La quebrada de Humahuaca – Bilan de l’Argentine

Du dimanche 27 avril au jeudi 1er mai 2014

Nous sommes rentrés bien tard de notre tour d’observation des étoiles à Atacama mais heureusement, cette nuit nous changeons d’heure et gagnons une heure de sommeil. Cela nous permet d’être en forme quand il faut se lever tôt pour aller à la gare routière !

Nous retournons en Argentine par la même route, celle qui culmine à 4800 m au Paso Jama. Vous savez à quel point nous en avons marre des trajets en bus de dix-douze heures alors on pourrait penser que la perspective de prendre une deuxième fois cette route aussi longtemps nous dépiterait. Et bien non ! Cette route est tellement belle que nous sommes même contents de l’emprunter de nouveau. C’est tout d’abord le majestueux volcan Licancabur que nous longeons sur plusieurs kilomètres…

CIMGP0238 CIMGP0237Les paysages inhospitaliers et pourtant si majestueux défilent ensuite, peuplés de vigognes.

CIMGP0250Petit passage par le poste frontière (moins essoufflés, nous nous acclimatons!) et c’est de nouveau l’Argentine.

CIMGP0252Quelques heures plus tard, après une interminable route en lacets, nous sommes à Purmamarca, notre première étape de la quebrada de Humahuaca, route qui va nous conduire d’ici quelques jours à La Quiaca, la ville-frontière avec la Bolivie.

CIMGP0275CIMGP0284Purmamarca est une petite bourgade située à l’ombre de la montagne aux sept couleurs (« cierro de los sietes colores »). Rouge, violet, vert… Cette roche forme un vrai mille-feuilles géologique barriolé ! Pour mieux l’appréhender, nous grimpons à un point de vue. Mais où donc la nature va-t-elle chercher tout cela ?!

Stitched Panorama CIMGP0314 CIMGP0347Sur la place principale, un marche de tissus et lainage.

Sur la place principale, un marche de tissus et lainage.

Nous nous rapprochons de la Bolivie, avec ces couleurs !

Nous nous rapprochons de la Bolivie, avec ces couleurs !

CIMGP0327_28_29_30_31Derrière la montagne se trouve un petit sentier. C’est comme si nous marchions sur la palette d’un peintre géant.

CIMGP0352 CIMGP0355 CIMGP0357 CIMGP0373 CIMGP0377 CIMGP0386Deuxième jour de découverte de la quebrada. Nous montons vers le Nord, au sens propre, comme au sens figuré. Les villes où nous dormons sont toutes à plus de 3000 m d’altitude ! Pour aller à Tilcara, nous nous postons au bord de la route, pour la dernière fois de notre séjour en Argentine. Le stop fonctionne comme d’habitude sans problème et un couple d’avocats de Buenos Aires nous conduit rapidement à destination.

Tilcara est beaucoup moins jolie que Purmamarca. C’est une plus grosse ville, poussiéreuse et sans charme. Son seul atout est la vue magnifique qu’offre ses hauteurs sur la quebrada.

Stitched PanoramaCIMGP0389Nous peinons à y trouver un hébergement. Soit les chambres sont trop chères, soit elles ne coûtent rien mais sont miteuses ! C’est la première fois de tout notre voyage qu’une telle déconvenue nous arrive. Au bout de trois heures de recherches, nous sommes prêts à quitter la ville sans la visiter tant nous sommes énervés. Nous tentons tout de même une dernière pension un peu par hasard. C’est un bed&breakfast très cosy, aux belles chambres confortables. Bien trop cher pour nous! Mais il y a un dortoir où nous pourrons êtres seuls pour la nuit ! Ouf ! En plus, le propriétaire, à l’écoute de notre récit de la journée, accepte de nous faire une ristourne.

CIMGP0391Cet après-midi pénible s’achève donc sur une note positive. Cette pension est un vrai coup de coeur : la salle commune est agréable, avec vue sur les montagnes. Il y a plein de livres de cuisine dans lesquels Noémie recopie des recettes de desserts. Une cuisine est à notre disposition, des jeux de société et pour finir, les propriétaires sont vraiment sympas. Ils ont racheté l’établissement il y a tout juste deux semaines : ils en avaient marre de la vie urbaine de Buenos Aires et ont eu un coup de coeur pour la Quebrada de Humahuaca pendant des vacances (on les comprend aisément). Au réveil, bonne surprise : le petit-déjeuner est gargantuesque ! La plupart du temps, celui-ci n’est pas inclus dans le prix de la chambre, nous devons donc faire des courses. Quand il est inclus, il se résume souvent à deux petits bouts de pain, un peu de beurre et de confiture. Ici, il y a des tas de confitures maisons, du dulce de leche artisanal (tellement meilleur que celui acheté en grande surface !), des fruits, du pain maison délicieux, des céréales…

CIMGP0392La chaleur de ce lieu nous invite à rester une nuit de plus. Et pour effacer la déconvenue de la veille, nous décidons de nous offrir une chambre douillette. C’est l’une des rares fois de notre voyage que nous avons une si belle chambre, et surtout confortable ! Bien décorée, avec une salle de bain agréable… C’est un petit cadeau que nous nous offrons ! Nous n’avons même pas pensé à la photographier pour vous la montrer. En tout cas, cela nous change des chambres vieillottes voire vétustes et surtout des salles de bain communes !

Mais avant d’en profiter, nous partons nous balader sur les hauteurs de la ville, à la « Garganta del Diablo » (« la gorge du diable », encore une !). C’est un vaste gouffre creusé dans la montagne par une rivière. La montée est pénible. Le vent soulève beaucoup de poussière sur le sentier. Une fois en haut, le site n’est pas à la hauteur de nos espérances… Sans regretter la balade pour autant, nous sommes un peu déçus et redescendons en stop.

Dernière étape, la plus grandiose : Humahuaca, la petite ville qui a donné son nom à la quebrada.

CIMGP0418 CIMGP0424 CIMGP0428Dès notre arrivée, nous cherchons un chauffeur pour nous conduire à l’Hornocal. C’est une montagne que nous avons repérée sur des cartes postales et que nous tenons absolument à voir. Etrangement, elle n’est mentionnée ni dans le Lonely Planet, ni dans le Routard. Peu connue, elle est donc peu fréquentée. Nous nous demandons pourquoi tant c’est pour nous le « must » de la région ! Pour l’atteindre, il faut rouler en 4×4 pendant une bonne heure de piste en lacets. Nous grimpons tout de même jusqu’à plus de 4000 m. Tout en haut, nous nous retrouvons sur un mirador qui fait face à cette fameuse montagne. Elle s’étend sur plusieurs kilomètres. Comme le cerro de los siete colores à Purmamarca, différentes strates de minéraux ont « peint » la montagne de couleurs surprenantes. La différence (de taille !), c’est qu’ici la tectonique des plaques est entrée en action, plissant les strates comme un accordéon, lui donnant cet aspect de zig-zags surprenants.

Stitched PanoramaCIMGP0443 CIMGP0517 CIMGP0529 CIMGP0518

Bilan de l’Argentine :

Ah l’Argentine… On s’y sent presque chez nous maintenant ! Et pour cause : nous y sommes restés 53 jours, presque deux mois !! Un record inégalé dans notre voyage… Cet immense pays, nous l’avons parcouru dans tous les sens, du Sud au Nord, d’Ouest en Est. Quand nous étions à Ushuaïa, loin là-bas en Patagonie, nous rêvassions face au panneau routier annonçant la distance avec La Quiaca, à la frontière avec la Bolivie : 5000 km ! Nous nous sommes dit « ça va en faire des heures de bus pour arriver là-haut… ». Et nous y sommes arrivés ! Nous venions tout juste de faire tamponner nos passeports lorsque nous avons vu le panneau « jumeau » de celui d’Ushuaïa. Loïc a bravé les douaniers qui l’empêchaient à grand coup de sifflet de photographier la frontière pour immortaliser ce symbole de notre long séjour en Argentine… Quant à savoir lequel des deux panneaux annonce le kilométrage exact, c’est une énigme…

CIMGP0548 CIMGP0554L’immensité de ce pays se retrouve dans ses paysages grandioses. Entre le gigantesque glacier Perito Moreno, les superbes chutes d’Iguazu, la vaste pampa herbeuse, les sommets de la cordillères des Andes et les couleurs minérales de la région de Salta, quel spectacle de la nature !

L’Argentine est un pays très facile à voyager. Pour tout ce qui est « infrastructure du quotidien », on se croirait en Europe. D’ailleurs, les Argentins eux-mêmes sont plutôt typés Europe du Sud. Descendants d’Espagnols et d’Italiens (cela se retrouve dans le vocabulaire et les innombrables pizzerias de Buenos Aires), c’est un peuple aux racines très différentes de ses voisins sud-américains. Il y a même un dicton qui dit « les Mexicains descendent des Aztèques, les Péruviens des Incas, les Argentins du bateau ! ». Pour voir des Amérindiens, il faut aller à la frontière brésilienne et dans la région de Salta, mais ailleurs, vous n’en verrez pas.

Par contre, l’Argentine est un pays onéreux pour le voyageur. Pas autant que l’Europe bien sûr mais tout de même. En routard, comptez 20 à 25€ la chambre double avec salle de bain commune, 10€ la nuit en dortoir (allant de 4 à 12 lits !). C’est tout de même un peu moins cher qu’au Chili. Les trajets en bus ont particulièrement grevé le budget puisqu’ils coûtaient autour de 80€ par personne.

L’Argentine sera sûrement le pays que l’on connaîtra le mieux de tout notre voyage. Tout d’abord du fait que nous avons arpenté presque tous les coins et recoins « à voir » du pays mais surtout car nous avons beaucoup discuté avec les Argentins. Rien que dans la rue, il y a toujours un quidam, jeune ou vieux, qui vient papoter 10 à 15 minutes avec vous ! Mais surtout, c’est l’expérience du stop qui nous a permis d’aller à la rencontre des gens. Cette expérience est l’une des plus mémorables de l’Argentine (et même du tour du monde). Nous n’en aurions jamais été capable au début du voyage. Cela nous montre à quel point nous avons évolué dans notre façon de voyager. Nos motivations étaient multiples : financières (on ne s’en cache pas !), pour le côté défi à la « Pékin Express », mais surtout (quand même !) pour rencontrer des Argentins. Et nous n’avons pas été déçus. Les Argentins adorent parler parler parler d’eux et de leur pays ! Et ils sont aussi très curieux ! Nous sommes vraiment reconnaissants envers Juan, Ruben, Gustavo… et tous les autres d’avoir tant enrichi notre voyage. D’ailleurs, nous avons depuis reçu un email de Norma, l’institutrice qui nous avait pris avec son mari pendant une matinée !

Grâce au stop, nous avons fait des progrès considérables (pour ne pas dire gigantesques !) en espagnol. Nous pouvons désormais converser aisément avec les gens et notre vocabulaire s’est énormément enrichi. Bon, nous faisons encore quelques petites fautes d’accord et de conjugaison, mais nous les corrigeons petit à petit. Noémie a été particulièrement flattée quand Dominique, la prof d’espagnol, lui a dit qu’elle parlait vraiment bien espagnol… mais avec l’accent argentin ! Nous avons notamment pris le fameux « che » qui remplace les « ll » et les « y » ainsi que quelques mots bien typiques d’Argentine.

Du côté des spécialités argentines, citons bien sûr le maté, infusion de la plante du même nom dont les Argentins ne peuvent se passer. Tous ont à la main leur gourde à maté, leur « bombicha » (bombilla = paille) et leur thermos. Il y a des distributeurs d’eau chaude (le maté s’infuse à 80 degrés) partout ! Loïc s’y est d’ailleurs mis !

Bataille navale et maté avant de bien dormir...

Bataille navale et maté avant de bien dormir…

Pour l’apéro ou un encas, les empanadas. Que c’est bon ! Plus petites, elles sont bien meilleures qu’au Chili. Nous vous en avons déjà parlé mais nous ne résistons pas à vous faire encore saliver. Accompagné d’un bon verre de vin local (Malbec ou Torrontes), c’est parfait !

CP1120519CIMGP9794Pour le plat de résistance, rien de mieux qu’une bonne pièce de viande grillée avec sa sauce Chimichurri. Tendre, juteuse, goûteuse, abondante, la viande de boeuf argentine est la meilleure que l’on ait mangé. Par contre ne cherchez pas de légumes pour l’accompagner ! Les Argentins ne connaissent pas les « 5 portions de fruits ou légumes par jour ».

Enfin pour le désert, Noémie s’est laissée envoûter par la douceur nationale, le fameux dulce de leche. Il aurait fallu compter combien de pots nous avons dévorés… Ce qui est sûr, c’est qu’on en a mangé plusieurs kilos ! Le dulce de leche est dans tous les desserts dignes de ce nom : gâteaux, viennoiseries et même glaces. Le mieux, c’est tout simplement sur du pain… ou à la petite cuillère !

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Gâteau maison préparé lors d’un apres-midi de repos

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Une réflexion au sujet de « La quebrada de Humahuaca – Bilan de l’Argentine »

  1. Pas étonnant que vous étiez prêts à refaire le trajet vu les beaux paysages !
    Que ces montagnes aux 7 couleurs sont belles ! impressionnant !
    Super pour la pension c’est sympa dedans !

    Super bilan de l’Argentine qui me donne encore plus envie d’y aller !!! mais bon on verra quand les enfants seront plus grands lol

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