Sucre – Le marché de Tarabuco

Du mercredi 14 au lundi 19 mai 2014

Constitutionnellement, Sucre est la capitale de la Bolivie. C’est ici que l’indépendance du pays a été proclamée en 1825. Dans les faits, le gouvernement d’Evo Morales siège à La Paz. Mais la « ville blanche », riche en monuments, avance avec fierté ce statut de capitale.

CIMGP1733CIMGP1747 CIMGP1745 CIMGP1742Sucre marque pour nous le retour à des températures clémentes. Depuis que nous sommes en Bolivie, voilà près de deux semaines, nous avons froid, surtout le soir et la nuit. Nous sommes enfin redescendus en altitude. Bien que l’hiver approche, il fait bon ici et nous profitons du jardin de notre pension. Pelouse, hamacs, et observation des colibris nous permettent de nous délasser. Nous avons besoin de repos, surtout Loïc qui est malade depuis l’ascension du Tunupa il y a une semaine. Serait-ce l’abus d’infusion de feuilles de coca ? L’altitude ? L’alimentation ? Mystère, d’autant plus que Noémie se porte très bien. Nous apprécions bien cet hôtel. Nous y avons retrouvé d’autres Français qui étaient dans la même auberge que nous à Potosi, comme Solange, une institutrice de Chambéry qui remonte l’Amérique du Sud à vélo depuis Ushuaïa. Le premier jour, en arrivant à l’hôtel, nous sommes interpellés par un Français installé à une table. Il nous faut quelques secondes pour reconnaître Seb, que nous avions rencontré au camping d’Emile sur l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie, en décembre dernier ! On ne s’y attendait tellement pas ! Seb a quitté Nouméa, après y avoir travaillé comme barman pendant plusieurs mois et poursuit son long voyage, entamé il y a plus d’un an. A Sucre, il est bénévole auprès d’une « école-mobile », qui va à la rencontre des enfants non-scolarisés. C’est un vrai plaisir de le retrouver et de discuter avec lui !

Alors que nous nous reposions dans les hamacs, des musiques de fanfares se font entendre depuis la rue. Curieux, nous allons voir… Nous tombons en plein défilé des commerçants de Sucre. Ils sont regroupés par syndicats ou quartiers, et défilent fièrement dans leur plus beaux habits. Quel spectacles ces Chollitas !

CIMGP1727 CIMGP1720 CIMGP1723 CIMGP1730A Sucre, le temps s’écoule doucement. Notre sortie principale nous conduit au marché, où nous allons tous les jours prendre le petit-déjeuner et le déjeuner mais aussi tout simplement errer dans les allées. Il faut dire que le marché de Sucre est le plus beau et le plus passionnant que l’on aie vu de tout notre voyage ! On ne les a pas compté, mais on commence à en avoir vu des marchés… Il faut dire qu’on adore ça. C’est souvent notre première visite lorsque l’on arrive dans une ville et l’on peut y passer des heures sans s’en apercevoir.

CIMGP1781Ici, ce qui nous charme c’est la multitude de produits proposés et les vendeuses si mignonnes avec leurs grosses jupes et leurs longues tresses. Il est difficile de les prendre en photo : les Boliviens n’aiment pas trop ça. Ainsi, au-delà des habituels fruits, légumes, volailles et autres épiceries, on trouve au marché de Sucre des montagnes de pommes de terre aux variétés inconnues pour nous, des gâteaux colorés et crémeux, des tisanes médicinales, une section « avocats » plus que garnie, des gélatines multicolores et bien sûr des dizaines et des dizaines de « comedores », petits bouis-bouis où l’on déjeune pour 10 Bolivianos (1€). Il ne faut pas être très regardants sur l’hygiène…

CIMGP1766 CIMGP1769 CIMGP1764 CIMGP1761 CIMGP1736 CIMGP1737Mais le clou du spectacle, c’est la section « jugos » (jus de fruits). Tout autour d’un petit patio, face aux pommes de terre, il y a des dizaines de stands en hauteur où le bruit des blenders ne s’arrête jamais du matin au soir. Pour 40 centimes d’euros, vous avez près d’un demi-litre du jus de fruit de votre choix. Toutes les combinaisons sont possibles ! Mangues, fraises, papayes, pommes, kiwis, bananes… ou encore chirimuya, un fruit que nous découvrons. L’un des stands de jus de fruits sera d’ailleurs l’occasion de retrouver Fanny et Fabien, nos compagnons de 4×4 dans le Lipez, qui reviennent d’un trek et s’apprêtent à partir pour La Paz. Pour le petit-déjeuner, nous allons en outre y déguster des salades de fruits gigantesques avec céréales, chantilly fraîchement battue sous nos yeux et yaourts, pour la modique somme de 70 centimes d’euros…

CIMGP1765 CIMGP1740La belle ville de Sucre est donc avant tout une étape « repos » mais nous allons tout de même admirer ses bâtiments coloniaux. Le couvent San Felipe Nori abrite une école de jeunes filles. Nous y entrons à la fin des cours dans le but de visiter l’église. Les élèves et enseignants sont chanceux, le lieu est grandiose. L’intérieur de l’église ne nous retient pas longtemps. Nous sommes là pour la vue sur la ville qu’elle offre. Nous pouvons en effet marcher sur son toit et sur celui de l’école ! La « balade » est surprenante et nous offre une vue superbe sur la ville en cette fin d’après-midi. Sur le toit de l’église, nous recroisons d’ailleurs la « bande à Samy », rencontrée à Potosi !

CIMGP1749 CIMGP1751 CIMGP1752 CIMGP1756 CIMGP1754 CIMGP1755CIMGP1826S’il y a un musée à visiter à Sucre, c’est le « Museo Textil Indigena ». La Bolivie est un pays multi-culturel. 39 peuples indiens vivent plus ou moins en harmonie dans ce pays, qui a deux drapeaux : le drapeau vert-jaune-rouge, auquel s’identifient les descendants des Espagnols et les métis, et le Waypala, drapeau carré formé de 49 petits carreaux aux couleurs de l’arc-en-ciel, cher aux peuples indiens. Les traditions vestimentaires de chaque communauté sont bien vivantes en Bolivie, y compris dans les villes. Jeunes et vieilles portent les longues tresses, les chapeaux et les jupes de leur culture. Les femmes Jalq’a notamment, qui vivent dans les campagnes proches de Sucre, portent sur leur jupe une sorte de tablier, l’aqsu. De couleurs rouges et noires, il est constitué de motifs savamment tissés, tels qu’animaux, figures géométriques… Le musée nous permet d’observer de magnifiques pièces. Grâce à l’action entreprise par l’association qui en est propriétaire, les Jalq’a peuvent bénéficier d’une nouvelle source de revenus. Les femmes développent leur créativité et leurs tissages sont de plus en plus complexes ! D’autres tissages, notamment de la région de Tarabuco ou de Candelaria sont présentés. Nous sommes bluffés par ces oeuvres d’art ! Une tisserande présente dans le musée nous permet de découvrir la technique employée.

CIMGP1823 CIMGP1806 CIMGP1803 CIMGP1809 CIMGP1810Désireux de mieux connaître ces populations rurales, nous partons en « colectivo » (mini bus public) pour Tarabuco, à une cinquantaine de kilomètres de Sucre. Un grand marché s’y tient le dimanche. Il attire les populations de villages très reculés. Devenu très touristique, c’est aussi une grande foire artisanale, où nous trouvons un beau tissage traditionnel qui sera parfait dans notre futur appartement ! Nous l’achetons directement à la tisserande qui l’a fabriqué.

CIMGP1837 CIMGP1829 CIMGP1865 CIMGP1864L’intérêt premier de ce marché, c’est de voir les magnifiques costumes traditionnels portés par les villageois. Les chapeaux nous fascinent particulièrement. Ceux des hommes sont une sorte de casque en cuir, qui n’est pas sans rappeler le casque des conquistadors espagnols.

CIMGP1847 CIMGP1877Les femmes ont de drôles de chapeaux brodés, avec une frange de petites perles sur le front. Sur le dessus, il y a une petite tige qui supporte un gros pompom ! Lorsqu’elles sont célibataires, elles le portent sur le côté.

CIMGP1906Les jupes et les corsages des femmes, les pantalons blancs et les tuniques bariolées des hommes sont autant d’éléments qui attirent le regard.

CIMGP1871 CIMGP1858 CIMGP1840Ce marché est fantastique ! Bien sûr, nous déambulons également entre les étals, où fruits, légumes, mais aussi cigarettes roulées à la main, chaussures en pneus de voiture… sont proposés à la vente.

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2 réflexions au sujet de « Sucre – Le marché de Tarabuco »

  1. C’est incroyable ces rencontres fortuites d’anciens globe-trotters. Est ce qu’un matheux pourrait l’expliquer par le calcul des probabilités ?

  2. Une nouvelle fois, un superbe article. J’ai été ravi de vous avoir revu à Sucre. Le monde est décidément petit en effet. La Pizzeria où l’ont a mangés s’en rappellera.
    Dommage pour le Marché de Tarabuco, j’ai loupé ça.
    Je vous souhaite un plus qu’excellent fin de voyage à travers l’Amérique du Sud.
    Je suis revenus à Santiago 😉 Je suis à la recherche d’un Job.
    Bisous

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