Arequipa

  • Du mercredi 28 mai au samedi 3 juin 2014
  • Jeudi 5 juin 2014

Notre découverte du Pérou a donc commencé par une déception aux îles flottantes Uros. Après cela, nous devons attendre quatre longues heures à la gare routière de Puno. Nous sommes fatigués et la perspective de passer une nuit dans le bus ne nous enchante guère. Le moral n’est pas très bon et l’ambiance du terminal de bus ne nous aide pas à aller mieux. Voici un aspect du voyage que l’on a très peu évoqué dans le blog : les longues heures d’attente dans les gares routières, ces lieux hors du temps à l’activité frénétique perpétuelle. Musique, télévisions, passage des voyageurs et guichetiers qui hurlent non-stop les destinations qu’ils proposent… Aucun récit ne vous mettra véritablement dans l’ambiance, c’est à voir ! L’heure du départ arrive enfin et nous sommes étonnés des mesures de sécurité mises en place par les compagnies de bus. Nos gros sacs sont étiquetés, jusque là, rien de nouveau. Ce qui nous surprend, c’est que nous sommes filmés au camescope en montant dans le véhicule !

Le trajet pour Arequipa ne dure que six heures et nous arrivons donc à quatre heures du matin… Hors de question de prendre un taxi à cette heure-ci, c’est trop dangereux, d’autant plus que le quartier a l’air vraiment glauque. Il nous faut donc attendre deux heures de plus que le jour se lève pour quitter ce lieu. Impossible de se rendormir, les cris des guichetiers étant incessants : « Limalimalimaaaaaaaaaaaaaa » ; « Punopunopunooooooooooooo » ; « Cuscocuscocuscoooooooooooo ». Cela serait comique si nous ne tombions pas de fatigue ! Un agent de sécurité nous met en garde contre les voleurs. Sur le siège d’en face de nous se trouve un Allemand, Sönke, avec qui nous décidons de partager un taxi lorsque le jour pointe enfin le bout de son nez. Il a repéré un hôtel qui se révélera très sympathique. Les lits sont fermes (c’est si rare !), il y a une cuisine (avec un blender : des litres de jus de fruits nous attendent), un toit-terrasse avec une belle vue sur la ville et les volcans, un ordinateur en libre accès (très important depuis que notre PC est en panne) et il y a même TV5 monde sur la télé de notre chambre, ce qui nous permet de regarder JT et documentaires francophones ! Les communs sont un peu vieillots (la balancelle s’est cassée lorsque Noémie s’est assise dessus…) mais tous ces aspects positifs compensent cela !

Se balader dans les rues d’Arequipa nous perturbe tant le décalage avec les villes boliviennes est important. Aucune femme ne porte les jupes et tresses traditionnelles, les enseignes occidentales sont à tous les coins de rue, il y a des supermarchés (nous avions oublié en Bolivie à quoi cela ressemblait !), c’est propre et l’office du tourisme est très compétent. Ces deux pays voisins qui nous semblaient similaires revêtent en fait des réalités sociales très différentes, notamment dans leur niveau de vie.

CIMGP2707Nous avions aimé les bâtiments de l’époque coloniale en Bolivie, nous allons être émerveillés par ceux d’Arequipa. D’anciennes demeures sont aujourd’hui occupées par des banques ou des magasins et il est donc facile de pénétrer dans leurs beaux patios.

CIMGP2267 CIMGP2268 C’est ainsi que nous dénichons une pâtisserie qui accueillera plusieurs de nos goûters ! Elle a des spécialités au lucuma, un fruit local dont la texture et le goût font penser quelque peu à la courge. Avec le chocolat, c’est divin !

CIMGP2709La Place d’Armes, entourée de colonnades, est renommée pour être l’une des plus belles d’Amérique du Sud. La cathédrale y est pour beaucoup. Elle a une architecture originale : sa façade imposante est constituée par la longueur de la nef occupant ainsi tout un côté de la place.

CIMGP2298CIMGP2706 CIMGP2705La visite guidée de la cathédrale est décevante, non pas à cause du lieu, sublime, mais à cause de la guide qui nous traîne au pas de charge et ne nous laisse pas le temps d’admirer les oeuvres ou bien la vue depuis le toit malgré nos remarques. Les autres églises d’Arequipa, accessibles seulement pendant les messes, sont elles-aussi des splendeurs de l’art baroque.

CIMGP2441 CIMGP2440 CIMGP2453Véritable « ville dans la ville », le Monastère de Santa Catalina est le lieu qui nous a le plus marqués à Arequipa. Il occupe une « cuadra » (pâté de maison) à lui tout seul, soit plus de 100000m2. Comme à Potosi, ce couvent était un lieu où de riches jeunes filles consacraient leur vie à Dieu. La différence, c’est qu’ici la vie n’était pas très austère : luxueux mobilier et servantes entouraient en effet les soeurs.

CIMGP2345Cet endroit nous subjugue. Il nous faut plusieurs heures pour en explorer les moindres recoins. Ainsi, nous découvrons dans un premier temps l’aile des novices, ses cellules, sa chapelle et son beau cloître orné de peintures. Puis, nous pénétrons dans une aile toute bleue qui aboutit au cloître orange, où poussent des orangers.

CIMGP2308 CIMGP2309De là, nous accédons à la chambre mortuaire où trônent les portraits des mères supérieures sur leur lit de mort. Puis ce sont d’autres « rues », ornées de géraniums, des fontaines, des escaliers… Nous pouvons entrer dans toutes les cellules qui se révèlent être de véritables appartements avec salon de réception et cuisine. Viennent ensuite le lavoir, le jardin, les cuisines et l’église.

CIMGP2330 CIMGP2332_3_4_5_6 CIMGP2348_49_50_51_52 CIMGP2353_4_5_6_7 CIMGP2374 CIMGP2384La visite s’achève par le dortoir, où sont aujourd’hui exposés des tableaux de l’école de Cusco. Pourquoi un dortoir alors que nous avons vu des dizaines de cellules ? En 1871, le couvent a connu une réforme. Beaucoup de bâtiments ont été endommagés par des tremblements de terre et les nonnes avaient une vie trop luxueuse au goût de l’Eglise. L’austérité a alors gagné le monastère.

CIMGP2386 CIMGP2394La visite de jour était extraordinaire, celle de nuit sera fascinante. Le monastère est en effet ouvert deux fois par semaine jusqu’à 21 heures, nous permettant de redécouvrir les lieux à la lueur de la bougie et des lampes à huile, comme autrefois. L’atmosphère change radicalement, d’autant plus qu’il y a peu de visiteurs. Nous avons vraiment le sentiment de faire un bond dans le temps et l’on s’attendrait presque à croiser une nonne au détour d’une rue ou dans sa cellule…

CIMGP2400 CIMGP2397 CIMGP2407 CIMGP2424 CIMGP2410 CIMGP2420 CIMGP2435En entrant au Pérou, nous sommes entrés en territoire inca… C’est à Cusco, l’ancienne capitale impériale, que nous verrons le plus de vestiges de cette civilisation mais déjà nous en découvrons quelques traces. Nous avons ainsi vu nos premières ruines incas sur l’Isla del Sol en Bolivie et à Salta, en Argentine, dans ce qui était alors les confins de l’empire, nous avions été troublés par la vision de ces enfants sacrifiés au sommet des volcans.

Le Museo Santuarios Andinos d’Arequipa porte lui aussi sur ces sacrifices d’enfants. La région est couverte de volcans dont le Misti qui dominent la ville d’Arequipa.

CIMGP2446 La plupart d’entre eux abritaient en leur sommet des offrandes humaines faites par les Incas. Le volcan Ampato notamment, d’une altitude de 6380 mètres, a gardé en son sein pendant près de 550 ans une jeune fille, baptisé Juanita du prénom de l’archéologue qui l’a trouvée, Juan. Offerte aux dieux à l’âge de 12 ans, c’est grâce à une éruption que sa découverte a été possible. Le volcan, dégageant des cendres et une chaleur énorme, a fait fondre le glacier qui le recouvrait, dévoilant Juanita, dont le corps a roulé le long de la pente. Comme à Salta, l’enfant a été sacrifiée par des prêtres et a été déposée au sommet de la montagne avec divers objets rituels. Auparavant, elle a effectué un voyage jusqu’à Cusco accompagnée d’une cour constituée d’importantes personnes de la région. Là, elle a rencontré l’empereur inca qui lui a transmis sa divinité. Au retour, elle a dû faire l’ascension du volcan en compagnie des prêtres. Dans le documentaire projeté, les archéologues soulignent la difficulté de la marche avec l’équipement d’aujourd’hui. Qu’en était-il à l’époque où l’on marchait en sandales ?! Après de grands rites, Juanita a été endormie. Si les enfants de Salta étaient déposés tels quels au sommet des volcans, Juanita a ensuite reçu un coup dans la tempe droite, ce qui l’a tuée. Le documentaire, l’exposition des objets de sa tombe, et enfin le corps préservé de Juanita forment la visite de ce musée passionnant. Vision troublante que de voir cette jeune fille… (Malheureusement pour vous : photos interdites!)

Vous vous en doutez, il était impensable pour nous de ne pas aller faire un tour au marché. Celui-ci ressemble beaucoup aux marchés boliviens, les tenues traditionnelles en moins. Nous y tomberons même en plein exercice de sécurité face aux tremblements de terre ! Pour déjeuner, nous devenons accros aux ceviches, l’une des spécialités péruviennes. Nous en avions mangé quelques uns à Santiago mais ils n’arrivent pas à la cheville de ceux-là ! Le poisson, cuit par le jus du citron dans lequel il marine, est accompagné de patates douces et de maïs grillé. En boisson, après avoir goûté l’Inca Kola à la couleur jaune fluo douteuse, nous nous rabattons sur la boisson traditionnelle, la chica morada, à base de maïs noir sucré. C’est très bon mais un peu pâteux !

CIMGP2291 CIMGP2283 CIMGP2437 CIMGP2294Comme nous pouvons cuisiner à notre hôtel, le marché est l’occasion de faire quelques courses. C’est ainsi que nous nous faisons une copine : la maraîchère Yvonne qui nous vend tous les jours de bons fruits (on en a même en cadeau !). Nous avons entamé la conversation avec elle au sujet des petits baigneurs noirs qui ornent les stands de fruits des vendeurs. Elle nous explique que c’est pour porter chance !

CIMGP2287De fil en aiguille, nous discutons avec sympathie et son stand est devenu un arrêt quotidien pour nous pendant la semaine que nous passons à Arequipa. Quel décalage avec les Boliviennes qui nous adressaient à peine la parole ! Nous aurions tant aimé discuter avec elles autant qu’avec Yvonne…

Yvonne !

Yvonne !

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2 réflexions au sujet de « Arequipa »

  1. Grâce à un bon atlas, je peux suivre sur la carte votre intéressante pérégrination.
    Bon courage et bonne chance pour les derniers jours !!!

  2. Je continue à suivre votre périple avec beaucoup d’intérêt. Merci de nous faire partager cela!
    Et c’est avec beaucoup d’émotions que je viens de lire l’article sur Arequipa. J’avais également énormément apprécié cette ville paisible entourée de volcan, son couvent … Cela m’avait enchanté comme le reste du pays. Donc hâte de lire la suite de vos pérégrinations péruviennes ! Et vive les voyages ! 😉

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