Taman Negara

Du samedi 26 au lundi 28 octobre 2013

Imaginez une jungle vieille de 130 millions d’années… Une étendue de feuillages, de lianes, de branches à perte de vue… De la végétation partout autour de vous, des bruits d’animaux inconnus : oiseaux, insectes, singes… Des animaux sauvages impressionnants tels que l’éléphant d’Asie, le tigre, le léopard, le tapir ou encore le cobra… Des milliers d’insectes qui grouillent autour de vous… Une flore époustouflante : fougères, orchidées, champignons phosphorescents, arbres gigantesques… Tout cela, c’est le Taman Negara, un parc national exceptionnel dont la richesse est due au fait que cette région de la planète n’a connu aucun grand bouleversement climatique tel que période glaciaire ou éruption volcanique. C’est un vrai rêve de gosse que d’y pénétrer !

L’accès au parc national est assez aisé depuis Kuala Lumpur. Nous prenons un bus étonnamment confortable jusqu’à Jerantut, trois heures de route plus loin. Là, après le déjeuner (indien bien sûr), nous prenons un bus local, bien plus en phase avec les bus que l’on connaît ! Loïc l’appelle le « bus courant d’air » (ce qui parlera aux Réunionnais qui nous lisent). Toutes les fenêtres et les deux portes sont ouvertes ! La route ne fait que longer des plantations de palmiers à huile. La Malaisie est en effet le premier producteur mondial d’huile de palme. Et dire que la jungle a été abattue pour ces palmiers synonymes de gras et d’aliments de mauvaise qualité… Nous croisons plusieurs camions pleins de ces fruits oranges-rougeâtres qui seront broyés pour être transformés en huile.

CIMGP0864La porte d’entrée du Taman Negara est le petit village de Kuala Tahan. « Petit » semble l’adjectif approprié : il n’y a que trois rues ! De nombreux hébergements bons marchés s’y trouvent. Nous jetons notre dévolu sur la Tahan Guesthouse, un peu excentrée. Les équipements sont rudimentaires (douche froide donnant sur des toilettes « à la turque ») mais il y a un ventilateur et une moustiquaire (rapidement surnommée notre cabane). Et la déco est marrante. Notre petit balcon donne sur un jardin planté de papayers, de manguiers et de cocotiers. La propriétaire est très sympathique et rigole tout le temps.

CIMGP0740Nous dînons dans l’un des restaurants flottants installés sur la rivière. Le parc se trouve de l’autre côté de cette dernière. Des bateaux font la navette pour un ringit (22 centimes). Demain, nous y serons ! En attendant, on avale un plat de nouilles insipide (il faudra trouver mieux pour nos prochains repas) et on réfléchit au programme. Noémie a toujours mal au dos et commence vraiment à être fatiguée. Même si nous avons dormi une partie de l’après-midi, on ne se sent pas trop prêts à crapahuter de longues heures dans la jungle par 30 degrés et plus de 90% d’humidité… On décide d’attaquer doucement par une petite balade le lendemain.

La nuit dans notre cabane anti-moustique a été très reposante. Les bruits des oiseaux et des insectes sont vraiment agréables à entendre lorsqu’on est couchés ! Par contre, nous sommes réveillés à 5h40 tapantes par le chant du muezzin. Le haut-parleur doit être situé sous nos fenêtres, tant il est fort !! Et oui, la religion officielle de la Malaisie est l’Islam et nous devons nous habituer aux appels réguliers à la prière ! On arrive tout de même à se rendormir.

En milieu de matinée, nous sommes prêts. On s’achète une barquette de nouilles bien grasses pour le déjeuner et enfin nous traversons la rivière pour découvrir la jungle ! Les sentiers du parc sont très bien balisés et dans les abords immédiats de l’entrée on ne marche pas à même le sol mais sur des caillebotis surélevés. Parfait pour éviter les sangsues!

CIMGP0741Il suffit de marcher quelques minutes pour être immergé dans une ambiance nouvelle et fascinante. On se doute bien qu’on ne verra pas de léopard ou de tapir mais la végétation à elle seule est époustouflante. On regarde chaque plante avec curiosité, découvrant des formes et des tailles de feuilles surprenantes.

CIMGP0764 CIMGP0775 CIMGP0782 CIMGP0802 CIMGP0803CIMGP0813On scrute à travers bois quelque insecte nouveau et pourquoi pas des animaux plus grands. Les fourmis géantes nous impressionnent mais pas autant que les termites ! Parfois, un gros lézard couleur bronze se faufile rapidement près de nous. Un bruit dans les feuilles, on lève la tête et c’est un gros écureuil noir qui coure sur les branches ! Le chant des oiseaux mêlé à celui des insectes complète cette atmosphère envoûtante.

CIMGP0745 CIMGP0768 CIMGP0793 CIMGP0777Nous marchons en direction de la « Canopy walkway », un ensemble de passerelles installées en hauteur près de la cime des arbres. Il s’agit de la plus longue promenade dans la canopée du monde mais actuellement la moitié supérieure du parcours est fermée. C’est dommage car cette balade dans les airs est très sympa et passe trop vite à nos yeux ! Il ne faut pas avoir le vertige car on est bien balancés et les arbres sont hauts de plus de 50 mètres. Nous ne verrons pas d’oiseaux mais la vue sur la végétation associée une fois de plus aux bruits de la jungle est extra. On a eu la bonne idée d’y aller vers 12h30, on a ainsi évité les groupes !

CIMGP0762 CIMGP0760Nous continuons notre balade parmi les différents sentiers pendant une bonne partie de l’après-midi. Tout à coup, Noémie est surprise par un mouvement au pied d’un arbre. Quelle surprise de découvrir un petit mammifère jamais vu jusque là ! Elle a le temps de bien le regarder avant qu’il ne s’enfuit et le décrit à Loïc (un peu jaloux). Lorsqu’on retourne au bureau des guides, on le retrouve sur un poster présentant les animaux de la jungle. Il s’agit d’un chevrotin ou « mouse deer » en anglais (« Souris-daim »). Quelle chance de l’avoir vu !

CIMGP0841Le soir, alors que l’on s’apprête à aller dîner un plat gorgé d’huile de palme il commence à pleuvoir. On se décide quand même à sortir et c’est sous des trombes d’eau que nous dînons ! La saison des pluies commence et on voit ce que cela signifie concrètement. Il a plu pendant plus de quatre heures et nous avons passé la soirée sans électricité !

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Rédaction du blog à la frontale !

Lundi matin, nous partons pour une balade de neuf kilomètres. Cela peut sembler court pour une journée mais n’oublions pas qu’il fait plus de 30 degrés et que le taux d’humidité est supérieur à 90% ! A peine 10 minutes de marche et nous sommes trempés de la tête aux pieds ! Ajoutez à cela qu’on marche en essayant de faire le moins de bruit possible et tout doucement pour espérer voir des animaux et vous comprenez pourquoi nous avons prévu la journée ! L’itinéraire longe tout d’abord la rivière.

CIMGP0808On entend beaucoup plus d’oiseaux que la veille et Loïc apercevra d’ailleurs un oiseau noir et blanc de grande envergure voler bruyamment d’arbre en arbre. Son chant était assez rauque et puissant, résonnant dans la jungle. Nous croisons de nouveau plusieurs beaux lézards et des écureuils. Au bout d’une bonne heure de marche, le sentier aménagé s’arrête, laissant place à la terre et aux racines.

CIMGP0816 CIMGP0810Alors que nous sommes arrêtés pour que Noémie remette les jambes de son pantalon-short (pour éviter les sangsues), Loïc aperçoit un varan à trois mètres de nous ! Whouaou !!!! Nous rêvions d’en voir et il y a un juste là, tout près !!! Nous n’aurons pas réussi à le prendre en photo mais les quelques secondes où l’on a vu marcher cet énorme lézard sont gravées dans notre mémoire ! Nous reprenons la route, un peu moins rassurés que sur le sentier aménagé.

CIMGP0798 CIMGP0799Nous nous arrêtons pour regarder où nous en sommes sur la carte et Loïc repère une sangsue par terre. Cette sale bestiole se dresse sur son pied en ventouse et, une fois qu’elle a détecté sa proie, avance en se pliant et se dépliant comme un accordéon. Noémie baisse les yeux pour la regarder et en remarque une sur sa chaussure, puis une autre ! Aaaahhh ! Loïc lui aussi en a sur lui ! Panique totale chez Noémie qui frôle la crise d’hystérie (ne vous moquez pas, c’est une réaction totalement imprévisible !). Elle essaie tant bien que mal de s’en débarrasser avec une feuille mais cette fichue ventouse reste bien collée ! Loïc, même s’il n’est pas très à l’aise, garde son sang froid et arrive à nous débarrasser de ces zombies assoiffés de sang ! Nous repartons presque en courant en direction du sentier aménagé, bien à l’abri de ces horribles bestioles. On décide de rebrousser chemin : impossible d’envisager un simple arrêt pour boire si l’on continue.

Quelques mètres plus loin, nouvelle frayeur : un varan est juste à côté du sentier et s’enfuit à notre arrivée ! La jungle, c’est vraiment un milieu hostile ! Et pourtant, nous ne nous sommes pas trop éloignés de l’entrée du parc !

CIMGP0756 CIMGP0746 CIMGP0827 CIMGP0833CIMGP0773Malgré tout, nous décidons de réserver une balade dans la jungle de nuit, avec un guide bien sûr. Malheureusement, quelques minutes avant le rendez-vous, il s’est mis à pleuvoir des trombes d’eau, rendant impossible la sortie. Nous sommes un peu déçus mais on se console avec tout ce qu’on a vécu ces deux derniers jours !

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4 réflexions au sujet de « Taman Negara »

  1. Voilà un truc que je ne pourrais clairement pas faire.
    J’ai une sainte horreur des bêtes rampantes, gluantes, volantes alors aller me balader dans la jungle ce n’est même pas envisageable.
    Quel courage.

  2. J’ai du retard dans mes lectures, je commence à rattraper !
    Beurk les sangsues, je comprend la panique de Noémie !
    En tout cas ce passage dans la jungle avait l’air magique !

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