeux !

voeux2015

Glacier Perito Moreno – Patagonie – Argentine

A vous tous qui nous avez lus et soutenus tout le long de notre voyage, nous vous souhaitons une excellente année 2015, riche en découvertes.

Soyez curieux !

De notre côté, pas mal de projets en perspectives, notamment hors des frontières de l’hexagone…

A quoi ressemble un passeport après un tour du monde ?

La réponse en images avec le passeport de Loïc !

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Vous remarquerez les couleurs quelque peu délavées de certains visas… Ce n’est pas la faute à un trek pluvieux, non, non !

C’est tout simplement le résultat d’un petit tour dans la machine à laver de Valérie à Nouméa… Loïc avait eu la bonne idée de laver son sac photo ! En oubliant les passeports et son permis de conduire à l’intérieur.

Grosse angoisse sur le moment : allions-nous pouvoir franchir la douane ?! Et grosse colère pour Noémie aussi !

Loïc a donc passé sa soirée à glisser du papier toilette entre chaque page, puis à sécher délicatement au sèche cheveux les passeports… Le lendemain, il a fait la tournée des administrations de Nouméa pour vérifier que les données électroniques étaient encore lisibles : pas de machine pour les lire à la mairie de Nouméa et à la police mais des fonctionnaires qui nous invitent à changer d’urgence de passeport ! Heureusement, la police aux frontières nous a rassurés, notre passeport était lisible, ouf !

Sur le coup, nous avions été bien stressés… Mais près d’un an après cet événement, il reste comme l’une des meilleures anecdotes du voyage !

Vous voyez, il est bien rempli ce passeport… Mais il nous reste encore plein de pages à tamponner !

« Alors, c’est pas trop dur le retour ?! »

Combien de fois avons-nous entendu cette question ces dernières semaines ?! Nous ne comptons plus !

Le problème, c’est qu’on a un peu déçu nos interlocuteurs au début car non, ce n’était pas trop dur ! Nous étions hyper contents de revoir nos proches, d’autant plus que nous avons eu un super accueil à chaque retrouvailles. Nous avons trouvé un appartement dans lequel nous nous sentons vraiment bien et nous avons retrouvé avec plaisir notre lit, une salle de bain décente ou encore nos ustensiles de cuisine.

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Aperçu de l’emménagement

Dans un premier temps, il nous a fallu nous adapter à cette nouvelle vie : nouveau cadre quotidien, nouvel environnement de travail, nouveaux collègues… Alors on n’a pas vraiment eu le temps d’être nostalgiques : nous courrions partout ! Et puis la Normandie nous plaît beaucoup, il y a plein de belles choses à découvrir.

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1er septembre 2014, reprise du travail après 14 mois de vadrouille pour Noémie et 13 pour Loïc

Sauf qu’au bout de quelques semaines nous avons subi un contre-coup : fatigue intense, stress lié au travail et surtout cet horrible sentiment de voir les semaines défiler et se ressembler. Nous avons l’impression de ne rien faire de constructif, de ne rien découvrir, de ne pas nous enrichir chaque jour. Le mercredi est une copie du mardi qui n’est lui-même qu’une triste répétition du lundi…

Et puis, on ne se voit plus ! Après un an passé 24h/24 ensemble, se voir qu’une heure le matin et quatre heures le soir nous fait tout drôle et nous attriste. Nous n’avons pas le temps de parler autant qu’on le faisait en voyage.

Alors il nous faut vite rebondir pour ne pas nous laisser abattre et sombrer dans le syndrome post-tour-du-monde : ce sentiment de vide et d’ennui qui peut nous accabler. A nous de trouver des pistes pour enrichir notre quotidien, nous épanouir au travail ou dans nos loisirs, bâtir de nouveaux projets… Mais c’est loin d’être facile.

Même si nous avions toujours perçu le tour du monde comme une parenthèse dans notre vie, un long moment pour s’épanouir et réfléchir à la fois sur nous-même et sur notre couple, nous devons gérer l’après. Nous devons exploiter cette parenthèse pour qu’elle soit bien plus qu’une parenthèse, pour qu’elle soit véritablement constructive pour notre avenir.

Nous allons réussir à nous habituer mais cela risque de prendre un petit peu de temps. Autant tous les réflexes du quotidien sont revenus aussitôt (conduire sa voiture, cuisiner…), autant notre esprit a un peu plus de mal : il se sent frustré et a besoin d’évasion.

Alors oui, c’est dur le retour !

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« Allez Noémie, encore un carton à déballer ! »

Le retour…

Du mercredi 30 juillet au lundi 4 août 2014 et un peu après

Quito était la dernière étape de notre tour du monde mais il nous reste un looong chemin à parcourir avant de retrouver nos foyers. Quelques semaines avant le retour, nous pensions naïvement trouver un vol pas trop cher pour Lima (seulement deux heures de vol), d’où part notre gros avion à destination de l’Europe. Sauf que c’était oublier que l’Amérique du Sud n’est pas l’Asie ou même l’Europe avec ses low-cost et nous n’avons rien trouvé à moins de 500$ par personne, soit le prix d’un transatlantique. Face à ces prix carrément indécents, nous avons décidé d’achever notre périple en Amérique du Sud avec un moyen de transport qui nous est bien familier maintenant… Vous l’avez deviné, c’est en bus que nous rejoindrons la capitale péruvienne ! On n’est plus à ça près…

En route pour notre dernier, et non moins épique, trajet !

Quito-Lima : 1975 km. 38 h de bus. Nous sommes habitués mais tout de même, nous ne sommes pas très motivés… Mais bon, pas le choix ! Nous apprenons qu’il y a un bus direct tous les mardis soir, c’est parfait pour nous. Sauf qu’il coûte plus de 100$ par personne. Comme nous ne sommes pas à une demi-journée près, nous optons pour le changement de bus après la frontière, deux fois moins cher.

A l’immense et moderne gare routière de Quito, nous attendons patiemment notre véhicule parmi les autres voyageurs qui jouent des coudes pour monter en premier (ce qui est parfaitement inutile puisque les places sont attitrées, mais les sud-américains sont un peu comme les Français, ils veulent toujours passer devant les autres). Quand vient notre tour, après la fouille réglementaire des sacs à dos, nous nous installons à nos places. Et là, gros choc : le bus n’est pas semi-cama comme on nous l’a annoncé ! C’est un siège tout ce qu’il y a de plus normal, à peine inclinable. Comme nous sommes juste derrière le chauffeur, nous avons une paroi devant nous et à peine 10 cm pour nos jambes. La nuit fut longue et inconfortable. Très longue et inconfortable.

CP1130158A la ville frontière, nous devons trouver un taxi pour nous conduire au poste de douane et à la première ville péruvienne pour changer de bus. Il est huit heures du matin, nous sommes fatigués, affamés et notre priorité est surtout de trouver des toilettes à peu près propres. Mais les chauffeurs de taxi ne l’entendent pas de cette oreille et nous harcèlent pour que nous partions avec eux. Forts de notre expérience (!), nous sommes fermes et les envoyons paître le temps de nous remettre de notre courte nuit. Bien nous en a pris : un chauffeur de la compagnie de bus est mandaté pour accompagner une jeune fille dans ces différentes étapes. Bien sûr, elle a payé le prix fort pour cela mais pour nous, comme nous nous arrangeons directement avec lui et non au guichet, cela coûtera trois fois rien. Parfait ! Tous les quatre et accompagnés d’un porteur de bagages pour la très coquette jeune fille, nous traversons l’étrange ville frontière de Huaquillas. Plus qu’une ville, c’est un gigantesque bazar à ciel ouvert où l’on peut acheter tout et n’importe quoi. Un pont envahi de tuk-tuks, charrettes et vendeurs marque la frontière avec le Pérou. De l’autre côté, Aguas Verde, la ville jumelle de Huaquillas est tout aussi déboussolante. Heureusement, que nous suivons Guillermo notre chauffeur !

CP1130153Nous observons de près notre étrange compagne de voyage, très féminine et sexy, ce qui jure beaucoup avec le style habituel des femmes ici… Cachée derrière ses grosses lunettes de soleil, elle snobe les hommes qui ne cessent de regarder son décolleté plongeant. Nous aussi on la scrute tant elle est bizarre, jusqu’à ce que Noémie remarque ses pieds. Ils ont beau avoir une pédicure parfaite, il n’y a pas de doute possible : c’est un homme ! Dans la voiture, quand elle (il ?) se met à parler, sa voix de fausset nous fait esquisser un sourire. Nous allons donc voyager avec Isabella, ou Esteban pour l’état-civil (nous avons scruté son passeport à la douane). C’était assez rigolo de voir à quel point cette personne est maniérée et surtout de voir comment elle attire les regards de tous ceux que nous croisons. Il faut dire qu’il (elle ?) fait tout pour être au centre de l’attention avec ses tenues très sexys (elle s’est changée pendant un arrêt), son maquillage et ses sollicitations constantes auprès des hommes. Bref, la (le ?) regarder nous a pas mal divertis et on avait grand besoin de s’occuper car les vingt heures de trajet pour Lima dans un bus tout pourri n’ont pas été des plus agréables. Surtout lorsqu’à peine 2h après notre départ d’Aguas Verde, la douane arrête le bus à un contrôle et interdit à notre chauffeur de repartir ! On nous fait comprendre qu’il faut descendre avec toutes nos affaires et attendre… Ça tombe bien, on adore ça et nous n’avons pas du tout hâte que ce trajet se finisse ! Loïc questionne l’officier et apprend que le bus a une fuite de compresseur d’air et qu’il n’est pas prudent qu’il roule. Il faut attendre qu’un autre bus de la compagnie vienne prendre le relais. Soit. Nous patientons…

Lors d’une énième pause « toilettes » / « repas », Loïc fait la connaissance d’un Néo-Zélandais en vacances et découvre au fil de la discussion qu’il amortit le coût de son voyage d’une façon extraordinaire. Il a acheté des diamants bruts chez un receleur et compte les revendre avec une bonne marge de retour chez lui. Eeeuuuh Yes, why not !

Une fois dans la capitale péruvienne, nous ne pensons qu’à une chose, nous reposer. Nous n’aurons même pas le courage d’aller nous balader en ville. Apparemment, on ne loupe rien. De toutes façons l’horrible brouillard qui recouvre Lima presque tous les jours ne nous donne pas envie d’en arpenter les rues. Nous passons donc deux jours dans une auberge de jeunesse correcte mais pas transcendante à travailler sur le blog.

Vient enfin le moment de rejoindre l’aéroport de Lima… Noémie est terriblement impatiente et tourne en rond dans la salle commune de l’auberge de jeunesse en attendant l’arrivée du taxi. Loïc, plus pragmatique, peaufine un article du blog… Pour aller à l’aéroport, nous sommes tombés sur un fou du volant ! Il se croit en pleine course automobile, double tout le monde et roule bien au delà des vitesses autorisées. Tellement estomaqués, nous n’osons pas lui demander de ralentir (mais on s’est attachés !). Toujours est-il qu’on est surpris d’arriver en vie à bon port et sans avoir vomi !!

L’aéroport de Lima est très bordélique. Les queues partent dans tous les sens, rien n’est clair, mais nous arrivons finalement à enregistrer pour la dernière fois nos gros sacs. Nous profitons du duty free : c’est la seule fois du voyage où on se l’autorise car là, on peut porter quelques centaines de grammes en plus ! Noémie ne résiste pas à l’appel des cosmétiques : après un an sans avoir été féminine, elle a craqué ! Bien évidemment, nous dormons peu durant notre vol de nuit. Loïc, fidèle à lui-même, charme les hôtesses pour avoir un deuxième plateau repas et des petits gâteaux (c’est devenu sa spécialité !).

CP1130172Une dizaine d’heures plus tard, l’Europe est en vue ! C’est fou ! Nous survolons Lisbonne puis les désertiques terres espagnoles le nez collé au hublot. Nous voici à Madrid !

CP1130174 CP1130175 CP1130171Rien qu’à voir les gens autour de nous, on se sent en Europe. La mode est très différente en Amérique du Sud. A peine le temps de changer de terminal que l’embarquement de notre vol pour Paris est annoncé ! Nous survolons la France sans trop réaliser que déjà, le voyage est fini. Nous avions l’impression de quitter Roissy la veille ! Et pourtant, que de chemin parcouru, c’est le moins qu’on puisse dire ! Nous savons que nos familles sont elles aussi en route pour l’aéroport. Nous pensons à elles et imaginons les retrouvailles. Mais la fatigue prend le dessus et nous piquons un petit somme pendant les deux petites heures de vol. Quand l’avion commence à descendre, nous redécouvrons la région parisienne vue du ciel… L’avantage d’arriver à Orly, c’est que l’on peut voir la tour Montparnasse et la tour Eiffel ! Plus de doute possible, nous voici de retour !!

Nous descendons la passerelle. Ni fébriles, ni excités, c’est étonnant. Nous devons récupérer les bagages et surtout nous réveiller avant de retrouver nos familles. On a bien quelques minutes devant nous… Sauf qu’au détour d’un couloir, nous voilà déjà dans la salle des tapis roulants… dont les murs sont totalement vitrés ! Et derrière, devinez ! Il y a notre comité d’accueil !! Alors là, on ne se attendait pas du tout à les voir si vite ! On a du mal à réaliser !! Et quel comité d’accueil ! Nos parents respectifs, qui ne s’étaient jamais rencontrés avant, ont mis le paquet (il semblerait que notre message passé à Sydney ait été entendu…). Ils tiennent à bout de bras d’immenses banderoles surmontées d’une dizaine de ballons colorés gonflés à l’hélium ! C’est extra ! Nous sommes les stars de l’aéroport ! Autour de nous, les gens qui attendent leurs valises ne cessent de nous regarder. Nous sommes émus et heureux et surtout très très impatients de récupérer nos sacs pour enfin aller les retrouver !

CP1130177Quelques minutes plus tard, nous pouvons passer les portes et embrasser nos familles avec beaucoup de joie.

CDSC00564 CDSC00573 CDSC00570Nous fêterons dignement le retour tous ensemble autour de bons plats qui nous avaient tant manqué… On vous le donne en mille : charcuterie, pain et surtout fromage ont été à l’honneur ! Nous n’avons pas vus nos parents pendant près d’un an. Ce laps de temps nous paraît très long mais, paradoxalement, nous avions aussi l’impression de les avoir quitté la veille. Nous retrouvons des réflexes banals dès la montée en voiture et nous conversons aisément. Le fait de les avoir eus en ligne via Skype presque toutes les semaines a considérablement raccourci les distances ! En tout cas, c’est bien mieux de parler en vrai ! Et on a quand même tout plein de choses à leur raconter…

CDSC00578 CDSC00590Il nous faut maintenant atterrir au sens figuré du terme : trouver un appartement en Normandie où nous allons désormais vivre, revoir les autres membres de la famille, nos amis… Mais ça, c’est une autre histoire !

Nous avons du mal à réaliser que nous écrivons les dernières lignes de ce blog… Alors avant de se dire adieu et d’aller faire un tour dans notre nouvelle vie, nous diffuserons d’ici la fin de l’année un grand bilan du voyage et quelques petites surprises !

En attendant, gros bonus : la transformation de Loïc !

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Quito – Bilan de l’Equateur

  • Mardi 23 juillet 2014
  • Du lundi 28 au mercredi 30 juillet 2014

Quito ! Dernière étape de notre tour du monde ! Cette ville nous semblait si lointaine jusqu’alors et nous y voilà… Le temps a passé tellement vite !

Nous prenons nos quartiers dans une petite auberge de jeunesse très agréable. Elle sera complète à notre retour d’Otavalo mais la gérante nous a orientés vers une autre auberge, encore plus sympathique ! Terrasses, salons, cuisine, salle internet et salle cinéma… tout est à disposition pour se détendre entre deux balades dans la vieille ville. Son nom : Casa Bambu.

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Petit déjeuner avec vue

Tout comme La Paz, Quito est perchée dans les Andes. Mais le visage de la ville est bien différent de celui de sa cousine de Bolivie ! Pour en avoir un aperçu, rien de tel qu’une petite grimpette sur les hauteurs. Pas besoin de se fatiguer, le TelefériQo nous emmène au sommet de la Cruz Loma, à 4100 m. C’est comme au ski ! D’en haut, la vue sur la capitale équatorienne est spectaculaire. La ville s’étend sur un axe Nord-Sud de plusieurs dizaines de km (la gare routière principale est par exemple à 18 km au Sud du centre !). L’architecture est harmonieuse, il y a peu de grands immeubles. C’est vue d’en haut que la ville révèle son atout principal, à savoir les montagnes environnantes. Tout autour de nous, ce ne sont que sommets enneigés qui jouent à cache-cache avec les nuages et collines verdoyantes qui ne sont pas sans rappeler l’Auvergne. Ces sommets, ce sont les grands volcans d’Équateur, dont le fier Cotopaxi, au cône parfait, qui nous rappelle le Fuji San au Japon ; la boucle est bouclée.

CIMGP5217 CIMGP5232 CIMGP5235Le second atout de Quito, c’est sa vieille-ville. L’UNESCO ne s’y est pas trompée : elle est la première ville classée au patrimoine mondial de l’humanité dans les années 70. Son dédale de ruelles pavées, ses maisons coloniales, sa belle place d’Armes et ses églises n’ont rien à envier aux villes péruviennes !

CIMGP5573 CIMGP5562 CIMGP5590 CIMGP5587 CIMGP5583 CIMGP5585 CIMGP5560 CIMGP5599Le mieux pour s’y balader c’est d’y aller le dimanche. La circulation est limitée aux seuls résidents et l’on peut donc y flâner en toute quiétude. Les habitants de la ville ne s’y trompent pas : beaucoup se retrouvent sur la place pour profiter du lieu. Mais ce sont les parcs qui font la préférence des familles !

CIMGP5518CIMGP5598La palais du gouvernement est renommé pour la décoration de ses salles. Sauf que nous n’avons jamais pu le visiter. Arrivés le matin, on nous dit que les visites commencent à 13h15. Nous revenons à 13h10, sauf qu’il n’y a pas de place avant 16h30 ! « Il fallait réserver sa place ce matin » nous dit-on… Nous nous consolons avec la maison du Maréchal Sucre, le héros de l’indépendance sud-américaine. Lui, on le suit depuis l’Argentine. Avec Bolivar et San Martin, il fait partie de ces hommes honorés presque religieusement pour leur lutte contre les Espagnols. D’ailleurs, la ville de Sucre en Bolivie, capitale constitutionnelle, tire son nom de cet homme. Et la monnaie de l’Equateur, avant la dollarisation, était le sucre ! Sa maison est une demeure coloniale typique, organisée autour d’un patio. La visite nous permet de découvrir le mode de vie d’une famille bourgeoise au début du XIXe siècle.

CIMGP5578Comme au Pérou, il faut payer pour visiter les églises et les photos sont interdites. Fidèles à nous-mêmes, nous économisons quelques pièces en les arpentant discrètement pendant les messes. L’église de la Compagnie de Jésus est l’une des plus belles de toute l’Amérique du Sud. L’or y est omniprésent, des murs au plafond en passant par l’autel. Il est mis en valeur par de délicates sculptures d’inspiration mauresque. L’extérieur, plus simple, ne laisse pas deviner autant de richesse.

CIMGP5575Nous déambulons ainsi avec plaisir dans les rues de Quito, découvrant belles maisons, parcs et places. Nous avons également été amenés à découvrir La Mariscal, le quartier chic et dynamique de la ville, entre deux courses au supermarché et achats de billets de bus. C’est un endroit beaucoup plus banal, aux immeubles sans charme particulier mais où de nombreux restaurants et bars sympathiques se trouvent. Il ne doit pas être si désagréable d’y vivre !

CP1130151C’est d’ailleurs ici que se trouve le Musée Amazonico (photos interdites !). C’est un musée géré par l’université dont l’objectif est de présenter les modes de vie des différents peuples de l’Amazonie. Des objets du quotidien (céramiques, armes, instruments de musique, vêtements…) côtoient des animaux empaillés le tout dans une ambiance sonore autant intéressante qu’agréable puisqu’il s’agit de chants indiens. Le clou de la visite est l’exposition concernant les Shuars, aussi appelés Jivaros, les célèbres réducteurs de tête ! Cette pratique visait à conserver les âmes des défunts, soit des ennemis, soit des grands chefs. Si vous êtes curieux de savoir qu’elle taille ferait votre tête une fois réduite, fermez le poing : elle aura cette grosseur. Nous apprenons comment faire une tête réduite (c’est plus fun qu’un cours de cuisine, non ?!). Il faut dans un premier temps enlever le crâne et le cerveau, puis coudre les yeux et les lèvres. Garnir les narines de paille pour conserver leur forme. Faites bouillir dans une infusion de plantes médicinales votre préparation en ayant pris soin de la fourrer d’une pierre pour ne pas que la tête se déforme. Faites sécher en accompagnant le processus de prières et votre tête est prête ! Vous pouvez la positionner au bout d’un pic pour les ennemis ou faire un joli collier de la tête de votre grand-père. Trêve de plaisanteries, nous faisons moins les malins en observant de vraies têtes réduites humaines mais aussi de paresseux ! Le musée présente en outre des panneaux explicatifs et des photos alertant sur l’exploitation pétrolière qui détruit leur cadre de vie. Passionnant.

CP1130130A Quito, il n’était pas envisageable de ne pas passer une journée à la Mitad del Mundo. Cette excursion est incontournable ! Vous ne savez pas ce qu’est la Mitad del Mundo ?! C’est tout simplement la ligne de l’équateur ! C’est la fierté nationale, le site touristique le plus visité du pays. Les Équatoriens en sont fans et s’y pressent en masse tous les week-end (nous y allons donc en semaine). Le trajet est un peu long (trois bus successifs aux multiples arrêts) mais nous débarquons enfin dans ce qui n’est pas qu’un simple monument mais une sorte de parc d’attraction. L’équateur passe donc en Équateur, c’est logique. Mais ce n’est pas le seul pays traversé par la ligne équinoxiale !

CIMGP5558Pourquoi lui et pas un autre porte ce nom ? L’histoire remonte au début du XVIIIe siècle. C’est l’époque des Lumières, où scientifiques et philosophes, assoiffés de connaissance, veulent tout savoir sur le monde. Newton émet l’idée que la Terre n’est pas parfaitement ronde. Elle serait aplatie aux pôles et présenterait un renflement au niveau de l’équateur. Les savants se divisent sur le sujet et il devient urgent de trancher. Le roi de France Louis XV envoie deux expéditions pour mettre fin au débat, l’une au pôle Nord, l’autre sur la ligne de l’équateur. Pour cette seconde expédition, dont le chef de file sera La Condamine, le choix s’est porté sur le Vice-Royaume du Pérou, possession de la couronne espagnole. Ici, l’équateur n’est pas au cœur de la jungle et les conditions climatiques permettent d’effectuer des mesures sans trop de problème. L’idée était de mesurer la taille d’un arc de méridien à l’aide de calculs de triangulation (les collégiens se demandent toujours à quoi sert le théorème de Pythagore, en voici une bonne application !). Une exposition située près de l’allée des savants présente d’ailleurs très bien l’expédition (normal : elle a été mise en place par l’ambassade de France !). Bon, cela n’a pas toujours été facile pour la petite bande de scientifiques : maladies, problèmes politiques et épreuves sportives (il a fallu faire l’ascension de plusieurs volcans à plus de 6000m !) ont compliqué la tâche. Mais finalement, il a pu être prouvé que la terre n’est pas parfaitement ronde et on en a profité pour tracer la ligne de l’équateur. Les relevés ont en outre permis d’établir le système métrique, qui deviendra officiellement notre unité de mesure pendant la Révolution. Les chercheurs ont aussi découvert le caoutchouc et la quinine ! Bref, un grand pas en avant dans la connaissance scientifique.CP1130114

CIMGP5520La ligne aujourd’hui est bien évidemment tracée au sol, en jaune, et donne lieu à une petite séance photos sympathique pendant laquelle nous jouons entre les deux hémisphères, au pied du monument commémoratif.

CIMGP5555 CIMGP5534 CIMGP5536 CIMGP5541Le hic, c’est que les scientifiques ont fait quelques petites erreurs de calcul… Et les GPS militaires ont découvert au XXe siècle que la ligne de l’équateur passe en réalité à 240m au Nord du monument ! C’est ballot mais c’est invisible sur les cartes, sauf à l’échelle de la région, et reconnaissons qu’avec les moyens de l’époque, la mission scientifique reste une vraie prouesse.

La « vraie » ligne de l’équateur, on peut bien sûr aussi marcher dessus ! En voilà une bonne occasion pour faire venir les touristes et débourser quelques dollars en plus ! A leur décharge, les propriétaires ont très bien exploité l’endroit et plus qu’un symbole, l’endroit est un petit musée des sciences où les guides, véritables Fred et Jamy équatoriens, vont nous faire faire tout un tas de petites expériences farfelues autour de l’équateur. Saviez-vous ainsi que nous pesons environ un kilo de moins à l’équateur ?! Qu’il est impossible de marcher sur la ligne sans trébucher ?! Qu’un œuf peut tenir sur un clou (essayez à la maison, c’est impossible) ?! Que le calendrier solaire est à double face car lorsque le soleil passe au zénith l’ombre change de côté ?!

CP1130128 CP1130135Ce que nous voulions le plus voir, c’est le « test de la baignoire ». Dans l’hémisphère Nord, le tourbillon formé par l’eau s’écoule vers la droite. Dans l’hémisphère Sud, il s’écoule vers la gauche ! Et sur l’équateur ?! L’eau coule tout droit, il n’y a pas de tourbillon ! La force de Coriolis s’annule. En plus de ces expériences rigolotes, l’endroit propose des explications sur les modes de vie des différents peuples d’Équateur.

Nous quittons donc Quito ravis de notre dernière étape du voyage. Mais nous ne prenons pas l’avion tout de suite pour Paris. Nous devons retourner à Lima pour cela et le trajet s’annonce interminable…

Bilan de l’Équateur :

Visiter l’Équateur n’était pas comme visiter les précédents pays du tour du monde. Nous avons pleinement profité de chacune de nos étapes mais nous avions moins ce sentiment d’évasion et de dépaysement que nous ressentions jusque là. La raison est simple : nous nous préparions à rentrer. Ce n’est pas avec peine et déception que nous pensions au retour, loin de là. Nous sentions que le voyage arrivait à son terme et il nous fallait penser à des détails pratiques comme la recherche d’appartement. La fatigue et l’envie de revoir les proches prenait souvent le dessus sur l’envie de visiter.

En Équateur, nous étions un peu en « vacances », à savoir que nous nous sommes offerts quelques gros extras. Nous avons cassé une première tirelire pour aller aux Galapagos, puis une deuxième tirelire avec l’hôtel chic de Puyo, une troisième pour l’excursion en Amazonie et une dernière dans un restaurant gastronomique de Quito ! Nous avons ainsi dépassé de beaucoup le budget alloué à l’Équateur… Mais rassurez-vous, nous ne sommes pas dans le rouge !

Pour revenir au fait que nous étions moins motivés sur la fin du séjour, il faut ajouter une autre cause, ce qu’on a appelé « l’effet Galapagos »….Cette semaine aux Galapagos a été tellement magique que tout nous paraissait fade ensuite (d’autant plus que le mauvais temps était de la partie). Chercher une chambre, prendre un bus, devenait d’autant plus pénible que nous étions « relax » dans les îles…

Malgré tout, l’Équateur reste un pays que nous avons beaucoup apprécié ! Les trois régions distinctes, « costa » (côte), « sierra » (montagne) et « oriente » (forêt), offrent chacune des possibilités qui régaleront les amateurs de nature. Ce n’est pas notre pays coup de cœur mais c’est une destination que l’on conseille volontiers à ceux qui veulent découvrir un pays andin mêlant traditions et héritage colonial sans subir la foule de touristes présents au Pérou !

C’est un pays andin mais qui finalement ne possède pas tant de similitudes que cela avec ses voisins. La société équatorienne est notamment très américanisée. Les « malls » (gigantesques centres commerciaux) fleurissent dans chaque grande ville, les taxis sont jaunes comme à New York, les banlieues sont envahies de quartiers sécurisés… et le dollar, monnaie désormais nationale couronne ce tableau. C’est dommage car on a le sentiment que la société équatorienne cherche à copier la société nord-américaine…

Les gens sont extrêmement sympathiques et accueillants. Mais par contre, ils ne sont pas du tout, mais alors pas du tout gastronomes ! Nous en avons raz-le-bol du poulet insipide accompagné de riz et de frites ! Il y a des milliers de variétés de pommes de terre dans les Andes mais on dirait qu’ils ne savent faire que des frites… La palme du déjeuner le plus original revient au “ceviche voquetero” de Puyo, littéralement “ceviche du camion-benne”… Il s’agit d’une montagne de chips de bananes accompagnées de maïs, oignons et tomates, le tout surmonté d’une boite de thon à l’huile ! Original.

CP1130005Pour oublier toute cette nourriture peu plaisante, nous nous sommes offerts un dîner au Zazu, qui est considéré comme le meilleur restaurant du pays. Le chef péruvien a fait ses armes dans un restaurant étoilé de Barcelone ! Bien sûr, nous étions très en décalage avec les autres clients, tous très chics. Mais cela ne nous a pas empêché de nous régaler et de fêter dignement notre dernier dîner à Quito !

CP1130140Il y a un peu moins d’un an, nous étions à Tokyo… Ce soir, nous quittons Quito, la boucle est bouclée ! Il nous faut à présent rejoindre Lima d’où décolle notre avion pour la France… Le retour approche… A suivre !

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Allez, c'est bientôt fini les recherches de logement !

Allez, c’est bientôt fini les recherches de logement !