Cameron Highlands

Du mardi 29 octobre au jeudi 31 octobre 2013

Pour quitter la jungle du Taman Negara, nous avons réservé deux places dans un mini-bus à destination de Tanah Rata, une petite ville de l’Ouest, coeur des Cameron Highlands. Le mini-bus est tout neuf et il n’y a que nous à l’intérieur ! Les quatre heures de trajet se déroulent donc plutôt confortablement. Par contre, nous avons été dépités de constater que tout le long de la route s’étendent des plantations de palmiers à huile à perte de vue…

CIMGP0863 CIMGP0865

Les Cameron Highlands sont une région vallonnée renommée pour ses plantations de thé et maraîchères. Bénéficiant d’un micro-climat (la température n’excède pas les 20 degrés toute l’année), c’est une destination idéale pour se rafraîchir un peu après avoir arpenté la moiteur étouffante de la jungle. Nous n’irons pas jusqu’à dire que nous avons ressenti un grand choc thermique mais tout de même, il fait bien frisquet ici et nous renfilons nos pantalons et polaires ! Après une première nuit frisquette, nous demanderons même une deuxième couverture au responsable de la guest-house…

Dans cette région, nous avons surtout prévu de visiter des plantations de thé. Mais en s’enregistrant à la guest-house nous remarquons de multiples photos de la rafflésie, la plus grosse fleur au monde ! Nous pensions qu’elle ne pousse que sur l’île de Bornéo. Nous sommes donc agréablement surpris de constater qu’elle pousse ici aussi ! Nous interrogeons le réceptionniste : serions-nous par hasard tombés pendant une période de floraison ? Bingo ! Une fleur vient juste d’éclore à deux heures d’ici et d’autres sont en bouton !! Quelle chance ! Nous nous empressons de nous renseigner auprès des différentes agences de la ville pour réserver une excursion pour le lendemain.

Cette fois-ci, nous ne serons pas tous seuls pour crapahuter dans la jungle : un guide nous accompagne. L’épisode des sangsues aura marqué les esprits… D’ailleurs, nous apprenons qu’il n’y en a pas ici (soupir de soulagement). Pour cette journée d’excursion à la découverte de la rafflésie et des plantations de thé nous sommes seulement trois touristes, nous et un Sud-Africain. Notre jeune guide termine sa période de formation. Il est donc accompagné de son mentor qui va l’évaluer ! Ce dernier est un homme très… disons… charismatique et sauvage… C’est un mélange de Barracuda, d’Indiana Jones et de Crocodile Dundee ! Nous sommes fans de son sac à franges, de son tee-shirt déchiré, de sa barbe mal rasée et de son chapeau vieillot !!!

CIMGP0979

Après une petite heure de jeep, nous entamons une marche d’une heure et demi à la recherche de la rafflésie. Notre guide s’avère incapable de parler anglais et ne nous donne pas les explications sur les plantes qu’il est censé nous apporter. « Indiana » est très en colère et déçu de constater qu’après l’avoir suivi pendant un mois quotidiennement, il n’arrive à rien (d’autant plus qu’il est diplômé en anglais). Il prend donc le relais, non sans avoir bien fait comprendre au jeune guide qu’il a peu de chance d’être validé. Nous sommes un peu gênés mais plutôt contents de suivre les explications d’Indiana ! La jungle ici n’est pas une forêt primaire comme au Taman Negara. La végétation y est donc moins impressionnante. Il y a beaucoup de bambous et de fougères. Notre chemin croise celui d’un mille-pattes qui porte bien mieux son nom que ses cousins européens !

CIMGP0874

CIMGP0871 CIMGP0869La rafflésie est une plante étonnante. Dépourvue de tiges et de feuilles, elle pousse directement sur les racines des lianes. C’est en fait un parasite qui pompe l’eau et les nutriments de la liane grâce à des filaments. Avant de fleurir, la rafflésie forme un gros bouton qui pousse pendant un an avant d’éclore. La floraison dure trois à cinq jours seulement. La fleur peut atteindre jusqu’à un mètre de diamètre, celle que nous avons en face de nous s’en approche. Juste éclose, elle dégage une odeur de viande en décomposition, beurk ! Heureusement pour notre odorat, la rafflésie que nous sommes venus voir a déjà deux jours et ne sent plus rien. Nous sommes épatés de voir cette originalité de la nature !

CIMGP0875 CIMGP0889_90_91_92_93 CIMGP0880 CCIMGP0879

Sur le chemin du retour, Barracuda nous montre plusieurs variétés de plantes dont il nous explique les vertus. C’est très instructif ! Avant de reprendre la route, nous nous entraînons à la sarbacane, utilisée par les Orang Asli, le peuple primitif qui vit encore dans la région. Nous pourrons vous faire une démonstration au retour et même organiser un tournoi car Loïc s’en est offert une petite !

CIMGP0902

La journée se poursuit avec la visite de la plantation de thé BOH. La culture de cette plante a été introduite en Malaisie à l’époque où elle était une colonie anglaise. Nous visitons l’usine embaumée par l’odeur de ce breuvage. Les feuilles subissent différentes étapes de transformation : séchage naturel, broyage, fermentation, séchage en four, tamisage… La plantation n’exporte pas, le marché national étant florissant. Nous achetons donc une boite de ce thé introuvable chez nous. Ici, les feuilles sont récoltées à la machine, à l’exception d’une récolte spéciale, où les feuilles les plus jeunes sont cueillies à la main. C’est ce thé haut-de-gamme que nous rapportons dans nos bagages.

CIMGP1043 CIMGP1018_19_20_21_22 CIMGP0929 CIMGP0910 CIMGP0924_5_6_7_8 CIMGP0973

Notre journée d’excursion devait s’arrêter là mais nous nous plaisons bien avec le Sud-Africain et notre super guide. Nous décidons donc de les accompagner à une forêt humide où les arbres sont couverts de mousse. Il y a beaucoup de brume et d’humidité, le cadre pourrait facilement se prêter au tournage d’un film d’horreur.

CIMGP0957 CIMGP0954 CIMGP0960 CIMGP0939_40_41 CIMGP0949 CIMGP0934

Enfin, nous faisons un court arrêt à une plantation de fraises hors-sol. Ces dernières années, les Cameron Highlands ont été recouvertes de serres où l’on cultive fruits, légumes et fleurs. Le paysage naturel de ces collines est dévasté. Là où il y avait autrefois des forêts, on trouve à perte de vue des arches en plastique abritant les cultures. Cette vision nous désole et gâche notre visite dans la région. Les arbres arrachés, aucune racine ne retient le sol et de graves glissements de terrain meurtriers ont lieu régulièrement en cette saison des pluies, faisant à chaque fois la une des journaux…

Le lendemain, nous décidons d’aller voir une autre plantation de thé de l’entreprise BOH, la visite de la veille s’étant révélée un peu trop courte à notre goût. Un sentier de randonnée très bien balisé y conduit. Il faut traverser la jungle pendant trois kilomètres puis suivre la route le long des cultures maraîchères. Totalement seuls sur ce sentier, nous apprécions le calme de la balade. Contemplatifs, nous ne parlons pas. Loïc marche quelques mètres derrière Noémie car il s’arrête régulièrement pour prendre des photos.CIMGP0986_7_8 CIMGP0990 CIMGP0993 CIMGP0994

Au détour d’un virage, le soleil transperce la végétation. Noémie fait une petite pause pour attendre Loïc. Inconsciemment, son regard « scanne » la zone éclairée et son cerveau met quelques micro-secondes avant de réaliser qu’un énorme serpent paresse tranquillement au soleil ! La scène semble pourtant durer de longues minutes dans son esprit ! Fascinée et tétanisée, Noémie observe l’animal long de plus d’1m50, couleur bronze, à la tête dressée sur une trentaine de centimètres. Lorsque le serpent se tourne vers elle (elle en était à environ trois mètres), Noémie crie et coure rejoindre Loïc ! Le serpent quant à lui, sûrement agacé d’avoir été dérangé dans sa sieste, est reparti se fondre dans la végétation. La peur se mêle à la fierté dans l’esprit de Noémie qui restera un peu chamboulée par cette rencontre toute la journée… Heureusement, le sentier se termine bientôt (la fin du trajet sera beaucoup moins calme pour faire fuir les éventuels copains du serpent !). Nous retrouvons la route et nous arrêtons une voiture en auto-stop pour qu’elle nous conduise à la plantation de thé. Nous y arrivons sous la pluie. La deuxième usine BOH de la région est moins fréquentée par les touristes mais elle se visite également.

CIMGP0976

La veille, un employé nous avait fait une rapide introduction au processus de transformation du thé avant de nous laisser seuls face aux machines. Aujourd’hui, une jeune femme prend le temps de nous accompagner et de nous détailler chaque étape avec précision.

CIMGP0903 CIMGP0905 CIMGP1009 CIMGP1011 CIMGP1015L’usine possède bien sûr un salon de thé et nous attendons la fin de l’averse dans une ambiance so british.

CIMGP1016

Les collines situées à proximité de l’usine sont trop pentues pour que la récolte s’y fasse à la machine. Les employés coupent donc les feuilles au sécateur et nous pouvons les observer dans leur travail éreintant.

CIMGP1053 CIMGP1057 CIMGP1065_6_7_8_9CIMGP1070 Pour retourner en ville, nous faisons de nouveau du stop. La pluie redouble d’intensité mais les automobilistes ont pitié de nous et nous ramènent rapidement à Tanah Rata. De retour à la guest-house, Noémie, toujours intriguée par son serpent, demande au réceptionniste s’il peut l’aider à l’identifier. D’après la description faite et après vérification sur Internet, il semblerait que ce gros serpent soit un python, brrrrrrrrrr !CIMGP1003

6 réflexions au sujet de « Cameron Highlands »

  1. Ce qui m’étonne c’est que vous ayez mis autant de temps à tomber sur un serpent alors que ça fait 3 jours que vous vous promenez dans la jungle !
    La fleur est magnifique ! Je ne l’imaginais pas du tout comme ça !

  2. Je trouve que ça fait longtemps qu’on ne vous a pas donné de défi. En voilà un qui va vous suivre jusqu’à la fin de votre périple : je vous mets au défi de trouver une cache par pays. Sans GPS c’est plus dur mais si vous repéré les lieux avant avec google map c’est possible ! A vous de jouer ! 🙂

  3. Salut,

    C’est un beau voyage, et de belles photos.
    Je suis moi meme en train de réaliser un tour du monde mais dans l’autre sens ! Ca fait environ 7 mois que je suis partit de France (http://nicolassaladini.wordpress.com)
    Vous me connaissez surement mais moi j’ai un petit peu entendu parler de vous : je suis le petit frere de Marion Saladini.

    Bonne continuation en tout cas !

    ¡ Que le vaya bien !

  4. Impressionnant la taille de la fleur et les boutons !

    Oh tous ces champs de thé !!!

    Noémie rien qu’à lire ta rencontre avec le serpent j’en ai la chair de poule !!! un python !!! beurk !!!
    Et comme Elise je me demande comment vous n’avez pas pu en croiser un avant dans la jungle lol

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s