Cuenca

Du dimanche 6 au mercredi 9 juillet 2014

L’Equateur est un pays à taille humaine (environ deux fois plus petit que la France). Finis les longs bus de nuit ! Pour aller d’une ville à l’autre, il n’y a pas dix à douze heures de trajet mais plutôt quatre à six. On revit ! Le bus pour Cuenca est riche en couleurs : musique rythmée et vendeurs qui grimpent à chaque arrêt pour nous pour vendre boissons, glaces, empanadas… Ils redescendent à l’arrêt suivant ! Enfin, « arrêt », c’est vite dit… Le bus ralentit et les gens doivent sauter !

P1120688A Cuenca, nous trouvons un hôtel plutôt rapidement (à la troisième visite). Tous nos critères sont réunis : cuisine, ordinateur et chambre confortable. Nous faisons les courses et passons notre première soirée devant Le Roi Lion sur Disney Channel.

Cuenca est une très jolie ville à l’architecture coloniale. La météo n’est pas trop de notre coté lorsque nous nous y baladons mais nous apprécions ses rues et ses monuments.

CIMGP4586 CIMGP4585 CIMGP4664 CIMGP4665 CIMGP4663 CIMGP4584Il y a deux cathédrales à Cuenca ! La vieille et la jeune ! La « cathédrale neuve » est très imposante. Elle domine le Parque Calderon de ses grosses tours. L’intérieur semble vide tant il est immense.

CIMGP4668 CIMGP4622 CIMGP4669Cette église contraste beaucoup avec la « cathédrale vieille », située de l’autre coté de la place. L’extérieur est plus délicat et l’intérieur est charmant. Nous sommes séduits malgré l’incompétence de la guide (que nous ne suivons plus rapidement). Son style est très original. Les peintures sur bois sont dans les tons pastels et une Cène en statues grandeur nature occupe la place de l’autel.

CIMGP4570 CIMGP4568Nous visitons également le petit musée des cultures aborigènes. Il abrite une riche collection archéologique d’objets représentant les cultures amérindiennes d’Equateur depuis le Ier millénaire avt JC jusqu’aux Incas. Ce sont essentiellement des céramiques et terres cuites : poteries, figurines… La présentation est un peu confuse et on manque d’explication malgré le livret en français mais nous trouvons tout de même le lieu intéressant. Ce qui est bien, c’est qu’ici tous les objets ne sont pas en vitrine et on peut même en toucher certains comme des instruments de musique en pierre.

CIMGP4582 CIMGP4579 CIMGP4574Autre lieu sympa à visiter, le marché aux fleurs. Il se situe sur le parvis d’une petite église tout prés de la récente cathédrale.

CIMGP4672 CIMGP4674A Cuenca, nous avons fait une découverte : le célèbre chapeau « panama » n’est pas fabriqué au Panama… mais ici, en Equateur ! D’ailleurs ici, on ne dit pas « panama » mais « sombrero de paja toquilla », c’est-à-dire « chapeau de paille », tout simplement. Alors pourquoi ce nom de panama si le panama ne vient pas du Panama ?!

P1120714L’histoire remonte aux années 1880, lorsque le canal de Panama était en construction. Les ouvriers utilisèrent ce chapeau porté depuis longtemps en Equateur pour se protéger du soleil. Les Européens découvrèrent alors le chapeau et l’associèrent au Panama. Depuis, le nom est resté.

Le « sombrero de paja toquilla » est donc fabriqué à partir de la tige d’un palmier qui pousse dans la région de Montecristi, sur la côte. On y fabrique d’ailleurs une partie des chapeaux. Mais c’est à Cuenca, au Sud du pays, dans la « Sierra », que la majorité des chapeaux sont élaborés. Deux grandes fabriques sont notamment implantées, celles de Rafael Paredes et d’Homero Ortega. Ces artisans ont fabriqué des chapeaux pour les grands de ce monde, de Winston Churchill à Lady Di en passant par Jean Gabin, Johnny Depp… Nous les visitons toutes deux, apprenant tous les secrets du panama !

Si la visite de ces ateliers et de leurs boutiques est passionnante, elle ne nous suffit pas ! En effet, nous ne pouvons y voir que les dernières étapes de fabrication d’un chapeau, à savoir la mise en forme et la couture du ruban. Nous voulons en voir plus, notamment le tissage et ainsi, comme dit Loïc, « remonter la filière » ! Pour cela, nous nous rendons dans le petit village de Sigsig, à une heure de route de Cuenca. C’est là que les femmes tissent la « paja toquilla » ! Et dès que nous descendons du bus, nous constatons que nous sommes au bon endroit : partout dans la rue des femmes ont des tiges de paille dans les mains. Elles tissent en marchant, en bavardant… Bref, dés qu’elles ont un temps libre.

CIMGP4643 CIMGP4640 CIMGP4639 Nous nous rendons à une petite coopérative tenue par des femmes. Ici aussi, on fabrique des chapeaux de grande qualité. Il y a huit ouvrières pour la fabrication des chapeaux et une centaine de tisserandes leur fournissent leur base de travail. La « dueña » (propriétaire) nous fait visiter l’atelier et nous complétons nos connaissances acquises dans les fabriques de Cuenca.

Voici donc comment se fabrique un panama ! Les photos proviennent des trois ateliers visités.

1) La tige du palmier séchée est découpée en fines lamelles. Les petites mains habiles des tisserandes les assemblent pour former la structure de base du chapeau. On distingue plusieurs degrés de finesse, selon que le tissage a été effectué avec des lamelles plus ou moins fines. Il faut une journée pour tisser un chapeau « fino » de grade 6 (soit six points par centimètre) et plusieurs mois pour un « extrafino » de grade 26 !

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Tiges du palmier teintées en train de sécher.

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Démonstration de la technique du tissage.

2) Les chapeaux bruts sont lavés et blanchis. La paille qui dépasse est coupée. On les assouplit en les tapant à coup de marteau sur un moule puis on repasse les bords.

CIMGP46453) Les chapeaux passent ensuite dans une grande presse hydraulique chauffée pour leur donner leur forme définitive. Il y a des dizaines de moules différents, du plus classique à la forme « cowboy », en passant par tous les chapeaux féminins possibles et imaginables. Les chapeaux sont pressés trois à quatre fois afin qu’ils conservent bien leur forme.

CIMGP4591 CIMGP46314) Les finitions : les ouvrières coupent les petits fils qui dépassent avec beaucoup de minutie. Le bord est ensuite ajusté à la dimension voulue.

CIMGP46135) Un ruban est cousu à l’intérieur, celui de l’extérieur est collé.

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Collage du ruban extérieur

P11207116) Un dernier tour en presse et le chapeau est prêt à être porté ! Un bon panama peut se plier pour entrer dans une toute petite boite mais il ne faut pas l’y laisser plus de quelques jours, sinon il perdrait sa forme.

CIMGP4596A Cuenca, on peut acheter un panama pour un prix allant de 25 euros (panama « fino » de base) à environ 150 euros pour un extrafino de très bonne facture. Par curiosité, nous sommes allés voir sur des sites internet de chapeliers anglais et français le prix de ces mêmes chapeaux, ceux que l’on a vu en usine… Le chapeau de base coûte près de 100 euros et les extrafinos plus de 500 ! C’est fou ! Noémie n’a pas pu résister et s’est acheté chez Homero Ortega un chapeau de cérémonie d’inspiration panama mais dans un style plus féminin ! Il coûte trois fois plus cher en France, c’est l’affaire du siècle !

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