La Paz

Du mardi 20 au jeudi 22 mai 2014

Pour rejoindre La Paz, nous devons prendre notre seul et unique bus de nuit bolivien. Les prix sont nettement moins chers qu’en Argentine ! Là où nous aurions payé 80€ par personne, nous ne payons que 10€ chacun ! Beaucoup de voyageurs nous ont mis en garde au sujet des bus de nuit en Bolivie. Certains ont subi des vols, soit en soute (coup de cutter dans le sac ou ouverture des fermetures éclair pour ceux qui n’ont pas de cadenas) ; soit dans les compartiments au-dessus des sièges. Sans oublier ceux qui se sont fait carrément voler leur sac dans les gares routières ! Nous redoublons donc de prudence : passeports et cartes bleues sont dans nos ceintures secrètes et nous accrochons nos quatre sacs ensembles à un banc dans les gares. Si un « ladron » (voleur) veut en prendre un, il sera vite stoppé ! Depuis le début, nous savons que nous sommes susceptibles de tout perdre, mais tout de même, ce serait vexant et contraignant! Finalement, tout se passe bien et le bus est confortable. Seul bémol : les toilettes sont hors service… Après douze heures de trajet, nous traversons la gare routière de La Paz en courant direction les toilettes !

La Paz est une ville vertigineuse. Située à 3660 mètres d’altitude, c’est la plus haute capitale du monde. Rien de tel qu’une petite grimpette pour avoir une vue d’ensemble! Nous trouvons un marché en cours de route et pouvons donc déguster un bon verre de jus de fruits avant d’aller au mirador Kili Kili. De là, le panorama est saisissant !

Stitched PanoramaDepuis le bas de la vallée à 3100 m jusqu’à la banlieue d’El Alto à 4060m, l’urbanisation s’étend à perte de vue sur les flancs des montagnes au détriment des fôrets. Il y a peu d’immeubles, si ce n’est près du centre. Au loin, le sommet enneigé de l’Illimani (6042 mètres) domine la scène. Certains trouvent La Paz laide et peu accueillante. Nous la trouvons intrigante et homogène. Certes, ce n’est pas un endroit où l’on a envie de rester plusieurs jours, comme Buenos Aires par exemple qui nous rappelait tant Paris, mais cette ville gagne à être découverte.

CIMGP1968 CIMGP1969 CIMGP1970Nous participons à une visite guidée du centre. Le principe est le même que dans la capitale argentine, c’est-à-dire que le tour est basé sur des pourboires. Il n’y a que nous et une Néo-Zélandaise. Jorge, notre guide, nous présente tout d’abord les monuments de la Plaza Murillo : la cathédrale, le Parlement et le siège du gouvernement. C’est l’occasion pour nous d’en apprendre plus sur la société bolivienne, où métis et indiens se mélangent peu.

CIMGP1942Nous nous rendons vite compte que les piétons ne sont pas les bienvenus à La Paz. Il est quasiment impossible de traverser une rue sans manquer de se faire écraser, même quand le feu est rouge ! Nous pensions que les villes chinoises étaient les pires dans ce domaine, mais elles ont là une sérieuse concurrente…

CIMGP2002La Paz n’est pas une « ville-musée » mais ce n’est pas pour autant que le tour proposé par Jorge n’est pas intéressant. Il est en effet axé sur la vie quotidienne des habitants de la capitale et c’est ainsi qu’il nous emmène chez un ami à lui, propriétaire d’une petite boutique d’instruments de musique traditionnels, pour nous faire écouter quelques morceaux choisis du répertoire populaire bolivien. L’ambiance devient vite très enjouée alors que nous écoutons notre concert privé ! Nous nous apercevons que la plupart des chansons sont très patriotes.

CIMGP1986Quelques rues plus haut, nous voici dans l’intrigant « marché aux sorcières »… De nombreuses petites « tiendas » (boutiques) tenues par des vieilles dames recèlent d’étranges marchandises : fioles, sachets de poudres colorées, amulettes, herbes, et foetus de lamas ! Tout cela est bien sérieux et le mot « sorcières » n’est finalement pas adapté à la réalité de ces commerçantes. Elles font perdurer de très anciennes traditions remontant à la période où le christianisme n’était pas implanté en Amérique du Sud. C’est la Pachamama, la Terre-mère, qui est ainsi invoquée, les Boliviens pratiquant un syncrétisme religieux mêlant rites chrétiens et rites ancestraux. Ainsi, vous trouverez sur les étagères beaucoup de remèdes pour attirer l’amour et l’argent! Quand on s’installe dans une nouvelle maison ou lors de certaines fêtes, il est d’usage de préparer un grand plat dans lequel on dispose des représentations en sucre de ce que l’on souhaite (de l’argent, une voiture, un bus qui symbolise la sécurité lors des transports…), accompagnées de fils de laine, d’amulettes et d’un foetus de lama. Tout cela est brûlé et les cendres sont enterrées devant la maison. Dans ces échoppes, on trouve aussi des petites statuettes que les commerçants installent dans leur magasin. Elles recevront diverses offrandes : cigarettes, fioles d’alcool, faux dollars, petites photographies de passeport, de tablettes, de smartphones… Bref, tout ce que l’on souhaite dans la vie ! Cela nous rappelle énormément les cérémonies que l’on voyait dans la rue au Vietnam où des gens brûlaient exactement les mêmes images !

CIMGP2012 CIMGP1987 CIMGP1988 CIMGP1989Ce n’est pas la première fois que la Bolivie nous rappelle l’Asie, notamment dans tous ses commerces ambulants. Les cireurs de chaussures ici portent tous une cagoule. Ce n’est pas le cas dans les autres villes de Bolivie. Trouvant leur métier déshonorant, ils préfèrent cacher leur visage. C’est plutôt troublant pour nous car on a l’impression d’avoir affaire à des braqueurs de banque !

Nous partons découvrir ensuite des boutiques de vêtements. Mais attention, pas n’importe quels vêtements : ceux des cholitas, ces femmes qui portent le costume traditionnel bolivien (soit 8 femmes sur 10 !). Elles ont deux longues tresses jointes par des pompons de laine ou de perles surmontées d’un chapeau melon. Leur jupe plissée recouvre plusieurs couches de jupons en dentelle, ce qui leur donne cette imposante envergure (d’autant plus qu’elles ne sont jamais minces !). De jolis boléros et chemisiers brodés ainsi qu’un châle achèvent la tenue. Les Boliviennes moins aisées ont des tenues plus simples, moins colorées, mais toujours selon cette mode. Dans la rue, quasiment toutes les femmes portent dans leur dos un gros baluchon formé d’un grand carré de tissu coloré. Il sert à tout transporter, du bébé aux légumes!

CIMGP1997 CIMGP2000Notre balade riche en tranches de vie s’achève dans la Calle Jaen, jolie petite rue de l’époque coloniale restaurée. Nous connaissons désormais mieux La Paz et ses habitants!

CIMGP2007Nous passerons une journée de plus ici, essentiellement pour acheter des souvenirs dont la valeur est considérablement augmentée par le coût prohibitif du colis que nous envoyons.

CIMGP2009Pour notre dernier soir à La Paz, nous retrouvons Fanny et Fabien, qui achèvent leurs vacances sportives en Bolivie. Ils viennent en effet de faire l’ascension du Huayna Potosi, un sommet difficile à plus de 6000m ! Nous fêtons l’événement avant lors départ pour la France. Nous nous promettons de nous revoir à Chamonix, en compagnie de Céline, avec qui nous avions passé une semaine à Kuta Lombok, en Indonésie… Et oui ! Par le plus grand des hasards, nous nous apercevons qu’ils sont amis ! Le monde est petit !!

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