De Cafayate à Salta

Du vendredi 18 au mardi 22 avril 2014

De Cafayate, nous repartons en direction de Salta en empruntant un autre chemin qu’à l’aller. Il n’y a pas de bus sur cet itinéraire, l’occasion est donc toute trouvée pour se remettre au stop ! Comme par hasard, nous sommes sur la fameuse Ruta 40 qui nous a tant porté chance il y a quelques semaines !

CIMGP9670Attendre sur ce bord de route n’est pas désagréable. Nous sommes entourés de vignes et les arbres ont revêtu leurs belles couleurs d’automne. Surtout, Gauchito Gil veille sur nous !

CIMGP9668Un petit utilitaire délabré s’arrête au bout d’une trentaine de minutes. Au volant : Ruben, qui a quitté Buenos Aires pour les charmes de cette belle région il y a une vingtaine d’années. Il ne va qu’à San Carlos, à vingt kilomètres, mais c’est un début. Aujourd’hui, nous avons pour projet d’atteindre Cachi, à 160 km.

A San Carlos, on se rend compte que la partie ne sera peut-être pas si facile que cela. Il n’y a pas beaucoup de voitures… Aujourd’hui c’est vendredi saint, férié dans tout le pays. Le pire, c’est que nous n’avons même pas de quoi nous payer une chambre dans ce petit village ! Et notre matériel de camping est resté à Salta. Loïc se voit déjà demander l’hospitalité à des gens…

Mais notre patience est finalement récompensée. Une petite Clio noire s’arrête enfin. La passagère nous demande de suite notre nationalité. Quand on lui répond que nous sommes Français, elle nous lance un grand « bonjour ! » souriant ! Dominique et Jacques sont en vacances pour quinze jours en Argentine et ils nous font gentiment un peu de place dans leur voyage. Dominique habite tout près de chez nous et elle est prof d’espagnol ! Voilà de quoi alimenter les premiers sujets de conversation. Très vite, le courant passe vraiment bien entre nous quatre et nous prenons plaisir à visiter ensemble cette belle région.

Ici aussi, le relief est surprenant. Nous traversons d’abord la Quebrada de las Flechas, très aride, dont les couleurs diffèrent beaucoup de la Quebrada de las Conchas, pourtant voisine de quelques dizaines de kilomètres.

CIMGP9679Nous ne roulons que sur des pistes très poussiéreuses et les villages se font rares. Nous avons vraiment le sentiment d’être loin de toute civilisation. Pourtant, un petit cimetière nous rappelle qu’il y a bien de la vie dans cette région ! Bien qu’il semble abandonné depuis longtemps, nous finissons par y trouver quelques tombes récentes.

CIMGP9688En effet, nous traversons parfois quelques petits villages dont les maisons sont en pisé, un mélange de terre et de paille. Les habitants d’ici diffèrent de ceux du reste de l’Argentine : c’est une région peuplée d’Indiens Quechuas. Buenos Aires, si européenne à nos yeux, nous semble bien loin !! Les couleurs terre et poussière contrastent avec les étendues de piment qui sèchent au soleil. Un villageois nous apprend qu’ils seront ensuite réduits en poudre avant d’être vendus.

CIMGP9672 CIMGP9695CIMGP9699 CIMGP9702 CIMGP9707Jacques et Dominique s’arrêtent à Molinos, une quarantaine de kilomètres avant Cachi. Ils nous proposent de poursuivre la route ensemble le lendemain jusqu’à Salta. Quelle gentillesse ! Nous sommes très touchés par leur proposition et acceptons sous réserve de trouver de l’argent dans ce petit village afin de nous payer une nuit dans une pension de famille. Par chance, il y a un « cajero automatico » sur la place du village. Molinos est un lieu paisible où l’on passerait volontiers plusieurs jours à profiter du temps qui passe. Chaque rue, chaque maison, sont bourrées de charme et nous apprécions notamment tous ces cactus qui ornent les cours.

CIMGP9718 CIMGP9721 CIMGP9726La petite église possède d’ailleurs un plafond et du mobilier en bois de cactus. Gros coup de coeur pour ce matériau pour Noémie qui décide de ne pas quitter la région sans ramener une boite en cactus ! En ce vendredi saint, l’église fait salle comble. Nous décidons d’aller à la messe dans l’espoir d’assister au chemin de croix, le rituel étant très ancré en Argentine. Sauf que cette messe s’avère très longue et austère (pas un seul chant) et après avoir prié – entre autres – pour la présidente Kirchner et son gouvernement (étonnant !), nous nous éclipsons discrètement pour l’apéro ! Jacques et Dominique logent dans un superbe hôtel, ancienne résidence du gouverneur de la région. C’est une maison coloniale typique. Le resto qui s’y trouve est très bon et ne nous ruine pas pour autant malgré son standing !

CIMGP9725Le lendemain matin, nous nous retrouvons devant l’église pour une deuxième journée de route. Après avoir traversé plusieurs petits villages qui nous semblent figés dans le temps, nous arrivons dans la jolie petite ville de Cachi. Nous prenons, une fois de plus, l’apéritif tous les quatre (le vin du coin est tellement bon !) en nous régalant d’empanadas. Noémie trouve sa boite en cactus tant désirée… Mais est-ce bien raisonnable de l’acheter tant elle est lourde et volumineuse pour son sac à dos ? Jacques et Dominique volent à sa rescousse et se proposent de la ramener dans leurs bagages. Voilà une bonne excuse pour se revoir en France !

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Repas du midi: empanadas achetées dans la rue

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Four en pisé typique de la région

CIMGP9730 CIMGP9734 Quelques dizaines de kilomètres après Cachi se trouve le Parque Nacional de los Cardones, du nom de ces immenses cactus que l’on trouve à perte de vue. En français, cette variété se nomme « cactus candélabre ». Les plus grands atteignent jusqu’à six ou sept mètres de haut. Quand on sait qu’ils poussent d’un ou deux centimètres par an, on se sent vraiment tout petits ! Les cactus sont des arbres qui ont su s’adapter de façon exceptionnelle à ce climat hostile. Leurs épines sont les vestiges de leurs feuilles et, outre une protection contre les animaux, elles leurs apportent leur ressource essentielle à leur survie : l’eau. L’humidité de la nuit se condense en effet sur les épines avant de ruisseler le long du cactus et d’atteindre les racines. Les jeunes cactus sont très vulnérables au soleil et à la sécheresse du fait de leur absence d’épines. Ils ont donc besoin d’une plante nourricière – un buisson épineux – à l’abri duquel ils poussent tout doucement.

CIMGP9738 CIMGP9744 CIMGP9749 CIMGP9761 CIMGP9771La route passe ensuite par un paysage de montagnes superbe (« La cuesta del obispo ») mais le brouillard nous empêche de profiter de la vue (mais ça avait l’air vraiment superbe au vu des cartes postales !).

CIMGP9775 CIMGP9776Plus l’on se rapproche de Salta et plus l’on s’éloigne de cette région qui nous a semblé si authentique. Des champs de tabac nous entourent puis la banlieue de la ville. Dans le centre, nous disons au revoir à nos compagnons de route, heureux d’avoir fait une belle rencontre. Merci à l’autostop !

A Salta, nous « traînons » trois jours de plus car il n’y a pas de place tout de suite dans les bus pour San Pedro de Atacama au Chili. Entre lessive, séries, blog et skype, nous nous baladons entre les étals du marché situé juste en face de notre hôtel.

CIMGP9806 CIMGP9809 CIMGP9812 CIMGP9813Nous visitons également le Musée d’Archéologie de Haute Montagne.Ce musée est consacré à une expédition qui a mis à jour des momies d’enfants incas sacrifiés au sommet d’un volcan de la région, à plus de 6200 mètres d’altitude. Le Nord de l’Argentine appartenait en effet à l’extrêmité sud de l’Empire Inca. Pour s’assurer de la protection des villages, les grands chefs sacrifiaient lors d’événements importants des enfants. Tous issus de familles nobles, choisis pour leur beauté et âgés de six à quinze ans, ils étaient conduits à Cuzco, la capitale de l’Empire (aujourd’hui au Pérou) afin d’être bénis. Au retour, après une grande cérémonie, ils étaient drogués (et donc endormis) avant d’être conduits au sommet du volcan. C’est là que des archéologues ont retrouvé leurs corps momifiés naturellement, préservés par les conditions climatiques uniques des sommets andins. Trois corps d’enfants sont exposés à tour de rôle. Nous avons vu un petit garçon de six ans. Très troublant à regarder, on dirait qu’il dort. C’est ce que pensaient les Incas : les enfants dormaient au sommet du volcan et ne mourraient pas. Ils veillaient sur la communauté. L’exposition explique bien tout cela et présente également tous les objets (amulettes…) retrouvés avec les enfants. Une vidéo achève la visite. Elle explique les analyses médicales faites sur les corps et les techniques de conservation.

Après être allés trois jours de suite en vain à la gare routière (nous détestons désormais le chemin !), nous pouvons enfin prendre un bus à destination de San Pedro de Atacama, pour notre dernier passage au Chili avant de retrouver l’Argentine d’ici une semaine.

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Dernières balades dans Salta, de jour comme de nuit

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2 réflexions au sujet de « De Cafayate à Salta »

  1. Chouettes photos, chouettes voyages !
    Bref, c’est un chouette, chouette blog !
    Bonne continuation à tous deux. Bons vents. 🙂

  2. Vous êtes chanceux en stop quand même je trouve !
    Oh la vache la quantité de piments !
    miam les empanadas !
    Superbes paysages encore !
    Bizarre ce truc des enfants incas … c’est flippant …

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