L’Ouest de la Grande Terre – Bilan de la Nouvelle-Calédonie

Du lundi 30 décembre 2013 au jeudi 2 janvier 2014

Suite de notre road trip sur le caillou !

Lundi, nous reprenons la route pour Nouméa et faisons le plein de courses au supermarché. Nous pique-niquons à Dumbéa au bord de la rivière et, après une courte sieste, roulons vers le Nord en longeant la côte Ouest. Nous sommes désormais en « brousse » comme disent les Calédoniens. C’est le pays des éleveurs de chevaux et des cerfs (prononcer le « f ») dont la chasse est un divertissement fort apprécié ici. On en fait d’ailleurs un très bon saucisson.

Nous campons sur la presqu’île d’Ouano, face à la mer, sur une aire gratuite aménagée par la commune sans eau ni sanitaires.

Stitched Panorama

Notre emplacement de camping…

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La vue au réveil depuis la tente !

CIMGP7563Le 31 décembre, nous poursuivons notre chemin avec pour objectif de trouver un joli coin pour passer le cap de la nouvelle année. A La Foa, nous nous régalons d’un porc au sucre et d’une tarte banane-goyave à un snack de bord de route. La cuisinière et un client, tous deux Caldoches (c’est-à-dire Calédoniens depuis plusieurs générations) nous donnent quelques indications. Ils nous amusent à se moquer des « métropolitains fonctionnaires et de leur prime » même si l’on sent qu’il y a derrière l’humour une réelle exaspération face à ces gens.

Nous repartons toujours en quête de l’endroit parfait pour passer le réveillon. Le lagon à Bourail nous paraît idéal et nous plantons la tente face à l’eau au camping familial de Poé. Après avoir profité de la plage et du dernier coucher de soleil de l’année, nous nous attelons au menu du réveillon : fruits sec et saucisson de cerf pour accompagner un punch coco calédonien puis boulgour au thon et à la sauce tomate. Et oui, nous n’avons qu’un petit réchaud à gaz alors nous ne pouvons pas nous lancer dans un grand festin ! Nous sommes tellement fatigués par nos derniers jours de voyage (et par le punch coco) que nous nous endormons avant minuit. La frénésie du camping nous réveille et nous passons à 2014 dans notre petite toile de tente, dix heures avant tous nos proches en métropole.

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Dernier coucher de soleil de l’année à cinq mètres de la tente !

Nous profitons pleinement de la première journée de l’année. Loïc se baigne tôt le matin pour saluer les poissons et nous nous baladons ensuite en compagnie de Lolo, un gars rencontré au camping qui travaille au parc naturel des Grandes Fougères, que nous n’aurons malheureusement pas le temps d’aller admirer. La côte ici est dentelée de belles falaises, notamment la Roche Percée et son « bonhomme » de pierre qui s’est effondré il y a quelques mois. La baie des tortues avec ses pins colonnaires porte bien son nom car nous en observons nager avec grâce du haut des falaises. Cette belle journée du 1er janvier 2014 a été parfaite !

CIMGP7583 CIMGP7578 CIMGP7595 CIMGP7601 CIMGP7599Jeudi 2 janvier. Nous faisons une halte au cimetière militaire néo-zélandais. Les soldats qui reposent ici ont été tués au cours d’opération lors de la Seconde Guerre mondiale. De nombreux camps d’entraînement furent en effet établis dans la région de Bourail à partir de 1942.

CIMGP7604 CIMGP7602Nous poursuivons notre route par la transversale qui traverse l’île d’Ouest en Est. Les montagnes sont creusées de mines de nickel. De l’autre côté, nous retraversons l’île après avoir emprunté la surprenante « route à horaires ». Il s’agit d’une piste que les voitures empruntent dans un sens les heures paires et dans l’autre les heures impaires car elles ne peuvent s’y croiser. Il faut donc y arriver au bon moment si on ne veut pas attendre !

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Le tas de 5 ananas pour 8€ !

L’après-midi, nous allons nous éclater à faire de la tyrolienne à Païta. Nous sommes suspendus à près de 100 mètres au dessus du vide sur des descentes de plus de 300 mètres de long. Sensations fortes garanties !!

Nous rentrons à Nouméa grisés par cette semaine, à temps pour admirer le feu d’artifice de la ville tiré à l’occasion du nouvel an (voir message précédent).

Bilan de la Nouvelle-Calédonie :

Bien que beaucoup moins célèbre que la Polynésie Française, la Nouvelle-Calédonie évoque d’emblée dans l’imaginaire collectif le « paradis ». Qui n’a pas rêvé face à une plage de sable fin bordée de cocotiers et léchée par des vaguelettes d’eau turquoise ? Nous avons adoré nous retrouver face à ces paysages de cartes postales et de publicités. En plus, la Nouvelle-Calédonie est beaucoup moins touristique que Tahiti ou Bora Bora, bien qu’autant éloignée de la métropole. A part les voisins Australiens et Néo-Zélandais et quelques Français venus pour la plupart voir des proches, le caillou reste à l’écart d’un tourisme de masse. Tant mieux : les sites y sont d’autant mieux préservés et appréciés par les chanceux (nous !) qui peuvent y accéder. En outre, comme nous l’avons déjà souligné, le gros avantage de la Calédonie par rapport aux autres îles « paradisiaques », c’est son énorme potentiel « montagne » : randonnées, parapente, rafting, canoë, vtt… des tas de sports de plein-air peuvent y être pratiqués. La contre-partie de ce côté « à l’écart du tourisme de masse », c’est qu’il est parfois difficile de pratiquer ces activités, pour peu que l’on se décide au dernier moment : il faut presque systématiquement réserver et parfois même plusieurs jours à l’avance, notamment dans les restaurants. Donc si vous venez visiter le caillou : planifiez bien votre voyage et organisez-vous !

Pourtant, derrière l’image de carte postale, se cache une réalité toute autre pour les résidents. Le fait d’avoir été logés chez Valérie qui a toujours vécu ici et d’avoir discuté avec bon nombre de personnes (métropolitains, Caldoches et Kanaks) nous a permis d’appréhender quelque peu le quotidien sur cette île qui est française sans vraiment faire partie de la France. Déjà, la vie est affreusement chère, la faute aux taxes sans cesse débattues par les politiques. Ce qui est surprenant c’est de constater que les produits de marque « Carrefour » comme l’eau venue du Mont-Dore (en Auvergne, à plus de 15000 km de là) sont moins chers que les produits locaux comme l’eau « Mont-Dore » (à 10 km de Nouméa). Cherchez l’erreur… Surtout, la Calédonie doit faire face à un contexte social parfois houleux. Les quatre communautés (Kanaks, Caldoches, Wallisiens et métro) se mélangent peu et le regard qu’ils se portent les uns envers les autres est souvent négatif. Combien de fois avons-nous entendu que « les Kanaks sont très gentils mais il faut se méfier », qu’ils ont « un réel problème avec l’alcool »… Loin de nous l’idée de porter un jugement sur ces remarques. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse de racisme mais on doit reconnaître que presque toutes les personnes croisées pendant notre séjour portent un regard négatif sur les Kanaks. Combien de fois nous a-t-on dit de ne pas emprunter telle ou telle route et de ne pas nous arrêter dans tel village ? Les tensions sont réelles et à l’approche du nouvel an, les craintes fondées, il suffisait d’allumer la radio pour s’en rendre compte. Derrière tout cela se cache un profond besoin de reconnaissance de la part des Kanaks qui se sentent lésés par les « Français ». Nous mettons des guillemets car ils sont eux-mêmes français mais ce n’est pas l’impression qu’ils nous ont donné : la plupart arborent fièrement les couleurs du drapeau indépendantiste de la Kanaky . Beaucoup d’entre eux se sentent encore colonisés. La question de l’indépendance est récurrente et pourtant le référendum de l’été prochain penche plutôt pour une Calédonie qui resterait française (au regard des proportions de votants par rapport à chaque communauté, ce n’est pas étonnant). Le « vivre ensemble » ne va pas de soi et c’est le principal problème que tentent de gérer les instances politiques de l’île (avec le coût élevé de la vie). A noter que la Calédonie a un statut totalement original au sein de l’outre-mer français. Ce n’est pas un DROM (Département et Région d’Outre-Mer – les DOM-TOM n’existant plus depuis 2001) comme la Guadeloupe par exemple mais un POM (Pays d’Outre-Mer) avec une marge de manœuvre beaucoup plus large.

Quoiqu’il en soit, nous sommes très heureux d’avoir pu découvrir quelques aspects de ce territoire riche en couleurs et nous ne pouvons que souhaiter à tous les habitants de la Calédonie un avenir plus serein. Nous tenons surtout à remercier nos amis Valérie et Lionel pour leur accueil qui nous a fait chaud au cœur.

Nous partons maintenant encore plus au Sud, encore plus loin de l’Europe : en Nouvelle-Zélande ! Peut-être allons-nous croiser un hobbit ?!

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2 réflexions au sujet de « L’Ouest de la Grande Terre – Bilan de la Nouvelle-Calédonie »

  1. Encore une fois, vous nous faites rêver.
    J’ai été étonnée de réaliser à quel point on en connait si peu de la Nouvelle-Calédonie et de son fonctionnement. Après tout c’est la France, mais en même temps pas vraiment puisque c’est une territoire français. Je trouve le terme un peu ambiguë.
    En tout cas vivement la suite ! 🙂

  2. Génial les emplacements pour la tente !

    Superbes couchers de soleil !

    Oh trop bien d’avoir vu des tortues ! que ça doit être beau !

    Quelle belle plage !

    En tout cas ambiance compliquée à ce que je vois … pas évident tout ça …

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