Puyo

  • Dimanche 13 et lundi 14 juillet 2014
  • Du vendredi 18 au lundi 21 juillet 2014

Puyo, aux portes de l’Amazonie. Il fait chaud, l’air est saturé d’humidité et des averses dignes du déluge nous tombent régulièrement sur la tête. Parfois, il pleut sans arrêt toute la journée. Nous nous mettons à rêver et nos songes nous emportent au cœur de la forêt gigantesque. Elle est là, tout près de nous l’Amazonie ! Et dans deux jours, nous marcherons au sein de ce territoire enchanteur…

CP1120797En attendant, une fois n’est pas coutume, nous nous offrons deux nuits dans un complexe hôtelier de bon standing, El Pigual. Nous y reviendrons également à notre retour de la foret. Trois nuits ici nous coûtent autant que trois semaines dans un hôtel pour routards ! Mais bénéficier d’un immense lit confortable, d’une salle de bain à l’eau chaude assurée et d’un cadre au calme absolu nous fait beaucoup de bien ! En ce moment, l’hôtel est presque vide. Loïc en profite pour négocier une petite ristourne ! Pourquoi abandonner ses bonnes habitudes ?! C’est rigolo de voir les employés porter nos gros sacs à dos jusqu’à notre bungalow… Et ils n’ont sûrement pas l’habitude de voir des gens habillés en randonneurs dans les belles allées du parc ! Nous sommes en demi-pension et vivons donc comme dans une bulle. Nous nageons dans la piscine, allons au sauna, au hammam et au jacuzzi. Quel luxe !

CP1120793 CIMGP4842 CP1120802L’immense parc dans lequel le complexe a été bâti est particulièrement calme et propice à la balade. Nous y croisons même quelques animaux, tel cet énorme rongeur surpris de nuit, ces fourmis champignonnières qui portent des bouts de feuilles trois fois plus gros qu’elles et même ces petits singes craquants que nous surprenons un matin dans un arbre près de notre balcon ! Les fourmis nous fascinent. Il y en a partout ! Nous tentons de les suivre de l’arbre jusqu’à leur fourmilière mais nous abandonnons la piste en bordure d’un bosquet. Si on lève la tête, on s’aperçoit que beaucoup d’arbres ont les feuilles toutes grignotées. Très exotiques et amusantes pour nous, les fourmis sont un fléau pour les propriétaires de l’hôtel…

CIMGP5017 CIMGP5008 CIMGP5026Ceux-ci sont particulièrement sympathiques et viennent discuter avec nous tous les matins. Pourquoi ce traitement de faveur ? Et bien parce que le propriétaire est un Français installé en Equateur depuis près de vingt ans ! Il a passé plus de quarante ans en Amérique du Sud et a finalement entrepris de finir sa vie à Puyo, d’où est originaire sa femme. Celle-ci nous a fait visiter leur nouveau projet, un grand parc attenant au complexe hôtelier consacré au bambou. Leur rêve est de voir l’espèce de bambou endémique, la gardua, remplacer les bois si précieux d’Amazonie dans la construction, l’ameublement et l’artisanat.  C’est un peu utopique à nos yeux mais ils sont tellement pleins de bonne volonté qu’on se laisse rêver avec eux. Pourquoi pas après tout ?! L’objectif de ce parc sera de sensibiliser les Equatoriens à cette plante. Ils ont construit des maisons (qui pourront être louées pour les vacances), des ponts… et un superbe jardin d’agrément.

CIMGP5030 CIMGP5031Au retour de notre séjour en forêt que nous vous relaterons dans le prochain article, nous changeons d’hôtel pour une petite pension familiale. A notre arrivée, comme nous sommes les seuls clients, Susana nous convie au restaurant avec elle. Quel accueil ! Nous goûtons une spécialité de la forêt, le poisson cuit au feu de bois dans des feuilles de bananier avec des bananes plantains et du yuca (nom local du manioc). C’est très sain ! CP1130012Dans cette pension sympathique, nous passerons beaucoup de temps à jouer avec les animaux de Susana, Moka le gros chien-peluche, la tortue et surtout « Tito », le chaton ! Il s’appelle ainsi car en espagnol chaton se dit « gatito »…

CIMGP5132Entre deux averses, nous nous rendons à deux refuges pour animaux de la forêt. Le premier, « Los Monos », est consacré aux singes. Il a été créé par un Suisse francophone, Yvan, avec qui nous discutons de son projet. Il recueille des animaux rejetés par leurs maîtres. Et oui… aujourd’hui encore, beaucoup d’idiots pensent que les animaux sauvages peuvent servir d’animaux de compagnie dans une cage en appartement… Sauf que le bébé singe tout mignon, en grandissant, va devenir violent et agressif. Ce sont ces animaux traumatisés, souvent maltraités, qui arrivent au centre. Le travail de « retour à une vie normale » pour ces singes prend des années. Beaucoup gardent des séquelles psychologiques. Ainsi, la plupart des singes sont parqués dans des cages électrifiées. Cette ambiance de « prison » nous refroidit un peu… On ne s’attendait pas à voir cela !

CIMGP4995Avant, la plupart des singes étaient remis en liberté lorsque leur période de réadaptation à la vie sauvage était concluante. Maintenant, c’est terminé. Tous resteront ici. Yvan nous explique que la politique actuelle du gouvernement équatorien est tournée à fond vers l’exploitation pétrolière en Amazonie. La déforestation des zones protégées est plus importante que jamais. A grand coup de censure et de propagande, le projet est présenté (et perçu par les Equatoriens !) comme un grand bond en avant dans l’ère de la modernité. Nous sommes écoeurés. Nous sommes sensibilisés à la disparition de l’Amazonie depuis gamins. Nous pensions naïvement que les grandes instances internationales réussissaient tant bien que mal en enrayer le problème… Rien de tout cela, c’est pire qu’avant ! Entre le discours alarmiste d’Yvan et  la vue de ces singes traumatisés, c’est bien moroses que nous rentrons… Mais cela a été une bonne chose d’entendre ces mots. Nous voulions connaître la réalité de l’Amazonie ?! Nous l’avons !

CIMGP4991 CIMGP4989 CIMGP4988Le centre Yana Cocha recueille également des animaux sauvages anciens animaux de compagnie. Ici aussi il y a des singes, dont le plus petit singe du monde qui ne mesure qu’une quinzaine de centimètres ! Contrairement à Los Monos, ils bénéficient de grands espaces naturels pour évoluer et s’épanouir, comme des petites îles. Ils s’y sentent tellement bien qu’ils ont même des bébés ! Le lieu s’apparente plus à un zoo. Chaque espace de la réserve est très bien aménagé. Nous observons beaucoup d’animaux et d’oiseaux, avec un énorme coup de cœur pour les ocelots, ces cousins du jaguar ! A la fin de la visite, nous rencontrons le propriétaire du centre et la vétérinaire. Moins déprimés qu’Yvan, ils nous expliquent que tous ces animaux sont remis en liberté dans une réserve dont ils sont propriétaires. Espérons que leur projet ne soit pas menacé par l’exploitation pétrolière…

CIMGP5139 CIMGP5155 CIMGP5173 CIMGP5201 CIMGP5198 CIMGP5197 CIMGP5208Dans la forêt, notre guide n’était pas très enclin à nous présenter les plantes de l’Amazonie alors que c’est vraiment quelque chose que nous voulions découvrir (ce n’est pas faute de lui avoir demandé !). Nous vous en parlerons en détail dans le prochain article. Heureusement, notre requête a finalement été exaucée lors de notre visite du jardin « Les Orchidées ». Le nom est trompeur : ce n’est pas un jardin mais un bout de forêt que l’on visite en compagnie d’Omar, le sympathique propriétaire passionné de botanique et d’entomologie. La balade dure plus de deux heures et nous ne voyons pas le temps passer, émerveillés par les plantes et les insectes qu’Omar nous montre.

CIMGP5165 CIMGP5052 CIMGP5050 CIMGP5043 CIMGP5034Les orchidées sont fascinantes. Certaines mesurent seulement quelques millimètres ! Il faut les observer à la loupe ! Nous découvrons plantes médicinales et plantes alimentaires. Nous goûtons, sentons, touchons… et apprenons des tas d’infos passionnantes sur la flore de l’Amazonie ! Nous voulions faire une visite de nuit pour voir les insectes mais la pluie nous a empêché de revenir, dommage.

CIMGP5080 CIMGP5122 CIMGP5114 CIMGP5088 CIMGP5076 CIMGP5127A Puyo, nous avons donc bénéficié d’un complément d’informations enrichissant sur l’Amazonie, avant et après notre séjour en forêt. Vous allez ensuite découvrir notre séjour de quatre jours au sein de la communauté indienne kichwa de Sarayacu, située à cinq heures de bateau de Puyo… A suivre !

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2 réflexions au sujet de « Puyo »

  1. Nous voyons que Noémie a fait voyager son maillot de bain de Hveragerdi à Puyo! Nous vous écrivons pour vous remercier puisque nous venons juste de revenir d’Islande après avoir intensément préparé notre voyage avec le Lonely Planet et votre blog! Un grand merci et bravo pour tous ces récits d’aventures!

    • Mon maillot de bain ne fera pas un autre voyage ! Après le tour du monde, il est mort de chez mort !!! Votre commentaire nous touche beaucoup, nous espérons que vous avez autant apprécié l’Islande que nous… Comme vous voyez, nous avons quelques infos pour d’autres destinations pour vos prochaines vacances 😉 A bientôt !

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