Le retour…

Du mercredi 30 juillet au lundi 4 août 2014 et un peu après

Quito était la dernière étape de notre tour du monde mais il nous reste un looong chemin à parcourir avant de retrouver nos foyers. Quelques semaines avant le retour, nous pensions naïvement trouver un vol pas trop cher pour Lima (seulement deux heures de vol), d’où part notre gros avion à destination de l’Europe. Sauf que c’était oublier que l’Amérique du Sud n’est pas l’Asie ou même l’Europe avec ses low-cost et nous n’avons rien trouvé à moins de 500$ par personne, soit le prix d’un transatlantique. Face à ces prix carrément indécents, nous avons décidé d’achever notre périple en Amérique du Sud avec un moyen de transport qui nous est bien familier maintenant… Vous l’avez deviné, c’est en bus que nous rejoindrons la capitale péruvienne ! On n’est plus à ça près…

En route pour notre dernier, et non moins épique, trajet !

Quito-Lima : 1975 km. 38 h de bus. Nous sommes habitués mais tout de même, nous ne sommes pas très motivés… Mais bon, pas le choix ! Nous apprenons qu’il y a un bus direct tous les mardis soir, c’est parfait pour nous. Sauf qu’il coûte plus de 100$ par personne. Comme nous ne sommes pas à une demi-journée près, nous optons pour le changement de bus après la frontière, deux fois moins cher.

A l’immense et moderne gare routière de Quito, nous attendons patiemment notre véhicule parmi les autres voyageurs qui jouent des coudes pour monter en premier (ce qui est parfaitement inutile puisque les places sont attitrées, mais les sud-américains sont un peu comme les Français, ils veulent toujours passer devant les autres). Quand vient notre tour, après la fouille réglementaire des sacs à dos, nous nous installons à nos places. Et là, gros choc : le bus n’est pas semi-cama comme on nous l’a annoncé ! C’est un siège tout ce qu’il y a de plus normal, à peine inclinable. Comme nous sommes juste derrière le chauffeur, nous avons une paroi devant nous et à peine 10 cm pour nos jambes. La nuit fut longue et inconfortable. Très longue et inconfortable.

CP1130158A la ville frontière, nous devons trouver un taxi pour nous conduire au poste de douane et à la première ville péruvienne pour changer de bus. Il est huit heures du matin, nous sommes fatigués, affamés et notre priorité est surtout de trouver des toilettes à peu près propres. Mais les chauffeurs de taxi ne l’entendent pas de cette oreille et nous harcèlent pour que nous partions avec eux. Forts de notre expérience (!), nous sommes fermes et les envoyons paître le temps de nous remettre de notre courte nuit. Bien nous en a pris : un chauffeur de la compagnie de bus est mandaté pour accompagner une jeune fille dans ces différentes étapes. Bien sûr, elle a payé le prix fort pour cela mais pour nous, comme nous nous arrangeons directement avec lui et non au guichet, cela coûtera trois fois rien. Parfait ! Tous les quatre et accompagnés d’un porteur de bagages pour la très coquette jeune fille, nous traversons l’étrange ville frontière de Huaquillas. Plus qu’une ville, c’est un gigantesque bazar à ciel ouvert où l’on peut acheter tout et n’importe quoi. Un pont envahi de tuk-tuks, charrettes et vendeurs marque la frontière avec le Pérou. De l’autre côté, Aguas Verde, la ville jumelle de Huaquillas est tout aussi déboussolante. Heureusement, que nous suivons Guillermo notre chauffeur !

CP1130153Nous observons de près notre étrange compagne de voyage, très féminine et sexy, ce qui jure beaucoup avec le style habituel des femmes ici… Cachée derrière ses grosses lunettes de soleil, elle snobe les hommes qui ne cessent de regarder son décolleté plongeant. Nous aussi on la scrute tant elle est bizarre, jusqu’à ce que Noémie remarque ses pieds. Ils ont beau avoir une pédicure parfaite, il n’y a pas de doute possible : c’est un homme ! Dans la voiture, quand elle (il ?) se met à parler, sa voix de fausset nous fait esquisser un sourire. Nous allons donc voyager avec Isabella, ou Esteban pour l’état-civil (nous avons scruté son passeport à la douane). C’était assez rigolo de voir à quel point cette personne est maniérée et surtout de voir comment elle attire les regards de tous ceux que nous croisons. Il faut dire qu’il (elle ?) fait tout pour être au centre de l’attention avec ses tenues très sexys (elle s’est changée pendant un arrêt), son maquillage et ses sollicitations constantes auprès des hommes. Bref, la (le ?) regarder nous a pas mal divertis et on avait grand besoin de s’occuper car les vingt heures de trajet pour Lima dans un bus tout pourri n’ont pas été des plus agréables. Surtout lorsqu’à peine 2h après notre départ d’Aguas Verde, la douane arrête le bus à un contrôle et interdit à notre chauffeur de repartir ! On nous fait comprendre qu’il faut descendre avec toutes nos affaires et attendre… Ça tombe bien, on adore ça et nous n’avons pas du tout hâte que ce trajet se finisse ! Loïc questionne l’officier et apprend que le bus a une fuite de compresseur d’air et qu’il n’est pas prudent qu’il roule. Il faut attendre qu’un autre bus de la compagnie vienne prendre le relais. Soit. Nous patientons…

Lors d’une énième pause « toilettes » / « repas », Loïc fait la connaissance d’un Néo-Zélandais en vacances et découvre au fil de la discussion qu’il amortit le coût de son voyage d’une façon extraordinaire. Il a acheté des diamants bruts chez un receleur et compte les revendre avec une bonne marge de retour chez lui. Eeeuuuh Yes, why not !

Une fois dans la capitale péruvienne, nous ne pensons qu’à une chose, nous reposer. Nous n’aurons même pas le courage d’aller nous balader en ville. Apparemment, on ne loupe rien. De toutes façons l’horrible brouillard qui recouvre Lima presque tous les jours ne nous donne pas envie d’en arpenter les rues. Nous passons donc deux jours dans une auberge de jeunesse correcte mais pas transcendante à travailler sur le blog.

Vient enfin le moment de rejoindre l’aéroport de Lima… Noémie est terriblement impatiente et tourne en rond dans la salle commune de l’auberge de jeunesse en attendant l’arrivée du taxi. Loïc, plus pragmatique, peaufine un article du blog… Pour aller à l’aéroport, nous sommes tombés sur un fou du volant ! Il se croit en pleine course automobile, double tout le monde et roule bien au delà des vitesses autorisées. Tellement estomaqués, nous n’osons pas lui demander de ralentir (mais on s’est attachés !). Toujours est-il qu’on est surpris d’arriver en vie à bon port et sans avoir vomi !!

L’aéroport de Lima est très bordélique. Les queues partent dans tous les sens, rien n’est clair, mais nous arrivons finalement à enregistrer pour la dernière fois nos gros sacs. Nous profitons du duty free : c’est la seule fois du voyage où on se l’autorise car là, on peut porter quelques centaines de grammes en plus ! Noémie ne résiste pas à l’appel des cosmétiques : après un an sans avoir été féminine, elle a craqué ! Bien évidemment, nous dormons peu durant notre vol de nuit. Loïc, fidèle à lui-même, charme les hôtesses pour avoir un deuxième plateau repas et des petits gâteaux (c’est devenu sa spécialité !).

CP1130172Une dizaine d’heures plus tard, l’Europe est en vue ! C’est fou ! Nous survolons Lisbonne puis les désertiques terres espagnoles le nez collé au hublot. Nous voici à Madrid !

CP1130174 CP1130175 CP1130171Rien qu’à voir les gens autour de nous, on se sent en Europe. La mode est très différente en Amérique du Sud. A peine le temps de changer de terminal que l’embarquement de notre vol pour Paris est annoncé ! Nous survolons la France sans trop réaliser que déjà, le voyage est fini. Nous avions l’impression de quitter Roissy la veille ! Et pourtant, que de chemin parcouru, c’est le moins qu’on puisse dire ! Nous savons que nos familles sont elles aussi en route pour l’aéroport. Nous pensons à elles et imaginons les retrouvailles. Mais la fatigue prend le dessus et nous piquons un petit somme pendant les deux petites heures de vol. Quand l’avion commence à descendre, nous redécouvrons la région parisienne vue du ciel… L’avantage d’arriver à Orly, c’est que l’on peut voir la tour Montparnasse et la tour Eiffel ! Plus de doute possible, nous voici de retour !!

Nous descendons la passerelle. Ni fébriles, ni excités, c’est étonnant. Nous devons récupérer les bagages et surtout nous réveiller avant de retrouver nos familles. On a bien quelques minutes devant nous… Sauf qu’au détour d’un couloir, nous voilà déjà dans la salle des tapis roulants… dont les murs sont totalement vitrés ! Et derrière, devinez ! Il y a notre comité d’accueil !! Alors là, on ne se attendait pas du tout à les voir si vite ! On a du mal à réaliser !! Et quel comité d’accueil ! Nos parents respectifs, qui ne s’étaient jamais rencontrés avant, ont mis le paquet (il semblerait que notre message passé à Sydney ait été entendu…). Ils tiennent à bout de bras d’immenses banderoles surmontées d’une dizaine de ballons colorés gonflés à l’hélium ! C’est extra ! Nous sommes les stars de l’aéroport ! Autour de nous, les gens qui attendent leurs valises ne cessent de nous regarder. Nous sommes émus et heureux et surtout très très impatients de récupérer nos sacs pour enfin aller les retrouver !

CP1130177Quelques minutes plus tard, nous pouvons passer les portes et embrasser nos familles avec beaucoup de joie.

CDSC00564 CDSC00573 CDSC00570Nous fêterons dignement le retour tous ensemble autour de bons plats qui nous avaient tant manqué… On vous le donne en mille : charcuterie, pain et surtout fromage ont été à l’honneur ! Nous n’avons pas vus nos parents pendant près d’un an. Ce laps de temps nous paraît très long mais, paradoxalement, nous avions aussi l’impression de les avoir quitté la veille. Nous retrouvons des réflexes banals dès la montée en voiture et nous conversons aisément. Le fait de les avoir eus en ligne via Skype presque toutes les semaines a considérablement raccourci les distances ! En tout cas, c’est bien mieux de parler en vrai ! Et on a quand même tout plein de choses à leur raconter…

CDSC00578 CDSC00590Il nous faut maintenant atterrir au sens figuré du terme : trouver un appartement en Normandie où nous allons désormais vivre, revoir les autres membres de la famille, nos amis… Mais ça, c’est une autre histoire !

Nous avons du mal à réaliser que nous écrivons les dernières lignes de ce blog… Alors avant de se dire adieu et d’aller faire un tour dans notre nouvelle vie, nous diffuserons d’ici la fin de l’année un grand bilan du voyage et quelques petites surprises !

En attendant, gros bonus : la transformation de Loïc !

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6 réflexions au sujet de « Le retour… »

  1. Enorme !!!! C’est super de voir les images apres avoir eu le récit de vive voix :))
    Bravo encore et… J’adooooore la transformation de Loic !!!!!

  2. Dans le visage barbu et chevelu, il semble qu’il n’y avait plus de place pour un sourire …
    Mais quels beaux yeux bleus !

  3. Trop fort l’accueil à Orly et très discret surtout. Effectivement les autres passagers ont dû vous regarder avec de drôles des yeux 🙂
    Contente que vous soyez bien rentrés.
    Et surtout un immense merci pour nous avoir fait partager votre tour du monde avec tous ces récits et ces photos.
    Bon courage pour le retour au train-train quotidien car ça ne doit pas être facile.

  4. Ah, le dernier épisode !
    Vous aviez commencé le récapitulatif du budget par pays, allez-vous le terminer ?
    Les quelques colis envoyés sont-ils arrivés en bon état ?
    La reprise est plus qu’amorcée maintenant, vous êtes sur les rails !
    Merci pour ce voyage d’un an !

    • Oui, oui, les comptes sont faits ! Nous mettrons à jour le budget, c’est prévu. Aucun problème pour la réception des colis, nous avons retrouvé nos petits souvenirs avec grand plaisir…

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