Quito – Bilan de l’Equateur

  • Mardi 23 juillet 2014
  • Du lundi 28 au mercredi 30 juillet 2014

Quito ! Dernière étape de notre tour du monde ! Cette ville nous semblait si lointaine jusqu’alors et nous y voilà… Le temps a passé tellement vite !

Nous prenons nos quartiers dans une petite auberge de jeunesse très agréable. Elle sera complète à notre retour d’Otavalo mais la gérante nous a orientés vers une autre auberge, encore plus sympathique ! Terrasses, salons, cuisine, salle internet et salle cinéma… tout est à disposition pour se détendre entre deux balades dans la vieille ville. Son nom : Casa Bambu.

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Petit déjeuner avec vue

Tout comme La Paz, Quito est perchée dans les Andes. Mais le visage de la ville est bien différent de celui de sa cousine de Bolivie ! Pour en avoir un aperçu, rien de tel qu’une petite grimpette sur les hauteurs. Pas besoin de se fatiguer, le TelefériQo nous emmène au sommet de la Cruz Loma, à 4100 m. C’est comme au ski ! D’en haut, la vue sur la capitale équatorienne est spectaculaire. La ville s’étend sur un axe Nord-Sud de plusieurs dizaines de km (la gare routière principale est par exemple à 18 km au Sud du centre !). L’architecture est harmonieuse, il y a peu de grands immeubles. C’est vue d’en haut que la ville révèle son atout principal, à savoir les montagnes environnantes. Tout autour de nous, ce ne sont que sommets enneigés qui jouent à cache-cache avec les nuages et collines verdoyantes qui ne sont pas sans rappeler l’Auvergne. Ces sommets, ce sont les grands volcans d’Équateur, dont le fier Cotopaxi, au cône parfait, qui nous rappelle le Fuji San au Japon ; la boucle est bouclée.

CIMGP5217 CIMGP5232 CIMGP5235Le second atout de Quito, c’est sa vieille-ville. L’UNESCO ne s’y est pas trompée : elle est la première ville classée au patrimoine mondial de l’humanité dans les années 70. Son dédale de ruelles pavées, ses maisons coloniales, sa belle place d’Armes et ses églises n’ont rien à envier aux villes péruviennes !

CIMGP5573 CIMGP5562 CIMGP5590 CIMGP5587 CIMGP5583 CIMGP5585 CIMGP5560 CIMGP5599Le mieux pour s’y balader c’est d’y aller le dimanche. La circulation est limitée aux seuls résidents et l’on peut donc y flâner en toute quiétude. Les habitants de la ville ne s’y trompent pas : beaucoup se retrouvent sur la place pour profiter du lieu. Mais ce sont les parcs qui font la préférence des familles !

CIMGP5518CIMGP5598La palais du gouvernement est renommé pour la décoration de ses salles. Sauf que nous n’avons jamais pu le visiter. Arrivés le matin, on nous dit que les visites commencent à 13h15. Nous revenons à 13h10, sauf qu’il n’y a pas de place avant 16h30 ! « Il fallait réserver sa place ce matin » nous dit-on… Nous nous consolons avec la maison du Maréchal Sucre, le héros de l’indépendance sud-américaine. Lui, on le suit depuis l’Argentine. Avec Bolivar et San Martin, il fait partie de ces hommes honorés presque religieusement pour leur lutte contre les Espagnols. D’ailleurs, la ville de Sucre en Bolivie, capitale constitutionnelle, tire son nom de cet homme. Et la monnaie de l’Equateur, avant la dollarisation, était le sucre ! Sa maison est une demeure coloniale typique, organisée autour d’un patio. La visite nous permet de découvrir le mode de vie d’une famille bourgeoise au début du XIXe siècle.

CIMGP5578Comme au Pérou, il faut payer pour visiter les églises et les photos sont interdites. Fidèles à nous-mêmes, nous économisons quelques pièces en les arpentant discrètement pendant les messes. L’église de la Compagnie de Jésus est l’une des plus belles de toute l’Amérique du Sud. L’or y est omniprésent, des murs au plafond en passant par l’autel. Il est mis en valeur par de délicates sculptures d’inspiration mauresque. L’extérieur, plus simple, ne laisse pas deviner autant de richesse.

CIMGP5575Nous déambulons ainsi avec plaisir dans les rues de Quito, découvrant belles maisons, parcs et places. Nous avons également été amenés à découvrir La Mariscal, le quartier chic et dynamique de la ville, entre deux courses au supermarché et achats de billets de bus. C’est un endroit beaucoup plus banal, aux immeubles sans charme particulier mais où de nombreux restaurants et bars sympathiques se trouvent. Il ne doit pas être si désagréable d’y vivre !

CP1130151C’est d’ailleurs ici que se trouve le Musée Amazonico (photos interdites !). C’est un musée géré par l’université dont l’objectif est de présenter les modes de vie des différents peuples de l’Amazonie. Des objets du quotidien (céramiques, armes, instruments de musique, vêtements…) côtoient des animaux empaillés le tout dans une ambiance sonore autant intéressante qu’agréable puisqu’il s’agit de chants indiens. Le clou de la visite est l’exposition concernant les Shuars, aussi appelés Jivaros, les célèbres réducteurs de tête ! Cette pratique visait à conserver les âmes des défunts, soit des ennemis, soit des grands chefs. Si vous êtes curieux de savoir qu’elle taille ferait votre tête une fois réduite, fermez le poing : elle aura cette grosseur. Nous apprenons comment faire une tête réduite (c’est plus fun qu’un cours de cuisine, non ?!). Il faut dans un premier temps enlever le crâne et le cerveau, puis coudre les yeux et les lèvres. Garnir les narines de paille pour conserver leur forme. Faites bouillir dans une infusion de plantes médicinales votre préparation en ayant pris soin de la fourrer d’une pierre pour ne pas que la tête se déforme. Faites sécher en accompagnant le processus de prières et votre tête est prête ! Vous pouvez la positionner au bout d’un pic pour les ennemis ou faire un joli collier de la tête de votre grand-père. Trêve de plaisanteries, nous faisons moins les malins en observant de vraies têtes réduites humaines mais aussi de paresseux ! Le musée présente en outre des panneaux explicatifs et des photos alertant sur l’exploitation pétrolière qui détruit leur cadre de vie. Passionnant.

CP1130130A Quito, il n’était pas envisageable de ne pas passer une journée à la Mitad del Mundo. Cette excursion est incontournable ! Vous ne savez pas ce qu’est la Mitad del Mundo ?! C’est tout simplement la ligne de l’équateur ! C’est la fierté nationale, le site touristique le plus visité du pays. Les Équatoriens en sont fans et s’y pressent en masse tous les week-end (nous y allons donc en semaine). Le trajet est un peu long (trois bus successifs aux multiples arrêts) mais nous débarquons enfin dans ce qui n’est pas qu’un simple monument mais une sorte de parc d’attraction. L’équateur passe donc en Équateur, c’est logique. Mais ce n’est pas le seul pays traversé par la ligne équinoxiale !

CIMGP5558Pourquoi lui et pas un autre porte ce nom ? L’histoire remonte au début du XVIIIe siècle. C’est l’époque des Lumières, où scientifiques et philosophes, assoiffés de connaissance, veulent tout savoir sur le monde. Newton émet l’idée que la Terre n’est pas parfaitement ronde. Elle serait aplatie aux pôles et présenterait un renflement au niveau de l’équateur. Les savants se divisent sur le sujet et il devient urgent de trancher. Le roi de France Louis XV envoie deux expéditions pour mettre fin au débat, l’une au pôle Nord, l’autre sur la ligne de l’équateur. Pour cette seconde expédition, dont le chef de file sera La Condamine, le choix s’est porté sur le Vice-Royaume du Pérou, possession de la couronne espagnole. Ici, l’équateur n’est pas au cœur de la jungle et les conditions climatiques permettent d’effectuer des mesures sans trop de problème. L’idée était de mesurer la taille d’un arc de méridien à l’aide de calculs de triangulation (les collégiens se demandent toujours à quoi sert le théorème de Pythagore, en voici une bonne application !). Une exposition située près de l’allée des savants présente d’ailleurs très bien l’expédition (normal : elle a été mise en place par l’ambassade de France !). Bon, cela n’a pas toujours été facile pour la petite bande de scientifiques : maladies, problèmes politiques et épreuves sportives (il a fallu faire l’ascension de plusieurs volcans à plus de 6000m !) ont compliqué la tâche. Mais finalement, il a pu être prouvé que la terre n’est pas parfaitement ronde et on en a profité pour tracer la ligne de l’équateur. Les relevés ont en outre permis d’établir le système métrique, qui deviendra officiellement notre unité de mesure pendant la Révolution. Les chercheurs ont aussi découvert le caoutchouc et la quinine ! Bref, un grand pas en avant dans la connaissance scientifique.CP1130114

CIMGP5520La ligne aujourd’hui est bien évidemment tracée au sol, en jaune, et donne lieu à une petite séance photos sympathique pendant laquelle nous jouons entre les deux hémisphères, au pied du monument commémoratif.

CIMGP5555 CIMGP5534 CIMGP5536 CIMGP5541Le hic, c’est que les scientifiques ont fait quelques petites erreurs de calcul… Et les GPS militaires ont découvert au XXe siècle que la ligne de l’équateur passe en réalité à 240m au Nord du monument ! C’est ballot mais c’est invisible sur les cartes, sauf à l’échelle de la région, et reconnaissons qu’avec les moyens de l’époque, la mission scientifique reste une vraie prouesse.

La « vraie » ligne de l’équateur, on peut bien sûr aussi marcher dessus ! En voilà une bonne occasion pour faire venir les touristes et débourser quelques dollars en plus ! A leur décharge, les propriétaires ont très bien exploité l’endroit et plus qu’un symbole, l’endroit est un petit musée des sciences où les guides, véritables Fred et Jamy équatoriens, vont nous faire faire tout un tas de petites expériences farfelues autour de l’équateur. Saviez-vous ainsi que nous pesons environ un kilo de moins à l’équateur ?! Qu’il est impossible de marcher sur la ligne sans trébucher ?! Qu’un œuf peut tenir sur un clou (essayez à la maison, c’est impossible) ?! Que le calendrier solaire est à double face car lorsque le soleil passe au zénith l’ombre change de côté ?!

CP1130128 CP1130135Ce que nous voulions le plus voir, c’est le « test de la baignoire ». Dans l’hémisphère Nord, le tourbillon formé par l’eau s’écoule vers la droite. Dans l’hémisphère Sud, il s’écoule vers la gauche ! Et sur l’équateur ?! L’eau coule tout droit, il n’y a pas de tourbillon ! La force de Coriolis s’annule. En plus de ces expériences rigolotes, l’endroit propose des explications sur les modes de vie des différents peuples d’Équateur.

Nous quittons donc Quito ravis de notre dernière étape du voyage. Mais nous ne prenons pas l’avion tout de suite pour Paris. Nous devons retourner à Lima pour cela et le trajet s’annonce interminable…

Bilan de l’Équateur :

Visiter l’Équateur n’était pas comme visiter les précédents pays du tour du monde. Nous avons pleinement profité de chacune de nos étapes mais nous avions moins ce sentiment d’évasion et de dépaysement que nous ressentions jusque là. La raison est simple : nous nous préparions à rentrer. Ce n’est pas avec peine et déception que nous pensions au retour, loin de là. Nous sentions que le voyage arrivait à son terme et il nous fallait penser à des détails pratiques comme la recherche d’appartement. La fatigue et l’envie de revoir les proches prenait souvent le dessus sur l’envie de visiter.

En Équateur, nous étions un peu en « vacances », à savoir que nous nous sommes offerts quelques gros extras. Nous avons cassé une première tirelire pour aller aux Galapagos, puis une deuxième tirelire avec l’hôtel chic de Puyo, une troisième pour l’excursion en Amazonie et une dernière dans un restaurant gastronomique de Quito ! Nous avons ainsi dépassé de beaucoup le budget alloué à l’Équateur… Mais rassurez-vous, nous ne sommes pas dans le rouge !

Pour revenir au fait que nous étions moins motivés sur la fin du séjour, il faut ajouter une autre cause, ce qu’on a appelé « l’effet Galapagos »….Cette semaine aux Galapagos a été tellement magique que tout nous paraissait fade ensuite (d’autant plus que le mauvais temps était de la partie). Chercher une chambre, prendre un bus, devenait d’autant plus pénible que nous étions « relax » dans les îles…

Malgré tout, l’Équateur reste un pays que nous avons beaucoup apprécié ! Les trois régions distinctes, « costa » (côte), « sierra » (montagne) et « oriente » (forêt), offrent chacune des possibilités qui régaleront les amateurs de nature. Ce n’est pas notre pays coup de cœur mais c’est une destination que l’on conseille volontiers à ceux qui veulent découvrir un pays andin mêlant traditions et héritage colonial sans subir la foule de touristes présents au Pérou !

C’est un pays andin mais qui finalement ne possède pas tant de similitudes que cela avec ses voisins. La société équatorienne est notamment très américanisée. Les « malls » (gigantesques centres commerciaux) fleurissent dans chaque grande ville, les taxis sont jaunes comme à New York, les banlieues sont envahies de quartiers sécurisés… et le dollar, monnaie désormais nationale couronne ce tableau. C’est dommage car on a le sentiment que la société équatorienne cherche à copier la société nord-américaine…

Les gens sont extrêmement sympathiques et accueillants. Mais par contre, ils ne sont pas du tout, mais alors pas du tout gastronomes ! Nous en avons raz-le-bol du poulet insipide accompagné de riz et de frites ! Il y a des milliers de variétés de pommes de terre dans les Andes mais on dirait qu’ils ne savent faire que des frites… La palme du déjeuner le plus original revient au “ceviche voquetero” de Puyo, littéralement “ceviche du camion-benne”… Il s’agit d’une montagne de chips de bananes accompagnées de maïs, oignons et tomates, le tout surmonté d’une boite de thon à l’huile ! Original.

CP1130005Pour oublier toute cette nourriture peu plaisante, nous nous sommes offerts un dîner au Zazu, qui est considéré comme le meilleur restaurant du pays. Le chef péruvien a fait ses armes dans un restaurant étoilé de Barcelone ! Bien sûr, nous étions très en décalage avec les autres clients, tous très chics. Mais cela ne nous a pas empêché de nous régaler et de fêter dignement notre dernier dîner à Quito !

CP1130140Il y a un peu moins d’un an, nous étions à Tokyo… Ce soir, nous quittons Quito, la boucle est bouclée ! Il nous faut à présent rejoindre Lima d’où décolle notre avion pour la France… Le retour approche… A suivre !

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Allez, c'est bientôt fini les recherches de logement !

Allez, c’est bientôt fini les recherches de logement !

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2 réflexions au sujet de « Quito – Bilan de l’Equateur »

  1. C’est la fin , ou presque la fin, d’une belle histoire. Merci pour ces heures de dépaysement si enrichissantes. Maintenant la France avec les amis et la famille qui vont vous saouler de questions. Pas forcément facile à gérer.

  2. La ville de Quito a effectivement l’air d’être une très jolie ville.

    Contente que vous soyez bien rentrés.
    Ca m’a fait plaisir de vous suivre durant cette année après avoir découvert votre blog Islande il y a 1an et demi quand je préparais mes 15j dans ce même pays.
    Qu’est ce que c’est passé vite cette année!!!!

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