Asosan – Kurokawa Onsen

Après plusieurs jours sans avoir véritablement accès à notre blog, nous pouvons enfin vous donner de nos nouvelles ! Merci mille fois à Condorcet pour son aide précieuse. Nous allons donc tenter de combler rapidement notre retard, vous allez avoir de la lecture !!

Mercredi 21 août 2013

Après notre petite désillusion Beppuesque (cf message précédent), on s’enfonce un peu plus dans le centre de l’île de Kyushu, l’une des plus volcaniques de l’archipel nippon. Sauf qu’arrivés à la gare d’Aso, il est 20h30 et le dernier bus part à 20h20, cherchez l’erreur… Notre ryokan étant situé à au moins 5 kilomètres, on n’est pas trop motivés pour y aller à pied surtout qu’on n’a qu’une petite carte approximative pour le repérer et qu’il fait nuit noire. Par chance, un taxi stationne devant la gare. On réveille le conducteur pour qu’il nous conduise à bon port en espérant que ça ne nous coûte pas trop cher. Ici, les chauffeurs de taxi ont un uniforme avec une belle casquette et de jolis gants blancs (comme les chauffeurs de bus d’ailleurs). Pendant les 15 minutes du trajet (il y a donc plus de 5 kms…), on a un peu l’impression qu’il nous emmène au milieu de nulle part car il n’y a aucun lampadaire autour de nous. Finalement, il s’arrête devant une grande maison, notre ryokan ! On s’en tire pour moins de 15 €, cela reste raisonnable.

Heureusement, on avait prévenu de notre arrivée tardive (passé 18 heures, si les hôtes ne sont pas arrivés, les réceptionnistes paniquent). Notre ryokan a le charme désuet des petites pensions de famille campagnardes. Il y a des animaux empaillés, des tableaux kitschs, des jolis napperons sur les meubles. Il n’est occupé que par des Japonais et personne ne parle une bribe d’anglais, on communique donc par gestes avec le gérant.

Pour cette nouvelle nuit « à la japonaise », nos futons sont très très fermes, tellement fermes qu’on se réveillera en ayant mal un peu partout ! D’autant plus que nos oreillers ne sont pas en plumes ou en mousse mais en grosses billes de plastiques !

Jeudi 22 août 2013

Le premier avantage d’être en région de montagne c’est que la température est nettement plus supportable qu’en ville ! Le temps est ensoleillé, la journée promet d’être belle. Tant mieux, car aujourd’hui, on part à l’assaut du mont Aso !! (désolé pour le jeu de mots mais c’était plus fort que nous…)

Comme la veille nous sommes arrivés de nuit, nous découvrons l’environnement extérieur qui sera le notre pour trois jours. Le ryokan est situé dans une petite ville, à proximité d’un hôpital. Tous les arrêts de bus sont écrits en japonais, difficile de s’y retrouver sans passer quelques minutes à déchiffrer les kanjis ! (On aurait vraiment eu du mal si on avait pris un bus de nuit la veille). Dans le bus, on s’aperçoit vite que nous sommes en pleine campagne, c’est très agréable. Tout autour de nous s’étendent des rizières et des hameaux. Le relief est étonnamment plat, à l’exception de sommets que l’on aperçoit au loin et surtout d’une sorte d’immense mur circulaire qui nous entoure à plusieurs kilomètres de là. Et pour cause ! Nous sommes dans la caldeira du mont Aso, l’une des plus grandes du monde ! Une caldeira, c’est un volcan qui s’est effondré sur lui-même à la suite d’une éruption magmatique. Ici, elle fait 20 kilomètres de diamètre et 100 kilomètres de circonférence ! Au centre, le sommet principal est celui du mont Nakadake, le cratère toujours actif de la région.

A la gare routière, on prend nos tickets de bus et on s’installe sur un banc au frais à l’intérieur en attendant le départ. En voyant arriver le bus, on sort et là, face à nous, une file d’environ 60 personnes attend le bus ! Mince !!!!! On ne rentrera jamais dedans ! On est dépités lorsque les portes se ferment sans nous laisser monter. Le bus d’après est 45 minutes plus tard… Que ça nous serve de leçon pour la suite du voyage !!

CIMGP4886CIMGP4908_09_10Après avoir patiemment attendu le bus suivant (dans lequel on montera en premier), on peut enfin gravir les pentes du volcan. On décide de monter au cratère à pied, délaissant le téléphérique. Derrière nous, tout est vert. Devant, les champs de lave et les strates des différentes éruptions volcaniques nous offrent un paysage magique, oscillant entre l’ocre, le rouge, le noir et le marron.

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Bunkers en cas d’éruption !

CIMGP4891 CIMGP4890On se laisse guider par l’immense colonne de fumée qui sort du cratère. De près, le lieu est fantastique. Nous sommes juste devant un volcan actif ! Là, devant nous, à quelques dizaines de mètres de profondeur, un lac d’eau sulfureuse s’est formé… Des gaz toxiques sont rejetés. Des zones sont donc interdites en permanence et l’accès au sommet peut être fermé à tout moment en fonction des conditions météorologiques. Le mont Nakadake est un volcan dangereux. La dernière éruption en date remonte à 1990. En 1979, le téléphérique avait été endommagé. En 1958, douze personnes y ont trouvé la mort. Des annonces sonores rappellent en permanence le danger du lieu. Des bunkers en béton ont été installés à proximité du cratère au cas où une éruption se déclencherait. Face à cela, on s’est posé la question suivante :

En cas d’éruption soudaine, que ferais-tu ?

  • Option n°1 : Je pars me réfugier dans le bunker, à quelques mètres seulement du cratère jetant des énormes rochers et lâchant de la lave en fusion.

  • Option n°2 : Je coure comme un dingue en priant pour ne pas recevoir un énorme rocher.

On a opté pour l’option 2 mais, comme l’a si judicieusement fait remarquer Loïc, « Je coure en marche arrière, pour repérer les énormes rochers ». 😉

CIMGP4899_900_901 CIMGP4898Après une longue balade aux abords du cratère, nous redescendons un peu en direction des sommets couverts de verdure. Le temps commence à se couvrir un peu. Nous profitons de la vue sur les alentours et sur le mont Komezuka, qui a un petit air de volcan d’Auvergne… avant d’être surpris par une belle averse !

CIMGP4914 CIMGP4920_1_2 CIMGP4926_7_8Alors que nous attendons le bus, nous faisons la connaissance d’un couple de Bordelais qui est au Japon depuis un peu plus longtemps que nous. Pendant tout le trajet, nous nous amusons à comparer nos expériences de voyage !

C’est sous la pluie qu’on descend du bus. On décide de dîner dans notre chambre et on se rend donc pour la première fois dans un supermarché (jusque là, nous n’étions allés que dans des superettes de ville). Il n’y a pas de fruits et légumes frais mais par contre le rayon sauce soja est immense !!

CIMGP4938 CIMGP4942En rentrant, on profite des onsens du ryokan. Les hommes et les femmes sont séparés mais nous sommes seuls dans chacun de nos bains et comme ils sont juste à côté, séparés par une clôture en bambou, on peut papoter tranquillement. Les bains sont situés en extérieur et il est très agréable de se baigner dehors dans une eau si chaude.

Vendredi 23 août 2013

Qui dit zone volcanique, dit sources chaudes. Depuis que nous sommes sur l’île de Kyushu, nous avons pu profiter des onsens de nos ryokans mais on avait envie d’un cadre encore plus agréable pour se baigner, ce qui nous permettra de relever le défi de Lysiane !

Rappel du défi de Lysiane :

Vous voir prendre un bain traditionnel japonais avec un décor de rêve…

Nous allons donc passer la journée à Kurokawa Onsen, petite cité thermale perdue dans les montagnes bénéficiant de l’appellation « l’un des plus beaux village du Japon ». Il pleut de plus en plus et les sommets du mont Aso sont dans les nuages, on a bien fait d’aller au cratère la veille !

CIMGP4949Kurokawa Onsen est située dans une vallée. Le village s’étend de part et d’autre d’un torrent. Après un passage à l’office du tourisme, on découvre qu’il y a pas moins de 28 onsens à notre disposition ! On aura du mal à se décider !!

CIMGP4950 CIMGP4958_59_60On regarde les différentes brochures pendant le déjeuner. On a pris un bol de udons avec des tempuras (beignets) de crevettes. Sauf que systématiquement, nos bols sont présentés avec les tempuras dans le bouillon, donc elles sont toutes ramollies, c’est nul !

CIMGP4947 CIMGP4948Chaque onsen coûte 500 yens par personne, soit environ 4€. On se décide pour le onsen Ikoi qui semble l’un des plus jolis sur les photos des brochures. Les hommes et les femmes sont séparés, contrairement à ce que la dame de l’office du tourisme nous avait dit, mais on y va quand même et on ne regrettera pas ! Les bains sont situés en extérieur, avec vue sur le torrent et une cascade. Ils sont à flanc de falaise, entourés de bambous et de gros rochers. Les lieux sont vraiment superbes. En plus, il n’y a presque personne ! Nous y passons une bonne partie de l’après-midi avant de s’offrir une bonne glace au miel et yuzu (agrume japonais) pour se rafraîchir. Nous nous baladons dans les rues piétonnes du village.

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Le onsen des hommes….. alors défi validé Lysiane ?

CIMGP4953 Au retour, nous nous arrêtons comme la veille au supermarché pour acheter de quoi dîner. Loïc profitera une dernière fois du onsen du ryokan pendant que Noémie travaillera sur le blog.

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Diner « supermarché » dans la chambre.

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7 réflexions au sujet de « Asosan – Kurokawa Onsen »

  1. Ça fait plaisir de vous lire à nouveau !

    Pour le volcan j’aurais aussi pris l’option n°2 mais bien entendu avec ma chance un rocher m’aurait écrasé assez rapidement.
    Les décors sont toujours aussi sublimes !

  2. Merci de nous faire voyager ! C’est pour moi un vrai plaisir de regarder vos photos du bout du monde et surtout de lire vos récits.
    Pour le volcan, je crois que j’aurais aussi choisi l’option 2, mais je ne sais pas courir en marche arrière 😉

  3. Vos photos sont vraiment superbes ! Je découvre la diversité des paysages du Japon ce que je n’imaginais pas. J’a hâte de lire vos aventures en Chine !

  4. Deux mots, seulement : Coulée pyroclastique.

    Voilà, voilà.

    En dehors de ça, vous êtes charmants dans vos kimonos !

    Néo-Nita

  5. On est partis en vacances en septembre, donc je rattrape petit à petit mon retard, mais je vous suis toujours, et toujours avec autant de plaisir 🙂
    J’aurais pris l’option 2 je pense, mais courir en marche arrière, c’est un coup à trébucher et c’est pas mieux, je pense que je courrais en marche avant quand même du coup !

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