Cañon del Colca

Du dimanche 1er au mercredi 4 juin 2014

Quand on vous dit le mot « canyon », vous vient aussitôt à l’esprit le Grand Canyon du Colorado aux Etats-Unis. Pourtant, aussi grandiose soit-il, ce n’est pas le plus profond de la planète ! Il est surpassé – et pas qu’un peu – par deux canyons péruviens, le cañon del Colca et le cañon del Cotahuasi. Jugez plutôt :

  • Grand Canyon : 1500 mètres de profondeur
  • Cañon del Colca : 3191 mètres de profondeur
  • Cañon del Cotahuasi : 3345 mètres de profondeur !

Pour ne pas « faire dans la dentelle », on a décidé, ni plus ni moins, de descendre au fond du  cañon del Colca…  Bon, on reconnaît qu’on ne fera pas 6400 mètres de dénivelé cumulé, puisque nous ne partons pas du sommet de la montagne, mais vous allez voir que nous avalerons de la pente pendant ces trois jours de trek. En route pour Cabanaconde (3290m) !

CIMGP2471Sönke, l’Allemand qui était dans la même auberge que nous à Arequipa, a décidé de se joindre à nous. Il hésitait à partir avec une agence mais nous l’avons convaincu de faire ce trek en autonomie. Après avoir discuté avec le propriétaire de notre hôtel et d’autres voyageurs, il semblerait en effet qu’il soit inutile de payer un bus et un guide privés car les transports publics sont fiables et le chemin bien balisé. C’est ainsi que nous arrivons dans le petit village de Cabanaconde après six heures de bus où volcans, vigognes et cols à plus de 4000 mètres ont rythmé le trajet. Nous quittons la grande ville d’Arequipa (aux banlieues aussi sordides que son centre est beau) pour une région bien plus rurale. Ici, nous trouvons un Pérou plus « authentique », où les gens portent encore le costume traditionnel, notamment un magnifique chapeau richement décoré de broderies et de de brillants.

CIMGP2467Avant d’entamer le trek, nous nous levons à l’aube pour assister à l’envol des condors à un mirador surplombant le canyon à 10km de là. Pour cela, nous prenons le bus public en compagnie de toutes les vendeuses de souvenirs. Nous sommes ratatinés dans ce bus qui transporte quasiment deux fois plus de passagers qu’il n’y a de places assises ! L’endroit où nous stoppons offre une vue sur le canyon qui semble sans fin.

CIMGP2594 CIMGP2517Une importante colonie de condors des Andes niche sur ce piton rocheux. 7h00 : Nous scrutons les airs… Nous en voyons un, au loin. Bon. Nous patientons. 7h10, un autre s’envole… pour se reposer aussitôt. Encore un autre, quelques minutes plus tard… On dirait qu’ils s’échauffent avant de s’envoler pour de bon !

CIMGP2513Tout à coup vers 8h00, ils sont des dizaines à s’envoler dans le ciel ! Ils planent, majestueux, au dessus de nous. Leur ballet est fascinant. Des jeunes au plumage noir ainsi que des adultes avec leur belle colerette blanche et leur crête rouge montent en spirale et nous permettent de les observer sous tous les angles. Le spectacle est grandiose ! Nous avions aperçu quelques condors au loin en Patagonie, mais jamais autant et jamais aussi près ! Des jeunes se posent même à quelques mètres de nous ! A 8h30, tout est fini. Ils sont loin, éparpillés dans les montagnes à la recherche de leur repas.

CIMGP2554 CIMGP2556 CIMGP2549 CIMGP2579Nous tournons le dos au canyon et nous tombons face à une haie de vendeuses de souvenirs (nos copines du bus !). Elles ont déballé toute leur marchandise pendant que nous avions les yeux rivés sur les condors. Elles sont rigolotes à tenter de nous vendre un porte-clé en forme de lama ou une paire de gants en alpaga ! A 9h30, le bus public arrive. Il est temps pour nous de rentrer à Cabanaconde, une longue journée de marche nous attend.

CIMGP2592 CIMGP2590Nous commençons donc notre trek à 11 heures. C’est l’horaire le moins judicieux pour commencer à marcher car nous allons constamment être sous un soleil cuisant. Mais nous n’avons pas le choix, nous voulions absolument voir les condors ! Cette première journée est donc consacrée à la descente dans le canyon. Nous avons prévu d’atteindre le hameau de Llahuar d’ici le milieu de l’après-midi. Si en montagne les montées sont souvent ardues, les descentes se révèlent souvent bien plus difficiles. Et celle-ci ne déroge pas à la règle car le dénivelé négatif est très important. Nous avons du mal, surtout que le soleil nous brûle…

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L’objectif du jour est tout en bas !

CIMGP2612 CIMGP2615Heureusement, à l’arrivée, nous pouvons nous prélasser dans des sources chaudes au pied du lodge où nous passons la nuit ! Parfait pour effacer les douleurs de la journée dues aux 1200m de dénivelé. Le dîner servi est, en outre, délicieux. En allant nous coucher, nous admirons le ciel pur au dessus de nos têtes…

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Notre gite est en vue !

CIMGP2618Deuxième jour de marche. Nous partons à 7 heures pour éviter les grosses chaleurs. L’objectif est d’arriver à « l’oasis » au fond du canyon pour le déjeuner car après, tout est dans l’ombre. Nous sommes déjà dans le fond du canyon mais, pour rejoindre cette oasis, il faut remonter la pente pour la redescendre ! Ce n’est pas le même chemin qu’hier : nous longeons les montagnes qui font face à celles où nous marchions la veille. Le terrain est beaucoup plus praticable car il s’agit d’une piste accessible aux voitures mais il a les défauts de ses qualités. Il n’y a certes pas de rochers qui nous ralentissent mais nous mangeons la poussière et la marche est plutôt monotone. Heureusement, la vue est tout sauf monotone, elle ! Les montagnes arides, la profondeur du canyon et la rivière qui serpente au fond sont un décor que nous apprécions.

CIMGP2632 CIMGP2633 CIMGP2628Pour redescendre en direction de l’oasis, nous traversons une zone de cultures en terrasses datant de l’époque précolombienne. Il y a plein de cactus, mais ils sont envahis par la cochenille, cet insecte parasite encore utilisé dans la teinture traditionnelle (nous croiserons d’ailleurs des hommes venus les ramasser).

CIMGP2634 CIMGP2636Nous arrivons en bas du canyon par un pont qui nous paraît peu sûr ! La rivière Colca est très belle par ici, plus violente qu’à Llahuar où nous étions la veille au soir.

CIMGP2643Nous pensions que le terme « d’oasis » donné à ces quelques habitations et hôtels avait été choisi dans un but touristique. Que nenni ! Il s’agit bien d’un oasis comme dans le désert ! A cette altitude poussent bananiers, papayers, palmiers, figuiers… Quelle surprise!

CIMGP2635Nous avons bien marché et sommes là pour déjeuner. Nous pouvons donc profiter du jardin de l’hôtel et de sa piscine ! L’eau est un peu fraîche (il n’y a pas de sources chaudes ici…) mais cela fait du bien après la marche.

CIMGP2645Troisième et dernier jour de marche. Nous sommes tout en bas du canyon… Il nous faut à présent remonter à Cabanaconde ! La pente semble quasi verticale depuis l’oasis. Nous l’avons observée avec dépit pendant tout notre après-midi de repos au bord de la piscine… Il faut bien la gravir à présent. Le problème, c’est qu’elle va vite être ensoleillée et ici, le soleil tape fort. Pour le contrer, nous devons mettre le réveil à 5h30, dur, dur ! C’est donc aux premières lueurs de l’aube que nous attaquons la pente.

CIMGP2657Un propriétaire de chevaux, malin, nous propose de monter sur son canasson. Nous lui répondons que nous sommes là « para caminar ! » (pour marcher) ! Des ânes nous doublent. Ils remontent les déchets de l’oasis.

CIMGP2656CIMGP2660En moyenne, il faut trois heures pour rejoindre Cabanaconde. Nous en mettrons quatre à cause de Noémie ! Ce fut dur pour elle, surtout pendant la dernière heure. Mais, une fois de plus, la joie d’être venus à bout de ce trek nous fait oublier toute douleur et toute fatigue. Surtout qu’à l’arrivée, nous longeons des champs où des paysannes en tenue traditionnelle travaillent. En venant ici, nous savions que nous verrions de beaux paysages. Ces dames et leurs magnifiques chapeaux sont le bonus de notre marche !

CIMGP2662 CIMGP2664Nous décidons d’acheter des sandwichs pour le bus. Alors que nous attendons sur un banc devant son petit boui-boui que la dame prépare nos sandwichs, nous la voyons sortir, aller chez une voisine acheter des oeufs, puis chez une autre acheter des avocats… Cela nous amuse beaucoup ! C’est un fait récurrent de notre voyage, en Asie et ici : commander des choses sur la carte et voir le cuisinier ou le serveur aller acheter les ingrédients !

CIMGP2666Les six heures de bus pour Arequipa nous semblent bien longues… Surtout que nous n’avons pas beaucoup de place pour nos jambes qui ont enduré près de 4000 mètres de dénivelé ! Nous aimerions bien les étendre après tant de marche ! En plus, notre chauffeur s’arrête sur la route pour secourir un collègue dont le bus est en panne. Le trajet est, comme dans tous les bus publics, rythmé par la « cumbia », cette musique latino au rythme toujours identique. Pendant six heures, nous avons l’impression d’écouter la même chanson !!

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3 réflexions au sujet de « Cañon del Colca »

  1. Noémie, si à ton retour l’Education nationale ne te propose pas un poste, tu pourras toujours postuler pour l’infanterie. Tu as eu un bon entrainement préparatoire !

  2. Petit coucou d’Arequipa ou nous allons faire un peu de bénévolat avant de poursuivre notre route. Vos photos du Canyon de Colca donnent envie, on va sûrement y aller le week end prochain.
    Au plaisir de vous revoir.
    La Bande à Samy

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