Le désert d’Atacama – Bilan du Chili

Du mercredi 23 au samedi 26 avril 2014

CIMGP9822Traverser les Andes… voilà un rêve qui devient réalité alors que nous roulons vers la petite ville de San Pedro de Atacama. Le bus monte, monte inexorablement entre des sommets qui taquinent les 6000 m d’altitude. Nous sommes fascinés par le paysage et par l’altimètre de la montre de Loïc. Cette route qui mène au Chili est magique, tant par sa beauté que par son côté symbolique à nos yeux. Elle grimpe jusqu’à 4800 m au paso (col) Jama puis redescend progressivement à travers les volcans andins, dont le magnifique Licancabur, au cône parfait.

CIMGP9824 CIMGP9829 CIMGP9836 CIMGP9842 CIMGP9847 C’est la première fois que nous montons si haut et nous ne pouvons pas nous acclimater. Par prudence, nous avions pris les deux jours précédents un traitement contre le mal des montagnes. La frontière se situe à 4000 m et descendre du bus puis marcher cinquante mètres jusqu’au poste douanier nous donnent l’impression d’avoir couru un kilomètre ! Le manque d’oxygène nous essouffle au point que l’on a du mal à parler !

CIMGP9861CIMGP9866Nous voici donc de retour au Chili, plus d’un mois et demi après l’avoir quitté à Puerto Natales, loin là-bas en direction du Sud. Nous ressortons nos pesos chiliens au taux pénible à calculer (1€ = 700 pesos) et renouons avec les prix élevés de ce pays, qui plus est dans une ville aussi touristique et surtout aussi loin de tout que San Pedro d’Atacama.

Seul désert de notre tour du monde, le désert d’Atacama est une étape importante pour nous. Nous partons donc découvrir quelques uns de ses paysages, tout d’abord en minibus d’excursion. La vallée de la mort s’offre à nous en premier. Nous surplombons un relief découpé et à l’aridité extrême. Le désert d’Atacama est d’ailleurs le désert le plus aride au monde. Il n’y pleut qu’au mois de février !

CIMGP9875 CIMGP9888Nous partons ensuite en direction de la vallée de la lune, dont le cadre pourrait aisément servir de décor à un film de science-fiction. Il fait chaud et le soleil cogne fort ! Nous ne voudrions pas être laissés là ! Les roches et les dunes de sable forment des dizaines et des dizaines de décors différents. Le désert est tout sauf uniforme et monotone ! Nous admirons le coucher de soleil en haut d’un promontoire rocheux, les yeux rivés sur la chaîne des volcans de la Cordillère des Andes.

CIMGP9900 CIMGP9914 CIMGP9921 CIMGP9920 CIMGP0117Autre coin célèbre des abords de San Pedro d’Atacama, la Laguna Cejar est un lieu de baignade étonnant puisque sa très haute teneur en sel permet d’y flotter, comme dans la mer Morte ! Le lac n’est pas très grand et on nous a dit qu’il était envahi de baigneurs tous les après-midis, les excursions partant toutes à la même heure. Loïc propose donc d’y aller à vélo… Heu ?! 25 kms à vélo en plein désert sous un soleil de plomb ?! Vraiment ?! La perspective d’être entourés de dizaines d’autres baigneurs dans cette petite étendue d’eau n’enchantant pas trop Noémie, elle se laisse finalement convaincre. En partant tôt le matin, on évite les grosses chaleurs !

CIMGP0137 CIMGP0138 Le pari est fructueux : il n’y a qu’une famille au bord du lac lorsque nous arrivons. Avant de nous baigner, nous marchons autour d’un lac adjacent dont les rives sont surprenantes. Tout le pourtour du lac est en effet formé d’une croûte de sel ! Dans l’eau, la texture du sel est magnifique. Quelques flamands sont là mais nous ne nous approchons pas pour ne pas les effrayer.

CIMGP0145 CIMGP0151 Stitched PanoramaAllons nous baigner à présent ! Il n’y a pas un poil d’ombre sur la plage de sel. Nous touchons l’eau… elle est froide ! Loïc se jette à l’eau en premier, ce qui décide Noémie. Ce serait bête de louper cette expérience ! C’est un truc très rigolo. On reste totalement immobile dans l’eau, « debout », couché, et on ne coule pas ! On essaye de se faire couler l’un l’autre, rien à faire, nos têtes restent hors de l’eau ! Impossible aussi de nager. En sortant, nous nous retrouvons enrobés d’une croûte de sel, comme un gigot prêt à être enfourné ! Nous pique-niquons en regardant une classe du lycée français de Santiago s’amuser dans l’eau. Noémie en profite pour discuter avec leurs professeurs : ils sont en voyage scolaire de physique-chimie.

CIMGP0165 CIMGP0169 CIMGP0180Alors que nous allions reprendre nos vélos, une Française vient nous questionner sur notre expérience du « flottement ». C’est Odile. Avec Richard, son mari, ils entreprennent un long voyage de deux ans en Amérique du Sud dans leur camping-car 4×4 qu’ils ont totalement aménagé à leur goût. Aujourd’hui retraités, ils ont vécu toute leur vie en nomade sur les routes de France et d’Europe, mais aussi en Islande, au Maroc… Nous passons finalement plus de quatre heures « chez eux », à discuter de ce type de voyage.

CIMGP0186Nous reprenons la route, à temps pour rentrer juste avant la tombée de la nuit …et passons la soirée à rêver à un nouveau voyage en camping-car !!

CIMGP0196 CIMGP0199 CIMGP0206Le petit village d’Atacama est intégralement construit en adobe, c’est-à-dire des briques de terre et de paille séchées (c’est la même chose que le pisé du nord argentin). A l’exception des deux rues principales où une devanture sur deux abrite une agence d’excursion (et l’autre un restaurant à touristes), les ruelles sont agréables. La petite église au plafond de cactus est en très mauvais état mais des travaux de restauration devraient bientôt commencer.

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Les arbres ici ont des nouvelles fleurs : les sacs plastiques

CIMGP0219 CIMGP9873 CIMGP0209Le ciel du désert d’Atacama est l’un des plus purs au monde. Rien d’étonnant donc à ce que les grandes organisations scientifiques internationales y aient installé leurs plus puissants télescopes. Le dernier projet en date est le site ALMA de l’Union européenne, dont l’on voit briller les lumières du centre de contrôle sur les hauteurs des montagnes avoisinantes. Nous avons pris part à une « visite du ciel » en compagnie de l’astronome Alain Maury, ancien chercheur au CNRS et actuel collaborateur de la NASA. Il a même découvert un astéroïde qui porte désormais son nom. La classe, non ?! Plusieurs agences proposent des excursions nocturnes mais celle d’Alain Maury est la seule à être guidée par un scientifique (et en français qui plus est). C’est tout emmitouflés que nous scrutons les étoiles (l’amplitude thermique est très forte dans le désert), attentifs aux explications très drôles de notre professeur. En gros, l’initiation est sensiblement identique à ce que l’on voit dans un planétarium, à la différence de taille que nous sommes en plein air dans l’hémisphère sud ! Et croyez-nous, le ciel est mille fois plus beau ici que chez nous. La voie lactée couvre près de la moitié du ciel. Nous apprenons quelques constellation, dont la Croix du Sud, qui guidait autrefois les navigateurs. Nous nous dirigeons ensuite vers les télescopes (impressionnants !). Noémie a l’honneur d’être la première à y jeter un oeil (en remerciement pour sa brillante interprétation du soleil lors d’une explication quelques instants plus tôt). L’oeil se positionne sur la lunette, Alain Maury règle la mollette… et là, Saturne apparaît ! L’image est tellement nette que l’on distingue anneaux et satellites. C’est fascinant ! Puis c’est Mars, des nébuleuses, et autres corps célestes qui se révèlent face à nous. CIMGP0226

Bilan du Chili :

Le Chili, c’est un pays que l’on a découvert « en pointillés », entre plusieurs séjours plus ou moins longs en Argentine. Finalement, plutôt qu’un bilan, c’est une comparaison entre ces deux voisins qui nous vient à l’esprit alors que nous rédigeons ces lignes. Mais nous allons essayer ici de vous parler du Chili en tant que tel.

Nous sommes restés précisément 27 jours au Chili, entre février, mars et avril. La première chose qui nous frappe lorsque l’on repense à nos quatre étapes, c’est la grande diversité de paysages qu’elles reflètent. Et pour cause ! Le Chili, c’est un pays à la géographie hors du commun ! Il s’étend sur une étroite bande de 4300 km, du centre de l’Amérique du Sud jusqu’à sa pointe. Regarder une carte du Chili, c’est sourire face à la physionomie si spéciale de ce pays. Et s’émerveiller devant les côtes découpées du Sud, véritable dentelle de Calais géographique… Entre les vents glacés du détroit de Magellan et le souffle brûlant du désert d’Atacama, les maisons en tôle colorées de Punta Arenas et les petites bâtisses en adobe du Nord, que de contrastes ! Sans parler des villes, notamment Valparaiso qui nous a tant séduits. D’ailleurs, nous avons été très attristés d’apprendre que les collines nord de la ville ont été ravagées par un gigantesque incendie quelques semaines après notre passage.

Finalement, après avoir discuté avec d’autres voyageurs, nous nous apercevons que nous ne connaissons pas si bien que cela le Chili, même après y avoir passé un mois. Tout le centre du pays nous échappe, notamment les fabuleux volcans, la région des lacs, la région de « Chile Chico » ou encore le trajet en bateau de Puerto Montt à Puerto Natales car il n’y a pas de route entre ces deux villes. Et oui, l’une des leçons que nous apprend notre tour du monde, c’est que plus l’on passe du temps dans un pays, plus l’on s’aperçoit qu’il y a des milliers de choses à y découvrir ! De quoi être vite frustré, non ?! Ce n’est pas notre cas, rassurez-vous, nous ne regrettons jamais un choix d’itinéraire, quitte à avoir parfois envie de revenir dans un pays pour voir les richesses qui nous ont échappé et profiter de nouveau de ce qui nous a tant plu lors de notre premier passage (on vous en reparlera lors du grand bilan du voyage !).

Côté nourriture (nous n’emploierons pas le terme gastronomie), nous avons été déçus par le Chili. A part les fruits et légumes pas cher et le dulce de leche (qui est argentin)… nous cherchons encore un plat qui nous tente. Tout est gras et bourratif… Hot-dogs, oeufs frits, frites… Cela se voit d’ailleurs dans la rue : les Chiliens sont loin d’être minces !

D’ailleurs, pour parler des Chiliens, nous devons dire que c’est un peuple avec lequel nous avons peu eu l’occasion de communiquer, à notre grand regret.

Le Chili a donc été pour nous la porte d’entrée du continent Sud-Américain. C’est le pays où nous nous sommes essayé à l’espagnol, avec plus ou moins de succès (Loïc partant de 0, Noémie cherchant beaucoup son vocabulaire dans les premiers temps). Et vous verrez dans le prochain message avec le bilan de l’Argentine qu’entre nos passages au Chili, nous avons fait d’énormes progrès !

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3 réflexions au sujet de « Le désert d’Atacama – Bilan du Chili »

  1. Encore une fois merci de nous faire ainsi voyager avec vous.

    Bonne idée les voyages en camping car !!!

  2. Coucou,
    je découvre votre site et je le trouve super. A San Pedro de Atacama, nous n’avons fait que passer aussi c’est génial de découvrir vos photos sur la vallée de la lune ou la laguna Cejar. Magnifique!
    Bonne continuation et au plaisir de vous recroiser en Bolivie ou au Pérou.

  3. Et bien j’ai encore grave du retard ! vous serez revenus que j’aurai encore 2 mois de retard 😦 …
    Le temps passe tellement vite !!!
    Superbe cette traversée des Andes !
    Quel beau désert !
    C’est trop beau ! c’est mon rêve d’y aller !
    Le lac entouré de sel est impressionnant c’est magnifique ! et rigolo en plus lol

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