Le lac Titicaca – Bilan de la Bolivie

Du vendredi 23 au mardi 27 Mai 2014

Nous voici en route pour ce grand lac mythique qu’est le lac Titicaca ! Pour aller à Copacabana, le bus doit passer un détroit. Tous les passagers descendent et empruntent un petit bateau tandis que le gros bus grimpe sur une barge chancelante. On se demande s’il va réussir à traverser sans couler tant ça tangue ! Le temps est en effet plutôt mauvais. Il fait gris, il y a beaucoup de vent et il commence à pleuvoir.

CIMGP2023 CIMGP2024Nous arrivons à Copacabana en fin d’après-midi. Nous trouvons un petit hôtel correct à 6€ la nuit. Quelques instants après notre installation, un gros orage s’abat sur la ville. C’est la seule fois de notre séjour en Bolivie où nous avons eu quelques heures de mauvais temps!

CIMGP2025Nous avons vraiment besoin de repos alors nous prenons notre temps pour découvrir cette petite ville et profitons comme d’habitude du marché.

CIMGP2094 CIMGP2098 CIMGP2093Copacabana est renommée dans toute l’Amérique Latine pour sa Vierge, la Virgen de Candelaria, qui accomplirait des miracles et protégerait les conducteurs. C’est d’ailleurs en son hommage que la plus célèbre plage de Rio au Brésil s’appelle Copacabana ! Des pèlerins affluent en masse en août pour la grande fête patronale afin de demander à la Vierge de réaliser leur souhaits ou de faire bénir leur nouveau véhicule (car leur voeu de l’année précédente, avoir une nouvelle voiture, a été réalisé !). Ils sont aussi présents tous les week-end et nous assistons amusés aux bénédictions des voitures bien décorées devant la cathédrale.

CIMGP2080 CIMGP2048 CIMGP2075 CIMGP2077 CIMGP2057Aujourd’hui, c’est la fête des mères, alors on a une pensée pour nos mamans !!

CIMGP2231Ce qui nous plait le plus à Copacabana, c’est sa situation géographique. Elle borde en effet la seule plage de Bolivie et le lac Titicaca, si vaste, qu’il ressemble à la mer. De part et d’autre du centre se dressent des collines, ainsi qu’autour du lac. La plus petite colline de la ville abrite quelques ruines d’un ancien observatoire astronomique inca, l’Horca Inca. Le jour du solstice d’hiver (21 juin), les roches percées qui la composent laissent filtrer les rayons du soleil jusqu’au linteau. L’endroit est surtout plaisant pour la vue qu’il offre sur la ville et le lac.

CIMGP2059De même, la grande colline de Copacabana, le Cerro Calvario, est l’endroit où aller si l’on veut bénéficier d’un beau coucher de soleil sur le lac. Il faut marcher le long des 14 stations du chemin de croix pour arriver à son sommet et, après avoir repris des forces, profiter du panorama. Malheureusement, comme dans beaucoup d’endroits en Amérique du Sud, le lieu est très sale…

CIMGP2119 CIMGP2126 CIMGP2122 CIMGP2128 CIMGP2133Dans le domaine de la gastronomie, Copacabana est renommée pour ses truites. Celles-ci ont été introduites dans le lac dans les années 30 et aujourd’hui ce sont des poissons d’élevage que l’on peut manger. Les habitants, au marché ou dans les gargotes de la plage, les cuisinent frites dans l’huile, accompagnées de riz et de pommes de terre frites (la garniture bolivienne par excellence !).

CIMGP2113 CIMGP2109Après deux jours passés dans la ville, il est temps pour nous de naviguer sur le mythique lac Titicaca ! Un bateau très lent nous conduit sur l’Isla del Sol. Cette île offre de beaux paysages rappelant les îles méditerranéennes ainsi que des ruines de temples incas.

CIMGP2158 CIMGP2160 Selon la légende, c’est en effet sur cette île que le soleil est né, rien que ça ! Nous débarquons donc au Nord de l’île et marchons en direction des ruines. Le sentier surplombe de jolies criques où l’eau est très claire. Des moutons et des ânes nous entourent.

CIMGP2161Nous découvrons nos premières ruines incas ! Il reste peu de choses de ce qui fut autrefois un grand temple mais nous pouvons tout de même admirer les talents de bâtisseurs de ce peuple.

Table de sacrifices

Table de sacrifices

CIMGP2170 CIMGP2185 Stitched PanoramaUne sentier de huit kilomètres permet de rejoindre le Sud de l’île en passant par sa crête. La balade prend plusieurs heures du fait de l’altitude (4000m !) et des multiples montées et descentes. En plus, il n’y a pas un poil d’ombre ! Mais la vue est superbe. Le regard embrasse quasiment toute l’île et les rivages du lac se dessinent au loin, surmontées de pics enneigés.

CIMGP2189 CIMGP2188 CIMGP2193Au beau milieu du parcours se dresse un gros portique sous lequel sont assises deux dames. C’est le péage pour accéder à la partie Sud de l’île ! Nous avions déjà payé quelques Bolivianos en débarquant au Nord, il nous faut maintenant donner la même chose pour pouvoir emprunter les sentiers du Sud… Régulièrement, des habitants que nous croisons contrôlent nos billets. Ces taxes touristiques ont certes été mises en place pour bénéficier à la population locale mais nous trouvons le procédé quelque peu désagréable.

CIMGP2191Au terme de près de trois heures de marche, nous arrivons dans le petit village situé à la pointe Sud de l’île. Là aussi nous devons normalement payer un droit d’entrée mais nous y échappons. Dès les premières maisons croisées, des dizaines de gamins accourent vers nous pour nous proposer des chambres à louer. Ils sont très pros dans leur façon d’appâter le chaland ! Nous déclinons leurs offres, préférant loger un peu plus bas. Le village est en effet bâti à flanc de colline et les chemins prennent vite la forme d’escaliers. L’un d’entre eux remonte à l’époque inca.

CIMGP2229Nous trouvons une chambre peu avant la tombée de la nuit. Ici, il fait très chaud la journée mais dès que le soleil disparaît les températures dégringolent sous les 10°C. La chambre devient vite glaciale et il n’y a pas de chauffage ! Il y a peu de commodités sur cette île. L’eau potable vient par exemple du continent, acheminée ensuite à dos d’âne jusqu’aux maisons.

CIMGP2206Il n’y a pas non plus d’éclairage extérieur et nous avons oublié nos lampes frontales ! Cela pose sérieusement problème lorsqu’il nous faut aller dîner car le chemin est une pente raide jonchée de gros rochers. Le ciel est très clair et nous bénéficions par chance du clair de lune mais nous avons tout de même du mal à marcher jusqu’à un petit restaurant! Nous sommes réveillés le lendemain matin par le lever du soleil juste en face de notre lit. Il nous suffit juste d’ouvrir les rideaux pour profiter des premières lueurs de l’aube illuminant les montagnes et le lac. Quel luxe !

CIMGP2225Nous reprenons ensuite un bateau pour Copacabana, ravis de cette petite excursion sur l’une des îles du lac Titicaca. Nous récupérons nos gros sacs, achetons de quoi grignoter et partons attendre notre bus pour Puno, au Pérou. Il n’y a pas de gare routière à Copacabana et tous les bus partent de la place centrale. Les chauffeurs crient à longueur de journée leur destination et c’est marrant de les entendre continuellement hurler « LaPaLaPaLaPaLaPaaaaaaaaaz ! ».

La frontière se situe juste à la sortie de la ville. Une fois nos passeports tamponnés côté bolivien, nous devons marcher une centaine de mètres pour atteindre le Pérou.

CIMGP2233Nouveau pays donc, mais peu de changement avec la Bolivie aux abords du lac. En regardant à travers les vitres du bus, nous n’avons pas encore le sentiment d’avoir basculé de l’autre côté de la frontière. Nous longeons les rives du lac Titicaca jusqu’à la grande ville de Puno. Là, nous laissons nos sacs à la gare routière et partons pour l’embarcadère. Il nous reste quelques heures avant la tombée de la nuit et nous souhaitons en profiter pour voir les curieuses îles flottantes du lac Titicaca. Près de 80 îles sont construites en roseaux : sol, mais aussi maisons et bateaux. L’ensemble est surprenant et n’est pas sans nous rappeler les villages flottants du Cambodge.

CIMGP2238CIMGP2236 Malheureusement, nous avons mal choisi notre excursion. Le bateau nous dépose sur une petite île de 50 mètres carrés où il y a trois cabanes et un petit mirador. Trois femmes sont présentes et nous expliquent comment sont construites les îles. Les couches de roseaux sont attachées à des poteaux en bois. Le sol est souple et l’on s’enfonce un peu en marchant ! L’explication ne dure que cinq minutes et tout de suite après les femmes nous sortent des souvenirs à vendre… A grand renfort de « nous sommes pauvres, achetez-nous quelque chose ! », elles ne cessent de nous pousser à l’achat (nous tenons bon !). Et nous nous apercevons que les cabanes sont vides… Cette île n’est pas habitée et n’a été construite qu’à l’attention des touristes. C’est une grande déception pour nous. Nous regardons d’autres touristes faire un tour en bateau traditionnel avant de remonter dans notre bateau à moteur. Allons-nous voir une île habitée ? Pas du tout, nous allons juste sur une autre petite île où se trouve cette fois-ci un café… Nous trouvons le temps long ! Nous n’aurions jamais dû céder à la facilité du tour organisé et si nous avions eu plus de temps, nous aurions pris le ferry en indépendant. Il nous aurait conduit un peu plus loin, là où les îles sont vraiment habitées !

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Bilan de la Bolivie :

La Bolivie est un pays qui nous a charmés par son authenticité. Au Chili et en Argentine, les modes de vie sont très occidentalisés. Ici, les traditions perdurent et se balader dans les villes et villages est un régal pour les yeux. Il y a partout des vendeurs assis par terre, des gamins qui jouent, des dames qui transportent je-ne-sais-quoi dans leur « manta » sur le dos. Les Boliviennes, avec leurs jupes, leurs longues tresses et leurs chapeaux sont tellement mignonnes ! De plus, chaque région a son habit traditionnel, les couleurs et chapeaux changent. Nous attendions beaucoup de ce côté-là de la Bolivie et nous n’avons pas été déçus.

CIMGP2091Seul bémol : les Boliviens ne sont pas très ouverts et n’aiment pas trop les Occidentaux. Ils refusent systématiquement d’être pris en photo. Nous n’aimons pas trop cela mais nous avons dû les photographier en cachette… Dans les marchés, rares sont ceux qui disent bonjour, merci, au revoir. Pourtant nous parlons espagnol et sommes toujours souriants lorsque nous allons acheter quelque chose. Lorsque nous posions des questions aux marchands, nous n’avions pas souvent des réponses… Certains même nous dédaignaient complètement lorsque nous voulions leur acheter des fruits ! Nous avons été un peu vexés. Nous pouvons comprendre que les touristes anglophones qui arrivent à grand renfort de « Hi ! Do you accept US dollars ? » (véridique !) soient dédaignés, mais nous, nous pensions être plutôt sympathiques… Tous les voyageurs croisés pendant notre séjour en Bolivie ont fait le même constat. Les Boliviens, à part à La Paz et à Uyuni, n’ont peut-être pas trop l’habitude des étrangers ? Pays enclavé, montagnard, la Bolivie n’est historiquement pas un lieu de passage. Peut-être que la rudesse du climat a déteint sur leur caractère ? En outre, c’est un pays très pauvre. Nombreux sont les mendiants qui viennent vers vous à Potosi et à Sucre. Nous pouvons comprendre que voir des Occidentaux, appareil-photo en main, rebute un peu les habitants.

En Bolivie, nous avons découvert une cuisine roborative, à baise de maïs, pomme de terre et viande bouillie. Une cuisine de grand-mère campagnarde ! La soupe est présente à chaque repas. En dessert et en en-cas, les Boliviens raffolent de la gelée (« gelatina »). Nous, nous avons adoré le « pochoclo », le pop-corn de maïs à gros grain. Nous en achetions un « bolsito » (petit sac) tous les jours ! Nous avons aussi aimé retrouver des fruits et des légumes qui nous avaient tant manqués en Argentine. La Bolivie, c’est également le pays du quinoa. Il est cultivé sur les hautes terres et les meilleures variétés du monde y sont récoltées. Cependant, cette céréale est devenue à la mode en Occident et les prix ont flambé, si bien que les Boliviens n’en consomment presque plus et préfèrent le vendre à l’export…. Pour nos repas, si nous trouvions de quoi déjeuner très facilement et pas cher (marchés, petits-restaurants…), tout est fermé le soir, à part des pizzerias moyennes. Nous en avons vite eu marre de chercher un lieu pour dîner ! Heureusement, nous avons pu cuisiner dans notre hôtel de Sucre.

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Le pochoclo !

CIMGP2084 Les paysages boliviens du Lipez sont à nos yeux parmi les plus beaux d’Amérique du Sud. Ils resteront cependant toujours associés dans nos mémoires au froid ! Nos organismes ont été mis à rude épreuve durant ce mois… Entre les soirées et nuits glaciales, les effets de l’altitude et les règles d’hygiènes alimentaires pas toujours respectées, nous quittons ce pays bien affaiblis, surtout Loïc qui est malade depuis le salar d’Uyuni. La fatigue du voyage est bien présente et il nous faut de plus en plus longtemps pour nous remettre des transports et des visites.

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